Finalement, je poste quand même le début du chapitre 3 de Lune Bleue. Désolée, pas de petit dragon cette fois-ci : j'aime vous faire mariner j'avoue :p

Quoi dire de plus à part que l'univers complexe de cette histoire se dessine peu à peu...magie, pas magie, flic, pas flic...ah j'adore jouer avec les apparences ! toute la joie de jouer du fantastique dans un monde réel. Je ne suis qu'une gamine devant mon écran (oui c'est pitoyable mais je vous zut :p)

Bonne lecture à vous et amusez-vous bien.

__Pyra___by_Anathematixs
Dessin de Anathematixs : http://Anathematixs.deviantart.com/

Chapitre III

Le lendemain, je me suis réveillée aussi fatiguée que la veille, l’odeur de la fumée dans les narines. Lucas m’a sauté dessus dès qu’il est descendu de son lit, encore en pyjama et m’a demandé de lui raconter une histoire. Ce gamin était une crème et il ignorait encore tout de ce qui se passait au-dehors. C’était trop mignon.

Sa mère lui a préparé son petit déjeuner et Flack m’a servi un autre café noir, réalisant sans doute que je n’étais pas d’humeur à tergiverser. Je les ai regardé manger ensemble, seule dans mon petit monde et le café m’a semblé un peu plus amer. Je devrais peut-être appeler Baba pour prendre de ses nouvelles …remarquez non, car si je lui apprenais ce qui s’est passé hier, elle paniquerait et débarquerait chez moi sans prévenir avec ses bagages pour un mois entier. Et je n’avais pas le temps de jouer à la baby sitter.
 _Diane ? tu es bien silencieuse.
 _Hum ? oh désolée.
 _Sers-toi vas-y, manges.
Viviane m’a tendu le panier qui contenait des tartines puis le pot de confiture qui allait avec. Flack a eu un large sourire mais s’est rapidement caché derrière son bol de café, hilare. Je me suis laissée faire, quoiqu’un peu bousculée. Je n’avais pas vraiment l’habitude d’avaler quoique ce soit le matin, mais je me suis forcée pour lui faire plaisir. Puis j’ai préféré prendre congé, mal à l’aise. Flack a repris son arme et a salué sa petite famille avant de me suivre dans son jardin.

 _Ça te ferait du bien de te trouver quelqu’un tu sais ?
 _Pourquoi faire ?
 _Tu veux vraiment que je te fasse un dessin ?
J’ai gagné la voiture sans répondre et il a soupiré en sautillant autour du véhicule pour prendre le volant.
 _Sinon…tu as pensé à aller voir un spécialiste ? me déclara-t-il en s’engageant sur la route…pour ta peur du feu.
Je l’ai regardé de travers, le coude appuyé sur la portière.
 _Excuse-moi ?
 _Oui j’en ai parlé avec Viviane, et ça m’a semblé une bonne solution. Son grand-père était hydrophobe, il paraît que ça l’a beaucoup aidé d’en parler à quelqu’un.
J’ai eu un sourire nerveux. A qui pourrais-je parler de ça, vraiment ? surtout avec cet Inquisiteur dans les rues. Je ne pouvais en aucun cas me dévoiler. Ni même y faire allusion.
 _Ouais j’ai compris, souffla Flack devant mon manque de réaction, mais si ça te dit un jour, j’ai toujours son adresse sur moi.   
_L’adresse de qui ? du grand-père de ta femme ?
 _Non idiote, du psy.
Mon sourire s’est transformé en un rire un peu coincé et je l’ai laissé nous conduire jusqu’au bureau, encore poussée par l’adrénaline de la veille qui m’avait empêché de dormir correctement.

Une fois au bon étage, je me suis laissée tomber sur ma chaise et j’ai pris une longue inspiration en essayant de me gratter la main autour de ce satané bandage. J’ai repensé à ce visage caché sous cette capuche. A en jurer par la corpulence et la rapidité, ce gars devait avoir entre 25 et 30 ans…et il connaissait très bien le sort qu’il avait utilisé. C’était sans doute lui aussi qui avait dessiné le pentagramme qui avait cherché à me paralyser…
 « On dirait qu’il a tout de même besoin d’artifice pour parvenir à ses fins… »
J’ai attrapé la balle en mousse que je gardais à côté de mon pot de crayon et je me suis amusée à la lancer entre mes mains, les yeux dans le vague. Et si ce n’était pas un sorcier ? Mais plutôt un partisan ?
 « Pourquoi aurait-il tué Anna si c’était le cas ? la pauvre ne connaissait rien de notre monde. Elle ne devait pas être une grande menace »
J’ai changé de main, de plus en plus perplexe.
 « Qu’a pu voir le père Michel pour subir une telle chose ? tuer une sorcière d’un côté et un curé de l’autre…ça n’a pas de sens. Ou alors je me suis trompée depuis le début et l’Inquisition n’a rien à avoir avec ça »
Quelqu’un a attrapé ma balle au rebond.
 Non ce n’est pas possible. Les tortures, les mains pendues, le penta…tout ça ramène à mon univers… » quoi ?
Flack m’a regardé avec un sourire aux lèvres.
 _Tu fais peur quand tu te réfléchis, tu le sais ça ?
 _…désolée…
 _Alain vient de nous biper, ça semble urgent ; tu te sens d’attaque ?
J’ai eu un soupir en repoussant ma chaise. J’avais l’impression de vivre dans un cercle sans fin. Toujours à prendre le même chemin pour finalement revenir m’asseoir derrière mon bureau.

Nous sommes allés à la morgue de nouveau sous la pluie, mais on nous a demandé de rester au-dehors de la salle en attendant que le doc ait fini de présenter un défunt à la famille venue le reconnaître. J’ai pris place sur l’une des chaises et j’ai croisé les jambes, l’esprit vraiment ailleurs. Je n’arrivais pas à me défaire de ce visage dont je ne parvenais pas à deviner les yeux. Tout aurait été si simple si j’avais vu à quoi il ressemblait sans ce vêtement.
 _Votre fille vous sera bientôt rendu madame. Vous allez enfin pouvoir l’enterrer dignement.
Les portes se sont ouvertes et Alain est apparu avec…madame Malova !

Je me suis aussitôt redressée et cette femme d’un âge sans doute moins avancé à celui qu’elle pouvait afficher par son air aigris et refermé m’a fixé en plissant légèrement ses paupières.
 _Madame Malova, voici les deux policiers chargés de l’enquête concernant Anna.
Flack lui a tendu une main agréable mais elle l’a dénigré avant de revenir sur moi.
 _Vous savez qui lui a fait ça n’est-ce pas ?
Sa voix était aussi froide que son allure et ce vêtement monté jusqu’au plus haut de son col.
 _Pas encore madame, mais nous continuons de…
 _Vous SAVEZ qui a fait ça.
J’ai reculé le menton quand ses yeux ont légèrement changé de couleur. Cette femme savait parfaitement ce qu’elle était !
 _Nous y travaillons, ais-je conclu d’un ton plus sec.
Elle a fait demi-tour sans plus de cérémonie et a laissé Alain en plan. Flack la regardait partir puis est revenu vers moi, surpris.
 _Et bien ! Sa réputation n’était pas faussée ! Elle a reconnu sa fille ?
 _Oui, souffla Alain d’une petite mine, elle n’a rien dit de particulier. Ni même pleuré. C’était plutôt triste…
J’ai légèrement serré les dents en reprenant mes esprits et je me suis lancée à sa suite d’un pas rapide.
 _Diane, laisse-la tranquille !
 _J’ai des choses à lui dire ! Je ne serai pas longue !
J’ai accéléré l’allure et j’ai quitté le laboratoire dans un souffle court. J’ai cherché un instant autour de moi pour ensuite apercevoir sa petite silhouette se glisser à l’arrière d’un taxi.

 _Madame Malova !
J’ai piqué un sprint et tendu une main pour bloquer la portière alors qu’elle était sur le point de la fermer.
 _Attendez !
 _Laissez-moi tranquille.
 _Votre fille est morte et c’est tout ce que ça vous fait ?!
 _Ce que je ressens ne vous regarde pas. Chauffeur, s’il vous plait. 
_Minute.
J’ai plaqué ma carte de police sur la vitre de ce dernier. Il a coupé le moteur et a préféré sortir pour nous laisser la paix. Je me suis tournée vers la mère qui a continué de me fixer avec ses yeux changeant de couleur sans doute sous l’effet de la colère.
 _Vous savez parfaitement ce que vous êtes n’est-ce pas ? pourquoi ne pas l’avoir enseigné à Anna ?
 _Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
 _Ne vous fichez pas de moi !
J’ai frappé du poing sur la vitre, mauvaise.
 _Elle avait le droit de savoir ! Pourquoi croyez-vous qu’elle faisait toutes ces recherches ? Elle voulait comprendre d’où elle venait, ce qu’elle était !
 _Et regardez où ça l’a conduite ! s’écria-t-elle alors, dans un coffre réfrigéré où un homme a du l’ouvrir en deux pour savoir ce qu’on lui avait fait subir ! Vous croyez vraiment qu’elle le méritait ?!
Je me suis lentement redressée et elle a difficilement dégluti, le visage cisaillé au carré, le cou tendu.
 _J’ai tout fait pour la protéger des hommes…des hommes comme celui qui lui a fait ça…mais elle ne m’a jamais écouté…elle voulait être comme les autres filles. Mais les gens comme nous…ça ne peut pas être comme les autres.
Elle m’a regardé et j’ai vu ses yeux s’éclaircir.
 _Vous êtes une pyromancienne n’est-ce pas ? Anna contrôlait ces facultés ?
 _…non…je ne lui ai jamais appris. Elle n’en avait pas besoin. Inutile de faire d’elle un monstre.

J’ai reculé d’un pas et elle s’est rassise convenablement, les mains posées sur les genoux et le regard bien droit. J’ai fermé sa portière à contre cœur et j’ai fait signe au chauffeur qu’il pouvait reprendre son volant. Le taxi n’a pas tardé à disparaître à l’horizon et j’ai frappé dans un caillou avec rage. Tout ça pour ça ! cette femme allait finir sa vie toute seule à présent…comme si cette dernière avait encore de l’importance à ses yeux après la mort de sa fille unique…Anna avait raison au fond. Elle savait que sa mère était une femme aimante et attentionnée. Mais elle se haïssait pour ce qu’elle était et ne voulait en aucun cas que son enfant suive le même chemin qu’elle. Elle était comme une victime de viol qui ne savait comment élever sa progéniture sans lui apprendre la vérité sur ses origines…

 _Alors ? vous avez pu parler ?
 _Pas vraiment…
Flack a fait une mine du style « je te l’avais dit » puis a laissé Alain découvrir le visage du père Michel allongé là sur une de ses tables de travail.
 _Alors je crois que vous allez m’adorer, déclara ce dernier en vérifiant sa plaquette de renseignement, car notre père Michel…était tout sauf un prêtre.
J’ai écarquillé les yeux, piquée à vif.
 _Tu plaisantes ?
 _Non madame. D’abord, il y a ceci.
Il a soulevé le drap d’abord posé sur une jambe et nous avons découvert le tatouage d’une tête de chien à la gueule grande ouverte.
 _Ce n’est pas très chrétien ça, je me trompe ?
Flack s’est penché en avant et a plissé des paupières.
 _Ça n’a pas été fait par un pro en tout cas. On dirait plus un truc dessiné à la va-vite.
 _Comme en prison.
Alain a acquiescé en me tendant une feuille.
 _Joli, lieutenant Montel. Pierre Mulosky, braqueur multirécidiviste. A passé plus de 15 ans en prison après la mort d’un policier.
 _Quand est-ce qu’il s’est converti ?
 _Il y a trois ans.
Flack a regardé par dessus mon épaule. Mulosky n’avait plus du tout la même tête qu’avant c’était le cas de le dire. Fini les cheveux longs et la barbe de trois jours. C’était difficile de croire qu’il s’agissait du même homme.

 _La mère Véronique n’a pas dit que c’était un ami de longue date ?
 _Si…
Je me suis pincée les lèvres, ennuyée.
 _Elle t’aurait menti tu crois ?
J’ai levé les yeux vers Flack qui a haussé un sourcil.
 _C’est toi qui me pose cette question, monsieur le croyant ? les sœurs sont habituées au mensonge ?
Il a fait une mine explicite en se redressant légèrement.
 _Tu as autre chose ? ais-je demandé en regardant Alain.
 _Oui. Monsieur était condamné. Un cancer des poumons. Phase terminale.
 _Un cancer des poumons ? il fumait ?
 _Il faut croire. En tout cas, il n’en avait plus pour longtemps. 3 à 6 mois tout au plus.
 _Cela pourrait expliquer sa conversion.
 _Peut-être…le mieux serait encore d’aller demander à sa « grande » amie.
 _Oh alors là je viens avec toi !
 _Pourquoi ? je resterai polie si c’est ce qui t’inquiète.
 _Effectivement ! se moqua Flack en me prenant la feuille du casier des mains, tu as tendance à montrer furieusement des crocs quand tu parles à des gens d’église. Alors autant que je te serve de garde-fou…une fois de plus."

Voilà voilà, j'espère que cela vous a plu ^^