Si vous lisez ces mots aujourd'hui, c'est que je suis déjà dans le train en partance pour Paris, la peur au ventre. Oui je suis une grande stressée de la vie...alors qu'à 15 ans, je me souviens, j'étais une véritable peace and love, aujourd'hui quasiment 10 ans plus, la donne a changé !...merci la fac...
A voir si la nervosité ne va pas me faire bafouiller ou au contraire, me faire paraitre trop sûre de moi à l'entretien. Rha j'ai trop besoin de ce boulot ! Pour le moral, pour le fric, pour ma mère, pour moi...même si ce n'est que trois semaines, ce serait déjà ça de pris ! Je stresse rien qu'à vous écrire ça, ça craint...

Bref ahum...(relis ses conneries) pour le blog, j'ai préparé deux notes à l'avance. Celle-ci (oui s'il vous plait) et celle de Vendredi, car ignorant totalement ce qui va se passer, je joue la prudence. De toute façon, j'aurai sans doute assez le temps pour vous dire ce qui va se passer par la suite. Vous n'êtes pas encore débarrassés de moi ;)

Bonne lecture, je vous laisse avec Diane en attendant ^^

Baby_Werewolf_by_humon

_Vous rendre à la Vallée ? Pourquoi faire ?
_Interroger l’ancien partenaire de Mulosky. Je pense qu’il pourrait me renseigner sur le personnage et sur ce qui l’a poussé à devenir prêtre.
_…et nous aider à élucider son meurtre ?
_C’est ce que j’espère oui.
Le capitaine m’a longuement dévisagé. Je savais qu’il pesait le pour et le contre mais qu’il cherchait aussi à savoir ce que j’avais derrière la tête.
_C’est l’affaire de combien de jour ?
_Un ou deux, tout au plus.
_Hum…
Il a contourné son bureau et a soupiré avec force avant d’attraper son téléphone.
_Je vais voir pour votre transfert. Mais pour deux jours, pas plus !
J’ai fait demi-tour sans demander mon reste et j’ai rejoint Flack qui attendait nerveusement la décision finale, debout devant le tableau blanc.

_Et moi, je vais faire quoi pendant ce temps-là ?
_Tu continues l’enquête, évidemment. Le labo est loin d’avoir fini son boulot, tu vas peut-être apprendre des choses. Et nos gars interrogent encore les voisins du père Michel…tiens, vérifie si Mulosky avait des camarades de son ancienne vie ici. Peut-être qu’il a cherché à reprendre contact.
_Tu crois à une vengeance maintenant ?
_Je cherche Flack. Je suis comme toi. Je veux comprendre.
Il a fait une mine explicite mais n’a pas réellement protesté. J’ai pris mon arme, ma carte et j’ai fait demi-tour pour rentrer chez moi et préparer ma petite excursion.
_Tu m’appelles si tu trouves quelque chose ?
J’ai levé les yeux vers mon collègue et j’ai compris qu’il était inquiet. Ce n’était pas la première fois que nous nous séparions pour une enquête, mais cette dernière était particulière pour moi. Et ça, il l’avait bien compris.
_Promis… Embrasse Lucas pour moi !
J’ai éteint mon ordinateur et j’ai quitté la brigade d’un pas excité. J’étais comme une gamine qui avait hâte d’ouvrir son cadeau de Noël. C’était bête bien sûr. Mais ce sentiment ne m’a pas quitté jusqu’à ce que j’attrape le prochain train pour la Vallée, un sandwich en main pour simple déjeuner.

« Diane ? Flack m’a appelé. Tu as quitté la ville ? »
_Juste pour deux jours Alain, je devrais être rentrée demain soir.
« Le caveau ne t’intéresse plus ? »
_Si bien sûr. Mais j’explore d’autres pistes….pourquoi, tu as du neuf ?
Le wagon était quasiment désert. Assise près de la fenêtre, j’ai profité du confort du TGV sans réellement respecter l’interdiction de téléphoner. Le paysage défilait à toute allure mais j’en avais pour plusieurs heures. J’avais le temps de réfléchir à la situation.
« Et bien, ma collègue anthropologue est très méticuleuse, nous n’avons donc pas réellement avancé. Mais je peux déjà te dire que c’est bien un prêtre »
_Un prêtre comme nous le pensions ?
« Il avait une bible bloquée sous les mains, tagguée d’un I enchâssé dans une croix. Aucun doute là-dessus »
_Je vois…autre chose ? tu sais quand est-ce qu’il a été mis là-dedans ?
« Pas encore, les examens vont prendre du temps. Il est très bien conservé. Cependant, je dirai au moins 20 ans…à quelques années près » 
_1988…ça semble concorder. Il avait d’autres « barrières » autour de lui ?
J’ai levé le nez pour voir un petit vieux qui me dévisageait sans discrétion et j’ai changé d’oreille, gênée.
« J’ai laissé ma collègue ouvrir pour moi, mais oui, il en avait une autre. Un pentagramme comme celui que nous avons vu sur le perron de l’église, mais fait par un gaucher. Datant sans doute du moment de l’ensevelissement »
J’ai eu un soupir en repoussant mes cheveux d’une main fatiguée. J’ai vu mon reflet désabusé dans la vitre et j’ai préféré me retourner, mal à l’aise.

_Tu sais ce que ça veut dire, n’est-ce pas ?
« Qu’une cellule de l’Inquisition s’est récemment installée en ville ? oui »
_Vingt ans après la précédente, ais-je soufflé avec appréhension…si je pouvais trouver comment ils ont deviné qu’Anna était l’une des nôtres…ses facultés n’étaient même pas en amorce, sa mère a toujours refusé de lui apprendre à s’en servir…
« Ils auraient trouvé un moyen de nous découvrir ? »
Je me suis pincée les lèvres alors que le train était en train de ralentir.
_J’aimerai dire que non mais…écoute, essaye de faire passer le message à autant de cousin que possible, mais sans provoquer la panique. L’inquisition ne doit pas se douter que nous sommes au courant de sa présence en ville.
« Ça risque d’être difficile »
_Je sais…ah le contrôleur arrive. Je te rappelle à mon arrivée.
« D’accord. Fais attention à toi »
J’ai raccroché avant de me faire pincer et j’ai tendu mon billet en toute innocence. Le vieux pervers m’a lancé un regard noir et a rouvert son journal d’un geste sec en marmonnant quelque chose dans ses moustaches. J’ai rangé mon portable à contre-cœur et je me suis enfoncée dans le dossier du fauteuil pour regarder le paysage disparaître aussi vite qu’il était apparu.

J’étais effrayée, je devais bien le dire. Plus j’avançais dans cette affaire, plus la magie semblait prendre le dessus sur ma vie professionnelle. Et je n’avais pas l’habitude. Cela me rappelait trop de souvenirs passés et plus j’étais bloquée par la réalité, plus je me sentais frustrée. Comment expliquer ce que je savais à mes collègues sans leur apporter des preuves logiques et rationnelles ?