Et voilà la suite de mon roman, encore et toujours. Désolée pour ceux qui n'aiment pas la lecture ^^' La deuxième partie du chapitre II. Scène d'action en perspective.
J'aime vraiment cette histoire et je compte bien la terminer. Aujourd'hui, j'ai dépassé les 150 pages. Comme vous vous doutez, la quantité ne fait pas la qualité, mais cela prouve pour moi que je suis vraiment impliquée dans son écriture. Aujourd'hui, vous allez découvrir une autre facette des personnages. Aucune comparaison avec Harry Potter sera tolérée :p
Je navigue dans des eaux bien plus grandes et j'espère plus "réaliste" même si ce passage ne joue pas vraiment cette carte là.

Allez, je vous souhaite une bonne lecture. Et n'hésitez pas à commenter. Je sais que j'ai encore des fautes de frappe ici ou là, car je suis au mauvaise lectrice avec mes propres écrits...alors...(c'est pas sérieux)

wolf_sketches_by_SaiFongJunFan

Dessin de SaiFongJunFan : http://www.SaiFongJunFan.deviantart.com

Suite du chapitre II  (Attention, lecture)

« C’est trop simple…beaucoup trop simple… »
Je suis rentrée chez moi en repoussant la porte d’un coup de pied et j’ai allumé la lumière, une main sur la nuque. Mon appartement était désespérément vide et dans l’état même où je l’avais abandonné trop tôt ce matin.
J’ai jeté mes clefs sur le meuble voisin et j’ai trié mon courrier avant de l’abandonner à côté. Je n’avais pas le courage de payer mes factures pour le moment.
J’ai été jeter un œil dans mon frigo puis je suis allée voir dans ma salle de bain pour prendre une douche.
 « Il ne se cache même pas…pourquoi ? »
Je me suis déshabillée et je suis entrée pour laisser l’eau me fouetter le visage puis le cou. Je me suis appuyée le front contre le carrelage qui recouvrait le mur et j’ai pris une longue inspiration. Je détestais me sentir aussi impuissante. Mais la douleur s’est peu à peu évacuée et j’ai pu me détendre assez pour finir mes ablutions et enfiler de quoi me couvrir pour la nuit.
 « Ou alors, il ne se doute absolument pas de mon identité et a commis une erreur en laissant ce pentagramme à l’air libre »
Je me suis séchée les cheveux et je suis retournée dans mon salon pour allumer la télévision sans même regarder le programme. J’ai été me faire un énorme steak avec un peu de verdure, affamée. J’avais beau retourner la situation dans tous les sens, j’arrivais toujours à la même conclusion. Mais quelque chose en moi me disait que quelque chose ne collait pas. Je n’avais fait que suivre Anna dans ses propres pas et le père Michel s’imposait à moi comme le seul coupable possible. Mais si ce pentagramme n’était pas apparu, qu’aurais-je pensé de cet homme ?

 « Tu as raison Flack…je me laisse trop emportée par mes idées »
Je suis allée m’asseoir dans mon canapé pour manger face au journal télévisé, l’esprit embrouillé. Comment aurait-il pu attirer Anna dans son église ? elle l’aurait sans doute suivi sans crainte, étant donné l’éducation qu’elle avait reçu…une éducation totalement paradoxale quant à ses origines…
 « Comment dire à sa fille qu’elle peut faire confiance aux gens d’église après tout ce qu’ils ont fait contre nous ? »
J’ai fini mon steak et j’ai été mettre mes couverts dans le lave-vaisselle. Je me suis appuyée un instant contre le lavabo, décidément perplexe.
 « Etant donné le quartier, le père Michel ne peut pas passer inaperçu. Et il ne possède pas de véhicule personnel…il ne se déplace qu’avec les transports municipaux »
J’ai éteint la lumière et je suis allée voir dans ma chambre si j’y étais.
 « L’Inquisiteur doit avoir un endroit sûr où torturer ses victimes sans jamais être entendu…et le père Michel est bien trop occupé pour s’éloigner un instant sans que ses ouailles ne s’en rendent compte. A moins qu’il ne fasse ça la nuit »

Je me suis glissée sous mes draps et j’ai eu un soupir de soulagement en me sentant enfin confortablement installée.
 « Non, la question a bien duré trois jours selon le rapport d’Alain. Anna n’a eu que quelques heures de répit avant d’être électrocutée…et je vois mal le père se promener avec une batterie alors qu’il ne possède pas de voiture »
Je me suis passée une main sur le visage avant de me retourner et d’éteindre la lampe d’un claquement de doigt.
 « D’autres personnes peuvent avoir croiser Anna ce jour-là…il faut que j’arrête de me focaliser sur cet homme. Ça ne me mènera nul part »
Je devais bien avouer que je gardais encore cette rancœur au fond de moi et que malgré ces années passer à la combattre, j’étais toujours aussi atteinte. Certaines de mes ancêtres avaient été persécutées et massacrées par ces mêmes hommes et grâce à eux aujourd’hui…j’étais la dernière de la lignée.

 TID TUD TID ! TID TUD TID !
 
_Humm…
J’ai ouvert un oeil et j’ai vu mon portable briller sur ma table de chevet, de l’autre côté du lit. J’ai tendu une main lasse sans même le regarder et il est apparu entre mes doigts, clignotant sur un numéro que je ne connaissais pas.
 _Mmoui allô ?
 « Allô lieutenant Montel ? »
 _Hum, ça dépend qui la demande…
 « C’est le père Michel. Je sais qu’il est tard et je m’excuse de vous déranger mais…ma croix…je ne la retrouve pas »
J’ai rouvert les deux yeux, maintenant totalement concentrée sur ses paroles. Comment avait-il obtenu mon numéro ?
 _Où l’avez-vous perdu ?
 « Et bien…c’est ça qui est étrange…je n’en ai absolument aucune idée. Vous m’avez mis la puce à l’oreille après votre départ et…attendez… »
Je me suis assise contre le mur, une main sur le front. Soudain, il y a eu des bruits de feuille chiffonnée comme s’il cherchait frénétiquement autour de lui puis quelque chose de plus sourd.
 _Mon père ? Vous êtes là ?
J’ai clairement perçu quelqu’un en train de reprendre le combiné, puis une respiration lente et posée.
 _Père Michel ?
Il a doucement raccroché et je me suis retrouvée avec les tonalités. Ce n’était pas bon signe.
 _Merde !
J’ai repoussé les draps et j’ai attrapé mon arme dans le tiroir de ma table de chevet avant même de me choisir des vêtements.

 _Flack ? excuse-moi, mais c’est urgent !
 « …j’imagine, pour que tu viennes me réveiller… »
 _Ton prêtre a des soucis. Rejoins-moi à son église tu veux ?
 « Tu…rhaa, j’espère vraiment que tu as une bonne raison ! Je vais encore me faire engueuler par Viviane »
 _Dis-lui que c’est ma faute. Je viendrais m’excuser plus tard !
J’ai raccroché à mon tour et j’ai sautillé dans un pantalon. Certes, dans un certain sens, c’était de la folie d’agir ainsi. Il y a deux heures encore, je soupçonnais cet homme d’être l’Inquisiteur. Et c’était peut-être le cas. Tout comme cet appel qui pouvait-être un piège. Mais dans un souci d’efficacité…

J’ai repris mes clefs et j’ai gagné le garage d’un pas rapide. Si c’était sa manière de faire pour m’attirer, il allait être surpris. Je n’étais pas une petite étudiante…et je connaissais parfaitement mes capacités. Dans les deux sens du terme.
Je n’ai pas mis le gyrophare, conscience que le quartier était sensible et je me suis garée juste de l’autre côté de la rue. Il n’y avait personne. Juste une moto sous le lampadaire qui ne servait pas à grand chose, étant donné que l’ampoule avait été caillassée comme les fenêtres aux alentours.
 « Flack, grouille ! »
J’ai pris une longue inspiration et je me suis élancée sans attendre plus longtemps. J’ai lentement monté les marches, méfiante, mais j’ai du me rendre à l’évidence : le pentagramme avait été effacé. Et ce dans les règles de l’art.
 « Bon sang ! »
La porte était ouverte. J’ai eu un sourire un coin. Soit c’était le piège le plus gros de l’histoire, soit le père n’était pas tout seul. Je me suis redressée et me suis faufilée entre l’entrebâillement pour découvrir l’intérieur aussi noir que la nuit. J’ai juré avant d’attraper ma lampe torche. C’était raté pour la discrétion.

Je suis entrée à pas lent. Aucune lumière ne prouvait la présence du père. Seules les bougies éclairaient les chapelles mais ce n’était pas suffisant pour voir plus loin que son nez.
 « Hum… ? »
Je me suis arrêtée quand une odeur âcre a surplombé celles du renfermé et de la poussière. J’ai balayé la nerf de ma lampe, quand une silhouette s’est brusquement dessinée devant moi avant de disparaître.
 _Eh ! Arrêtez ! Police !
Cette satanée règle où on était obligé de s’annoncer avant de courir après les suspects…ça ne marchait jamais évidemment !
 _Fais chier !
J’ai entendu ses pas résonner dans l’enceinte mais on n’y voyait pas à un mètre. Je me suis élancée en direction de l’autel un peu au hasard, cependant les pas se sont fait entendre de l’autre côté.
J’ai fait volte-face et le visage de Flack s’est dessiné dans le rond de lumière.
 _Rha, ça te dit de baisser ton engin de malheur ?
 _Bon sang Flack, tu m’as fichu une de ces trouilles ! C’est toi qui vient de courir ?
 _Non je viens à peine d’arriver.
 _Merde ! Il est encore ici !
 _Qui ?
 _Je ne sais pas !
Il a regardé autour de lui et nous nous sommes séparés d’un même mouvement. Une porte a claqué et a fait trembler les vitraux. J’ai fait un bond quand de l’air frais s’est fait sentir. Flack m’a doucement fait signe et nous nous sommes avancés en direction de cette brise légère. De la lumière se diffusait enfin derrière cet encadrement de bois. J’ai appuyé sur la poignée avec mon coude et j’ai braqué l’intérieur, aidé par un Flack aux aguets. Mais nos armes se sont aussitôt baissées quand nous avons vu ce qui se tenait devant nous.
 _Oh seigneur…
J’ai dégluti, la gorge sèche. Le père Michel se tenait là, assis sur sa chaise, juste en face du téléphone qu’il avait du utiliser pour m’appeler, les mains sur les genoux. Du sang perlait sur ses joues car quelqu’un avait eu l’audace de lui arracher les globes oculaires. Ces deux trous noirs nous fixait alors qu’une corde fine pendait encore autour de son cou telle un garrot trop serré. Flack a baissé la tête alors que je fixais ce visage horrifique sans comprendre.

J’ai alors senti une présence. Une présence qui a fait bouger l’air et les papiers qui avaient été balayé sur le sol.
 _FLACK !
Je l’ai violemment tiré par le bras et il m’est tombé dessus quand une détonation a retenti. Une ombre s’est enfuie, le visage bien protégé par une capuche profonde. Je me suis redressée avec difficulté mais je me suis lancée à sa poursuite, mon arme en main.
 _Arrêtez-vous !
J’ai dérapé sur le sol mais me suis rattrapée d’une main avant de voir l’inconnu immobile sur le perron de l’église, éclairé par le seul lampadaire encore opérationnel. Il s’est lentement tourné vers moi. Bien que ses yeux étaient toujours cachés par cette capuche de sweater, j’ai vu ses lèvres bouger sans émettre aucun son. Ma main me piquant étrangement, j’ai alors réalisé que j’avais glissé sur du gros sel éparpillé sur le sol.
 « Merde ! »
Ce dernier s’est enflammé dès que cette ordure a fini son incantation et je me suis jetée sur le côté pour me réfugier dans une alcôve de pierre. Les flammes ont rapidement grandi et se sont brutalement tournées vers moi.
 _Diane !
 _Flack n’avance pas ! Ce feu est vivant !!
 _Quoi !
J’ai vu le fugitif s’enfuir sans demander son reste, mon collègue restant bloqué de l’autre côté de ce trait de sel en flamme. Il a juré puis a décidé de faire le tour en bousculant toutes les chaises sur son chemin.
 _J’arrive Diane ! Tiens le coup !
Je me suis recroquevillée dans mon alcôve, le front en sueur. Les flammes étaient bleues mais dansaient sous mes yeux comme si elles n’avaient que le souhait de me dévorer. J’ai regardé ma main ensanglantée par ce sel qui était en train de me ronger la peau…celui qui avait fait ça était très doué. Un sorcier ?

 « Les hommes ne sont normalement pas fait pour la magie »…ais-je pensé avec une pointe de sexisme.
C’était quelque chose d’inhérent à nos origines. Les hommes sorciers existaient, mais il était reconnu qu’ils avaient toujours eu des capacités moindres que leurs semblables féminins. Et ça, l’Inquisition l’avait bien compris.
 _FLACK !
J’ai senti la peur me prendre les tripes quand un courant d’air a projeté les flammes vers moi. Je me suis lentement redressée en me collant contre le mur, le cœur battant. Je ne pouvais me servir de mes facultés…je risquais de mettre le feu à tout l’édifice si je ne parvenais pas à me contrôler. Et mon collègue n’était pas loin. Il ne me croirait jamais si je lui expliquais la vérité.
 _J’arrive !
Il est apparu de l’autre côté, l’extincteur de sa voiture dans les mains. Il l’a allumé et m’a aspergé les pieds en même temps que les flammes. Il a bien pris le temps de toutes les éteindre et j’ai eu du mal à reprendre ma respiration, une peur inhérente au fond du l’estomac.
 _Ça va ?
Il est venu vers moi et m’a serré un instant contre lui, soulagé. J’ai eu du mal à reprendre mes esprits, encore tremblante.

_Je vais appeler les collègues, essaye de souffler un peu. Tu es blanche comme un linge.
 _Je déteste le feu…
 _Je sais, s’est-il moqué dans un rire nerveux, pourquoi crois-tu que j’ai arrêté de fumer ? tu me piquais à chaque fois mon briquet.
 _Rappelle-moi de le rendre à Viviane au fait…je crois qu’il est toujours au fond de ma boite à gant.
Il a eu un rire plus franc puis m’a laissé pour aller téléphoner à l’extérieur. J’ai pris une chaise sur la rangée voisine et m’y suis assise, la poitrine douloureuse. C’était bête sans doute d’avoir aussi peur du feu, mais je crois que j’avais ça dans les gênes…deux siècles de bûcher, cela avait de quoi marquer jusqu’au sang. Et j’avais beau me convaincre que c’était stupide, que les danses autour d’une sorcière ne se faisaient plus depuis des décennies, l’expérience de ce soir tentait à me prouver que je n’étais pas guérie.

 _Et bien vous l’avez échappé belle on dirait !
De longues minutes plus tard, les pompiers ont débarqué avec notre capitaine en tête et les scientifiques aux fesses. Ce dernier s’est planté devant moi tandis qu’un infirmier me soignait la paume de la main, les siennes dans les poches de sa longue capeline. Une vraie caricature de dandy.
 _Vous avez vu le visage du coupable ?
 _Si c’était le cas, vous croyez vraiment que je serai encore là ?
Il a eu un sourire en coin.
 _Au moins vous avez encore suffisamment de force pour me répondre, c’est plutôt bon signe.
J’ai eu un grognement nerveux et l’infirmier a fini mon bandage en me préconisant de ne pas trop appuyer dessus pendant les deux prochains jours. Au moins, je pouvais toujours bouger les doigts.
 _Diane ! J’ai fait aussi vite que j’ai pu !
Alain est sorti de son ambulance mortuaire sans attendre et a presque poussé le capitaine sur le côté pour venir prendre de mes nouvelles. J’ai eu un sourire touché.
 _Tout va bien, je n’ai rien. Par contre le père Michel est un peu plus mal.
 _C’est ce que m’a dit Flack oui. Où est-il ?
 _A l’intérieur. Attends, je t’accompagne.
J’ai remercié l’infirmier et j’ai quitté le véhicule de l’hôpital, les jambes encore fragiles. Le capitaine a décidé de nous suivre. J’ai découvert que les collègues de la scientifique avaient déposé d’énormes spot de lumière pour éclairer l’intérieur et l’église a aussitôt pris une autre dimension. Je suis restée à distance lorsque j’ai deviné les traces noires laissées par le feu qui se trouvaient si prêt de ma cachette. La peur a repris mais Alain a posé une main calme sur mon épaule. Je me suis donc reprise et je l’ai accompagné jusqu’à l’entrée de la petite sacristie, là où le père Michel avait visiblement installé son bureau.
 _Je crois qu’on peut définitivement le rayer de notre liste des suspects, ironisa le capitaine, écœuré par le visage mutilé de l’homme d’église, votre visite semble avoir éveillé quelque chose lui pour qu’il ait mérité un tel châtiment. On a retrouvé les yeux ?
 _Non monsieur. Et c’est pas faute d’avoir cherché.
 _Magnifique…il ne manquait plus que ça. Les journalistes vont faire un plat de toute cette histoire.

Je n’ai qu’un soupir en regardant Alain se rapprocher de ce qui était maintenant un cadavre.
 _Il est encore chaud…il est sans doute mort peu avant votre arrivée.
 _Il n’a pas fallu 30 minutes à l’homme en capuche pour le tuer et le mettre dans cette position.
 _Comment le savez-vous ?
Flack m’a tendu un bonbon au chocolat quand il a deviné que je manquais de force. Les mêmes bonbons que lui donnait son fils avant qu’il ne parte au boulot. C’était pour qu’il ne cesse jamais de penser à lui en les mangeant.
 _Le père Michel a appelé chez moi alors que j’étais sur le point de me coucher. Il m’a parlé de la croix. De celle qui lui manquait et qu’il n’arrivait pas à retrouver. Il semblait paniqué. Et la communication a été coupé.
 _Et vous n’avez rien trouvé de mieux que vous jetez la tête la première sans prendre le temps de nous prévenir ?
 _Diane m’a appelé aussitôt après ! déclara Flack avec force, j’étais avec elle quand cet homme l’a agressé. Et elle m’a sauvé la vie !
Pour preuve, il lui désigna la balle que venait de récupérer un scientifique dans le mur juste derrière le corps du prêtre.
 _Si cet homme était armé, pourquoi n’en a-t-il fait pas usage devant nous ? C’était bien plus simple que de mettre le feu. Et pourquoi avoir étranglé le père ? Une balle dans la tête aurait suffi.
Tous les policiers présents ont levé la tête et ont fixé le capitaine qui ne semblait pas se rendre compte de l’énormité qu’il venait de dire.
 _C’est un adepte de la mise à scène, souffla Alain en allumant sa mini lampe torche pour regarder dans les globes vides de la victime, et un exécuteur de talent. Notre pauvre curé n’a rien du voir venir.
 _Dis-moi qu’il était mort quand on lui a pris ses yeux.
 _Oui rassure-toi, me sourit-il pour la forme en éteignant sa lampe, cette corde l’avait déjà étranglé. Je ne pense pas que l’autopsie vous en apprendra plus, mais je vais m’atteler à la tache. Vous pouvez quitter la pièce s’il vous plait ? on va manquer de place pour le brancard sinon.

Nous nous sommes exécutés et avons quitté l’église alors que du mouvement commençait à se faire sentir dans le quartier. Les voisins commençaient à se demander ce qui se passait. D’habitude la police ne restait pas aussi longtemps.
 _Rentrez chez vous et prenez une bonne douche. Cette affaire repart de plus belle alors ne me lâchez pas. Pas la peine de provoquer la panique, c’est déjà suffisamment hors norme.
 _Viens, je t’offre un café. Tu en as besoin.
Flack m’a prise par l’épaule et m’a forcé à le suivre jusqu’à sa voiture. Il a refusé que je prenne la mienne en trouvant l’excuse qu’il me ramènerait par la suite et je me suis assise à la place du passager, vidée. Il a conduit lentement, silencieux. Il n’y avait pas grand chose à dire après une histoire pareille.
 _Tu es sûre qu’on ne va pas réveillé personne ?

Il s’est garé dans son allée et m’a souri en ouvrant la portière. De la lumière a aussitôt jailli du salon et j’ai eu un soupir déçu en lui suivant jusqu’à sa porte d’entrée. Viviane était là, assise dans le canapé, un livre entre les mains.
_Oh Diane mon dieu, tu vas bien ?
Je devais faire une de sacrée tête pour que tout le monde me dise ça rien qu’en me voyant.
_Excuse-moi j’ai encore fichu votre soirée en l’air.
_Tu es blessée ! Qu’est-ce qui s’est passé ?
_Ça serait un peu long chérie. Ça t’ennuie si on se prend un café ?
_Je vais vous faire ça. Diane, toujours noir ?
_S’il te plait…
Elle a posé son livre sur le côté et a filé dans sa cuisine sur la pointe des pieds. J’ai pris place dans un fauteuil, le dos ankylosé. Elle m’a tendu une tasse encore fumante et je l’ai remercié, la gorge sèche.
_Reste ici pour cette nuit, me dit-elle en me voyant combattre mon envie de dormir, Lucas sera sans doute ravi de te voir demain matin.
_C’est gentil mais…
_Je ne veux pas savoir ce que vous avez fait tout à l’heure, me coupa-t-elle d’un ton plus sec, mais je ne vais pas vous laisser repartir dans cet état. Flic ou pas flic.
J’ai préféré ne pas répondre devant un sourire hilare de Flack.
_Tu sais pourquoi je l’ai épousé maintenant.
J’ai avalé une gorgée, amusée. Je les enviais en les regardant tous les deux se dévorer de ce même regard que pouvaient avoir deux adolescents. Je n’avais pas vraiment à me plaindre avec les hommes…le seul souci, c’est qu’ils ne restaient jamais assez longtemps pour avoir envie de combattre ma soif de liberté. C’était comme ça…j’imagine que je n’étais pas prête à m’engager dans quoique ce soit. Sauf peut-être dans la traque des chasseurs…"

Fin du chapitre 2. J'espère que cela vous a plu ^^ (rha cette police....)