Encore un morceau de mon roman :) Etant donné que je n'ai aucun commentaire, j'ignore si je vais continuer de le poster. Je ne fais pas ça non plus pour avoir des louanges, mais surtout pour avoir des critiques, des points de vue, des remarques...et comme je n'en ai aucun(e), je ne sais pas trop quoi en penser.
Après, peut-être que ça plait ou pas du tout, mais comment savoir ? peut-être vous qui passez ici penser lire un truc tranquille sans vous prendre la tête - ce que j'espère - mais sachez que c'est aussi du boulot derrière. Et sans retour, c'est parfois dur de continuer...on se demande un peu à quoi ça sert, à part se faire plaisir personnellement.

Voilà, suite du chapitre. Bonne lecture à vous.

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J’ai gardé mes mains au fond de mes poches quand Flack est venu me rejoindre dans sa voiture. Mes paumes me démangeaient et ce n’était pas bon signe. Je devais à tout prix me calmer.
 _Tu as de la chance, la mère ne t’en veut pas.
 _Ciel, je vais mieux m’endormir ce soir.
 _Ne te fiche pas de moi c’est sérieux ! Tu as traumatisé cette pauvre femme !
Je me suis rongée l’ongle du pouce, peu réceptive à ses reproches.
 _Ramène-moi à l’église avant de rentrer au bureau, j’aimerai aller récupérer ma voiture.
 _Qu’est-ce que tu as derrière la tête encore ?
 _Rien, juste récupérer ma voiture.
Il a bruyamment soupiré et a conduit sans ajouter un mot. J’ai eu la chance que mon véhicule n’ait pas attiré la convoitise des habitants du quartier. J’ai même retrouvé les enjoliveurs à leur place.
 _Diane.
 _Quoi ?
Flack s’est dessiné devant moi, les mains sur les hanches, quelque peu gêné par la situation.
 _Tu peux me dire pourquoi tu es aussi agressive avec les gens d’église ? c’est quoi ton problème ?
 _Je pensais que tu ne voulais pas savoir.
 _Et bien maintenant si. Tu as été particulièrement dure avec la mère supérieure, à la limite de l’insolence. Alors si je veux continuer à bosser avec toi sur cette histoire, j’ai doit en connaître la raison. Tu remarqueras que je ne te pose jamais de question sur ta vie privée. Je te respecte et je sais que tu me retournes ce sentiment. Mais là, j’ai du mal à te suivre.

Je me suis redressée alors que je venais d’ouvrir ma portière.
 _Tu es ouverte pour tout sauf pour ça et…j’avoue que cela commence à me déranger.
Je l’ai regardé, multipliant toutes les pensées contradictoires, puis j’ai eu un soupir en refermant doucement la porte.
 _…l’Eglise a pourchassé les gens de ma famille pendant des années…ça a détruit ma grand-mère, forcé ma mère à déménager…j’ai beau faire ce qu’il faut pour accepter, je suis désolée, je n’y arrive pas.
 _Mais…
Il a secoué la tête, complètement perdu.
 _Enfin l’Eglise ne poursuit plus personne depuis des siècles ! Au contraire, elle…
 _Elle quoi ? Elle protège ? ne me fais pas rire.
 _Diane, tu as sans doute de bonnes raisons mais…
 _Tu crois en ce que tu veux, je m’en fiche. Maintenant, si tu veux parler avec les sœurs ou je ne sais quel curé, tu le feras tout seul. Cela nous évitera ce genre de conversation !

Je suis assise devant mon volant et j’ai fermé la portière d’un geste sec. Il a balayé l’air d’une main énervée avant d’aller rejoindre sa voiture garée juste derrière la mienne. J’ai serré le manche de la boite de vitesse, le souffle rauque et j’ai démarré en trombe, portée par la colère. Il a eu du mal à me suivre jusqu’au prochain feu.

J’ai du prendre du temps pour me calmer. J’ai levé une main vers un vieux paquet de chewing-gum oublié à côté de mon siège. J’en ai attrapé un au vol et l’ai déballé de sa protection avant de jeter cette dernière dans un cendrier qui ne servait quasiment qu’à ça.

Je n’aimais pas me disputer avec Flack. C’était l’une des rares personnes en qui je pouvais avoir entièrement confiance…en dehors de mes origines bien sûr. Nous ne travaillions ensembles que depuis deux ans mais cela avait rapidement collé. Je n’avais pas envie de changer de partenaire pour cette simple divergence de point de vue.
 _Ah vous voilà. Vous vous êtes perdus en cours de route ?
J’ai eu la surprise de découvrir le capitaine assis sur un coin de mon bureau, le rapport balistique dans les mains.
 _Et vous, vous avez perdu votre boussole ?
Il a eu un large sourire en se redressant, conscient que le voir là assis sur mes affaires ne me mettait pas en joie. Flack est arrivé par la suite et m’a vu en train de lire le rapport fait par les scientifiques.
 _Un 6.35 qui a grièvement blessé un commerçant de la Vallée en janvier 2003. Deux individus l’ont attaqué au moment de la fermeture et l’ont cloué dans un fauteuil roulant pour le restant de ses jours. Plusieurs suspects ont été arrêté, mais sans résultat.
 _Donc notre homme serait l’un des deux braqueurs ?
J’ai fait une mine explicite en tendant le rapport à mon collègue.
 _Pourquoi ne s’est-il pas servi de cette arme pour neutraliser le père Michel ? au lieu de l’étrangler ?…après tout, le curé avait une belle carrure, il a sans doute du se débattre.
J’ai levé les yeux vers le capitaine qui continuait de regarder par-dessus de mon épaule pour voir ce que je faisais.
 _Il l’a fait quand on regarde le capharnaüm qui régnait dans la sacristie. Les tiroirs ont même été fouillé…
J’ai attrapé une photo prise de la scène de crime. Je pouvais très bien imaginer Molensky assis sur cette chaise en train d’essayer de repousser son assaillant malgré le manque d’air. Puis ses bras qui sont brusquement retombés et l’autre qui a cessé de serrer de toutes ses forces…

« Et dire que pendant tout ce temps, j’étais à l’autre bout du fil… »
 _Diane, à quoi tu penses ?
Flack a décidé de me parler comme si ne rien était, les sourcils froncés.
 _Le capitaine a raison ais-je murmuré en reprenant mes esprits…pourquoi ne pas avoir utilisé cette arme pour le tuer ?
 _Et bien…peut-être qu’il préfère avoir un contact rapproché avec ses victimes.
 _Ou peut-être qu’il ne la possédait pas encore avant d’entrer dans la pièce.
Je lui ai montré la photo qui lui désigna les tiroirs ouverts.
 _Le père Michel ?
 _Un ancien braqueur…reconverti depuis seulement trois ans…qu’est-ce qu’il a fait depuis sa sortie de prison selon toi ?
 _Il était suivi par la mère Véronique. Tu crois qu’elle n’aurait rien remarqué ?
Je lui ai lancé un regard explicite en reposant la photo.
 _La Vallée se trouve à l’autre bout du pays, elle ne l’a pas suivi jusque là-bas à ce que je sache.
 _Mais pourquoi garder une arme cinq ans après l’avoir utilisé ?
 _Je ne sais pas…un sentiment de nostalgie peut-être ?
Le capitaine m’a regardé de travers en essayant de suivre mon raisonnement.
 _Essayez plutôt de voir si Pierre Mulosky était bien à la Vallée en janvier 2003 et prenez contact avec les agents qui ont traité cette affaire. Suivez également l’arme, on ne sait jamais, si notre homme s’en ressert dans les jours à venir.
 _Je ne pense pas qu’il fera une erreur aussi grossière…mais on ne sait jamais, ais-je rajouté pour éviter de froisser les susceptibilités.

Flack a eu un petit sourire avant de voir qu’un de nos collègue nous cherchait de vue, un paquet en main.

 _Ah vous êtes là ! Tenez, c’est pour vous, me dit-il de manière pressée, une copie des enregistrements de la caméra de sécurité de l’église.
 _La caméra de sécurité ? il y en avait une ? où ça ?
 _Derrière une gargouille.
 _Vous rigolez ?
 _Non c’est le prêtre précédant votre victime qui a demandé ce dispositif. L’église était sans cesse tagguée par des petits rigolos, alors une patrouille l’a installé pour le rassurer. Ça a permis plusieurs arrestations par la suite.
J’ai attrapé le CD sur lequel était compilé les trois derniers jours d’enregistrement, vivement intéressée.
 _Ça, ça peut nous faire avancer. Merci !
 _Pas de quoi.
J’ai quitté ma chaise, soudain excitée et j’ai traversé le hall de la brigade pour me rendre dans une salle de visionnage.
 _Ne m’attends pas hein, j’adore ça.
Flack m’a rejoint et a fermé derrière lui, inquiet.
 _Tu crois que l’on pourra voir son visage ?
 _Si c’était le cas, je crois que les blouses blanches nous l’aurait déjà dit. Mais je ne compte pas là-dessus, il faisait beaucoup trop sombre autour de l’église. Un seul réverbère pour toute la rue…
 _Alors quoi ?
 _Je veux savoir combien de temps ce salaud est resté dans l’église avant notre arrivée.