Aujourd'hui vous vous en fichez sans doute, mais c'est l'anniversaire de ma moman. Elle ne lit pas ce blog, sinon elle saurait que je lui souhaite tous pleins d'autres anniv' et que je lui fais de gros bisous *mode neu neu off*
Je vous interdis de vous moquer hein ? une mère, on en a qu'une et quand on est aussi proche de la sienne, faut la choyer.
Bref, vous n'êtes pas ici pour ça (...du moins j'espère pour vous ^^) voici la deuxième note normalement made in paris avec la suite de Lune Bleue. Bonne lecture à vous !

(Ah je précise que même si je ne suis pas chez moi, cela ne m'empêchera pas de lire vos commentaires et bien sûr d'y répondre si nécessaire. Alors ne vous privez pas pour moi ;)

PS1 : c'est un morceau un peu long cette fois, car une coupure précipitée aurait gênée la lecture d'une conversation importante.
PS2 : je m'excuse d'avance si la mise en page laisse à désirer, je n'ai pas l'occasion de prévisualiser le message pour l'éditer à loisir. Ou alors je suis décidément une grosse quiche en informatique...


death_by_deeEs09

« La vallée ici la Vallée. Merci de n’avoir rien oublié dans le train »
J’ai violemment repris mes esprits quand le train est arrivé à destination. J’avais dormi quelques heures mais je me sentais encore chiffonnée en descendant sur le quai.

J’ai passé mon sac autour de l’épaule et je me suis dirigée vers la sortie de la gare après avoir admiré les sculptures qui ornaient les poutres métalliques du toit vitré.
_Lieutenant Montel ?
Une voix s’est faite entendre dès que je me suis arrêtée à l’extérieur, frappé par un vent encore plus froid que par chez moi. Une belle femme au teint mat m’attendait près d’une voiture banalisée. Elle s’est redressée et est venue à ma rencontre avec le sourire.
_Je vous ai reconnu d’après la photo de votre dossier. Vous avez fait bonne route ?
_Ennuyeuse à mourir. Lieutenant Valorez ?
_Amina, me dit-elle en me tendant une main chaleureuse, venez, je vous ai réservé une chambre non loin d’ici.
Je me suis installée sur le siège passager en laissant mon sac à l’arrière et je me suis arrêtée sur une petite poupée de chiffon qui pendait du rétroviseur central.

_Ma grand-mère a peur des mauvais esprits, me lança Amina avec un large sourire, vous ne craignez pas les fantômes j’espère ?
_Je n’en ai jamais rencontré, ais-je répondu sur le même ton, vous êtes de quel coin, sans indiscrétion ?
_D’Andalousie. Mais ma famille a émigré il y a trois générations déjà.
Elle a mis le moteur en route et nous a fait traverser la place centrale avec une vitesse assez impressionnante. A côté Flack était un escargot.
_Par contre, pour votre visite à Fontenay, il ne sera libre que demain. Le nouveau directeur est très pointilleux sur les horaires de visite. Et il n’apprécie pas vraiment les policiers. Il paraît que les prisonniers sont très nerveux après notre passage.
_…qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre. Vous l’avez déjà rencontré ?
_Fontenay ? reprit-elle pour être sûre de ne pas dire de bêtise, à l’époque du braquage oui. Je venais à peine de quitter l’uniforme et mon supérieur n’aimait pas me laisser en présence de ce genre de type. Faut dire que ce n’est pas un petit gabarit. Mulosky était plus agréable dans son genre. Mais je ne l’ai vu que quelques minutes à vrai dire, je ne pourrai pas vraiment vous renseigner à son sujet
_Ce n’est rien, l’ais-je rassuré en la voyant chercher une place pour se garer, là il y en a une.
_Ah, merci.
Elle a commencé un créneau et je me suis demandé où elle avait passé son permis quand j’ai vu le trottoir se rapprocher d’un peu trop près. J’ai presque eu un soupir de soulagement lorsqu’elle a retiré ses clefs du tableau de bord et j’ai posé pied au sol avant de regarder tout autour de moi pour me faire une idée de l’endroit.

Amina m’a attendu près d’une petite porte qui cachait en fait un hôtel sans étoile et m’a présenté à l’homme de l’accueil pour que ce dernier me donne la clef magnétique.
_Ce n’est pas très grand mais ça devrait suffire pour une nuit. Je viens vous chercher pour 8 heures demain matin, ça vous va ?
_Très bien oui merci.
_Dormez bien dans ce cas. Oh si vous cherchez un restaurant, il y en a un très bon juste au coin de la rue. Demandez Tonio, il vous servira pour moi !
_Merci du conseil. Bonne soirée à vous aussi.
Elle m’a laissé sans plus attendre et j’ai rejoins l’étage pour trouver la chambre minuscule qui s’offrait à moi. Au moins, elle était propre et les draps sagement pliés au bout du lit.
J’ai jeté mon sac dessus et j’ai soigneusement fermé derrière moi, toujours un peu parano quand je ne dormais pas dans mon appartement. J’ai jeté un coup d’œil dans la toute petite salle de bain et me suis demandé comment une personne obèse pouvait entrer là-dedans sans se retrouver coincée. Mais j’ai décidé de prendre une douche pour me détendre un peu et j’ai attrapé des vêtements de rechange. Je n’étais jamais à l’aise lorsque je me trouvais quelque part où je ne connaissais personne. Cela me rappelait toujours ces déménagements incessants où je devais à chaque fois changer d’école, quitter mes camarades, me refaire au quartier pour ensuite l’oublier et passer à autre chose…cela laissait des marques et même si j’avais appris par là à m’adapter assez rapidement, je n’appréciais pas ça pour autant.

« Eh princesse, content de te voir en un seul morceau »
Une bonne heure plus tard, je me suis assise dans mon lit après avoir fermé le volet et allumé la petite lampe de chevet. Le visage d’Alain s’est dessiné sur l’écran de l’ordinateur portable que je laissais d’habitude chez moi. J’ai recadré la webcam accrochée sur le dessus et il a souri en voyant mon image trembler.
« Alors c’est comment la Vallée ? »
_Je ne suis pas encore sortie, ch’uis trop vannée pour ça. J’ai à peine été me chercher un sandwich.
J’en ai d’ailleurs arraché un bout et il a continué à sourire, encore vêtu de sa blouse de légiste.
_Ça donne quoi le caveau alors ? ta collègue est encore là ?
« Non elle est allée rejoindre son fiancé. Mais tiens j’ai quelques photos à t’envoyer. Ça reste entre nous hein ? »
_A qui veux-tu que je les montre franchement ?…ouh c’est moche en plus.
J’ai cliqué sur les liens d’envoi et j’ai découvert un crâne à la mâchoire à moitié ouverte, et le squelette protégé par les guenilles de ce qui devaient autrefois être une soutane.

Il m’a envoyé des photos plus précises, comme celles des mains où certaines phalanges portaient encore de gros bijoux, et il a fait une tête explicite à la surprise qui m’a envahi alors.
_C’est pas contradictoire ça ? des bijoux pour un prêtre ?
« Si. Et tu vois la bague violette là ? »
_On aurait du mal à la manquer…
« D’après ma collègue, c’est un anneau que l’on offre à un cardinal lors de sa nomination »
_A un cardinal ? me suis-je exclamée, mais c’est qui ce type au juste ? le pape ?
« Là est le problème, car on n’a rien pour l’identifier. Rien à part sa bible »

Pour preuve, il m’a envoyé la photo prise lors de la découverte ; c’est à dire les deux mains squelettiques croisées sur un gros livre à la couverture de cuir, et la photo suivante, la Bible seule sur laquelle se distinguait très bien ce I majuscule enchâssé dans une croix du Christ.
Un frisson m’a aussitôt parcouru malgré le fait que je mangeais un autre morceau de mon jambe fromage.

« C’est donc bien ce que tu sais…souffla Alain avant de changer de sujet, et malgré ça Flack a décidé de partir à la recherche du père Nicolas. D’après ce que j’ai compris, c’est le prêtre qui s’occupait de l’église avant votre deuxième victime »
_Oui. Selon l’architecte qui s’est occupé des travaux après un orage qui a affecté la toiture, le père Nicolas a toujours refusé que quiconque entre dans la crypte. On peut être tenté de croire qu’il savait très bien ce qu’il s’y trouvait.
« Tu as pensé qu’il faisait peut-être aussi parti de l’Inquisition ? au même titre que ce squelette d’ailleurs »
_Bien sûr. Mais Flack n’est pas un sorcier, il n’a aucune crainte à avoir. Le connaissant, il va lui demander s’il était au courant et point barre. Surtout que le curé doit avoir de l’âge…
Alain a fait une moue explicite sur l’écran alors que je finissais mon sandwich.
« Tu oublies qu’avec son intervention, ils vont savoir que le caveau a été découvert. Et ton nom va forcément être cité dans la conversation »
Je me suis essuyé les mains sur la serviette en papier offerte avec le dîner, pensive.
_Je vais l’appeler pour lui demander d’être discret. Tu aurais des photos des symboles solaires retrouvés sur les murs s’il te plait ?
« Normalement oui, attends »

Je l’ai vu froncer les sourcils, plongé dans ses dossiers, puis des liens sont apparus dans notre fenêtre de discussion. J’ai cliqué dessus et j’ai découvert ces étranges soleils retrouvés dans la crypte de l’église. Les traces que j’avais faite étaient suffisamment récentes pour qu’on ne puisse pas les manquer.
« Diane, tu as bien fait, arrête de te torturer. Tu nous as protégé… tu n’avais pas le choix »
_Je sais…mais j’ai pas envie de déménager encore une fois à cause de ça…
Il a eu un faible sourire, parfaitement conscient de ce qui me titillait.
« Je vais te laisser pour ce soir, tu as besoin de dormir. N’oublie pas de prévenir Flack pour sa rencontre avec le curé, d’accord ? »
_Pas de souci. Tiens-moi au courant si vous découvrez quelque chose sur le mort. Il nous faut absolument son identité, tu le sais.
« Oui oui évidemment. Allez, va te coucher, tu as vraiment une tête à faire peur »
_Merci, ais-je bougonné pour la forme avant de le voir sourire.
« Dépêche-toi de rentrer surtout, je n’aime pas te savoir seule dans une situation pareille »
J’ai préféré ne pas répondre et il m’a faiblement souri avant que je ne coupe notre conversation.