29 septembre 2008
Lune Bleue - 26 -
Bon oui...j'avais promis du changement. Faut vraiment que je m'y mette ! En réalité, j'étais en train de réfléchir sérieusement à l'idée de faire un site par moi-même pour présenter ces textes et vous offrir une meilleure mise en page avec des chapitres classés comme il faut, les nouvelles placése séparément etc...ça prend du temps quand on sait que je suis une quiche finie en informatique.
Un ami m'a passé un site pour les Nuls et j'avoue que c'est très tentant mais ça me prendra des jours !....voir des semaines hum...sans compter que le nom de domaine est payant. C'est peut-être ridicule comme prix mais étant donné que je compte mes sous comme une pauvrette...
Enfin bref ! Pour l'instant, vous devrez vous contenter de ce blog. Je sais, ça fait très autoritaire dis comme ça mais ce n'est pas volontaire -_-'
Bonne lecture malgré tout, prenez votre temps car le morceau est relativement long. C'est en effet la fin du chapitre 5 ;) Je sais que beaucoup ont abandonné la lecture à cause de cette même longueur et de la lecture effective sur un écran. Vous aurez plus de chance quand j'aurai été édité...c'est à dire...pas tout de suite :D

Viens à moi, ah ah ah ! (ahum...pardon, j'ai pas pu résister :p)
^^
Mon ami eut une mine explicite en
baissant les yeux vers le visage blanc du père Nicolas.
_Quelqu’un
a du comprendre qu’il ne tiendrait pas le choc…ais-je murmuré alors avant de
reprendre plus haut, et il dépêche quelqu’un pour l’éliminer. Le fameux type à
la capuche. Celui qui a failli me transformer en torche humaine. Alain n’a pas répondu puis a
décidé à suivre le cour de mes pensées.
_Oui... car si
Mulosky avait avoué, il aurait été obligé de parler de l’Inquisition. Et même
si tes supérieurs n’auraient jamais cru à une histoire pareille, des rapports
auraient été écrits, des notes auraient été laissées. Et un jour, l’un d’entre
nous aurait décidé d’y mettre son nez et de les dévoiler à notre communauté.
_Tout en sachant que cela provoquerait un véritable carnage…
_Je ne te le fais pas dire. Mais une chose que je ne comprends pas, reprit-il en me regardant : pourquoi le père Nicolas ? c’était un vieux croûton, il était fini. A peine était-il capable de se déplacer sans sa canne.
_N’oublie pas qu’il était au courant de tout. Voir même, qu’il était le metteur en scène de tout ce carnage. Amina Valorez m’a dit quelque chose de très juste pendant que nous déjeunions chez l’un de ses amis : cela ressemble à quelqu’un qui fait place nette derrière lui. C’est le grand nettoyage de printemps. On élimine les gêneurs et tout ce qui peut ramener de près ou de loin à l’Inquisition.
_Attends.
Il a levé une main pour me freiner dans mes réflexions.
_Tu oublies le corps du caveau… si le père Michel et le père Nicolas étaient affectés à sa protection et qu’il est à présent entre nos mains, ils vont sans doute chercher à le récupérer. C’est la plus grande preuve que quelque chose d’étrange s’est passé dans cette église !
J’ai froncé les sourcils, piquée à vif.
_Et en parlant de lui, il est où au juste ?
_Juste à côté de toi.
Il a pointé le coffre sur lequel je posais mon coude et j’ai fait un bond sur le côté, surprise.
Il a attrapé la poignée d’une main pleine et l’a tourné vers le bas avant de la tirer brutalement vers lui. Le coffre s’est ouvert dans un bruit de pression et un courant d’air froid m’a aussitôt fouetté le bras.
_…c’est pas vrai…
_Quoi ?
Il s’est écarté et a tiré la table vide entre nous, le visage blanc.
_Bordel de merde !
_Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Tu l’as déplacé ?
_Bien sûr que non ! il devait rester là jusqu’au retour de ma col…oh non…
Il m’a regardé, les yeux tremblants. Il venait de réaliser qu’on lui avait volé le corps. Enfin le squelette.
_Ils sont venus jusqu’ici !
_A…attends calme-toi. Combien de temps as-tu quitté la morgue ?
_A peine une demi-heure comme tous les midis !
_Et après ? tu as vérifié ?
_N non j’ai…j’ai eu ces gamins à autopsier ! Un carambolage au carrefour Vauban. Deux voitures, quatre jeunes. Ça m’a pris toute l’après-midi, en plus du père Nicolas dont je me suis occupé ce matin ! Jamais ils n’auraient pu venir sans que je les remarque !
_Et bien, la preuve que si. Appelle la cavalerie, je vais aller voir la sécurité. Il y a des caméras partout, ils n’ont pas pu passer inaperçus !
_Bon sang Diane, ils ont volé ce corps qui était sous ma responsabilité ! et juste sous mes yeux ! c’est ma tête qui va sauter !
_Alain.
J’ai posé mes deux mains sur ses joues et il s’est figé, obligé de me regarder dans les yeux. C’était un geste que j’avais volé à ma mère. Elle faisait souvent ça à l’époque quand j’étais trop énervée pour l’écouter. C’était radical tant son regard pouvait être perçant.
_Calme-toi…j’ai vraiment besoin que tu gardes la tête froide, d’accord ? C’est moi l’emportée d’habitude, alors laisse-moi le rôle de celle qui tape sur les nerfs de tout le monde. Je fais ça si bien.
Il a doucement repoussé mes mains en me prenant les poignets, le souffle déjà plus lent.
_Vérifie tous les coffres s’il le faut. Je vais voir là-haut.
_Diane !
Il m’a interpellé alors que j’allais quitter la morgue, une main sur la porte.
_…ils étaient juste là…ils sont venus jusqu’à chez moi…ils auraient pu…
Je me suis arrêtée en le voyant soudain si bouleversé.
_Ils
voulaient récupérer leur précieux squelette….mais je ne pense pas qu’ils
sachent quoique ce soit à ton sujet. Sinon ils s’en seraient pris à toi. Et
tout le monde aurait pris ça pour une attaque en règle. Non rassure-toi…et
reste-là. Je reviens tout de suite.
J’ai laissé les doubles portes
battre l’air derrière moi et j’ai traversé les couloirs en courant pour
rejoindre la salle du poste de sécurité. J’étais folle de rage. Mais je ne
pouvais pas le montrer à mon ami pour ne pas l’inquiéter encore plus. Ces
hommes ne reculaient devant rien pour nettoyer leurs traces. Mais il n’avaient
pas de chance car moi non plus, je n’étais pas du genre à abandonner quelque
chose derrière moi.
26 septembre 2008
Lune Bleue - 25 -
Bon désolée, vous avez encore un morceau de Lune Bleue. J'avais bien prévu autre chose, comme une chronique, mais la flemme m'a frappé derrière la tête. Je suis tellement concentrée sur mon plan de Lune Rouge que je n'ai pas envie de le lâcher pour me concentrer sur autre chose...je sais, c'est une sale excuse, mais que voulez-vous ? je prends la couleur des murs à force de rester chez moi, j'ai besoin de voir du monde ! mais y a personne dans ma ville...j'adore -_-'
Bref, pardon pour ce petit coup de gueule de la fille qui s'ennuie. J'espère que cette histoire vous plait toujours malgré la lecture peu agréable sur ce blog. Bonne lecture à vous ^^
Alain m’a regardé les sourcils froncés, de l’autre côté du corps du prêtre.
_Tu es sûre de ce que tu avances ?
_Disons que j’ai de fortes présomptions. Ecoute-moi bien : d’un côté, nous avons un vieux prêtre sur le point de partir à la retraite. Il a une mission. Un caveau à protéger. Un caveau contenant un corps dont pour le moment nous ignorons l’identité…
_Jusque là je te suis…
J’ai repoussé une mèche de cheveux, le cerveau en ébullition.
_Il a besoin de trouver un successeur. Un successeur qui va suivre les mêmes idées et les mêmes fondements que lui.
J’ai attrapé la bible laissée à côté du corps pour la mettre en évidence.
_De l’autre, on a un ex-taulard, très croyant, qui cherche désespérément à se faire pardonner de ses crimes passés. Il cherche quelqu’un pour le guider. D’abord la mère Véronique. D’après ce que l’on sait, c’est une femme forte, aux épaules larges. Mais elle n’a pas du comprendre ses besoins réels. Peut-être à cause de la distance que l’on impose instinctivement entre homme et femme. En tout cas est-il qu’elle ne parvient pas à l’empêcher de recommencer ses bêtises.
_Le braquage de Chez Alim…
Alain a doucement acquiescé en suivant mes pensées.
_…il a failli tuer un homme sans défense. Ça a dû le détruire psychologiquement…
_C’est ce que je crois oui. Sans compter la nouvelle de son cancer. Il se sait condamné à plus ou moins long terme. Il doit réagir vite s’il veut sa rédemption.
_Mais tu ignores comment ils se sont rencontrés.
Je me suis pincée les lèvres en m’appuyant contre les coffres.
_Malheureusement oui…cela pourrait expliquer pourquoi Mulosky est remonté dans le nord une fois devenu le père Michel, et pourquoi il n’est pas resté à la Vallée, là où il avait ses habitudes. Le père Nicolas a du lui promettre le paradis éternel s’il acceptait de le suivre.
_Ou il a simplement voulu éviter que quelqu’un le reconnaisse.
J’ai eu un sourire nerveux.
_Aussi oui sans doute. En tout cas est-il que le père Nicolas a ce qu’il veut : un successeur qui lui promet de protéger ce fichu caveau et respecter les règles de l’Inquisition. Il peut donc partir en retraite l’esprit tranquille.
Alain s’est redressé et a croisé les bras, une mine explicite sur le visage.
_Et Anna Malova ? tu la places où dans ton schéma ?
_Anna…entre les deux.
Je me suis passée une main sur le front, fatiguée par la réflexion intensive mais aussi par l’excitation qui m’envahissait alors que je parvenais à rassembler mes idées.
_Comment Mulosky a pu prouver son allégeance à son nouveau maître à ton avis ? il a croisé Anna au couvent et a compris. Peut-être pas que c’était une sorcière…car je ne pense pas qu’il était au courant de notre existence effective… mais une femme qui s’interrogeait un peu trop sur les vérités chrétiennes alors qu’elle portait une croix et avait visiblement reçu une éducation stricte et religieuse.
_Allons…tu crois vraiment que Mulosky est l’homme qui l’a torturé pendant trois longues journées ? un homme aussi douteux sur sa propre existence et qui a failli ne pas supporter l’idée d’avoir tiré sur un homme ?
J’ai eu un soupir en me massant une épaule douloureuse.
_Il était aux abois. Et bien que je n’ai pas connu le père Nicolas, je suis certaine qu’il savait se montrer très persuasif.
_Diane, je comprends tout à fait que tu cherches à établir un lien, mais là…il faut une sacrée dose de haine et de colère pour torturer une jeune femme qui supplie pendant des heures de l’achever ou de lui laisser la vie sauve…
J’ai levé une main pour lui couper la parole.
_Tu n’as pas besoin de me faire un dessin, d’accord ? je peux très bien imaginer ce qu’Anna a ressenti. Ce que je veux t’expliquer, c’est qu’il n’y a pas d’autres solutions possibles à mes yeux.
_Mais…et la croix ? et le coup du fil ? et surtout, les meurtres des deux prêtres ? comment tu expliques ça ?
_Une preuve de remord.
_Je te demande pardon ?
J’ai fait quelques pas pour me dégourdir les jambes, une main derrière la nuque.
_La croix retrouvée autour de son cou…je crois que c’est une marque de remord de Mulosky. Sa propre croix, offert par la mère Véronique pour le féliciter. Un cadeau d’amitié et plein de tendresse à son égard. Mais Anna est morte et il doit la déplacer pour que tous les initiés apprennent ce qu’il a fait. Cependant, il ne peut s’empêcher d’avoir des remords. Tu l’as dit toi même, ce n’est pas un assassin. Pas dans l’âme. Il a suivi un homme qui lui a monté la tête, mais quand il a vu cette gamine et l’innocence qui était la sienne, il a placé sa croix autour du cou et a essayé de lui offrir une place pour le paradis. Je dis ceci de son point de vue bien sûr.
_Bien sûr…
_Mais il continue d’être rongé par le remord. Et la visite que nous lui rendons avec Flack le conforte dans l’idée qu’il a fait une erreur et que nous savons que c’est lui. Je n’ai aucun doute pour ma part et il le sait.
_Oui enfin, tu savais que c’était lui, mais pas de la manière dont il le pensait.
_On s’en fiche ! ais-je déclaré en balayant l’air d’une main, pour lui, c’est très clair ! Il y pense toute la journée après notre passage…il y pense et il repense à ce qu’il a fait. Ça commence à le rendre fou.
Alain continua de me suivre des yeux alors que je traversais sa morgue de long en large.
_Il a voulu se tourner vers celle qui le comprenait autrefois : la mère supérieure. Elle a rapidement répondu à son appel mais il ne peut pas lui dire la vérité. Alors il se contente de lui avouer qu’il craint qu’on le soupçonne à cause de cette fichue croix. Et elle lui promet qu’il ne lui arrivera rien. Il veut la croire. Vraiment ! mais il n’y parvient pas. Il sait que je sais. Il ignore comment, mais il sait que je vais bientôt venir pour l’arrêter.
_Et alors quoi ? il t’appelle pour tout t’expliquer ?
_Les remords ! toujours les remords Alain. Il pense que ça allégera sa peine si on parvient à le comprendre.
23 septembre 2008
Lune Bleue - 24 -
Et oui désolée, encore un morceau de mon roman. Ça me fait drôle de les poster en fait, car comme je suis en train d'écrire la suite - et que je n'y vais pas avec le dos de la cuillère - quand je relis ces bouts-là, je ne peux m'empêcher de grimacer en leur trouvant des tas de truc qui ne vont pas : la syntaxe, l'orthographe, la façon de parler de Diane...c'est une torture mentale en fait de jouer les auteurs ! toujours à chercher la petite bête sans jamais la voir...
Pour les intéressés, Lune Rouge avance très bien, je suis en plein dedans ;) ça ne garantie pas la qualité certes...mais je préfère ne pas trop penser aux corrections futures, sinon ça va me déprimer d'avance -_-'
Par contre, Je suis contente de voir que j'ai de plus en plus de lecteurs, ou du moins de visiteur ^-^
N'hésitez pas à poster un petit message, même si ça n'a rien à avoir avec mon roman. Je sais que l'apparence première du blog n'est pas excellente pour une lecture agréable, je réfléchis à une meilleure présentation, mais vu l'allure de mon cerveau en ce moment...ça va prendre du temps.
Passez une bonne nuit (vi parce qu'il est 1heure du matin là...ça m'apprendra d'écrire de nuit ^^')
La morgue était bien plus sinistre le soir venu. Peu de gens y travaillaient forcément et l’endroit était tout aussi froid qu’en plein hiver. Mais j’ai continué ma route, l’esprit embrouillé. J’ai fini par percevoir une voix familière dans ces couloirs plongés dans une certaine pénombre.
« Le foie…les poumons…grammes… »
Il y a eu un bruit de métal puis d’autres trucs du genre gluant. J’ai poussé une lourde porte et j’ai trouvé Alain en plein travail de dissection, les mains gantées et le visage dissimulé derrière un grand masque de chirurgien. Il a plongé ses doigts dans la poitrine ouverte d’un corps en a retiré le cœur, ce gros morceau de viande maintenant silencieux. Il l’a lâché dans une balance de métal et a noté le poids avec l’aide du micro accroché au-dessus de sa tête.
_Le cœur…150 grammes et des poussières…oh Diane, tu es rentrée ?
Il a remis le cœur dans un plateau stérile et m’a souri par les yeux, la bouche encore dissimulée derrière son masque.
_On dirait bien…qui est-ce ?
Je suis restée à distance, un peu écœurée par l’odeur de sang. Le visage était jeune, une ado peut-être.
_La petite amie d’un chauffard. C’est la troisième que j’autopsie depuis ce midi. Tu permets ?
_Hum ? oui oui vas-y, ne t’inquiète pas pour moi.
Je me suis assise dans un coin de la pièce, loin des cadavres et je me suis posée contre le mur froid pour souffler un peu, les bras sur les genoux.
_C’était bien la Vallée ? me demanda-t-il cependant après avoir fini de peser chaque organe de la jeune fille, tu m’as l’air déçue.
_Disons…que je reviens avec plus de questions que de réponses. J’ai la preuve que Mulosky était au courant pour le caveau. Et ce, bien avant sa mort.
_Vraiment ?
Il s’est écarté de sa table de travail et a retiré son masque avec inquiétude.
_Le père Nicolas lui a transmis une Bible très particulière. Tiens regarde.
Il est venu près de moi pour l’attraper sans que j’eus le besoin de me lever.
_Ils ont de la ressource…comment l’as-tu découvert ?
_La flic de la Vallée…elle semblait avoir l’habitude.
Il a tourné les pages de la Bible puis a levé les yeux vers moi.
_Une Inquisitrice ?
_Non…je ne crois pas. Tu connais la communauté des gitans ?
Je l’ai regardé et j’ai clairement vu ses yeux s’éclaircir, signe qu’il réfléchissait très vite pour ne pas dire de bêtise. Il a choisi la prudence.
_…pas vraiment. Pourquoi ?
J’ai pris appui sur le sol pour pouvoir me remettre debout.
_Pour savoir. J’ai rencontré un frère et une sœur particulièrement intéressants mais…si tu ne les connais pas…
Il m’a rendu la Bible d’un geste franc.
_Non désolé. Mais tu veux voir le prêtre ? le deuxième ?
J’ai difficilement retenu une inspiration, furieuse à l’idée qu’il puisse me cacher quelque chose.
_Bien sûr…je n’ai pas encore lu le rapport de Flack, tu vas pouvoir me faire un résumé.
_Accroche-toi, parce que c’est édifiant sur la personnalité du personnage.
Il a laissé la pauvre jeune fille accidentée et la recouverte d’un drap blanc avec soin avant d’ouvrir l’un des caissons réfrigérés voisins. J’ai eu une grimace quand le cadavre du vieux père Nicolas s’est dessiné sous mes yeux, les parties intimes heureusement couvertes d’un drap semblable à celui de la gamine.
_C’est fou ce que l’âge peut faire comme dégât…je préfèrerais encore mourir jeune tu vois ?
_Ne parle pas de malheur, souffla-t-il en enfilant des gants de latex tout neufs, mais concernant notre homme, il n’a pas aidé son corps à tenir le coup. Regarde un peu ça.
Le père Nicolas n’avait plus grand chose sur le caillou mais sur les os non plus. Un vrai squelette ambulant avec une petite bedaine, comme les enfants d’Afrique atteint de dysenterie. Alain l’a doucement attrapé par l’épaule et l’a tourné vers lui pour que je puisse voir son dos.
_Ouch !
_Tu peux le dire. J’ai compté plus d’une vingtaine de coup à peine cicatrisés.
_Il se flagellait ?
_Pour sûr, et pas avec le dos de la cuillère. Et attends, car ce n’est pas fini.
Il est descendu d’un pas et a commencé à soulever le drap du dessous.
_Oh oh minute ! Je tiens à garder la virginité de mes yeux.
Il a eu un large sourire avant de soulever le drap sur la cuisse – si on pouvait encore la décrire comme ça – du vieux prêtre.
_Cet homme s’infligeait d’incroyables blessures et ce, jusqu’à la fin de sa vie. Il avait également les genoux dans un état catastrophique. Il devait sans doute se déplacer avec une canne, voir un fauteuil les jours de grandes douleurs.
_Il s’est bousillé les rotules ?
_Les génuflexions répétitifs sur plus de 60 ans ont de quoi faire sauter toutes les articulations.
_C’était …un fervent pratiquant.
_Un fervent pratiquant ? Diane, ce genre de pratique date du moyen-âge ! Cet homme n’a pas arrêté de se mutiler pour…faire preuve d’une rédemption abusive !
_Eh je ne fais qu’observer d’accord ? ce type était un inquisiteur convaincu. Comment je le sais ? à cause de la note inscrite cette Bible et à cause du caveau que l’on a trouvé dans l’église qu’il a dirigé pendant plus de 30 ans. Et je crois…que Mulosky était son élève.
19 septembre 2008
Lune Bleue - 23 -
23, mon numéro porte bonheur ^^ Voici un autre morceau de mon roman. L'histoire va bientôt se relancer, Diane n'aura jamais le temps de souffler eh eh. J'ai bien avancé pour le tome 2, j'ai dépassé la 100e page pour vous donner une idée...bien sûr, la quantité ne veut rien dire, mais au moins, je continue sur ma lancée.
Bonne lecture à vous ;)
_Tenez-moi au courant des suites de l’enquête ! qui sait, je pourrai peut-être vous aider.
_Pourquoi pas ? Saluez votre frère pour moi, il m’a bien aidé.
_Je lui dirais. Oh pendant que j’y suis !
J’ai fait mine de monter sur les marches du wagon quand Amina s’est mise à fouiller sa poche de blouson.
_Tenez. J’ai cru comprendre qu’elle vous plaisait.
Elle m’a alors tendu la fameuse petite poupée de chiffon qui pendait habituellement au bout de son rétroviseur.
_C’est un cadeau de votre grand-mère, je ne peux…
_Elle en fait treize à la douzaine, rassurez-vous. Et puis, elle pourrait bien vous protéger. La poupée hein, pas ma grand-mère.
J’ai eu un rire nerveux en
acceptant de la prendre et je me suis amusée face au visage mutin de cette
poupée qui n’avait que deux points à la place des yeux et un trait pour le
sourire.
_C’est gentil, merci.
_Pas de quoi. Faites tout de même attention à vous. Vous chassez un psychopathe…et ce sont bien les plus dangereux.
Je l’ai observé un instant en laissant la place à un couple pour monter dans le train.
_Je sais me défendre. Mais merci de vous inquiéter.
Le contrôleur est alors monté sur le quai. Il était temps pour moi de gagner ma place au centre du wagon. J’ai salué ma collègue de travail, sa poupée de chiffon en main, et j’ai traversé l’allée centrale, mon sac à l’épaule.
A peine le train quitta-t-il la gare, que j’ai déballé la sacoche contenant mon ordinateur portable. La wifi environnante était faible cependant, j’ai pu me connecter au serveur central de la police pour rechercher la fiche de renseignement sur le lieutenant Amina Valorez. Cela a mis plusieurs minutes mais son visage est bientôt apparu au-dessus de son uniforme de l’école de police.
« 29 ans, célibataire… française… elle a tôt fait de cacher ses origines …étrange qu’elle me l’ait avoué d’ailleurs… »
C’était un bon flic, reconnue pour ses qualités, parfois critiquée pour son non respect de certaines règles… ce n’était pas étonnant que l’on se soit si bien entendue pour notre première rencontre.
« Qu’est-ce que tu caches Amina ? »
J’ai fixé ce visage figé sous le képi et j’ai repensé à la Bible qui se tenait cachée sous mes vêtements au fond de mon sac. Elle avait dit avoir l’habitude…elle avait déjà donc croisé ce genre d’artifice auparavant…
« Ce n’est pas pour rien que Mulosky adorait cette église de la Miséricorde…pour un homme qui cherchait sans cesse à se faire pardonner de ses erreurs passées… »
Je me suis appuyée le menton sur la main, pensive. Le train continuait sa route et me ramenait rapidement à la maison, mais je n’étais plus certaine de ne pas vouloir quitter la Vallée. Quelque chose me chiffonnait, encore…
Je suis arrivée sur le quai alors
que la nuit commençait à tomber. J’ai regardé autour de moi mais je savais que
personne n’était venu à ma rencontre. Tout le monde travaillait et j’aurais de
toute façon râlé pour la forme. J’ai simplement retrouvé ma voiture garée au
parking des voyageurs et j’ai conduit sans avoir réellement l’envie de rentrer
chez moi.
J’ai donc changé de route et je
suis allée rejoindre un autre parking, fermé celui-ci aux visiteurs
impertinents. J’ai montré ma carte de police au gardien de sécurité qui m’a
poliment salué et je suis descendue au dernier étage de l’hôpital, les mains
dans les poches.
17 septembre 2008
Message purement égoïste : dédicace
Vi "pour une fois", je fais un message purement égoïste pour vous parler d'un petit hobby qui me plait, mais qui est un peu difficile à satisfaire : les dédicaces de dessineux de BD ;) - De celles que j'ai évidement, je n'achète jamais exprès pour ça. Ça reviendrait trop cher et pas forcément à mes goûts. Sauf en cas d'énorme coup de cœur, cela va de soit ;) -
J'ai eu ce déclic tout à fait par hasard en me trouvant pour une fois sur Paris alors que le premier festival Soleil se faisait au Virgin des champs élysées (Les éditions Soleil, ce sont les éditions de Lanfeust de Troy, Trolls de Troy, Les petits Diables etc...)
Ayant plusieurs séries chez moi, j'ai pris les derniers volumes et hop, j'ai tenté ma chance. Et comme pour une première fois, c'était assez mal organisée (pour les dessineux, pas pour les fans :) on a eu droit à plusieurs dédicaces avant dêtre obligés de refaire la queue...résultat, j'en ai profité :p
J'y pense car aujourd'hui, j'ai eu la grande joie de recevoir l'un des petits ouvrages de Djou, jeune auteure que j'apprécie tout particulièrement et dont je suis le parcours avec le plus grand plaisir (Plutôt harceleuse en réalité...oui, je suis nulle en tant que fan, limite la gamine de 14 ans dans les commentaires ..c'est pitoyable...ahum ^^').
Bref ! Tout ça pour dire que j'ai eu droit à une superbe dédicace que je ne peux résister à vous montrer :
hein qu'elle est belle ? Comme vous vous doutez, cette représentation est celle d'Artémis - comme mon pseudo (si si) - la déesse grecque de la chasse, celle que je préfère dans tout le panthéon et qui m'inspire le plus.
Je ne m'attendais pas à un dessin pareil, je suis donc comblée. Djou si tu passes par ici, sache que je te remercie ! (...quand je vous disais que j'étais nulle comme admiratrice....:p)
Voilà hum...*cherche une certaine contenance* s'en suit donc mes autres dédicaces, faites par des dessineux tous très sympathiques malgré leur style très différent. Cela a toujours été une agréable expérience pour moi, surtout quand on sait qu'une fois devant eux, nous sommes tous semblables, simples lecteurs admiratifs et anonymes.
- Ici celle de Tota, dessinateur d'Aquablue et des Conquérants de Troy :
, homme discret, très méticuleux, mais grandement sympathique avec qui j'ai pu discuter de cette bande dessinée pendant qu'il dessinait. Bien que je gribouille moi-même comme une bille, c'est toujours agréable d'en apprendre plus sur le making off d'un ouvrage que l'on a apprécié.
- Ici celle de Vanyda, jeune auteure que j'ai découvert tout à fait par hasard et dont je possède quasiment toutes les œuvres publiées, jumelée avec celle de François Duprat, scénariste et dessinateur de talent, qui le pauvre, en avait assez de dessiner des dragons à longueur de journée ^^ :
ils ont travaillé sur L'année du Dragon, une trilogie fort sympathique que je conseille fortement.
Ce jour-là, j'ai appris par hasard qu'ils passaient au magasin Album de Lille, (Vanyda étant lilloise) magasin que je connais assez bien pour y être passé assez souvent. Ni une ni deux, j'ai pris le train afin de les rencontrer. Heureusement, il n'y avait pas grand monde, c'était plutôt à la bonne franquette. Vanyda était concentrée, Duprat à la recherche d'idée à force de dessiner des lézards ^^ Je suis repartie aussitôt après pour prendre un autre train, mais j'en garde un très bon souvenir.
- Ici celle de Louis, dessineux de Tessa, agent intergalactique, de Kookaburra Universe et autre univers tous très fouillés. Homme fort sympathique, qui ne se prend pas du tout au sérieux et qui met très vite à l'aise, même s'il reste impressionnant dans sa tenue et son expression. Il m'a fait cette dédicace sans se casser la tête avec un petit spoiler sur la tenue de Tessa, le tome 3 n'étant pas encore sorti à l'époque. C'est pas grand chose c'est sûr, mais ça fait plaisir : 
- Ensuite, voici celle Pierre-Mony Chan, dessineux de Cross-Fire dont je vous ai déjà parlé :
Le pauvre, j'étais l'une des premières arrivés, le salon venant d'ouvrir, et quand il m'a demandé si j'avais une idée de ce que je voulais, je lui ai sorti : "une scène de dispute" :p. Car dans cette histoire, les deux protagonistes ne cessent de se chamailler. Chamailleries grandement inspirées par les disputes de City Hunter (Nicky Larson pour les français).
Résultat, il m'a couvert la page entière de ce dessin qui m'a bien fait rigoler. Dommage pour la couleur de la page, mais bon...si jamais j'ai l'occasion de le revoir un jour pour une autre dédicace, je changerai de thème pour voir la différence ^^
- Ici, il s'agit de celle de Mig, dessineux du Messager, œuvre dont je vous ai déjà parlé également :
, celle-ci, j'ai pu l'avoir grâce à Frédéric, le gérant de Cap Nord, ma librairie préférée qui se trouve justement dans ma ville. (J'y ai passé des heures entières faut dire...)
Il lui arrive d'inviter quelques dessineux à sa table et Mig a heureusement répondu à cette invitation. Les places étant limitées, j'ai eu la chance de m'inscrire juste à temps, Fred sachant que j'aimais les dédicaces et que j'avais lu la saga du Messager. Superbe dessin fait à l'aquarelle et dont il a fallu attendre qu'il sèche pour pouvoir refermer la bande dessinée.
La librairie étant petite de taille, il n'y pas énormément de place, mais l'ambiance y est toujours très bonne, même si on se retrouve entourée par des super fans de bd qui connaissent le sujet jusqu'au bout des doigts, et vous, simple lecteur lambda, vous vous retrouvez toute petite à écouter leur conversation pointue, en vous demandant si vous avez droit à votre dédicace sans paraitre ridicule...vi c'est bête, mais que voulez-vous...
- Enfin la dernière et après je vous lâche : celle de Souillon, auteur et "ami" de Maliki, star du webcomic, dessineux d'Ankama pour la saga de Dofus :
A dire vrai, je n'aurai normalement pas du obtenir ce dessin, mais Souillon a été très gentil et s'est plié à l'exercice malgré le contexte.
En effet, je l'ai rencontré lors de la journée de l'animation au salon de Lille il y a...un an et demi je dirai. Maliki était déjà connue, mais je la suivais depuis le début, dès les strip de trois cases. Il n'y avait pas encore la foule immense que l'on connait aujourd'hui dès que Souillon montre son nez à ce genre de salon et bien que j'ai fait la queue pendant une demi-heure au stand de Dofus, j'ai pu le rencontrer sans mourir étouffée. Il n'était pas censé dessiner Maliki, mais seulement du Dofus. D'où le message sur la dédicace :p J'ai donc eu beaucoup de chance de le voir avant la grande folie Maliki. Je me suis toujours dit que j'irai le voir pour la sortie de son tome 2, ne serait-ce que pour être dans le contexte. Mais là, je devrais sans doute me battre dans une queue de trois heures...
Voilà voilà vous savez tout ^^
Le souci pour ce genre de plaisir, c'est que j'habite une petite ville dans le Pas de calais, et comme par hasard, tous les salons et autres sorties de ce genre se font sur Paris ou dans les grosses villes de la côte et du continent. Alors je fais selon les moyens...
Heureusement, Lille commence à sortir du lot. Et j'ai toujours mon libraire préféré à côté pour en dégoter quelques unes selon mes goûts ^^ Celle que j'attends le plus pour le moment ne se fera pas avant 2010. La bd n'est même pas encore sortie, c'est dire :D
15 septembre 2008
Lune Bleue - 22 -
Encore et toujours, voici la suite de l'histoire ^^ Amina Valorez se précise mais vous ignorez encore à quel point. (L'avantage non négligeable de l'auteur à savoir avant tout le monde ce qui va se passer :p)
Sachez que cette fois-ci, Lune Rouge est parti. Il fallait juste que je me remette dedans pour reprendre le fil de l'histoire. Il me reste encore énormément de chose à faire pour bien fignoler ce tome 2...en espérant que ce soit le dernier hein, je ne me vois pas faire de troisième tome...et pis vous imaginez le titre ? enfin bref !
Bonne lecture à vous ;)
_Une chose que je ne comprends pas…pourquoi être venue ici juste pour rencontrer Fontenay ?
J’ai découpé un bout de mon steak, affamée, quand Amina a posé la question piège, son verre d’eau en main.
_Je voulais être sûre de ce que j’avançais. Et puis j’avais besoin de m’éloigner un peu …le meurtre de la gamine m’a disons…retourné.
J’ai avalé mon morceau et elle a acquiescé en reposant son verre.
_Je comprends. Vous n’avez pas vraiment de piste.
_Cette fille a été torturé pendant trois jours non stop et je ne sais ni où ni pourquoi. La seule personne qui pouvait me renseigner est morte à son tour…et le mentor de cette dernière vient de subir le même sort…
_Quelqu’un fait disparaître les traces.
_J’en ai bien peur. Et il a sacrément de l’avance sur nous…
J’ai continué de manger cette viande délicieuse tandis qu’elle piochait dans son riz d’une main lente.
_Vous pensez…que le père Joseph risque quelque chose ?
J’ai levé le nez, ma fourchette entre les dents.
_Non pourquoi ? Il m’a juste donné une Bible, pas l’absolution.
Ma remarque l’a nerveusement fait rire.
_C’est quelqu’un de votre famille, n’est-ce pas ?
J’ai attrapé mon verre alors qu’elle mangeait enfin et elle m’a fixé, étonnée.
_Comment avez-vous deviné ?
_Votre ressemblance physique. Un frère peut-être ?
Elle a eu un sourire plutôt mignon en picorant dans son assiette.
_Joseph s’est toujours destiné à cette vie, ça n’a pas été une surprise lorsqu’il est parti pour le séminaire.
_Il a pu choisir l’endroit de sa mutation ?
Elle a acquiescé en abandonnant
le riz pour la viande.
_Notre communauté est importante en ville. J’imagine que le diocèse a voulu faciliter notre intégration.
J’ai haussé un sourcil et elle a cru bon de préciser après avoir fini de manger sa bouchée.
_Nous sommes gitans.
_Oh.
Ça explique les poupées de chiffon.
Elle a souri en continuant de déguster son plat. Nous avons mangé en silence jusqu’au dessert tant désiré et elle s’est saisie de la Bible offerte par son frère, perplexe.
_Il est difficile de croire qu’un prêtre laisse sa Bible à un autre…vous avez lu la dédicace ?
_Oui…
_Hum…le fameux père Nicolas.
Elle a froncé du nez et a retourné le livre avec méfiance.
_Vous avez vu ?
_La couverture ? oui ça m’a intrigué aussi.
Elle l’a inspecté de près puis a essuyé son couteau sur le bord de son assiette avant de le diriger vers le livre.
_Eh eh eh vous faites quoi là ?
_Pas de panique, j’ai l’habitude.
_Vous…
Elle a glissé la pointe du couteau entre la couverture de cuir et la protection de carton et a doucement fait sauter cette dernière.
_C’est
bien ce que je pensais.
Elle a écarté cette fausse protection et m’a présenté la Bible avec sa réelle apparence. J’ai failli avaler de travers, mais quelque part je le sentais.
_Par contre, c’est la première fois que je vois une chose pareille…ça veut dire quoi ce I majuscule à votre avis ?
J’ai levé les yeux vers elle et j’ai senti qu’elle mentait. Allez savoir pourquoi, ça m’est soudain apparu comme une évidence.
_Aucune idée, ais-je menti à mon tour pour donner le change, mais ça peut sans doute m’aider. Vous permettez ?
Je lui ai repris la Bible des mains et j’ai remis en place la fausse couverture avant de replier ma serviette de papier au côté de l’assiette.
_Je me renseignerais une fois rentrée chez moi. Très bon restaurant, vous pourrez féliciter votre ami Tonio pour moi.
_Il sera ravi de l’entendre.
J’ai payé ma part et j’ai regardé
ma montre. Mon train était dans deux bonnes heures, mais j’avais des choses à
faire avant de m’embarquer. Comme retourner à ma chambre d’hôtel pour récupérer mes affaires.
12 septembre 2008
Lune Bleue - 21 -
21e morceau déjà ^^ vous avez d'or et déjà lu 87 pages à interligne 1.5, soit environ un tout petit tiers de l'histoire...et encore...
J'ai enfin repris l'écriture de la suite à travers le tome 2 : Lune Rouge :) En effet, je devais d'abord remettre le plan à plat car, comme vous pouvez vous en douter, il est assez compliqué et si je fais des erreurs, vous ne risquez pas de comprendre grand chose. C'est tout un travail ! Mais je tiens le bon bout cette fois, j'espère bien avancer pour reprendre l'action.
Je vous souhaite donc une bonne lecture, amusez-vous bien ^^
J’ai acquiescé sans dire un mot, la Bible en main. C’était un gros volume de petite taille, à la couverture souple et banale. Je l’ai ouverte dans un élan de curiosité et j’ai découvert une dédicace : « A mon successeur et ami, qu’il sache prendre soin du cadeau de Dieu. P.Nicolas »
_Quelque chose ne va pas ?
Le père Joseph m’a doucement pris le bras, devinant sans doute que je réfléchissais à toute allure.
_Est-ce que…est-ce que le père Michel vous a parlé du caveau de son église ?
_Du caveau ? euh non…pas que je me souvienne…pourquoi ?
_…pour rien…ais-je murmuré avant de reprendre plus haut, cela vous ennuie si je la garde ?
_Et bien…c’est un cadeau, mais si cela peut vous aider …
Il a fait un simple geste de la main quand mon portable s’est bruyamment fait rappeler à l’ordre.
_Merde !
Je me suis dépêché de décrocher et le père Joseph m’a observé avec un large sourire.
_Oui allô ?
Je lui ai fait signe pour m’excuser et me suis dirigée vers la sortie afin d’éviter de me faire entendre dans toute l’église.
« Diane, c’est moi »
_Ah Flack ! Tu as des nouvelles ?
« Euh oui mais…pourquoi tu chuchotes ? »
J’ai traversé la porte en évitant la marche et le soleil m’a ébloui quand je me suis retrouvée sur le perron.
_J’étais dans une église. Tu as eu mon message ?
« Concernant le père Nicolas ? oui bien sûr. Seulement, il ne va pas me servir à grand chose »
J’ai froncé les sourcils en levant le nez. Je me sentais épiée par les statues des saints qui couvraient le sommet de la porte.
_Il ne va pas te servir ? comment ça ?
J’ai entendu des voix et une sorte de grand brouhaha juste derrière lui.
« Parce qu’il est mort. Je viens de le retrouver dans sa chambre à la maison de retraite où il s’était replié. Les yeux arrachés.»
Je me suis arrêtée net au milieu de la place et les pigeons se sont envolés dans une même vague.
« C’est exactement comme pour Mulosky. Etranglé et énuclée. Du coup…c’est raté pour l’interroger sur le caveau »
J’ai fermé les yeux un instant, vidée.
« Les pistes s’amenuisent Din…on n’a toujours rien concernant le meurtre d’Anna et le capitaine ne cesse de recevoir des coups de fils paniqué du maire. Figure-toi que son fils devait se marier à l’église ce week-end. Et il a appris tout à fait par hasard que le prêtre avait été assassiné dans la sacristie. Du coup, il demande des comptes »
_Fais chier…c’est vraiment pas le moment que ce gras de bide ne se réveille !
« Ce sont les élections cette année, n’oublie pas. Il va à tout prix vouloir se tenir au courant de l’enquête »
_Ouais tu parles. Avec nous devant la caméra, mais prêt à nous poignarder dès que ça tourne mal…c’est pas la première fois qu’il nous fait le coup. Les journalistes ?
« Le strict minimum…le capitaine n’est peut-être pas à ton goût mais il nous protège bien les fesses malgré tout. Enfin pour les tiennes, il voudrait surtout… »
_Arrête-toi
là c’est un conseil.
Il a eu un rire amusé alors que le brouhaha continuait toujours autour de lui. Cela devait être la folie dans la maison de retraite : les flics, les blouses blanches, les photographes…les petits vieux devaient tous être aux aguets derrière leur porte.
« Toi de ton côté, tu as appris quelque chose ? »
J’ai regardé la Bible que j’avais toujours en main.
_Peut-être bien oui…je te raconterai ça à mon retour…
« Tu veux venir manger à la maison ? Viviane va nous faire son fameux gratin de pâte. »
J’ai eu un sourire touché avant de froncer les sourcils. La couverture avait une texture étrange.
_C’est vraiment gentil, mais je ne veux pas gêner votre réunion de famille. Cela peut bien attendre demain. Et puis ça m’aidera à rassembler mes idées.
« Mouais…dis plutôt que tu n’aimes pas son gratin »
J’ai presque éclaté de rire devant l’intonation qu’il avait pris pour me dire ça.
_Tu sais bien que c’est faux. Allez, je dois raccrocher, le lieutenant Valorez m’attend. Garde bien un œil sur la scène de crime. Je veux tout savoir à mon retour.
« C’est bien ça qui me fait peur…dépêche-toi de rentrer plutôt. Je tourne en rond quand tu n’es pas là pour me tirer les oreilles »
Il a raccroché après ça et je suis restée souriante quand Amina est venue me rejoindre.
_Des nouvelles ?
_Malheureusement. Un troisième cadavre. Le père Nicolas, vous connaissez ?
Elle a froncé du nez avant de hausser les épaules.
_Vu comme ça non…pourquoi ?
_Pour rien….je pensais tout haut. Désolée.
_Vous voulez que je vous emmène encore quelque part ?
_Oui, ais-je déclaré en essayant de ne pas paraître soucieuse, votre fameux restaurant, ça vous dit ? j’ai une faim de loup.
Elle a acquiescé avec un large
sourire, ses clefs de voiture en main. A croire qu’elle n’attendait que ça…
09 septembre 2008
Lune Bleue - 20 -
Etant donné la foule de réaction que suscitent mes précédents messages, on va revenir à Lune Bleue, hein ? Aussi pour ceux qui s'inquiétaient de savoir, je n'ai eu aucune réponse de la part du Jardin des Plantes malgré mes mails envoyés. On peut donc dire que cet entretien qui s'est pourtant très bien passé, a été un échec. Retour à la case départ ...vous comprendrez facilement que mon humeur s'en fait ressentir, maintenant que je retrouve le train train de la chômeuse paumée chez maman...
Bref ! Autre nouvelle, meilleure celle-ci : j'ai reçu hier l'exemplaire de mon livre que je vous présentais précédemment. Grande surprise d'ailleurs, car le rendu est excellent, on dirait un vrai bouquin que l'on peut trouver dans toutes les librairies ! La mise en page malheureusement est beaucoup moins bonne car je me suis rendue compte que je leur avais envoyé le mauvais fichier et donc les mauvaises corrections...quant on n'a pas de tête...j'espère pouvoir vous présenter un meilleur ouvrage pour vos beaux petits yeux, je ferai sans doute une annonce lorsque ça sera prêt.
Voilà voilà, allez, je vous laisse avec Diane, ça faisait longtemps, je sais, elle vous a manqué ;) Bonne lecture.
_Lieutenant Montel ?
Le fameux père Joseph, presque aussi jeune que moi soit dit en passant, me salua avec politesse et vérifia ce que je regardais.
_Saint Antoine de Padoue…vous cherchez quelque chose en particulier ? il pourra vous aider à le retrouver.
_Il court aussi après les meurtriers ?
_Peut-être qui sait ? vous semblez avoir besoin que l’on vous montre la voie.
J’ai eu un rire amusé avant de le regarder.
_Mon père, ne vous fatiguez pas avec moi. Je suis une tête de mule définitivement athée.
_Je vois, me répondit-il avec un large sourire, je comprends. Amina m’a dit que vous auriez peut-être envie de me parler.
_En effet. Vous avez déjà rencontré cet homme dans votre église ?
Je lui ai présenté la photographie prise de Mulosky à sa sortie de prison, et il s’en est saisi en fronçant les sourcils.
_Hum peut-être…cela date de quand ?
_De plus de trois ans.
_Ça risque d’être difficile dans ce cas, je ne suis ici que depuis deux ans.
_Et cet homme-ci ?
Je lui ai tendu l’autre portrait de Mulosky, celui frais et rasé du père Michel.
_Ah lui oui en effet. Un collègue si je puis dire.
_Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?
_A Noël. Il est venu m’aider pour la messe de minuit.
_Vous le connaissez bien ?
_Nous avons discuté, me déclara le père Joseph en m’invitant à le suivre à travers son église, un homme sympathique. Envahi de démon…mais quoi de plus normal lorsqu’on a suivi une vie de pécheur ?
Je me suis grattée la joue en cachant un sourire, et il a eu un petit rire amusé.
_Pardon, cela m’a échappé. Pour tout vous dire…c’est un individu prêt à tout pour se faire pardonner de ses fautes passées. Il ne travaille que pour ça.
_Je ne suis pas une spécialiste, mais vous ne devez pas travailler pour les autres et non pas pour vous-même ?
Il a doucement acquiescé en saluant deux petites vieilles qui venaient sans doute prier quotidiennement.
_Normalement oui, mais nous sommes tous des êtres humains. Surtout lorsqu’on a vécu un passé de criminel.
_Attendez.
J’ai levé une main pour arrêter notre marche et je lui ai fait face, perplexe.
_Il vous a dit que c’était un ancien braqueur de banque ?
_Il n’a pas été jusque là. Vous me l’apprenez.
Je me suis humidifié les lèvres, pensive. Le prêtre s’est rapidement senti mal à l’aise, pensant sans doute que je le fixais alors que j’avais l’esprit ailleurs.
_Père Joseph, je vais être franche avec vous, ais-je déclaré en le retrouvant, le père Michel était bien un ancien braqueur récemment converti. Il a été assassiné il y a deux jours et je suis venue ici pour interroger l’un de ses anciens camarades de jeux. Tout ce que vous voudrez me dire aujourd’hui pourra m’aider à avancer dans mon enquête, vous comprenez ?
Le jeune curé m’a longuement observé puis a acquiescé en m’invitant à le suivre.
_Dans ce cas, j’ai peut-être quelque chose pour vous. Vous pouvez m’attendre ici ? je ne serai pas long.
Il m’a planté près de la chaire et a disparu derrière un rideau normalement interdit au personne non autorisée. J’ai regardé autour de moi et j’ai remarqué qu’Amina se tenait debout devant la Vierge aux sept douleurs. Elle devait prier car elle avait les yeux clos. Elle semblait paisible…beaucoup de personne grouillaient autour d’elle mais c’était comme si elle était partie dans son univers. Un univers qui me révulsait. C’était sans doute de l’étroitesse d’esprit…je n’étais peut-être pas mieux que tous ces croyants qui ont jeté mes ancêtres au bûcheur…mais j’imagine que je faisais de mon mieux pour accepter les croyances des autres.
_Mademoiselle Montel ?
_Hum ? oh pardon.
Le père Joseph est revenu et m’a simplement souri en devinant qu’il m’avait fait sortir de mes pensées.
_Je vous ai interrompu dans votre prière peut-être ?
_Je ne prie jamais mon père. Qu’est-ce que c’est ?
Il a baissé les yeux vers le livre qu’il tenait dans la main et me l’a tendu avec force.
_Une Bible ?
_Elle appartenait au père Michel. Il a absolument voulu me l’offrir après la messe de minuit que nous avons faite ensemble. J’ai bien sûr refusé, mais il m’a dit qu’il me devait bien ça et qu’il ne tenait pas à la garder.
_Il ne tenait pas à la garder ?
_Je lui ai demandé pourquoi bien sûr, étant donné l’importance que cet ouvrage a pour les hommes de foi, mais il m’a répondu qu’il n’avait pas besoin de la posséder pour être en accord avec les paroles de dieu.
_Je…je ne suis pas sûre de comprendre.
_Moi non plus pour tout vous dire, me dit-il presque rougissant, mais je crois qu’il avait trouvé quelqu’un pour le guider comme il le désirait.
_La mère Véronique du couvent du prieuré ?
Le père Joseph fit une moue explicite en secouant la tête.
_Je connais la mère Véronique pour l’avoir croisé plusieurs fois lors de différents séminaires et…c’est une femme fascinante et d’une force incroyable pour son âge. Mais il ne parlait pas d’elle. Non je ne crois pas, car il se sentait coupable envers sa personne. Il ne m’a pas dit pourquoi, mais…cela se sentait. Vous voyez ?
06 septembre 2008
Coup de Coeur
Je sais que certains d'entre vous attendent la suite de Lune Bleue, mais cette fois-ci, j'ai décidé de vous parler d'un coup de coeur que je viens d'acheter et de lire. J'ai tellement aimé cette BD que je ne résiste pas à l'envie de vous en parler ;)
Il s'agit de Freaks' Squeele :
de Florent Maudoux.
Première œuvre du monsieur et on peut dire que c'est un coup de maître. Pourtant le thème de base est on ne peut plus banal : des élèves qui doivent trouver leur place dans une école faite pour instruire et éduquer les futurs super héros de demain. Une sorte de Poudlard à la X-men en gros. Sauf que les trois élèves en question que nous suivons dans cette histoire sont les loseurs de l'école. Pourtant, ils ne sont pas plus bêtes ou plus méchants que les autres, ils profitent juste d'une maladresse et d'une malchance qui ne les aident pas à obtenir de très bons résultats en tant que futur héros.
Nous avons Xiong Mao, une jeune fille étrangement "normale" qui doit sa place à ses capacités de déduction, de stratégie et d'intelligence. C'est la tête posée du groupe, une fille qui cache quelques secrets, notamment sur son identité.
Et Chance, une jeune démone si l'on peut dire, optimiste, volontaire, travailleuse, mais maladroite. Elle semble avoir des facultés simples, mais très utiles.
Puis Ombre de Loup, dit Ombre. Un loup-garou. (ne vous demandez plus pourquoi j'ai choisi cette BD :p) Timide, discret malgré sa carcasse, il est plein de bonne volonté et cache une grande intelligence derrière son côté foufou.
Ces trois là sont d'abord liés par leurs mauvais résultats, puis par une amitié certaine qui va se nouer au fur et à mesure de leurs péripéties.
Le Tome 1 se divise en plusieurs chapitres, avec une trame assez décousue en première lecture. Il faut donc voir ce premier volume comme une mise à place de l'histoire, des personnages et du contexte dans lequels ils vont vivre pendant un certain temps. C'est bourré de références diverses et variées, et malgré un sérieux certain dans le travail effectué, on sent une auto-critique assez amusante. Le thème des Super Héros est traité intelligemment, avec caricature et humanisme, ce qui rend la lecture fraiche et rigolote.
L'action est omniprésente, entrecoupée par des moments de réflexion plus calmes, les combats sont ciselés et finement expliqués à travers la narration.
Les autres élèves aussi ont leur importance : bien pensés, j'espère que plusieurs d'entre eux auront droit à un rôle plus développé par la suite. On a dans le désordre, des vampires (évidemment), une femme à tête de citrouille (Halloween), une Valkyrie (Val), un squelette parlant, un métamorphe etc...c'est un véritable zoo mais on s'y retrouve sans problème. Il a logiquement de quoi faire, avec les méchants du groupe, un manchot très mystérieux à la HellSing, des monstres dégoulinants et des profs pas si nets que ça.
Je conseille donc cet ouvrage à tous ceux qui aiment les choses décalées, faites avec sérieux mais aussi avec dérision, avec un dessin très bien maîtrisé, aux multiples influences mais maître de son art. Quelques autres dessins pour vous donner une idée de la chose :
Voici le lien sur le forum de Café Salé ou vous pourrez trouver un long sujet sur la bd ainsi que les premiers essais de monsieur Maudoux : là ! Puis son blog, peu mis à jour ^^ : ici ! Et enfin le sujet sur le forum de l'éditeur Ankama où vous avez des pages à lire : là aussi !
Voilà voilà, j'espère que cela vous aura donné une petite envie de parcourir cette BD. Bonne lecture à vous ;)
03 septembre 2008
Sans titre - 1 -
Nouveau texte, nouvelle expérience. Je pense faire de cette histoire une sorte de grosse nouvelle pour présenter un énième sujet. Bien sur, je n'abandonne pas Lune Bleue pour autant, mais j'ai besoin de changer d'univers sinon je vais faire une overdose et c'est le meilleur moyen pour bâcler l'histoire. Et je veux tout sauf ça :)
Je m'essaye donc à une SF plutôt légère, un peu semblable à l'univers de Black Angel, dans un monde dévasté et en reconstruction après la 3e guerre mondiale. Pour l'instant, je n'ai pas de titre, mais c'est à y réfléchir. Je préviens d'avance que je n'ai pas de plan établi car je cherche surtout à me vider la tête. J'ai juste les persos à peu près dessinés, et je vous le dis, ils sont très particuliers, loin des standards habituels. Enfin pour un surtout, après...je ne peux pas éviter toutes les caricatures. Au contraire, je préfère m'en amuser.
En espérant que cela vous plaise malgré tout. Bonne lecture ;)
Lorsque Rachel Frost arriva en ville, cette dernière était
en effervescence. Les beaux jours étaient de retour après un hiver long et
violent qui avait fait traverser diverses tempêtes de neige et autre couche de
verglas si dangereuses dans un endroit si grand. Pourtant, il n’y avait plus
aucune trace ou presque de ces trois mois de mauvais temps.
Rachel remercia le chauffeur de taxi qui l’avait amené jusqu’au centre, le paya cher et le laissa partir à contre cœur. New Paris était une ville absolument monstrueuse en taille et en monument. Heureusement, le taxi l’avait laissé à quelques mètres à peine de sa destination : le commissariat central, encore basé sur les quais.
Il était encore tôt, les camions qui ramassaient les bennes à ordure et les dernières congères étaient en train de finir leur tournée. Ainsi, la jeune femme ne vit pas grand monde en dehors des robots balayeurs par dessus lesquels elle dut passer en une grande enjambée pour éviter de se faire arroser les pieds.
Nerveuse, elle balaya une mèche blonde derrière une oreille, serra l’anse de sa mallette, révisa ses lunettes d’un geste sec avant de s’élancer en direction des deux immenses portes tournantes du bâtiment blanc, passé crème à fur et à mesure du temps passé.
L’œil de caméra s’ouvrit à l’instant même où elle poussa la porte gauche. Il la suivit sans aucune discrétion, signe que le gardien posé derrière son écran bavait sur ses courbes gracieuses. Habituée à ce genre d’attitude, elle n’y fit pas attention malgré son agacement. Ce qui l’ennuyait plus, c’est ce qui s’offrait à ses yeux. Un hall gigantesque où elle ne sut se rendre que par dépit. Elle détestait demander de l’aide pour un sujet aussi bête que son chemin, mais elle dut se rendre à l’évidence. Il y avait trois énormes escaliers de pierre, chacun dirigé dans une direction différente. Comment savoir ?
_Hum excusez-moi.
L’homme à l’accueil leva le nez de son magazine et lui lança un regard noir.
_C’est pourquoi ?
_Je dois rencontrer le capitaine Zurna à 8h00, mais j’ignore où se trouve son bureau.
L’homme eut un fin sourire moqueur. Il ne la croyait pas : il n’y avait pas raison qu’une femme ait rendez-vous avec le grand héros de guerre Zurna. Il l’aurait prévenu.
_Bon ! s’agaça Rachel en devinant ses pensées, je suis médecin et je suis là pour la visite annuelle ! Vous désirez peut-être que je commence par vous ?
Pour preuve, elle lui montra sa carte d’affection et l’homme se redressa aussitôt sur son siège, maladroit.
_Ne non !…attendez.
Il décrocha son micro et envoya un message télétexte de toute urgence au bureau du commandant.
La réponse ne se fit pas attendre, contrairement à ses espérances. Le docteur Rachel Frost était bien attendue, et il n’avait pas intérêt de la retarder davantage.
_Euh le capitaine vous attend. Escalier derrière moi, 2e étage au fond du hall.
_Merci.
Elle reprit sa mallette et s’engagea dans les marches d’un pas svelte. Elle slaloma entre les robots ménagers et reprit son souffle une fois arrivée à destination : là elle passa une porte qui s’écarta d’elle même et elle découvrit l’étage de la brigade criminelle. Des dizaines de bureaux qui se faisaient face à face en binôme avec ordinateur intégré, identification palmaire, une lampe fluorescente et quelques plaquettes de document qui signifiait que tout le travail n’était pas terminé.
Quelques hommes étaient déjà arrivés et la regardèrent passer avec un œil circonspect. Il y avait bien des femmes policiers mais ces dernières étaient plus discrètes et ne travaillaient pas en tailleur beige et talons aiguilles. Rien de commode étant donné l’endroit.
« Toc toc »
« Oui entrez »
La porte glissa sur le côté après le feu vert du capitaine. Elle passa un pas et la porte se referma dans un bruit de pression.
_Ravi de vous rencontrer enfin docteur. Désolé pour toutes ces précautions, mais vous savez ce que c’est…
Le capitaine Zurna devait bien approcher la soixantaine. Cheveux courts gris et tempes blanches, le ventre rond et la moustache frétillante, il n’était plus aussi fringuant que le jeune aviateur qu’il était au moment de la troisième guerre. Cependant, son œil était toujours aussi pétillant et son esprit très vif. Il n’était pas un vieux singe pour rien.
Rachel le remercia et prit place en face de son bureau, ravie d’être enfin arrivée à destination.
_Comment fut votre voyage ? j’ai cru comprendre que vous veniez de Roma ?
_C’est exact oui. Une inspection de dernière minute. J’ai eu peur d’arriver en retard.
_Ne vous en faites pas, nous avons l’habitude. La moitié de mes hommes arrivent en retard, alors pourquoi pas vous ? mais pardonnez mon impolitesse, vous désirez boire quelque chose ?
Il appuya sur un bouton sous son sous-main et deux livres de son étagère se retournèrent pour laisser apparaître plusieurs bouteilles de grand cru.
_Non merci, jamais le matin.
_Vous faites bien, sourit l’homme en se servant un fond de scotch, j’aimerai être aussi fort que vous sur ce point. Mais rassurez-vous docteur, je ne dépasse jamais la limite.
_Je l’espère pour vous capitaine. Vous savez que je suis censée faire un rapport sur la santé de vos hommes. Vous êtes évidemment compté dedans.
_Ah ?
L’homme regarda son verre d’un air surpris puis soupira en versant son contenu dans la bouteille.
_Je vais devoir suivre un régime si je comprends bien…
Il se laissa tomber au creux de son fauteuil de cuir et soupira en regardant sa bouteille avec envie. Rachel cacha un large sourire amusé et ouvrit sa mallette enfin d’en sortir une plaquette holographique qu’elle alluma en l’effleurant du doigt.
_Vous avez…190 hommes sous vos ordres en ce moment même. 66% d’homme, le reste de femme. 33% ont dépassé la quarantaine, dont vous même.
_Vous êtes bien renseignée, même si pour moi, toutes ces statistiques ne veulent rien dire. 190 personnes à ausculter…cela va vous prendre plus de deux semaines.
_Sans nul doute. C’est pourquoi j’aimerai commencer le plus tôt possible. Par vous.
L’intéressé déglutit. Ce n’était pas trop ce qu’il avait espéré mais il ne pouvait pas y échapper. En tant que chef de groupe, il se devait de montrer l’exemple.
_Si je n’ai pas le choix…je vais vous montrer notre infirmerie. En espérant qu’elle vous plaise…mais ne me torturez pas d’accord ? je suis un vieil homme qui a besoin de compassion de la part d’une si belle femme.
Rachel se retint de rire devant son air de chien battu et le suivit dans les couloirs en regardant bien autour d’elle pour pouvoir s’y retrouver après ça. Elle n’avait pas vraiment un bon sens de l’orientation et cela lui avait déjà joué des tours…