28 octobre 2008
Lune Bleue - 31 -
Et voilà le retour du roman à proprement parlé ;) en ce moment, j'ai tellement de projets lancés en écriture que j'en oublie les mises à jour du principal intéressé. Ça m'apprendra à ranger ma chambre de fond en comble et retrouver mes vieux cahiers d'écriture. La syntaxe est vraiment mauvaise, mais les idées....comme quoi j'en avais dans la caboche à 12 ans :D
Allez, je vous laisse avec Diane, elle râle encore dans mon dos...
Bonne lecture ^^
_Hum…y a des chances…tiens c’est pas par là ?
J’ai désigné un panneau qui donnait la direction des pompes funèbres Delco et co. A part que le haut dudit panneau avait été changé pour rajouter « pompe funèbres ».
_Vu le nom…combien tu paries que c’était un garage avant sa transformation ?
Flack a eu un sourire en coin en nous engageant sur le sentier de terre qui devait nous amener à l’endroit proprement dit. J’ai presque eu un rire en découvrant l’envers du décor. Un vieux bâtiment qui sentait encore l’huile et l’essence, à la peinture craquelée, mais à l’enseigne parfaitement refaite en attendant le reste du ravalement de façade.
_Tu confierais un proche à ces gens là ? grimaça mon ami en sortant de la voiture, tu sais qu’ils sont censé préparer les morts là-dedans ?
_Il paraît, me suis-je moquée dans un large sourire, attends de voir l’intérieur.
Nous avons traversé la cour encore en friche et avons rejoint le bâtiment central, sans doute les anciens bureaux du garage, maintenant remplis de cercueil en tout genre, de toutes les couleurs et de toutes les tailles.
_Matte-moi ça ! me suis-je aussitôt exclamée, hilare, des coussins molletonnés !
_Diane !
_Quoiii ? Je ne fais que regarder !
J’ai tâté l’intérieur avec curiosité, effarée par l’argent claqué dans ces boites qui ne servaient qu’une seule fois en général. En même temps, comme je refusais d’être incinérée, je n’avais pas réellement le choix…et ça me dégoûtait d’avance. Etre brûlée ou être mangée par les vers ?…je préférais ne pas y penser.
_Messieurs dames ?
Un homme est arrivé après quelques minutes, plutôt banal dans son genre, quoique pas encore prêt à porter ce costume de croque-mort.
_Vous venez pour un proche ?
_Pas exactement.
Nous avons montré nos cartes et il s’est aussitôt raidi. C’était fou le nombre de gens qui réagissait ainsi en apprenant notre profession.
_Vous avez bien envoyé une équipe pour récupérer le corps d’une certaine…Bernadette Leblanc, déclara Flack en vérifiant les données sur son calepin, hier à environ 11h57, à la morgue de l’hôpital central ?
_Euh attendez…il faut que je regarde dans mes registres.
Il a fait a fait demi-tour et a disparu derrière un large rideau d’un bleu foncé d’un petit pas pressé. J’en ai profité pour regarder les prix indiqués sur un beau cercueil de bois laqué, mais Flack a prestement remis la plaquette à sa place quand j’ai failli pousser un cri de surprise.
_J’ai raté ma vocation ! ais-je murmuré encore sous le choc, tu sais combien ils en demandent ?
_J’en ai une idée oui.
_T’as déjà fait des recherches avec Viviane ?!
_Il a fait bien fallu, a-t-il déclaré en haussant à peine le ton, je ne veux pas que Lucas ait à s’occuper de ce genre de chose s’il venait à nous arriver quelque chose.
_Hum…t’as pas tord.
L’homme en noir est revenu, un carnet en main, l’air visiblement contrarié.
_Quel nom avez-vous dit s’il vous plait ?
_Bernadette Leblanc.
Il a tourné les pages alors qu’il avait déjà le doigt bloqué au bon endroit, puis est reparti en arrière, soudain paniqué.
_J’ai peur que…quelle heure ?
_11h57.
_Je…je n’ai aucune trace de cette madame Leblanc. Vous êtes certain de ne pas faire d’erreur ?
_Certain oui. Qui avez-vous envoyé ?
_Deux nouveaux employés. Très compétents au demeurant. Ah bah tenez justement, les voilà.
Nous nous sommes retournés quand un camion noir est venu se garer non loin de notre voiture. Deux hommes d’âge moyen en sont descendus, vêtus d’un uniforme au sigle de la nouvelle société. Flack m’a fait signe : c’était bien eux sur la vidéo. Ils ne s’étaient même pas cachés lorsqu’ils étaient venus embarquer notre squelette.
_Vous, vous restez là ok ?
Le patron nous a regardé sans
comprendre et nous avons fait demi-tour en toute innocence pour éviter
d’effrayer les nouveaux arrivés..
Mais l’un des deux gars, dans la vingtaine environ, a vite commencé à nous regarder de travers en déchargeant un corps fraîchement arrivé.
_Ils nous ont repéré…
_Dégage !
Le deuxième type a sursauté mais a immédiatement fait volte-face en prenant les jambes à son cou.
_J’l’prends !
_Je me charge de l’autre !
24 octobre 2008
Chronique
Alors là, il va neiger ! Pourquoi ? parce que je me suis remise à lire des livres ! de vrais livres, avec des pages et tout...ça ne surprendra pas beaucoup d'entre vous, car y a rien d'extraordinaire à ça, mais avant l'université, je lisais énormément. Peut-être pas autant que ma mère - qui elle, en est à deux livres par semaine malgré des journées de travail intensive - mais j'avais toujours le nez dans un bouquin, quitte à en oublier la télévision et ce qui m'entourait en général.
Lire de bonnes histoires, c'est bien mon loisir favori. Cela explique sans doute que j'ai toujours voulu offrir le même sentiment en présentant mes propres textes à d'autres lecteurs intrigués. Après, c'est à double tranchant, car à force de lire des œuvres parfaitement bien huilées, je peux être dégoutée par mon manque de maturité parfois flagrant...et sans avis professionnel, c'est dur de savoir ce que l'on vaut. Si ça se trouve, j'écris depuis des années pour rien -_-'
Enfin bref !
Je suis ici pour vous présenter un auteur que je suis depuis peu de temps, car malgré sa bibliographie très impressionnante, je n'ai lu que deux de ses œuvres. Cet écrivain, c'est Paul Doherty.
Découvert à travers ma moman (et on ne rigole pas) elle m'a d'abord parlé d'un personnage immortel, qui voyageait à travers les ans en racontant ses histoires. Vous pensez bien que mon sang d'historienne et de fan de truc fantastique de ce genre n'a fait qu'un tour et je lui ai rapidement demandé de m'en apporter un volume si elle pouvait lors de l'un de ses passages fréquents aux nombreuses bibliothèques de ma ville.
Elle m'a alors présenté : En mémoire d'un prince : 
Comme vous pouvez le voir sur la couverture, le livre est présenté sous un autre nom d'auteur, Ann Dukthas, mais sachez qu'il s'agit bien de la même personne. Paul Doherty a en effet l'étrange manie de collectionner les "pseudonymes" pour présenter ses histoires. Car il écrit ou a écrit 9 séries différentes ! Toutes partageant un temps et un contexte complètement différents des unes des autres.
Ici, il présente un personnage particulier : Nichollas Segalla, un homme de foi dont on sait peu de chose, à part que les âges ne semblent pas prendre sur lui. Au début de ce roman, il se présente à Ann Dukthas, jeune journaliste qui commence doucement à croire à son immortalité, bien que sa morale lui fait encore poser des questions. Il a besoin d'elle pour présenter son passé et des épisodes troubles à quelqu'un qui pourrait écouter.
Il lui présente alors un manuscrit qui retranscrit une période très trouble de notre histoire, puisqu'il s'agit de la Révolution Française. Segalla nous explique alors qu'il a toujours été proche de la reine Marie-Antoinette, qu'il a rencontré la première fois lorsqu'elle était enfant. A cet instant, la reine est enfermée après avoir été arrêtée et écrit une lettre à une proche en pressentant l'heure de la guillotine.
Son fils, Louis XVIII est enfermé dans sa tour et attend l'heure où il pourra être libéré.
Là, démarre l'intrigue et le rôle de Segalla. En effet, des années plus tard, autour de 1830, Louis Philippe a pris le trône mais la contestation monte dans Paris. Il a besoin d'asseoir son pouvoir et une rumeur se fait entendre : Louis XVIII ne serait pas mort comme dit, mais aurait échappé à sa prison. Ce qui signiferait alors que c'est lui, l'héritier du trône et non ce gros tas de Louis Philippe...et encore moins son frère, Charles d'Artois (futur Charles X)
Segalla étant connu pour ses talents de négociateur et d'enquêteur discret, il est mandaté par le roi pour savoir la vérité sur la question. Car un enfant est bien mort dans cette tour...alors qui a menti ?
Bien sûr, c'est une intrigue historique, alors il faut aimer ça pour comprendre l'essence même de la trame, mais l'écriture de Doherty est facile, il est dur de s'arrêter une fois parti. Le personnage de Segalla lui-même est un mystère, l'auteur nous livre son identité au compte-goutte. En mémoire d'un prince est le deuxième tome de la série, mais on se doute que le premier ne nous donne pas plus d'indice. Ainsi, je le conseille à ceux qui aiment les intrigues dans les temps passés, avec costume d'époque et une écriture facile. Certes avec des descriptions, mais ces dernières sont loins d'être insurmontables. En plus, l'histoire est basée sur une question réelle, qui a eu son dénouement scientifique il y a quelques années seulement. Je ne dirai rien pour ceux qui l'ignorent, mais ça aide à l'immersion ;)
Ensuite, deuxième ouvrage du même homme : Sous le masque de Rê : 
Ici le personnage est le juge Amerotkê. Comme vous pouvez le voir à la couverture et au titre, nous sommes en Egypte antique. Exactement au tout début du règne de la reine Hatchepsout, une des plus grandes dirigeantes reconnues de ce pays.
Amerotkê est le juge suprême de Thèbes, un homme intégre croyant fervement à la déesse Mâat, la Vérité. Il vit avec sa femme et ses deux fils une existence agréable entre ses sentences à sa cour. Aidé d'un nain, son fidèle Shoufoy, il apprend comme tous les Egyptiens la mort soudaine et spectaculaire du Pharaon Toutmosis II, tout juste revenu victorieux d'une guerre montée contre les ennemis des frontières. Sa femme et demi-soeur, Hatchepsout se retrouve seule au pouvoir, en attendant que son beau fils âgé de 7 ans puisse monter sur le trône. Mais la jeune femme, âgée à peine de 19 ans, est ambitieuse et compte bien prendre la place de ce dernier. Elle n'est évidement pas la seule, le grand vizir et plusieurs généraux visent également le même siège.
Mais la nouvelle tombe bientôt : le pharaon Toutmosis serait mort mordu par un serpent venimeux. Des suspicions rodent bientôt sur la future reine qui demande alors l'aide d'un vieil ami d'enfance pour éclaircir ce mystère : le juge lui-même. Ce dernier, frileux à l'idée de se rapprocher de la politique n'a pas d'autre choix lorsqu'un soldat, ancien ami de son épouse, est accusé de négligence ayant entrainé la mort du Pharaon. Tiraillé entre son besoin de vérité et les faits, Amerotkê décide de savoir ce que cache la mort du fils des dieux mais également de plusieurs de ses généraux, tous empoisonné par la morsure d'un serpent. Qui contrôle la bête ? et qui pille les tombes sans laisser aucune trace derrière lui ? les deux événements seraient-ils liés ?
Encore une intrigue historique décrite avec un grand souci de réalisme. L'écriture est toujours simple et donne l'envie de retourner en ces temps oubliés. Les personnages sont attachants, amusants, et toujours décrits avec une grande justesse. Personnellement, j'adore l'Egypte Antique, j'ai toujours rêvé d'écrire un roman inspiré par les légendes de ce pays. Pour ceux qui sont attirés par les moeurs, la vie et les intrigues, je conseille très fortement cette série !
20 octobre 2008
Lune Bleue - 30 -
Hum hum...oui bon...j'ai presque une semaine sans mise à jour, je sais, c'est pas courageux...Mais j'ai une excuse ! Je n'étais pas "là" ce week-end, loin de mon pc, loin de tout en fait. Question de souffler un peu et de penser à autre chose. Même mon co-auteur doit se demander si je ne suis pas morte...-_-'
Bref, tout ça pour dire que je me suis réveillée ce matin avec un flingue sous le nez. Diane n'était pas vraiment ravie à l'idée d'avoir été oubliée pendant presque 7 jours de suite...j'vous raconte pas la trouille ! c'est qu'elle est pas commode, même avec moi, la bougresse !
(Non je ne suis pas folle...mais à force de penser personnage, vivre personnage et rigoler personnage, et bah ils finissent par prendre le dessus...c'est pas si drôle d'être auteur)
J'espère qu'il reste du monde pour lire la suite tout de même ^^' bonne lecture à vous.
J’ai raccroché sans attendre, bien que cela me mettait mal à l’aise et j’ai fini de m’habiller avant de me passer un coup rapide dans les cheveux. J’ai attrapé mon arme, ma carte et mes papiers pour ensuite dévaler les escaliers de mon immeuble, le blouson par dessus le bras.
Flack patientait au parking, juste à côté de ma voiture, un gros beignet dans la main.
_Viviane ne t’avait pas mis au régime ?
_J’ai pas eu le wemps de prendre un wetit déjeuner, me répondit-il la bouche pleine, wu en veux un ?
_Hum…pourquoi pas tiens. Baba t’embrasse.
Je lui ai piqué un beignet au fond du sac et il a eu une mine amusée en me voyant le dévorer.
_Tu l’as encore envoyé sur les roses hein ? t’es vache, tu sais qu’elle t’adore !
_Mais je l’adore aussi ! Le côté babacool m’agace c’est tout. Et elle panique tellement pour un rien…tu m’étonnes après que je ne lui raconte pas 1/5e de mon boulot.
Il a levé les yeux au ciel et j’ai fait le tour de sa voiture pour prendre la place du passager. On avait du pain sur la planche.
_Raconte-moi plutôt la découverte du corps du père Nicolas, tu veux ? avec tout ça, je n’ai même pas eu le temps de lire ton rapport.
_C’est bien la peine que je le tape…bougonna-t-il avant de changer de vitesse, j’ai fait ce que tu m’as dit, je suis parti à la recherche du prêtre pour lui demander des comptes sur la découverte du caveau. Il m’a fallu plus de deux heures pour le retrouver dans cette maison de retraite plutôt bon chic bon genre. Et une bonne heure pour y arriver.
_A la maison de retraite ?
_Non à sa chambre.
J’ai haussé un sourcil alors que nous étions arrêtés à un feu rouge.
_Tu m’expliques ?
_Oui, a-t-il soupiré en me regardant du coin de l’œil, les bonnes femmes qui étaient chargées de s’occuper de lui…de vraies hyènes. Quand j’ai dit que je venais pour lui poser quelques questions, elles sont devenues folles et m’ont demandé de partir comme si j’avais la peste !
_Tu as bien précisé que tu étais de la police au moins ?
_A ton avis ? a-t-il ronchonné en changeant de vitesse, c’est à peine si elles se sont calmées.
_Et c’était quoi leur problème ?
Il a embranché sur le périphérique et je me suis instinctivement accrochée à la portière. Je détestais ce passage obligé pour quitter le centre ville.
_Le père Nicolas lui-même tiens ! Quand elles ont enfin voulu m’expliquer le pourquoi du comment, elles m’ont décrit un personnage tyrannique, narcissique, intolérant et touti quanti. Le genre de vieux qui se croyait tout permis. La haute autorité qu’il disait.
_« La haute autorité » ?
_C’est ce qu’elles m’ont dit. Il était du genre à les appeler à toutes les heures du jour ou de la nuit pour des broutilles, ou d’un seul coup, quand il lui prenait une lubie. Genre changer la couleur de sa chambre parce que celle qui était sur les murs ne lui plaisait plus…je t’assure, je n’invente rien !
J’ai fait une moue explicite, enfin rassurée d’être sortie du périph’.
_Le vieux râleur qui se croit au-dessus de tout, en définitif. Quand j’ai voulu me rendre dans sa chambre, il n’a évidemment pas répondu. Ce qui a intrigué les infirmières, car il était toujours levé à cette heure-là.
_Elles t’ont ouvert la porte ?
_Oui, et ont hurler de terreur quand elles ont découvert le père Nicolas ficelé sur la chaise avec les yeux en moins. J’ai aussitôt fait boucler la chambre et je t’ai appelé après avoir averti les blouses blanches.
J’ai acquiescé en regardant passer le paysage.
_C’est aussi simple que ça…pourquoi ? ça t’intrigue ?
Je me suis pincée les lèvres avant de reprendre la parole :
_Le tueur est entré comment ?
_Par la fenêtre. Une large baie vitrée qui donne sur le jardin intérieur. Cela aurait été impossible par la porte, étant donné les infirmières et le système de sécurité. Mais aucune trace d’effraction.
_Le père Nicolas aurait ouvert à son assassin ?
_C’est
ce qui semble le plus logique oui. En même temps, il ne se sentait peut-être
pas en danger.
14 octobre 2008
Lune Bleue - 29 -
Voilà donc la suite de l'histoire ^^ J'espère qu'avec tout ça, vous n'avez pas perdu le fil, car ça va aller en se complexifiant j'en ai peur.
Si ça vous intéresse, le premier chapitre de Cérès Univers a été posté. Il est très long, c'est vrai, mais tout devrait être plus court pour la suite. Disons que je me suis emballée, comme d'habitude...
Bonne lecture à vous ;)
par Slothello : ici
_Pourquoi ne suis-je pas surpris que tu ne m’aie pas appelé tout de suite ? a-t-il déclaré en faisant claquer sa portière.
_Le gratin de Viviane était bon ?
_A ton avis ? railla-t-il avant de redevenir sérieux, comment va Alain ? il supporte l’affaire ?
_Pas trop non. Ils ont réussi à voler le squelette quasiment sous son nez, il a du mal à le digérer. Tu as les vidéos ?
Il les a brandi avec fierté mais a refusé de me les donner, encore vexé à l’idée que je puisse continuer à enquêter sans lui.
_Tu n’étais pas censée rentrer chez toi ? t’as dormi combien d’heure la nuit dernière ?
_Assez pour tenir le coup. Allez, donne.
_Niet, pas cette fois. Tu es crevée, tu as des cernes énormes sous les yeux. Va dormir.
_Mais…
Il a reculé sa main et j’ai un long soupir, les épaules basses.
_J’ai promis à Alain que j’allais retrouver ces types !
_Et tu le feras. Mais après une bonne nuit de sommeil. Il est minuit passé, rentre chez toi. Je lui expliquerai tout et il comprendra. Il suffit de te regarder.
J’ai tenté de protester car je détestais être mise sur la touche, mais il était décidé de ne pas se laisser faire pour une fois. Je me suis fait jetée comme une mal-propre, obligée de reprendre ma voiture, la mort dans l’âme et de laisser un message sur le portable d’Alain pour m’excuser de ce changement de programme. Il m’a dit presque en riant qu’il se demandait comment je tenais encore debout et m’a souhaité une bonne nuit malgré sa petite voix. J’ai raccroché à contre-cœur, mal à l’aise. J’avais confiance en Flack…mais j’étais du genre à vouloir être en première ligne…pas en arrière plan.
_Bonsoir Diane, tu rentres enfin. Tu as bien travaillé ?
J’ai fermé derrière moi, et seul le silence m’a répondu, comme d’habitude. J’ai laissé mon sac avec mes affaires sur le canapé et j’ai été pioché un bout de fromage dans le fond de mon frigo, la mine basse. Je me suis regardée dans la glace qui surplombait mon lavabo et j’ai compris de quoi parlait Flack. J’étais un véritable zombi.
_Bon sang…
Je suis passée rapidement par la douche et j’ai continué de grignoter sans avoir la force de regarder la télévision. Ensuite, je me suis écroulée contre mes oreillers et alors que je pensais ruminer de longues heures, je me suis endormie comme une savate, vraisemblablement épuisée.
TID TUD TID ! TID TUD TID !
_Humm…
Le soleil m’a ébloui quand j’ai dressé la tête hors de ma couette, enroulée dedans comme une chenille dans son cocon. Mon portable sonnait de l’autre pièce, là où je l’avais abandonné près mon sac de voyage. J’ai juré en l’attrapant au vol.
_Moui allô ?
« Oh mon dieu Diane, tu es en vie ! »
J’ai grimacé en reculant le téléphone de mon oreille.
_Baba…qui t’a encore dit que j’étais morte ?
« Une rumeur se répand partout en ville ! Il paraît qu’une cellule de l’Inquisition vient de s’installer chez nous ?! »
J’ai eu un soupir, le nez dans la couette. J’avais pourtant dit à Alain de rester discret…
_Oui c’est vrai…
« Oh sei… ! »
_Mais je vais bien et Alain aussi, d’accord ? ne commence pas à paniquer s’il te plait.
« Excuse-moi de m’inquiéter pour toi hein ! »
_C’est précisément pour que tu ne t’inquiètes pas que je t’ai mise au courant…sinon tu m’aurais encore fait tout un cinéma si…
« Si ? Diane ! »
_J’ai un double appel, ne crie pas. Oui allô ?
« Din c’est moi »
_Flack ! Tu as retrouvé le squelette ?
« Ça serait trop beau, me déclara-t-il d’un ton gêné, par contre, j’ai peut-être une piste. Les pompes funèbres Delco et co, tu connais ? »
_Avec un nom pareil, tu penses que je m’en souviendrai. Pourquoi ?
« Deux de leurs hommes devaient passer prendre le corps d’une vieille dame morte d’un infarctus…la vieille dame est toujours là. Pourtant selon la grille de passage, ils sont bien venus la chercher…à 11h47. Et ils sont ressortis exactement 23 minutes plus tard »
_…pile au moment où Alain était parti déjeuner. Réglé comme une horloge. Tu sais où se trouvent ces pompes funèbres ?
« A l’extérieur de la ville. Je pensais venir te prendre au passage si tu es prête ? »
_Juste le temps de me débarrasser de ma tante et je m’habille.
« D’accord, je t’attend en bas. Salue-la de ma part »
_Hum hum ouais…
J’ai changé de touche, déjà prête, l’oreille à bonne distance.
« Diiaaanne ! Tu es là ? »
_Baba j’avais un autre interlocuteur ! Bon sang, arrête de hurler, tu sais que les téléphones ne sont pas des défouloirs ?
J’ai repoussé ma couverture en me débattant et j’ai failli de tomber de mon lit, les jambes encore prises dans les draps. J’ai juré en me redressant et j’ai attrapé un nouveau pantalon, le portable coincé entre l’épaule et l’oreille.
_Ecoute je sais que tu n’es pas rassurée, mais je te demande de ne rien changer à tes habitudes, d’accord ? l’une des nôtres a été assassiné et je ne sais toujours pas ce qu’ils cherchent exactement. Alors tiens toi tranquille et dis aux autres d’en faire de même.
« Diane ! Je te signale que tu es autant en danger que nous ! Voir même plus, avec ta manie de foncer tête baissée !…tu es bien comme ta mère, à toujours penser aux autres alors que… »
_Baba, je dois aller bosser, c’est urgent. Mon collègue m’attend déjà dehors…je passerai au magasin d’accord ?
« Tu dis toujours ça… »
_Oui je sais, comme maman. Allez je t’embrasse.
11 octobre 2008
Nouveau blog, nouvel univers !
Et oui, j'ai une annonce à vous faire ! ^^
Comme je vous l'ai dit précédemment, je travaille en ce moment même sur un autre projet avec un ami, un projet très différent de Lune Bleue. Ce dernier n'est en aucun cas mis de côté, rassurez-vous ;) ! Seulement, changer d'univers ne peut faire que du bien à mes petits neurones. Cela me laisse le temps de réfléchir et d'éviter ainsi de griller des étapes dans ma narration. Et puis vous avez encore de quoi lire avant d'arriver à ma ligne d'écriture...
Bref ! Tout ceci pour dire que nous avons enfin monter le blog qui va pouvoir servir de support à cette nouvelle histoire. Pour l'instant, il est encore en chantier, alors soyez indulgents ;) nous nous emploierons à le changer rapidement afin de vous offrir une meilleure lecture.
L'introduction est mise en place, j'espère qu'elle vous donnera envie d'en savoir plus : Cérès Univers
Bonne lecture à vous ^^ et n'oubliez pas de repasser ici de temps en temps, la publication de Lune Bleue est toujours d'actualité !
07 octobre 2008
Lune Bleue - 28 -
Je continue de vous livrer mon roman :) j'ai toujours quelques lecteurs alors je me dis que ça marche toujours un peu quand même.
En ce moment, je suis sur un autre projet avec un ami, à l'opposé complet de Lune Bleue, mais il va de soit que je ne laisse pas tomber mon histoire pour autant ! Simplement après 15 jours d'écriture intense ( du genre de se coucher à deux heures du matin trois jours de suite tant l'inspiration aime venir chez moi une fois la nuit tombée..oui elle est très maligne cette inspiration...mais elle m'a tout de même fait gratter une cinquantaine de page de plus... ) je préfère faire une pause pour me remettre l'histoire en tête et surtout, ne pas en être dégoutée. Car ça arrive malheureusement, à force d'écrire avec certains persos une intrigue assez complexe, on finit par se retrouver chauve, et personnellement...ça ne me dit rien :p
Donc autre univers, autre perso, motivation double, ça permet de passer à autre chose le temps que les idées reviennent pour Lune Rouge. On a dans l'idée de monter un blog pour ce projet, car deux têtes font une base très conséquente et ça nous promet un boulot dingue si on veut le mener à bien. Dans la joie et dans la bonne humeur évidemment...c'est avant tout pour le plaisir ;)
Voilà voilà, bonne lecture à vous ^^ 
Ne pouvant rester dans cette salle où continuaient de travailler les blouses blanches, nous sommes partis à la recherche d’une pièce où elle pouvait brancher son ordinateur afin de me donner le résultat de ses recherches.
_Alooors…quelques minutes pour réorganiser tout ça…
Elle s’est installée sur la chaise, déjà concentrée, et a sorti une dizaine de dossier en même temps, ce qui a bientôt couvert l’écran de toutes sortes de graphismes particulièrement indigestes pour mes yeux de littéraire.
_Alors…j’ai fait une étude des os dans leur ensemble afin de tabler sur l’âge et sur les activités premières de notre homme. Car c’est bien un homme au cas vous auriez eu un doute.
Je me suis contentée d’un sourire maladroit quand elle a levé les yeux vers moi. Je savais encore faire la différence entre un bassin d’homme et un bassin de femme, tout de même.
_Un homme d’une bonne cinquantaine d’années, peu développé au niveau des épaules mais aux articulations particulièrement usées.
_Les genoux ?
_Principalement. Un prieur intensif, si on en juge par les vêtements qui le couvraient. Une soutane d’évêque je dirai.
_Un évêque ?…mais …et cette bague de cardinal ?
Elle a fait une moue explicite en suivant mes pensées.
_J’avoue que je ne m’explique pas une telle erreur. A moins que ce soit un cadeau, elle n’a rien à faire là.
« Un cadeau… »
Je me suis redressée, une main
sur le menton. Alain m’a regardé du coin de l’œil mais n’a posé aucune
question, conscient que je cherchais encore.
_Vous
avez une idée de combien de temps il est resté là-dedans ?
_A
voir l’état du squelette et la capacité de conservation du caveau – qui soit
dit en passant, est du grand art - je
dirai entre 20 et 25 ans. Je pourrai être plus précise avec une analyse au
carbone 14, mais cela prendrait des semaines. Et je ne pense pas que vous ayez le
budget adéquat._A
votre avis ? déjà que j’ai du me rendre à la Vallée toute seule car deux
billets coûtaient trop chers…
Elle a eu un large sourire avant de me montrer une chaîne en 3D tournoyer sur elle-même.
_J’ai également lancé une analyse ADN, mais il y a peu de chance que votre homme soit fiché, au vue de ses activités.
_Je serai plus rassurée si on cherchait tout de même de ce côté-là. Et pour son visage ? vous ne pouvez pas faire quelque chose ?
Elle m’a de nouveau observé alors que je fixais cette chaîne ADN, pensive.
_J’ai fait un moule du crâne, mais cela va me prendre un peu de temps pour lui donner une apparence acceptable. Et même ceci fait, je ne suis pas certaine que vous puissiez l’identifier.
_Ce sera toujours mieux que rien, ais-je déclaré en regardant ma montre, merci beaucoup docteur, je dois vous laisser en bonne compagnie. Je vais voir si la sécurité a récupéré les bandes des vidéos surveillances. Courage toi.
J’ai tapoté l’épaule d’Alain pour prendre congé des deux scientifiques et je suis retournée à l’entrée de l’hôpital où venait tout juste de se garer la voiture de Flack.
PS : désolée pour cette mise en page foireuse, étrangement mon texte refuse de se mettre comme je le veux...tête de mule...
03 octobre 2008
Lune Bleue - 27 -
Bon, je suis définitivement une mauvaise bloggueuse, j'ai rien trouvé de mieux à vous mettre aujourd'hui...j'ai pourtant des choses à vous présenter et tout et tout, mais je n'arrive pas à m'y mettre. C'est assez pathétique, faut bien l'avouer.
Du coup, je voulais laisse avec le premier morceau du chapitre VI de Lune Bleue. Vous avez dépassé la 101e page de cette histoire ;)
Bonne lecture à vous.
Chapitre VI
_On peut savoir ce qui se passe ici ?!
J’ai caché un bâillement quand le capitaine a déboulé dans la morgue sans sa fidèle raie qui plaquait ses cheveux sur son crâne.
_Les cadavres sortent tout seuls de leur caisson maintenant ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de squelette volé ?!
_Le corps du caveau a été subtilisé pendant que le docteur Shilovich était sorti pour sa pause déjeuner. Qu’est-ce que vous attendiez ? qu’il monte la garde avec un uzi dans chaque main ?
Il s’est tourné vers moi et a levé les yeux au ciel, comme si ma remarque ne valait même pas la peine qu’il me réponde. Il est revenu sur Alain qui restait prostré pendant que l’équipe de blouse blanche passait sa morgue au peigne fin pour trouver des empreintes qui n’appartenaient pas aux légistes et à leurs assistants.
_Vous n’avez remarqué personne d’intriguant autour de votre travail pendant ces derniers jours ?
_Vous croyez que j’ai eu le temps de le faire ? j’ai une dizaine de corps dans ces coffres et plus de la moitié demande des examens approfondis ! et je suis toujours sans assistant depuis le départ du dernier pour les îles.
_D’accord d’accord, coupa le capitaine en levant les mains pour dresser le drapeau blanc, et votre collègue anthropologue ?
_Je l’ai appelé, elle ne devrait pas tarder. Mais elle n’a sans doute rien vu de particulier, elle était totalement dévouée à ce squelette. Elle ne l’a quitté qu’aujourd’hui car elle avait une conférence.
_Quelqu’un est venu vous demander où vous en étiez ?
Alain a levé les yeux vers moi tandis que je restais dos contre le mur, les bras croisés. Le capitaine m’a regardé avant de grimacer.
_Quelqu’un d’autre que le lieutenant Montel ?
_Non.
Je n’aurai de toute façon parlé de cette affaire qu’aux principaux concernés et
non à des personnes lambdas. Je suis un professionnel, au cas où vous l’auriez
oublié !
_Docteur Shilovich, je ne vous accuse pas, j’essaye de comprendre. Que donne les caméras de sécurité ?
_Ils sont partis chercher les bandes à leur centre d’information, ais-je déclaré en me décollant légèrement le dos, l’hôpital est relié à un système de surveillance beaucoup plus conséquents. Les collègues devraient être sur le chemin du retour.
_Mettez tous les hommes qu’il faut sur cette affaire, mais je veux le nom des individus qui ont trouvé le moyen de s’introduire jusqu’ici pour voler un cadavre !
Le capitaine a fait volte-face, une fois ses ordres donnés et s’est arrêté à ma hauteur, réalisant alors sans doute que j’étais enfin rentrée de la Vallée.
_Et vous, vous avez eu les réponses ce que vous vouliez là-bas ?
_Certaines.
_Alors continuez de chercher ! et chopez-moi ce malade tueur de prêtre avant que la panique s’empare de la ville !
_Oui chef, bien chef !
Il était malheureusement déjà parti lorsque je lui ai répondu. Alain a levé les yeux au ciel puis est venu vers moi, l’air vraiment malheureux.
_Je vais le retrouver, ne t’en fais pas.
_Ce n’est pas vraiment pour me rassurer, quand on sait qui a osé venir jusqu’ici pour ce squelette.
_Il faudra bien que je fasse mon boulot. Allez, détends-toi, ça va s’arranger.
Il a forcé un sourire quand je lui ai caressé la joue et les portes se sont ouvertes sur une femme d’un certain âge, essoufflée, les cheveux bien tirés à l’arrière dans une queue de cheval stricte.
_Alain ! C’est vrai cette histoire ? le squelette a été volé ?!
_…malheureusement.
_A quoi va-t-il leur servir ? j’ai tous les résultats dans mon ordinateur !
_C’est vrai ?
Elle a tressailli au son de ma voix et a réalisé ma présence de manière plutôt étonnante.
_Ah hum Chantale, voici le lieutenant Diane Montel, l’agent chargé de l’enquête. Diane, Chantale Lavoisy, ma collègue anthropologue dont je t’ai déjà parlé.
_Enchantée.
_Moi de même ! déclara-t-elle en me broyant la main, vous êtes plus jeune que je ne l’aurais pensé.
_Il parait. Vous disiez avoir les résultats dans votre ordinateur ...vous avez déjà fait des analyses ?
_Dès que nous avons fini de sortir le squelette de son caveau, oui évidemment. Vous voulez les voir ?
_…si ça ne vous dérange pas…cela m’arrangerait bien oui.