24 juillet 2008

Lune Bleue - 10 -

La suite ^^ et un passage croustillant s'il en est. J'espère que cela vous plaira, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire de mon côté. Un peu d'action ;)

Bonne lecture.

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J’ai été prendre mon arme pendant qu’il prévenait la morgue de son absence et j’ai remarqué que le capitaine était toujours enfermé dans son bureau, le seul possédant mur et fenêtre.
 _Maman doit faire son bridge, me suis-je moquée en gagnant l’ascenseur.
 _Mauvaise langue. Tu sais qu’il te dévore du regard dès que tu as le dos tourné ?
J’ai eu un grand rire en entrant dans la cabine.
 _Rappelle-moi de ne jamais me retourner alors.
Alain a levé les yeux au ciel en enfilant sa fameuse écharpe violette autour de son cou. Ce genre d’accoutrement le vieillissait outrageusement, mais il aimait avoir chaud. Il me faisait penser à un lutin de noël. Un peu grand certes, mais lutin quand même.

 _Je comprends pourquoi Flack court toujours après toi, tu es pire qu’une pile électrique !
 _Comme si tu n’étais pas au courant. Je n’ai pas changé en 10 ans.
Je me suis garée pour une troisième fois devant cette fichue église et j’ai fermé hermétiquement mon véhicule pour éviter les vols. Alain a levé le nez et m’a suivi en direction des marches avec inquiétude.
 _Où était le pentagramme ?
 _Juste à tes pieds, à quelques centimètres près.
 _Hum…éloigne-toi s’il te plait.
Je me suis exécutée en reculant de deux marches et il a ouvert une main au-dessus de la pierre. Les traits à la craie sont peu à peu réapparus mais le dessin n’a pas été restitué en entier.
  _J’aimerai bien savoir faire ça…c’est très pratique.
Il a eu une mine explicite en refermant sa main.
 _Nous ne sommes pas de la même branche, tu le sais. Et personnellement, je suis mieux à ma place qu’à la tienne. J’aime être un homme, si je peux me permettre cette remarque.
J’ai eu un large sourire moqueur puis je suis revenue à sa hauteur pour mieux inspecter ce dessin à moitié effacé.
 _Il a été fait de la main droite…grossière erreur…
 _C’est sans doute ce qui a sauvé ta nuque.
J’ai levé un œil vers lui avant de revenir sur les traces de craie. Elles ont peu à peu commencé à disparaître mais j’ai eu le temps de remarquer que celui qui l’avait dessiné n’avait pas l’habitude de le faire.

 _C’est peut-être une sorcière non initiée qui a fait ça, me déclara Alain alors que je me redressais.
 _D’accord mais pourquoi justement devant cette église ?
 _…hum…je l’ignore.
J’ai coupé les scellés et je suis entrée en allumant ma lampe torche. Il m’a suivi de quelques pas jusqu’à ce que je vérifie chaque recoin pour nous assurer que nous étions seuls. Puis il a allumé un spot laissé par la scientifique. Tout s’est vivement éclairé, ce qui a déjà soulagé mes yeux. J’ai rangé ma lampe mais j’ai gardé mon arme à portée de main, juste au cas où.
 _Bon…si tu veux cacher quelque chose dans une église, tu irais où ?
Alain a eu un sourire du style « tu plaisantes j’espère » puis a commencé à déambuler ici ou là, vigilant. Je suis allée voir du côté de la sacristie mais les blouses banches avaient scellés la pièce. Ils n’avaient sans doute pas fini de la passer au peigne fin, alors j’ai fait demi-tour et j’ai regardé autour de moi.

Cette église n’était pas différente des autres. Des vitraux protégés par des barreaux, une longue nef soutenue par de lourde colonnes, des chaises de pénitent en deux longues rangées, un autel de marbre surplombé par une mosaïque dont on avait du mal à dessiner le sujet tant la lumière refusait de monter jusqu’en haut.
 « Sans doute le Christ en majesté » ais-je pensé en montant les deux marches qui menaient au chœur, Alain, tu trouves quelque chose ?
 _Non rien.
J’ai eu un soupir en m’appuyant sous l’autel et j’ai remarqué que je marchais sur une plaque commémorative.
 « Ci-git monseig…ur E. de la Butte, éveq…38 à 16… »
J’ai froncé du nez, curieuse.
 _Tu crois qu’il y a une crypte au sous-sol ?
Alain est réapparu après être entré dans une chapelle, les sourcils froncés.
 _Il y a une tombe là.
 _Alors il y a forcément une quelque part. Le tout va être de trouver l’entrée.
 _Ça ne devrait pas être long…
J’ai repris ma lampe torche pour fouiller cet endroit plongé dans la pénombre, le spot étant de l’autre côté, et nous avons fouillé les recoins jusqu’à trouver une grille fermement serrée contre un mur.

 _Humf ! Solide !
Alain a secoué une main douloureuse après avoir essayé de tirer sur la chaîne et j’ai jeté un coup d’œil de l’autre côté. Il y avait bien un courant d’air qui remontait de là-dessous.
 _Je crois que ça va être à ton tour de reculer.
 _Ah ! Attends.
Il s’est dépêché de remonter les trois marches et j’ai balayé l’air d’une main agile. La grille s’est fracassée contre le mur dans un bruit assourdissant.
 _Très discret, bravo.
 _La chaîne était plus résistante que prévu.
 _Tu as encore du mal avec ta force oui.
 _Je n’ai plus 17 ans Alain, ais-je bougonné alors qu’il allumait une autre torche, je sais me contrôler.
Il a eu un rire moqueur en se baissant pour éviter de se fracasser le crâne contre la voûte de pierre et je l’ai suivi en gardant une main sur mon arme. Le cadenas qui bloquait la chaîne était très récent.
 _Quelqu’un est venu ici il y a peu, souffla mon ami d’une voix basse pour éviter que tout ne résonne.
Pour preuve, il me désigna la poussière qui manquait à certains endroits de la pierre. Puis nous sommes arrivés dans la cave à proprement parlée.

 _Sshhh…
 _Diane ?
J’ai serré les dents, la nuque soudain traversée par des centaines de pic.
 _Ne bouge plus. Cet endroit est protégé.
Il a froncé les sourcils et a fait volte-face avec sa lampe torche. Il existait deux caveaux, un dans la pierre, visiblement assez ancien pour être celui de l’évêque, et un autre, dans le marbre, beaucoup plus récent.
 _Quelqu’un a utilisé cette crypte pour y enterrer un corps en secret…
 _N’avance pas !
Je l’ai violemment attrapé par la veste et je l’ai tiré vers moi quand un mur de flamme a violemment jailli du sol pour protéger le caveau.
 _Merde !
Nous sommes tombés en arrière, surpris par la brutalité du feu. La peur m’a aussitôt envahi et je suis restée à moitié affalée sur le sol poussiéreux, à fixer ce mur avec effroi. C’était comme ce jour…la voiture…maman…
 _Diane ! Relève-toi !
Alain m’a brutalement secoué et m’a tiré par le bras pour me forcer à me redresser.
 _Il y a deux symboles du feu sur les murs ! Efface-les !
 _Tu ne peux pas le faire ?!
 _Je suis un homme tu te rappelles ? je ne peux pas les atteindre d’aussi loin !
Il m’a serré le bras alors que je tremblais comme une feuille. Cette barrière de feu rendait l’air étouffant, et les deux soleil inscrits sur chaque mur disparaissaient presque sous sa violence.
J’ai dégluti, la gorge sèche. J’ai lancé ma main en direction du premier symbole à gauche. Je l’ai barré d’une griffe dans la pierre et les flammes ont perdu en intensité.
 _C’est bien ! L’autre maintenant !
J’ai refais le même geste pour le côté droit et le feu s’est immédiatement éteint, comme si j’avais tourné le bouton de la gazinière. Les deux soleils avaient perdu leur sens magique au moment même que j’avais interrompu les traits qui les constituaient.
 _Ça va…ça va…tu t’en es bien sortie…
Alain m’a serré contre lui en sentant la panique qui m’envahissait. Il m’a même bercé un long moment en me caressant les cheveux.

Décidément, c’était plus fort que moi. Le feu me terrorisait même si je me concentrais de toute mes forces pour passer au-dessus de lui.
 _Quelque que soit la personne qui a dessiné ces symboles, elle voulait à tout prix éviter que l’on découvre ce caveau.
Je me suis lentement éloignée de lui, encore pétrifiée.
 _Il faut appeler la cavalerie. Je vais avoir besoin de quelques collègues pour avoir le droit de jeter un coup d’œil au cadavre.
 _Et comment on va leur expliquer pour le feu et les soleils ?
 _Diane…
Il m’a doucement pris le visage entre les mains avec ce regard attendri que seul un père pouvait avoir et m’a forcé à le regarder.
 _On ne va rien leur dire. Tu es venue ici parce que tu as suivi ton instinct et tu as découvert quelque chose. Laissons les scientifiques tirer leur conclusion ; ils prendront tout ça pour une sorte de rituel effectué par un fanatique, ou quelqu’un qui voulait protéger le corps…ce qui est la vérité après tout. Tu n’as rien à craindre, d’accord ?

Voilà voilà

Posté par miyaki2384 à 14:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Lune Bleue - 10 -

  • gnagnagna!!!!
    tu sais faire durer le suspens en tous cas


    (par contre si je puis me permettre sur la plaque tombale, "ci joint..." ce serait pas "ci-git" plutôt?)
    bon ok je ==>

    Posté par Goldie, 24 juillet 2008 à 15:18 | | Répondre
  • ah boulette ^^ Merci de l'avoir relevé.
    Bah le suspens, c'est important non dans ce genre d'affaire ?

    Posté par Artémis, 24 juillet 2008 à 17:25 | | Répondre
  • Plus ça avance...

    et plus on en apprend sur l'héroïne, et ce qu'elle est capable de faire. On dirait bien qu'elle garde quelques atouts dans sa manche^^
    L'œil critique qui est le mien a bien remarqué un "J'ai été prendre mon arme..." à remplacer par un "Je suis allée prendre mon arme" mais c'est surtout parce que le paragraphe commence par ces mots
    A part ça, tout va!!!

    Posté par kaliopsys, 07 août 2008 à 19:15 | | Répondre
  • Vi j'ai modifié ce début de phrase sur mon texte original après une relecture ^^ Ah Diane est tout un phénomène à elle seule, vous n'avez encore rien vu

    Posté par Artémis, 07 août 2008 à 20:03 | | Répondre
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