01 décembre 2008

Nouveau texte - La nuit des Dieux

Nouvelle petite expérience après le long et fastidieux Lune Rouge. J'ai fini les corrections de ce dernier et je l'ai envoyé à mes lecteurs en espérant des critiques constructives :p
Du coup, j'ai voulu passer à autre chose de plus simple et plus direct. J'ai entamé une histoire avec une galerie de personnages qui j'espère, vous plairont. Je ne sais pas encore où ça va me mener sincèrement, mais sait-on jamais ? ;)

Première partie, bonne lecture à vous ^^ (attention, c'est un peu long à cause de l'intro...et oui les bonnes vieilles habitudes reviennent toujours au galop)

Moon_Rabbit_by_DreamsOfALostSpirit

  L’écrivain

L’homme courait, le souffle court. Sa respiration formait des ronds de vapeur devant sa bouche alors qu’il tentait désespérément de semer ses poursuivants. La nuit était profonde mais les lumières de la ville éclairaient le ciel comme en plein jour.

L’homme sauta au-dessus d’un tas de détritus et s’arrêta au détour de la ruelle pour reprendre son souffle, dos au mur. Il dressa l’oreille et tenta de percevoir le moindre bruit suspect. Il tressaillit quand quelqu’un marcha dans une flaque d’eau et serra la barre de fer qu’il avait attrapé dans un geste de secours. Une goutte glissa le long de sa tempe et il ferma les yeux à peine quelques secondes. Il devina le canon d’une arme se glisser non loin de lui. S’il fuyait de nouveau, cet individu lui tirait dans le dos. Il devait faire face.

 _Han !

Il fracassa sa barre de fer sur le poignet du soldat. Ce dernier poussa un cri de douleur avant de tomber lourdement sur le sol, la tête en sang. Arthur Lassart regarda les yeux ouverts de l’inconnu qui ne bougeait déjà plus et réalisa qu’il l’avait tué. Terrifié, il lâcha son arme de mort et fit volte-face. Il tomba nez à nez avec un autre canon.

 _…je devrais vous massacrer…siffla le nouvel arrivant au visage caché derrière un casque aux yeux verdoyants et à la voix étouffée par l’électronique, c’était un ami…

 _J’ai agi en légitime défense !

 _Ah oui ?

Le soldat le frappa durement au visage du revers de son arme et le regarda tomber, le doigt ancré sur la gâchette. Arthur sentit la douleur lui transpercer le crâne et leva deux doigts au niveau de son arcade sourcilière : elle pissait déjà le sang.

 _C’est cette femme que l’on veut ! cracha le soldat en jetant une photographie holographique d’un geste sec, si vous tentez une nouvelle fois de quitter le pays, je demanderai l’ordre de vous descendre. Et ça ne se fera pas avec une seule balle !

Il passa ensuite au-dessus de lui d’un pas ample et attrapa son camarade par le bras pour le tirer vers lui et le prendre sur son dos. Arthur le regarda partir d’un pas lourd et s’effondra entièrement sur le sol, la poitrine en feu.


Il regarda la pleine lune qui l’avait sans doute trahi puis vit les nuages la couvrir, poussés par ce vent glacial qui parcourait la ville depuis plusieurs jours. Quelques gouttes de pluie s’écrasèrent sur son visage crasseux et se mêlèrent à ses larmes avant de l’arroser comme en pleine mousson. S’il avait su…


Cela remontait déjà à 15 ans. 15 ans, l’âge qu’il avait à l’époque. Il était parti avec des camarades pour aller camper loin de la ville, dans l’une des réserves réservées aux civiles. Ils s’étaient installés dans une petite clairière et se préparaient à faire un feu. Arthur avait perdu à la courte paille et avait été contraint d’aller chercher des branches sèches pour servir de nourriture aux flammes. Il y était allé en bougonnant dans sa moustache de pré-pubère et s’était attelé à la tache en s’enfonçant dans les bois plantés là pour retenir la pollution qui envahissait le centre-ville.

 _Viens là toi.

Il s’était avancé pour récupérer une branche qui refusait de se faire prendre et avait levé la tête, surpris d’entendre des voix. Ils avaient normalement loués la clairière pour la nuit et tous ses amis se trouvaient près de leur campement. Alors qui… ?

Il s’était légèrement avancé, intrigué, et avait bientôt aperçu deux silhouettes en train de se battre. Stupéfait, il était resté là à les observer alors qu’ils se défendaient avec de grandes épées sorties de nul part. Le métal s’entrechoquait durement et les deux combattants ne cessaient pas de se jauger, prudents. Il était resté debout, les bras chargés, et admirait la dextérité des combattants. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux transperce l’autre de part en part. L’adolescent n’avait jamais vu autant de sang gicler et avait lâché ses branches dans un geste de peur. L’agresseur avait fait volte face et il avait découvert le visage de cette jeune femme. Elle ne ressemblait pas à un assassin. Elle était belle, aux yeux très clairs et expressifs. Stupéfaite de le trouver là, elle avait perdu sa concentration. Et son assaillant s’était miraculeusement redressé.


 _Attention !

Arthur avait crié. La jeune femme avait sursauté et l’épée de son adversaire s’était enfoncée dans son épaule. Elle avait encaissé le choc avec une force que le jeune garçon n’avait jamais vu jusque là, pétrifié de peur. Elle avait titubé en arrière mais n’était pas tombée. Son agresseur lui, avait fait demi-tour sans attendre et s’était enfui dans les fourrés sans faire de bruit ou presque. La femme avait juré dans une langue inconnue et s’était retournée vers le jeune garçon. Ce dernier avait réalisé qu’il était le seul témoin de ce qui venait de se passer et paniqué, il s’était enfui sans demander son reste. Il avait rejoint ses amis qui, impatients et gelés, avaient fini par faire le feu sans l’attendre. Terrifié, il s’était enfoui dans son sac de couchage en priant pour que cette inconnue ne vienne pas les massacrer les uns après les autres. Il avait passé l’une des plus mauvaises nuits de sa vie.


Il lui avait fallu du temps pour passer au-dessus de cette peur qui avait fini par lui dévorer les intestins. Dix ans plus tard, il n’avait pas oublié cette femme qui avait disparu telle une brise. Car paradoxalement, elle lui était apparue comme un havre de beauté malgré la brutalité et la cruauté du combat. Il s’était surpris plus d’une fois à dessiner son visage avec ses pauvres moyens et peu à peu, ses traits s’étaient précisés. A la fin, elle était devenue une véritable obsession.

Ne pouvant se délivrer de son visage, il avait écrit une histoire. Il en avait fait une héroïne de roman. Un roman qui avait connu un succès inespéré. Arthur avait d’abord largement vécu de ce don du ciel, ravi d’entrer dans un monde dans lequel il n’était pas né. Lui, fils de simple instituteur, obligé de vivre dans les étages les plus bas de la ville, était parvenu à s’élever et à rencontrer les filles de ministres qu’il avait parfois mises dans son lit. Tout le monde était stupéfait par son intelligence et par l’univers qu’il était parvenu à inventer à la suite de cette nuit de pleine lune.


Une nuit pourtant, sa vie qui semblait si bien partie est devenue un gouffre de douleur et de mensonge. En entrant chez lui, il découvrit qu’on l’avait cambriolé. Tout ce qui touchait à son roman avait disparu. Angoissé, il fit appel à la police mais cette dernière s’était vite retrouvée les poings liés. Quelqu’un de haut placé refusait qu’il écrive la suite de cette histoire inventée de toute pièce. Pourquoi ?

Il avait reçu la réponse quelques jours à travers deux hommes protégés par une armure bionique. Des agents d’une sécurité privée qui l’ont molestés et laissés pour mort. Un mois à l’hôpital fit réaliser à Arthur qu’il n’aurait jamais du s’inspirer de cette mystérieuse femme pour son héroïne. Après tout, elle avait éventré un inconnu qui s’était relevé quelques minutes après…qui pouvait survivre à ce genre d’attaque ? elle-même avait encaissé un coup qui aurait terrassé n’importe qui. Bien sûr, il y avait réfléchi pendant l’écriture de son roman et avait trouvé l’excuse à travers une résistance quasi-animale venue d’une évolution passée. Une femme, une guerrière venue du fond des âges…avait-il frôlé la vérité à travers son imagination débordante ?


Le jour de sa sortie, un homme imposant était venu s’asseoir à côté de son lit. Accompagné par deux gardes du corps, Arthur s’était senti oppressé et d’autant plus en danger. L’homme, un gros type au cigare finement doré, était un important industriel qui aimait autant la fête que les jeunes enfants. Il harcela Arthur de question quant à son héroïne. Menacé par les deux mastodontes, l’auteur avait cédé, encore souffreteux de son précédant passage à tabac, et avait raconté la scène vue pendant son adolescence. Le gros tas s’était trouvé très intéressé par la description physique de la jeune femme et lui avait présenté une photographie holographique. Arthur avait poussé un cri de surprise : c’était elle ! Elle n’avait pas changé malgré toutes ces années ! Grande, élancée dans un long manteau noir qui lui donnait une classe folle, cheveux courts et presque blancs, elle avait une oreille couverte de percing et un tatouage qui commençait à la base du cou. Athlétique, elle semblait en excellente forme.

 _Qui est-elle ? avait demandé l’auteur, soudain excité à l’idée d’en apprendre plus sur son héroïne.

 _La femme que vous allez retrouver, avait répondu l’industriel, un sourire cynique aux lèvres, elle vous a laissé en vie, elle a fait une erreur. Retrouvez-la et je ferai de vous un homme riche !

Arthur n’en avait pas cru ses oreilles. Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? comment pourrait-il la retrouver, lui, un simple petit écrivain, alors que cet homme là avait une petite armée son service ?


Il avait tenté de protester mais les deux gardes du corps étaient devenus menaçants. Il avait alors cédé de nouveau sans comprendre pourquoi c’était à lui de retrouver cette inconnue. L’argent l’intéressait, mais pas au point de risquer sa vie. Il pensait alors qu’il lui suffirait de faire quelques recherches et d’avouer ses échecs pour ensuite se libérer de ce gros tas et reprendre le court de sa vie. Mais ce dernier n’était pas aussi stupide. Il le fit surveiller, le poursuivait, le menaçait …épuisé, excédé, Arthur avait tenté de quitter le pays pour essayer de retrouver sa liberté perdue.

« Et voilà le résultat… » pensa-t-il amèrement en regardant la lune qui se découvrait de nouveau.

Il était seul, perdu dans cette immense mégalopole qui vivait de jour comme de nuit. Comment retrouver cette femme parmi 20 millions d’habitants ?

La lune ne lui répondit pas, majestueuse et silencieuse. Elle devait connaître la vérité de son point d’omniscience…

         « Si au moins tu pouvais m’aider… »

Il l’envia, cette boule blanche. Si seulement ils pouvaient échanger leurs places…


Posté par miyaki2384 à 12:07 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Nouveau texte - La nuit des Dieux

    Blhblhblh !

    J'adore, je suis fan !

    Vivement la suite =)

    Posté par Scrach, 02 décembre 2008 à 18:15 | | Répondre
  • Eh eh ^^ il faudra que je peaufine cette histoire alors, car ça ne va pas bien loin :p

    Posté par Artémis, 02 décembre 2008 à 21:07 | | Répondre
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