06 décembre 2008

La nuit des Dieux - 2 -

Deuxième partie de ce nouveau texte. Rassurez-vous, je vous mettrai de la Lune Bleue la prochaine fois, question que tout le monde ne s'enfuie pas :p

En fait, j'avoue, cette nouvelle histoire me tient à cœur mais je n'ai pas encore trouvé la bonne forme pour pouvoir me lancer dans un nouvel univers : à la 3e personne, 1er personne...j'ai l'impression d'avoir beaucoup perdu dans mon écriture à la 3e personne, alors qu'avant, c'était écrire à la première personne qui me faisait peur. Du coup, je ne sais plus trop ce que je dois faire pour rendre tout ça "vivant".

Allez, j'arrête de vous embêter, bonne lecture à vous ^^

_Wind_Spirit__by_Bluefley

La chasseresse


Il faisait nuit depuis un petit moment déjà. Endimion leva son museau et renifla discrètement autour de lui. Il frissonna lorsqu’il sentit qu’il allait pleuvoir et se redressa, inquiet. Il tendit le cou et regarda dans la petite ruelle où avait disparu sa maîtresse. Cela faisait bien une heure qu’elle lui avait ordonné de rester là, près de sa voiture.

Nerveux, il gratta légèrement le sol de béton et pénétra dans l’étroit couloir. Il baissa les oreilles et slaloma avec prudence entre les poubelles. Il renifla quelques odeurs et reconnut celle qui l’intéressait. Il accéléra peu à peu puis finit par courir à perdre haleine en suivant cette trace dans les dédales du sous-sol de la ville, là où vivaient les oubliés du monde, les pauvres, les toxicomanes, les prostitués de bas étage et les indigents.


 _Eh le chien ! Gentil gentil, viens par ici.

Il freina lorsqu’une vieille femme se dressa sur sa route et montra des crocs en sentant des effluves peu agréables. Il sauta sur des poubelles oubliées et continua sa route, la langue pendante.

 _Gnouf !

Il pointa sa truffe au sol et couina légèrement lorsqu’il reconnut l’odeur de sang. Il chercha un instant autour de lui puis continua sa route en rasant les murs de ces carrés de béton où s’entassaient des centaines de personne désireuses de gagner une autre vie en cherchant du travail dans cette ville mégalopole où les plus faibles étaient systématiquement écrasés.

 _Endy…

Une voix à peine audible le paralysa. Il tourna sur lui-même et leva le museau quand un caillou tomba près de lui. Il comprit qu’elle se cachait sous les arcades de métal qui soutenaient l’un des nombreux ponts qui facilitaient la circulation des habitants du premier étage. Il chercha alors autour de lui et grimpa sur les déchets pour pouvoir gagner les hauteurs. Il se faufila entre les cerceaux d’acier puis vit une main se tendre vers lui.


 _Kaï !

 _Ça va, ça va…n’aie pas peur.

Il se laissa caresser par ces longs doigts couverts de cuir et vint se blottir contre la jeune femme qui se tenait là, assise sur une longue poutre. Le ventre couvert de sang, elle respirait entre deux sifflements rauques mais ne semblait pas en souffrir autant qu’elle ne l’aurait du. Elle chassa la sueur qui perlait sur son front et laissa son chien s’allonger sur ses jambes pour la réchauffer. Elle dénoua ses poils de quelques caresses et ferma les yeux un instant en prenant appui contre une des larges poutres de soutien.

 _Rassure-toi, je n’ai quasiment plus rien, souffla-t-elle lorsqu’Endimion l’interrogea d’un regard perplexe, je l’ai sous-estimé…

Elle lui gratta une oreille et força un sourire.

 _…mais ce n’est que partie remise, d’accord ? Même si j’entends Phoebus râler d’ici, je vais aller prendre une bonne douche. On a besoin de repos, toi et moi.


Le chien jappa et regagna le sol en quelques sauts. Sa maîtresse fut plus lente mais se leva bientôt de toute sa hauteur, le visage encore blanc. Elle baissa les yeux et ronchonna lorsqu’elle découvrit que l’un de ses chemisiers préféré était fichu. Elle replia son arme préférée et la cacha sous son long manteau pour gagner un peu de discrétion. Endimion lui, se chargea de la guider loin de ce labyrinthe, le poil hérissé. Il n’est apparu soulagé que lorsqu’ils regagnèrent des rues plus ouvertes et plus vivantes, près du lieu où elle avait garé sa voiture.

 _Quittons cet endroit…souffla la jeune femme en ouvrant sa portière pour laisser passer son fidèle compagnon.

Le véhicule s’éleva doucement dans les hauteurs et gagna le flux de la circulation qui naissait au niveau du premier étage. Elle disparut sans laisser de trace et parvint bientôt jusqu’au 3e étage de la mégalopole, là où vivaient les premiers gros portefeuilles de la ville. Endimion secoua la queue, ravi de retourner à la maison. Il s’appuya contre la portière lorsque sa maîtresse fit glisser son véhicule sous un large porche de métal pour s’immiscer dans un couloir étroit. Elle s’arrêta à la hauteur d’un feu à peine visible et souffla doucement lorsque son véhicule entra dans l’ascenseur pour se laisser guider tel un monte-charge jusqu’à son appartement.


Ce dernier, un immense loft caché sous les fondations du bâtiment très imposant qui dominait le quartier Est d’Olympus, n’était connu que de peu de monde. Ainsi, lorsque la trappe se ferma sous le véhicule, la jeune femme éteignit le moteur et poussa un long soupir de soulagement. Endimion sauta en dehors et les lumières s’allumèrent aussitôt en percevant sa présence. Il traversa l’immense salon et gagna la cuisine presque toute aussi grande pour se vautrer dans sa gamelle, tel un affamé du monde. Sa maîtresse garda le sourire et se débarrassa de son long manteau qu’elle posa sur le sommet de l’un de ses canapés. Elle continua de se déshabiller sans gêne et jeta sa chemise couverte de sang séché d’un geste négligent. Elle s’enfonça dans un couloir voisin et deux portes en verre fumé s’écartèrent pour la laisser entrer dans sa salle de bain. Elle remplit son jacuzzi d’eau chaude et s’y glissa avec délectation, le ventre ceint d’une cicatrice encore rougeâtre.


Elle se posa contre le rebord et soulagea ses muscles endoloris par quelques frottements au gant de crin. Elle prit ensuite le temps d’étendre ses jambes et observa les peintures qui couvraient les murs : biches et cerfs batifolaient ensembles dans une herbe verte qui lui donnait toujours envie d’aller faire un tour dans les bois.

Elle se laissa glisser sous l’eau et regarda cette dernière onduler au-dessus de sa tête. Le museau d’Endimion apparut alors et elle s’éjecta pour éclater de rire. Le chien recula et se secoua vigoureusement, les oreilles en arrière. Elle repoussa ses cheveux courts des deux mains et souffla longuement pour continuer de se détendre.

 

Son chien resta à bonne distance, méfiant, et la regarda s’envelopper chaudement dans un peignoir de soie. Elle le gratta entre les oreilles à son passage et regagna son salon d’un pas ample. Elle remarqua que son répondeur clignotait mais elle ne s’y attarda pas et ouvrit son frigidaire. Endimion réapparut, la queue battante.

 _Espèce de gourmand, tu crois que je ne t’ai pas vu filer droit vers ta gamelle ?

Le chien jappa et la jeune femme céda en lui versant du pâté odorant. Elle se lava les mains tandis que son compagnon se goinfrait et souffla en sortant une pizza du congélateur. Elle avait envie de quelque chose de plus somptueux, mais son ventre la faisait encore souffrir. Elle préféra éviter une nourriture trop riche et se contenta de cette part qui tournait déjà dans son four.

Elle retourna dans le salon et ramassa l’arme qu’elle avait laissé à côté de son manteau. Elle l’avait déboîté pour faciliter son transport. Aussi se chargea-t-elle de la remettre en état en quelques gestes habiles.

 _Hum ?

Elle fronça les sourcils lorsqu’elle tendit la corde de son arc ainsi assemblé. Ce dernier était d’un plastique noir solide magnifique, gravé sur toute sa longueur.

Elle sentit de la faiblesse au niveau de la tension et détacha la corde pour remarquer que celle-ci avait été touchée. Son adversaire avait du la frôler avec sa lame lorsqu’il l’avait poignardé.

 _…j’aurai du dégainer plus tôt, siffla-t-elle avec colère.

Elle avait pêché par orgueil : elle avait sous-estimé sa proie.

 _Tu ne m’y reprendras plus, pensa-t-elle tout haut en rangeant son arme dans une armoire prévue à cet effet, demain, je t’amènerai devant le juge.


Elle ferma la porte et rejoignit Endimion qui avait entendu la sonnerie du four. Elle dégagea son dîner et s’installa dans un canapé pour regarder un bon film tout en soulageant son estomac. Endimion grimpa à ses côtés et s’allongea sur ses jambes, soulagé. Enfin sa maîtresse allait se reposer…


Posté par miyaki2384 à 13:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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