Désolée pour ces mises à jour plus longues, j'avoue que je ne sais pas quoi vous mettre de plus que Lune Bleue pour le moment. Je cherche d'autres textes, d'autres choses à vous montrer, mais à part des choses pas finies, ça fait un peu brouillon.

Donc désolée pour ceux qui veulent voir autre chose pour le moment, vous aurez encore droit à un morceau en compagnie de Diane ;)

Par contre j'ai une nouvelle ! : j'ai utilisé le site Lulu.com pour auto-produire mon premier roman "Black Angel". Si cela vous intéresse, même pour en lire quelques pages, je vous donne le lien : http://www.lulu.com/content/3801768. Désolée oui c'est payant si vous voulez en avoir un exemplaire en main propre. Ce n'est pas voulu, mais étant donné qu'il fait près de 460 pages, ça utilise du papier.
Je vais en recevoir un la semaine prochaine, j'espère que le rendu fait aussi bien que ce que l'on voit sur la page web. La couverture n'est pas de moi, c'est vrai que ça fait bizarre, mais bon, pour une première fois...à moins de trouver quelqu'un pour m'en faire une, ça restera de l'artisanal pour le moment :)

Allez, bonne lecture à vous.

Fricken_BETCH_by_Samurai_PET

_Monsieur Lambroy, voici le lieutenant Montel dont je vous ai parlé hier.

_…une femme tiens donc…

J’ai froncé les sourcils à sa remarque piquée de ver. Il ne s’est pas gêné pour me dévisager sans aucune discrétion. Du grand art.

_Contente pour vous, vous avez le sens de l’observation. Maintenant, est-ce que je peux voir Albert Fontenay ?

_J’ai bien peur que non.

Amina a aussitôt tressailli.

_Je vous demande pardon ?

Lambroy s’est levé de son fauteuil de cuir, les deux mains appuyées sur son bureau.

_Parce qu’il s’est battu hier avec un camarade de cellule. Il est à présent en isolation.

_Et bien faites-le sortir.

_Ce n’est pas dans mes habitudes mademoiselle.


Je me suis approchée assez près pour me pencher sans être indécente.

_Ce sera lieutenant pour vous, monsieur Lambroy. Et vous allez me faire plaisir de sortir Fontenay de là, c’est un témoin important pour une affaire de meurtre.

Il a plissé des paupières pour soutenir mon regard et résister autant que possible à l’idée de baisser les yeux vers mon chemisier.

_J’ai un règlement très strict à suivre « lieutenant ».

_Très bien !

Je me suis redressée et j’ai attrapé la sacoche que j’avais emmené avec moi. Je l’ai ouverte devant lui, à son grand agacement et j’ai sorti deux photos.

_Alors ça…c’est Anna Malova. 22 ans. Torturée pendant trois jours sans répit, finie avec une grosse décharge de 50.000 volts. Charmant n’est-ce pas ?

Il a vivement reculé la tête tandis qu’Amina se penchait pour découvrir la scène.

_Et lui…c’est Pierre Mulosky. Alias le père Michel. Ami de braquage d’Albert Fontenay. D’où ma venue ici aujourd’hui….vous en voulez d’autre ? Non parce que là, on ne voit pas bien qu’on lui a arraché les yeux, si ?

_C…c’est bon ! je le fait sortir de sa cellule mais rangez-moi ces horreurs !


Il a repoussé les photos avec dégoût puis a décroché son téléphone pour avertir les gardiens de notre venue. Amina m’a regardé avec étonnement puis a caché un large sourire derrière une main. Un geôlier est apparu après quelques minutes afin de nous mener à la salle prévue pour les rencontres du parloir. Nous l’avons suivi sans dire un mot.

Nous avons passé plusieurs portes de sécurité malgré les sifflements et remarques désobligeantes des prisonniers lâchés derrière les barreaux tel des grands singes en chaleur, et une grande salle s’est dessinée devant nous. Au centre, une large table derrière laquelle attendait Albert Fontenay, encore menotté à cause de ses frasques de la veille.


La première chose que l’on apprend en entrant dans la police, c’est de ne surtout jamais se fier aux apparences, car une grand-mère, un gamin, une mère enceinte jusqu’aux yeux pouvaient être tout aussi coupables qu’un multirécidiviste...

Mais Albert Fontenay lui, avait bien la tête de l’emploi. Grand, carré, patibulaire, le crâne presque chauve en dehors de ces cheveux gris qui tombaient de chaque côté de sa tête, il nous a vu arriver avec un regard vivement intéressé.

_Des drôles de dame ! Mignonnes en plus !

Il s’est laissé tomber contre le dossier de la chaise, les mains jointes devant lui. Amina est passée en premier et a fait tomber le dossier de l’affaire « Chez Alim » juste devant son nez.

_Vous vous en souvenez ? il y a cinq ans, une épicerie ouverte à heure tardive.

_J’avais un alibi.

_Il vient de vous balancer.

Elle s’est assise face à lui et il a tiré la photo de Pierre Mulosky vers lui.

_Ce salopard ! C’est lui qui a eu l’idée en plus !

Amina m’a envoyé un coup d’œil explicite. Je suis restée debout avec ma sacoche sous le bras et Albert a eu un regard entre nous, pensant sans doute que nous manigancions en silence.

_Il avait besoin de fric pour payer ses dettes cet abruti ! je lui ai ramené les armes, mais il n’a rien trouvé de mieux que de tirer sur le proprio ! eh j’y suis pour rien ok ? j’ai juste pris le fric et je me suis tiré, point barre !

_Mulosky, vous l’avez revu depuis ?

_Pas depuis que je suis en taule…et tant mieux ! Parce que je vais lui faire la peau à ce salaud !

_Pas besoin.

J’ai décidé d’intervenir en lui présentant le portrait de feu le père Michel. Et la même, faite dans la sacristie après son assassinat.

_Oh sa mère !

Fontenay a regardé les photos et a levé les yeux vers moi, soudain paniqué.

_J’y suis pour rien ! Je ne savais même pas qu’il était encore en vie ce type !

_Une petite vengeance personnelle, c’est toujours possible non ?

Il a secoué les mains en repoussant les photos loin vers Amina.

_J’admets qu’il me les gonflait bien par moment, mais c’était pas à un mauvais gars. Après le coup de l’épicerie, on a partagé le fric et on s’est plus jamais revu ! j’vous l’jure !

_Vous parliez pourtant de lui faire la peau il y a deux minutes.

_C’est…c’est à cause de vous là, vous m’avez dit qu’il m’avez donné ! et puis en même temps, c’est pas logique !