28 novembre 2008

36-15 My Life

Alors alors alors...le résultat de ce 27 novembre...

(Attention très long morceau)

A dire vrai, j'ai du annuler une sortie entre amis pour pas grand chose. Ça a été 48 heures de folie pour...un panier de consolation. Attention, un beau panier, avec 4 livres, un carnet à buvard, deux beaux stylos et trois trucs qui essayent d'y ressembler, un fond de teint au ton framboise (O-o) une clef MP3, un paquet de biscuit à champagne (miam) et une montre (qui vit un an en gros). Le truc super facile à trimballer de gare en gare sous les yeux envieux des gens qui voudraient bien me le piquer. Car oui tout était emballé en paquet cadeau alors forcément..

Début de la journée, disons plutôt de l'après-midi autour de 15h, je vais à la gare avec un petit sac car je dois être hébergée chez quelqu'un pour la nuit. Changement de gare du nord à la gare de l'est etc...j'arrive à Reims à l'heure. Et là, la galère commence. On m'a donné un plan pour que je puisse rejoindre un arrêt de bus à pied pour ensuite parvenir jusqu'à la faculté, la Coquille comme on l'appelle, à cause de sa forme en coquille Saint Jacques (et ce n'est pas une blague)...
Sauf que Reims est une ville en travaux ! Et des travaux partout ! De la sortie de la gare, en passant par le parvis de la cathédrale jusqu'à la faculté où je devais me rendre. Déjà là, je le sens mal. De plus, je souffre alors d'une migraine carabinée. Car les gens de la SNCF ont peur que l'on meurt de froid et il fait une chaleur de gueux dans leurs trains ! Et dehors en ce moment, il pèle ! Et comme je suis très sensible aux changements de température, je ne vous raconte pas ma tête...

Donc bon...je retourne le plan et je pars sur la route en me disant que j'ai quand même 3/4 d'heure d'avance. (Oui je ne supporte pas être en retard) mais sur ces petits plans merveilleux, il manque la moitié des noms des rues. Et quand les travaux vous empêchent de suivre le plan et beh...vous faites comme vous pouvez. J'ai demandé la route à une dame très gentille qui m'a même offert des marrons chauds (on ne voit pas ça tous les jours) et je me suis presque retrouvée à mon arrêt de bus face...à la cathédrale ! Ça aurait beaucoup plus simple de commencer par là mais bon....

Mais là je dois trouver l'arrêt qui prend le bus H. Et il y a toutes les lettres de l'alphabet quasiment dispersés autour de la cathédrale ! Sans oublier que l'heure tourne, il est déjà 18h40 et j'ai rendez-vous à 19h...en gros, c'est un peu la panique. Je rentre dans un bar tabac et je demande ma route. Je tombe sur un homme adorable qui m'indique l'arrêt qui se trouve à 300 mètres même pas. Et voilà le H qui me passe devant !
Vous voyez une dératée qui court après ? et bien c'est moi >-<
Je monte dedans et je m'effondre devant une vieille dame qui voit mon billet de 5€ s'envoler dans le wagon. V'là qu'elle me parle de sa petite fille qui a eu le même tour etc etc. et je n'étais pas vraiment disposée à l'écouter, les nerfs déjà bien entamés. Mais elle s'est révélée très gentille et m'a même aidé lorsque la fac s'est dessinée dans mon dos. Voilà que je saute sur le bouton 'arrêt demandé' mais le bus passe devant sans s'arrêter. Maman au s'cours !
Mais nan, pas de panique. Avec les travaux, l'arrêt H est sans cesse reculé jusqu'au bout de la rue. Ouf.

Je sors de là et je cherche l'école de commerce où doit se dérouler l'assemblée. Elle est censée se trouver juste en face de la coquille. Mais je ne vois rien du tout, il est nuit noir ! Je demande à une étudiante qui a du me prendre pour une demeurée et qui me pointe un tas de béton que j'ai pris pour un bâtiment administratif...juste derrière moi ah ah...(les nerfs les nerfs...)
Je fonce, il est 19h tout pile, je ne serai pas en retard, youhou !
Je montre mon invitation (qui n'a rien d'exceptionnelle, je le verrai par la suite) et je rentre dans une amphi bourrée de monde. Des étudiants de l'école de Reims, en veux-tu en voilà. Avec cette foule, j'ai cru être retournée à la fac en cours d'archéo.

Un peu perdue, je prends une place au hasard et je m'écroule, soulagée de ne pas être en retard. Dix minutes passent dans un brouhaha plutôt joyeux, j'en profite pour regarder autour de moi...et il semblerait que je sois la seule fille à ne connaitre personne. Le malaise s'installe.
Les invités arrivent, dont Patrick Poivre d'Arvor, le parrain de l'association "Délivre-moi" qui a organisé le concours. Applaudissement, remerciements d'usage bla bla bla, et voilà qu'on se lance dans trois quarts d'heure de question-réponse avec le journaliste que j'ai trouvé - de mon point de vue de spectatrice - très ouvert et sympathique.
Et enfin la cérémonie ! La bonne blague ! Elle a duré 10 minutes en tout et pour tout ! Car en vérité, les gagnants étaient déjà désignés depuis longtemps et ils le savaient ! Le dessinateur était à Pékin, en voyage pour faire une BD, et nous a envoyé une vidéo pour nous remercier. Plutôt sympa. Aucune trace des nominés, je commence sérieusement à me demander ce que je fous là.
Arrive le gagnant de la catégorie Roman. Et là tout s'effondre. Non pas à cause de ma défaite apprise dès que j'ai mis les pieds dans cette salle, mais quand l'éditeur et les jurés ont expliqué pourquoi et comment ils ont fait ce choix...j'ai compris que c'était perdu d'avance, et ce, bien avant cette cérémonie.

En effet, le gagnant a écrit un livre expliquant la vie du frère de Rimbaud à la première personne. Or Reims est la région - à peu près - où a grandi le poète. Ensuite, l'éditeur nous avoue adorer l'écriture des années 20, ce qui peut correspondre à ce genre du roman...PPDA adore Rimbaud - c'est son auteur favori - et par dessus tout...le gagnant est un ancien élève de l'école de Reims qui a organisé ce concours !
Quand on voit ça...soit on s'effondre, soit on rigole. Il est clair qu'avec mon roman fantastique qui parle d'agent, de démon, d'avocat et de cours de justice, je n'avais pas l'ombre d'une chance.

Et voilà la cérémonie est terminée. Maintenant, la foule se précipite au buffet installé dans la pièce voisine. Le temps que je suive le mouvement, le buffet est déjà assailli ! Je n'ai même pas pu avoir ma coupe de champagne, et j'ai à peine pu manger un gâteau.
Maintenant, je ne sais pas quoi faire. Je fais tapisserie pendant que tous les autres discutent entre eux ... la fille plantée seule près du piano et bien...c'est encore moi -_-' Personne ne vient me voir, je ne sais pas ce que je fous-là, mes nerfs me mettent dans un sale état. Sérieusement, je me fais rembourser et je rentre ! Tant pis si je dois prendre le train à 1h du matin, il faut que je quitte cette salle ! J'appelle chez moi et je demande à ma mère de vérifier les horaires de train pour le retour. Malheureusement, le dernier est déjà passé.

Résultat : je suis coincée à Reims, je ne sais pas où je vais passer la nuit, je ne sais même pas si je vais être remboursée...je ne vous raconte pas mon état. Certes, vous devez penser que j'abuse de me mettre en rogne pour ça, mais je ne supporte pas ne pas savoir ce qui va m'arriver et surtout faire un voyage pareil pour finir par faire tapisserie ! Quand je pense qu'en même temps, mes amis se marrent autour d'un verre et que je poireaute en voyant la salle se vider...je fais la fermeture carrément.
Là, je repère un gars qui a l'air dans ma situation : complètement paumé, les yeux rivés sur son portable qu'il n'arrête pas de pianoter. Après moult hésitations, j'engage la conversation et bingo ! lui aussi est un nominé et il ne sait pas du tout ce qu'on a l'intention de faire de nous. La salle se vide complètement, on se voit déjà dormir sous les ponts quand un gars arrive, celui qui tenait le micro pendant la cérémonie.
"C'est vous les deux nominés ?" "bah un peu oui" bla bla bla...c'est là qu'on apprend que nous avons été noté selon des grilles que malheureusement, nous ne verrons jamais. C'est bien dommage car cela m'aurait aidé pour savoir ce qui n'allait pas.

Et c'est là que nous rencontrons les filles de l'association qui s'exclament toutes surprises qu'elles avaient eu peur que nous soyons partis. Elles n'ont pas arrêté de nous remercier d'être venus et nous ont présenté les paniers dont je vous ai parlé au début. Puis cerise sur le gâteau, pour l'hébergement, nous avons droit à une nuit dans un hôtel 3 étoiles !
Là, je tombe des nues. Mais je suis vraiment soulagée. Il nous reste à prendre le bus pour rejoindre le centre de Reims et je pourrai enfin dormir. Là on descend la rue et on attend près de l'arrêt ...30 minutes dans des températures négatives, la bouteille de Coca que l'on m'a généreusement donné était glacée. Du coup, avec le décalage, on retrouve les organisatrices qui doivent prendre le même car. Elles nous conduisent quasiment au pied de l'hôtel qui malgré ses 3 étoiles, ne brille pas de milles feux. Ce qui flatte, c'était la taille de la salle de bain qui fait au moins trois fois celle de mon appartement. Et la taille du lit. Mais bon, j'étais seule alors...-_-'
J'appelle ma mère pour la rassurer et je me couche. Car il était déjà plus de 23h30. En réfléchissant, je dois me lever tôt pour refaire toute la route inverse et donc changer trois fois de train pour pouvoir rentrer chez moi. Je décide donc de me lever pour 8h grand max. (ce qui pour moi est, depuis le début de mon chômage, un exploit ^^')

Mais hôtel trois étoiles ne veut pas forcément dire bonne isolation. Et bon chauffage. J'ai passé la nuit frigorifiée sous quelques draps pas encore prévus pour l'hiver et j'ai entendu les voisins prendre allégrement leur bain à 7h40 du matin. L'hôtel ne prenant pas les tickets restaurants pour que je puisse me payer le petit déjeuner, j'ai rejoint la gare à 8h dans un froid glacé.
Bref, trois changements de gare, je n'arrête pas de me faire remarquer avec mon panier, mais je n'ai qu'une seule hâte : rentrer chez moi, souffler un peu, me réchauffer et ouvrir les paquets.

Finalement, je n'ai déjà plus rien de cette sortie. Heureusement, j'ai été remboursée. Mais bon, en tout état de cause, j'aurai vivement préféré aller à Paris comme c'était prévu au départ pour retrouver mes camarades et boire un verre en leur compagnie. Je suis vannée et demain, je dois me relever tôt pour aller signer un contrat...un beau week-end de gâché.
Et pour ceux qui me diraient "Oui mais bon tu as été choisie et nominée, c'est déjà pas mal" ils sont reçus une vingtaine de manuscrit à tout casser. Alors franchement...ma nomination, je m'assoies dessus.

Posté par miyaki2384 à 17:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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