19 juin 2008

Lune Bleue - 4 -

Après trois jours d'absence, me voilà de retour ! ( qui a soupiré là ?)
Je suis complètement cassée : faire la fête pour le mariage de sa meilleure amie et retrouver son meilleur ami après, ça a de quoi épuiser. Et puis le métro parisien....épuisant aussi mais pour bien d'autres raisons.

Enfin bref ! Je vous ferai bien un topo là-dessus, mais je raconte déjà pas mal ma vie et puis, je ne voudrai pas que vous vous endormiez sur votre clavier :)

En vérité, j'ai plusieurs textes en retard, surtout concernant mes fanfics de Guild Wars, mais mon roman avance toujours. Alors j'ai décidé de vous proposer le début du chapitre 2, là où ça commence à prendre forme. Je tiens à préciser que tout n'est pas parfait (oui vous le savez déjà mais bon) car c'est un premier jet. Bien sûr, je repasse derrière pour corriger fautes et phrases imprécises (quand je les vois) mais les grosses corrections se font quand l'histoire est finie pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Et comme j'en suis encore loin ...pardonnez les détails qui tuent, en tant qu'auteur, je ne vois pas toujours ce qui cloche. Le manque de recul je pense. J'ai la chance d'avoir un lecteur (Oui un, merci Kelundrum :)) qui me dit ce qu'il en pense, en bien ou en mal, ce qui me permet de mieux voir ce que les autres peuvent penser en lisant ça à tête reposée.
C'est pour ça, vous humbles lecteurs, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Vous êtes sagement assis derrière votre écran, vous ne risquez pas de recevoir quelque chose de ma part si vous en pensez du mal rassurez-vous ^^ c'est ça aussi la protection du net :p

Allez j'arrête là, bonne lecture à vous.

WolfLuv_by_thrumyeye

Photo par Trumyeye : http://trumyeye.deviantart.com

Début du chapitre II :

 _Alors c’était comment chez les bonnes sœurs ?
 _Instructif. Regarde !
J’ai lancé une croix récupérée dans la salle des ébénistes sur le bureau de Flack qui l’a rattrapé avant qu’elle ne lui tombe sur les genoux.
 _Ne me dis pas qu’elles ont fait le coup !
 _Je ne pense pas non. Mais l’un de ces visiteurs peut-être. Les sœurs offrent une croix à ceux qui viennent leur rendre visite.
 _Anna en a eu une ?
 _Non. Elle l’a refusé.
 _Etonnant, railla-t-il en me tendant un dossier, entre temps, notre doc national a fini son autopsie. C’est édifiant.
Je me suis débarrassée de ma veste et j’ai repoussé mes cheveux devant l’un de ses sourires moqueurs. C’est qu’il était resté au chaud à son bureau, lui.
 _C’est toi qui a voulu sortir, railla-t-il en jouant avec la croix entre ses doigts, un café pour te réchauffer ?
 _S’il te plait oui. Noir.
 _Comme toujours.
Il a contourné ma chaise et a traversé la salle en slalomant entre nos collègues pour se rendre au distributeur. J’ai parcouru le rapport d’Alain en diagonal. Il avait souligné deux phrases importantes qui avaient sans doute choqué Flack pour qu’il me fasse cette réflexion.
 « Aucune trace d’agression sexuelle. Virginité reconnue de la victime »
J’ai eu un soupir, les deux mains devant le menton. C’était à prévoir.

 _Tu peux me dire pourquoi il l’a tué si ce n’est pas pour le sexe ?
Mon café m’a apparu devant les yeux et j’ai remercié mon collègue qui avait du mal à cacher sa colère.
 _Le sadisme. Le sexe, c’est secondaire pour lui. Il ne considère pas les femmes comme quelque chose de désirable. Mais plutôt comme quelque chose de repoussant. Avec lequel on peut jouer jusqu’à plus soif.
 _Tu en parles comme si tu le connaissais…
J’ai avalé une longue gorgée de mon café, la photo d’identité souriante d’Anna sous les yeux. La différence était flagrante avec son apparence sur la table de travail d’Alain. Elle était maigre, blanche, la lèvre encore violette…celui qui avait fait ça ne l’avait pas loupé.
 _Bon, concernant les meurtres remontant à cinq ans, je n’ai toujours rien. Tu es sûre que tu veux continuer ?
 _Oui. Il n’a pas pu rester discret avec une mise en scène pareille. Anna ne peut pas être sa première victime. Et on n’a aucun ADN, aucune fibre malgré tous les coups qu’elle a reçu. Quel assassin serait capable de faire ça dès son premier meurtre ?
Flack acquiesça de manière entendue.
 _On s’occupe de ces visiteurs ?
J’ai recopié la moitié des noms et lui ai tendu la feuille pour que l’on puisse se distribuer le travail de renseignement. J’ai attrapé l’annuaire téléphonique alors que la faim commençait à me tenailler. Des collègues ont distribué des sandwich à la voilée car c’était une grosse journée pour tout le monde. J’ai mangé un jambon crudité au-dessus de mon premier rapport, consciente que l’Inquisiteur se trouvait peut-être derrière l’une des personnes que nous allions rencontrer. Et ce n’était pas pour me rassurer.

 _Comment tu dis ?
 _Olivier Krem. C’est l’adresse qu’il a donné à son agent de probation.
Flack a fait une mine explicite alors que les essuie-glace battaient la mesure sur le pare-brise. Nous étions arrivés jusqu’au port et la mer commençait à gronder sourdement. Etant donné qu’il n’y avait aucune habitation dans les environs, il devait vivre sur un bateau. Etrange pour un simple électricien.
 _Il a changé l’installation d’une aile du couvent et est resté deux jours. Tu crois vraiment que ce type peut être notre homme ?
Il m’a montré la photo tirée de son casier et j’ai fait une moue explicite. Krem était aussi costaud qu’un moustique et avait bien la tête de l’emploi. C’était les sœurs qui lui avait retrouvé un travail après sa sortie de prison mais étant donné son passé agressif, ça valait le coup de vérifier.
 _Tiens, le voilà.
Un homme est descendu d’un navire à gros voilage, un sac au-dessus de l’épaule, le nez sous une capuche. Flack a ouvert sa portière et s’est redressé malgré la pluie tapageuse.
 _Monsieur Olivier Krem ?!
L’intéressé s’est figé une seconde puis a pris ses jambes à son cou sans plus de cérémonie.
 _Et merde !

Flack s’est lancé à sa poursuite et j’ai attrapé les clefs pour faire vibrer le moteur. J’ai écrasé l’accélérateur et les pneus ont crissé à cause de la pluie qui inondait le quai. J’ai suivi la course à distance pour prendre notre fuyard à revers. Krem a bondi dans une ruelle, j’ai brutalement rétrograder pour partir en marche arrière, un bras sur le siège du passager. J’ai pillé net quand il a atterri sur mon capot. Flack lui a sauté dessus et l’a brutalement claqué dessus en lui prenant les poignets.
 _Tu bouges et je t’assure que tu vas avoir une autre raison de courir !
Il était trempé jusqu’aux os quand j’ai descendu ma vitre.
 _Tu veux de l’aide ?
Il a tiré Krem vers lui et a grimacé en ouvrant la porte arrière.
 _Et t’as pas intérêt de nous saloper la banquette, t’as compris ?!
Il a claqué aussi fort et a contourné la voiture pour venir se rasseoir à la place du passager devant tel un épagneul trempé, les cheveux sur le front.
_C’est toi qui a voulu sortir, lui ais-je lancé avec le sourire, tu veux une serviette ?
 _Très drôle…
Il les a rejeté en arrière et a reniflé en se secouant les mains. J’ai changé de vitesse et nous avons calmement repris la route avec notre fugitif qui n’avait pas dit un mot pour expliquer sa fuite en règle.
 _On ne devrait pas vérifier le bateau qu’il vient de quitter ? il l’a peut-être pillé, le malin.
 _Regarde dans son sac.
Krem a commencé à gigoter mais Flack lui a tiré son affaire d’un geste sec et lui a intimé l’ordre de ne pas bouger.

 _J’avais raison, déclara-t-il après quelques secondes de fouille, le proprio du bateau va bientôt de se rendre compte qu’il lui manque quelques petites choses.
Il me montra une belle montre plaquée or puis quelques bijoux de petite valeur.
 _C’est la mère Véronique qui va aimer, ais-je ironisé en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur.
Krem a tressailli.
 _La mère supérieure ? vous n’allez pas faire ça !
 _Et pourquoi pas ? on te prend en flagrant délit de vol, plus fuite devant agent…elle va être déçue.
 _Ne non ! Ce n’est pas ce que vous croyez ! J’ai…j’ai voulu rendre service à un ami !
 _Mais bien sûuur. On nous l’a déjà fait ce coup-là tu sais ? allez, tiens-toi tranquille, on est bientôt arrivé.
Il s’est renfermé, maintenant mal à l’aise. Je me suis garée à notre place réservée au parking du commissariat et nous l’avons tiré au-dehors sous cette fichue pluie qui ne voulait pas cesser, pour vite l’abandonner dans une des salles libres d’interrogatoire.

 _Si ce nain est notre tueur, je veux bien me changer en cancrelat, déclara Flack en se séchant vivement les cheveux avec une serviette cherchée dans son vestiaire, ce n’est qu’un petit voleur, rien de plus.
J’ai refermé la porte de mon casier, changée des pieds à la tête. J’ai lâché ma queue de cheval pour libérer tout ça, la nuque raide.
 _Sans doute. Mais peut-être a-t-il croisé Anna pendant son travail d’électricien. Ça vaut le coup d’essayer. Et puis ça va le secouer un peu.
J’ai enfilé un pull à col roulé, attrapé mon arme et je l’ai suivi dans l’ascenseur qui devait nous ramener à notre bureau. Krem attendait nerveusement assis à la table d’interrogatoire, les mains nouées devant lui. Flack est entré et l’a fait mariner en le bousculant un peu. Puis il lui a montré les photos du corps d’Anna telle qu’elle était à sa découverte. Krem s’est carrément jeté sur le côté pour rendre ses tripes. Il a avoué l’avoir croisé dans les couloirs du couvent mais de ne jamais lui avoir adressé la parole. C’était juste l’espace de quelques secondes…il y avait ce prêtre qui n’arrêtait pas de le surveiller dans son travail.
 « Un prêtre ? Quel prêtre ? »
J’ai froncé les sourcils et j’ai ouvert le dossier que j’avais sous le bras pour retrouver la liste donnée par la mère supérieure du couvent. 
« J’en sais rien, un prêtre qui regardait tout ce que je faisais comme un inspecteur des travaux finis. La mère Véronique n’était pas là et c’était comme si…comme si il voulait lui prendre sa place, vous comprenez ? »

J’ai ouvert la porte et je suis entrée à mon tour pour glisser une photo du seul prêtre répertorié parmi les visiteurs du couvent. Le père Michel, un curé qui n’œuvrait pas vraiment dans un endroit fixe. Le manque de vocation le forçait à faire des kilomètres pour donner la messe à plus de 5 églises avoisinantes.
 _C’est lui ?
Krem a regardé la photo et a levé les yeux vers moi.
 _Oui. Vous savez qui c’est ?
 _Un ami de la mère supérieure. C’est la première fois que vous le voyiez ?
 _Oui.
 _Il était là quand cette fille était dans les murs du couvent ?
Il a acquiescé en tirant doucement du bout du doigt la photo d’identité d’Anna.
 _Elle a été gentille avec moi. On s’est à peine parlé mais elle m’a salué en passant à côté de mon escabeau alors que je faisais des trucs pour réparer le système électrique. D’habitude, les gens évitent les gars comme moi et font comme si ils ne les voyaient pas. Mais elle…elle m’a souri, vous voyez ?
Il a dégluti et s’est passé une main sur la bouche, la gorge sèche.
 _Ce mec était là. Il l’a regardé passer et la suivit à distance comme s’il n’osait pas lui parler. C’était comme si il n’avait jamais vu de fille avant elle !
J’ai froncé du nez, Flack m’a observé à sa manière mais j’ai fait mine de rien avant de quitter la pièce avec mon dossier.

 _Eh ! Où tu vas ?
 _Voir ce prêtre.
 _Et ça te tuerait de m’attendre ?! on fait quoi de ce gars ?
J’ai enfilé mon blouson en soulevant mes cheveux.
 _On le laisse aux autres pour son vol de bijou. Dis-leur de ne pas trop le brusquer et d’appeler la mère. Elle devrait pouvoir le faire sortir rapidement.
J’ai repris mes papiers, nerveuse.
 _Diane.
Je me suis arrêtée alors que je désirais aller en direction de l’ascenseur. Flack était sérieux.
 _Tu sais quelque chose n’est-ce pas ?
 « Aie »
 _Pourquoi tu dis ça ?
 _Ta façon d’agir. Elle n’est pas comme d’habitude….tu es… anti-cléricale, c’est ça ?
J’ai haussé un sourcil. Il a pris son arme et l’a mise dans son fourreau tout en me suivant du regard.
 _J’ai mes raisons.
 _Je suis croyant, tu le sais ?
Je me suis humidifiée les lèvres en me redressant.
 _Mon fils a fait sa petite communion il y a deux mois. Et mon mariage s’est fait à l’église.
 _Flack.
 _Je veux juste m’assurer que tes préférences n’entravent pas le cours de cette enquête.
J’ai eu un sourire nerveux et j’ai appuyé sur le bouton pour appeler la cabine.
 _Je ne t’oblige pas à me suivre.
Je suis entrée à l’intérieur et j’ai choisi le rez-de-chaussée. Il a soupiré puis a levé les yeux au ciel avant de retenir la porte d’une main sèche.
 _T’es chiante bordel ! Si t’étais pas aussi douée, ça ferait longtemps que je t’aurai lâché !
 _Menteur.
Il a reniflé d’un coup sec puis a croisé les bras tel un enfant boudeur. J’ai eu un rire amusé en regardant les numéros défiler par le bas.
 _Pourquoi ce prêtre t’intéresse autant ?
 _La croix.
 _Mais encore ?
 _ …une intuition.
Il a soupiré, les épaules basses.
 _Une intuition…t’en as de bonne. Le capitaine n’y croira jamais.
 _Alors dis-lui la vérité. Nous continuons nos recherches sur les gens qui ont croisé notre victime. Point barre. Et le curé en fait parti.

J’ai fait biper la voiture en évitant les flaques d’eau, maintenant que la pluie avait cessé, et il a pris le volant pour nous guider vers une église en périphérie dont je ne connaissais même pas l’existence. Un quartier plutôt banal, aux bâtiments parfois couverts de graffitis et aux vitres caillassées. C’était sans doute du genre animé une fois la nuit tombée.
 _C’est là. Tu me laisses lui parler, d’accord ?
J’ai levé une main en signe d’abdication. Nous avons quitté la voiture lorsqu’une silhouette s’est dessinée en haut des marches qui menaient au perron. Le père Michel évidemment.
 _La mère supérieur a du le prévenir de notre visite.
 _Raison de plus pour éviter certaines remarques.
 _Certaines remarques ? quelles remarques ?
Flack a de nouveau levé les yeux au ciel tandis que nous traversions la rue pour rejoindre le curé qui tenait une soutane datant sans doute du début du siècle. J’ai senti un picotement m’envahir la nuque au fur et à mesure que je me rapprochais des marches.

J’ai tiqué à ses yeux. Le curé me fixait à travers le verre de ses lunettes avec un regard perçant, comme s’il cherchait à fouiller mon âme. J’ai alors vu ce qu’il cherchait à me cacher : un pentagramme inversé dessiné sur le perron d’une craie normalement utilisée par mes cousines et qui restait invisible à ceux qui n’étaient pas initiés.
 « Je vois… »
Je n’ai pas freiné ma marche pour autant. Les picotement se sont faits plus douloureux mais j’ai gardé ma mine innocente. A voir comment il me dévisageait, soit il se doutait de quelque chose, soit il agissait ainsi avec toutes les femmes.
 _Père Michel ? Lieutenant Montel et sergent Flack. Nous aimerions vous poser quelques questions.
 _A cause de cette jeune fille assassinée ? Oui je suis au courant. Venez, nous serons plus tranquilles à l’intérieur.

Il nous a invité à le suivre dans son antre. J’ai simplement évité de marcher sur le pentagramme et je suis entrée en frissonnant à cause de la fraîcheur de l’édifice. Il y faisait également très sombre à cause de la pollution qui couvrait les vitraux. Seules les bougies posées là par les fidèles semblaient vouloir donner un peu de chaleur à cette carcasse glacée.
 _C’est vraiment horrible cette histoire, déclara le père Michel après un instant de silence…vous pensez vraiment que j’ai pu la croiser ?
 _Au couvent des bénédictines oui, acquiesça Flack après s’être signé, elle était venue rendre visite à l’une des sœurs pour approfondir un sujet de son cours de théologie.
Il lui a tendu une photo d’Anna et le père s’en est saisi pour la dévisager par delà ses lunettes. Aucune émotion n’a traversé ses yeux. J’ai serré les poings au fond de mes poches, le cœur battant.
 _Oui peut-être…vous savez, j’ai une très mauvaise mémoire des visages. Surtout si je ne l’ai vu qu’une seule fois. Elle venait pour voir quelle sœur ?
 _Sœur Eléonore, ais-je calmement déclaré malgré mes nerfs à fleur de peau, afin de discuter avec elle d’un des livres qu’elle a pu écrire lors de sa vie civile. Entre théologienne, elles avaient beaucoup à se dire.
 _C’est bien triste, mais je crains de ne pas pouvoir vous aid…
 _Et cette croix mon père, elle vous dit quelque chose ?
Flack a pesté entre ses dents quand j’ai brandi la fameuse croix laissée sur le corps d’Anna. Il ignorait que je l’avais emporté avec moi.

 _Hum oui, je crois bien. Les sœurs du prieuré en sont les créatrices non ?
 _Vous avez la vôtre ?
Le père Michel m’a regardé et a retiré ses lunettes d’un geste lent. Ses pupilles se sont rétrécies tandis qu’il me dévisageait sans aucune discrétion.
 _La mienne ?
 _Oui, ais-je répondu en gardant mon air naturel, la mère Véronique en offre à chacun de ses visiteurs. Vous étiez de ceux-là, n’est-ce pas ?
 _Et bien…
Il a posé une des branches sur son menton en faisant semblant de réfléchir. J’ai légèrement serré les dents, la nuque en feu. Heureusement, il n’était pas doué pour dresser une incantation de cette envergure…
 _J’avoue ne pas savoir ce que j’en ai fait. Je change tellement de place, vous savez…mais je dois très certainement l’avoir dans mes bagages. Vous voulez que j’aille la chercher ?
 _Ce ne sera pas nécessaire, me coupa Flack alors que j’allais répondre par l’affirmative, nous ne faisons que vérifier certains détails pour notre rapport, vous comprenez ?
 _Bien sûr, vous faites votre travail. Cette pauvre jeune fille a droit à obtenir la vérité pour le salut de son âme. Je ferai une prière pour elle à ma prochaine messe. Vous êtes les bienvenus évidemment.
 _Nous sommes malheureusement obligés de décliner votre offre, mais merci pour elle. Elle en aura besoin.
Flack m’a attrapé par le bras et m’a fait signe de faire demi-tour, le visage sec.    
_Bonne journée mon père.
 _A vous aussi mademoiselle.
J’ai suivi mon collègue à travers la nerf, en contrôlant ma marche pour ne pas paraître aussi rigide que ma nuque. Nous avons dégringolé les marches et rejoint la voiture tandis que le prêtre nous regardait partir en remettant ses lunettes sur son nez. J’ai poussé l’hypocrisie jusqu’à le saluer d’un petit geste. Il m’a répondu d’un hochement de tête et Flack a appuyé sur l’accélérateur, pressé de m’éloigner de lui.

 _Heureusement que je te dis de me laisser lui parler ! pourquoi tu lui as montré cette fichue croix ? bon sang, j’ai cru que t’allais le bouffer !
 _Tu remarqueras qu’il ne sait plus où il l’a mis.
 _Et alors, ça arrive ! il bouge beaucoup, elle peut être n’importe où.
 _Une croix artisanal faite par des sœurs ? à moins que je surestime les relations entre les différentes confréries, il n’est censé en prendre soin ? surtout que la mère supérieure l’a décrit comme l’un de ses amis proches.  
_Diane, arrête ce n’est pas lui.
_Pourquoi, parce que c’est un prêtre ?   
_Oui ! Et aussi parce que tu n’as absolument aucune preuve en dehors de ta fichue intuition et ton dégoût pour ce genre d’homme ! il nous reste trois autres visiteurs à rencontrer je te signale !   
_D’accooorrd ! D’accord, j’ai compris. Pas la peine de mordre, je ne dirais plus rien.
Il s’est pincé les lèvres en se concentrant sur la route et je me suis appuyée sur la portière, l’ongle entre les dents. Bien sûr, je ne pouvais pas lui dire ce que j’avais vu…je ne me jetais pas sur le père Michel seulement parce que c’était un prêtre, mais bien parce que c’était lui, l’Inquisiteur. Aucun autre homme d’église se serait vu utiliser ce pentagramme inversé sur les marches de son perron…non il chassait les femmes comme moi avec une rare violence et Anna avait commis la faute de le croiser au mauvais endroit au mauvais moment.
 « Il faut que je trouve un moyen de le faire tomber… »

 _Pardon ? un mandat pour une histoire de croix ? et qui vous dit qu’il ne l’a pas simplement perdu ?
_Ah ! Tu vois ?
J’ai difficilement retenue une respiration agacée, les mains dans les poches arrières de mon pantalon. Même le capitaine refusait de m’écouter. Il se cachait derrière son bureau et son costume trois pièces trop cher pour lui mais pas pour maman, et me toisait d’un air blasé comme si rien que le fait de me voir le fatiguait de dix ans.
 _Je comprends que vous vouliez à tout prix trouver le coupable mais il y a des limites à ne pas franchir lieutenant. Continuez de chercher des preuves, et si le prêtre a bien approché cette fille d’une manière ou d’une autre, alors je pourrais vous trouver un juge compréhensif. Mais en attendant, vous avez d’autres personnes à rencontrer et d’autres pistes à fouiller. Je ne peux pas me permettre de mettre un innocent en prison sous le seul prétexte que vous avez une vos fameuses « intuitions ».
 « Connard »
J’ai quitté ce bureau en claquant la porte derrière moi, quitte à faire lever les yeux de tous mes collègues et j’ai ouvert le tiroir sous mon ordinateur pour en sortir mon arme. Ce type ne pouvait pas me voir pour une raison que j’ignorais mais je lui rendais bien. Son air pédant me rendait malade. Encore un flic qui avait obtenu sa place à force de baisser son pantalon et de travailler sur un diplôme qui ne lui apprendrait jamais le travail sur le terrain.

 « Moi aussi j’ai une licence de psycho crétin, mais je ne l’étale pas sur les murs tel un trophée de chasseur »
 _Diane.
J’ai refermé mon chargeur d’un geste sec quand Flack est sorti du bureau, l’air ennuyé.
 _Ecoute, faisons ce qu’il dit d’accord ? moi aussi je veux choper le type qui a torturé la gamine, qu’est-ce que tu crois ?
J’ai eu un soupir en éteignant ma bécane, la nuque encore raide.
 _Je sais Flack. Je crois que j’ai juste besoin de dormir un peu. La dernière nuit a été plus courte. Et je réfléchis mal sans mes huit heures de sommeil. On se voit demain.
 _T’es sûre ?
J’ai eu un sourire haussé, étonnée.
 _Bien sûr que je suis sûre, pourquoi cette question ?
Il a levé une main lasse, la mine déconfite.
 _Je ne sais pas …parfois j’ai vraiment l’impression qu’on ne vit pas dans le même univers…
 _Tu veux changer de partenaire ?
J’ai remonté la fermeture éclaire de mon blouson jusqu’à son maximum, la pluie frappant de nouveau les larges baies vitrées du commissariat. Il m’a regardé un instant puis a secoué la tête, une main sur la nuque.

 _Non. Non je ne veux pas changer de partenaire. Je sais que tu as tes raisons pour agir comme tu le fais mais…je ne peux pas te suivre à chaque fois. J’ai une famille…
 _Et tu as bien de la chance, ais-je déclaré en souriant, ne t’en fais pas, je comprends parfaitement. Va la rejoindre et essaye de dormir.
Il a doucement acquiescé, un sourire un peu forcé au coin des lèvres. J’ai fait demi-tour et j’ai quitté l’étage par les escaliers. J’avais besoin d’évacuer cette frustration qui me faisait chauffer les sens."

Ps : impossible de savoir pour ces *** de dernières phrases ont changé de forme...ça fait gros, ça fait laid, et même ce PS s'y met ! (je déteste ces mises en page automatiques....)

Posté par miyaki2384 à 11:35 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Lune Bleue - 4 -

  • Vivement la suite...

    Bah à part quelques fautes (de frappe?) de temps en temps, c'est toujours aussi cool^^
    Bien sur il me tarde d'en savoir un peu plus sur les origines de l'héroïne, surtout que l'on apprend à chaque fois de nouvelles choses importantes sur l'histoire. L'ésotérisme vient de faire une entrée fracassante avec le thème du pentacle, plus un petit côté "face cachée" de l'Église... Tu ne crains pas que ça déroute les lecteurs d'en savoir autant sur le pourquoi et pas assez sur le comment?
    Sur ce, je laisse tomber la lecture pour ce soir, je reprendrai dès que possible!
    Maintenant tu ne peux plus te plaindre de ne pas avoir de commentaires^^

    Posté par kaliopsys, 19 juillet 2008 à 00:39 | | Répondre
  • C'est ce que je vois et je te remercie d'avoir pris le temps d'écrire tout ça.
    Vi les fautes...ahum...je me soigne pourtant, je le jure. Mais elles se cachent les vilaines -_-'

    Ah ah pour l'ésotérisme...nan je n'ai pas peur. Au contraire, cela laisse une plus grande place à l'imagination, et surtout aux questions qui peuvent titiller l'intérêt des lecteurs. J'aime cet état ^^

    Posté par Artémis, 19 juillet 2008 à 23:40 | | Répondre
  • Passionnant

    pour le changement de caractères, j'ai eu le même pb, c'est word qui met ses codes mais qui ne sont pas forcément compatibles. Donc le truc que je fais, je copie tout dans le bloc-note, et re sélectionne et recopie/colle tout dans le billet. ça doit faire office de filtre? je pense

    Posté par Goldie, 22 juillet 2008 à 15:29 | | Répondre
  • J'imagine que oui, en fait, il ne faut presque rien pour que ça le fasse. C'est juste gênant pour la mise en page et la lecture...je vais tenter le coup du bloc-note tiens.

    Posté par Artémis, 27 juillet 2008 à 19:53 | | Répondre
Nouveau commentaire