19 décembre 2008

Lune Bleue - 40 -

La suite ^^

J'espère que vous êtes prêts pour les fêtes, car c'est toujours la folie dans les magasins. Et bonnes vacances pour ceux qui commencent enfin à se reposer ;)

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_Lieutenant Montel.

Les portes vitrées ont glissé devant moi alors que je me préparais à quitter l’hôpital. J’ai retrouvé le parking placé dans un état de quarantaine plutôt impressionnant. Cela n’a pas aidé à calmer les patients évidemment très choqués. Il y avait eu quelques frayeurs auprès des personnes malades du cœur, mais aucun décès à déplorer. Juste quelques blessés comme moi, touchés sans gravité par des projectiles venus de la voiture.

 _Encore vous…ais-je soupiré sans cacher mon agacement en devinant le lieutenant des bœufs carottes non loin de moi, vous n’avez qu’à lire les rapports si vous voulez être au courant de l’enquête.

 _C’est déjà fait, me dit-il avec un fin sourire, et non, je voulais vous rendre ceci. C’est à vous n’est-ce pas ?

Il a ouvert sa main et j’ai découvert la petite poupée de chiffon offerte par Amina. Je l’avais complètement oublié.

 _Qu’est-ce qui vous dit que ça m’appartient ?


Son sourire s’est élargi comme si je me moquais de lui.

 _Je suis origine de la Vallée…et vous vous y êtes rendue très récemment non ?

J’ai haussé un sourcil. Il se foutait de moi en plus.

 _L’art gitan est en perdition, c’est dommage. Cela pourrait sauver beaucoup de vie.

Il me la mise dans la main avant de refermer mes doigts dessus.

 _Qui êtes-vous au juste ? ais-je demandé avec méfiance en serrant cette poupée à peine roussie au fond de ma paume.

Il m’a observé comme s’il était prêt à me répondre, mais j’ai levé les yeux au-dessus de son épaule, attirée par une silhouette. Alain était enfin sorti de son trou, mais il se tenait immobile à quelques pas de nous, comme surpris.


 _Tiens…tu es là ?

Le bœuf-carotte s’est tourné, à peine surpris de voir mon ami le fixer avec un étrange regard.

 _Tu n’as pas changé, lui lança-t-il dans un faux sourire, toujours médecin ?

 _Légiste, répondit Alain d’une voix froide, qu’est-ce que tu fiches ici ?

 _Je viens aider notre jeune amie dans son enquête. Et toi ?

Alain s’est placé entre nous, les poings serrés. Il semblait vraiment en colère de trouver cet homme à côté de moi.

 _Je travaille dans cet hôpital.

 _Hum ? ah oui ! je me disais bien avoir lu ton nom quelque part dans les rapports.

 _Pourquoi, tu sais lire maintenant ?

 _Who who who !

J’ai levé les mains pour les séparer. Juste quelques secondes et ils s’étaient tous les deux transformés en de vrais coqs de basse-cour.


 _Je vois que vous vous connaissez…ais-je raillé en les regardant l’un après l’autre, vous vous entretuez maintenant ou je peux ramasser les armes pour éviter les balles perdues ?

Ils se sont longuement observés puis ont accepté de lever le drapeau blanc et de s’écarter de plusieurs pas prudents. Je les ai tous les deux toisés d’un regard intrigué. Alain m’a évité un instant avant de se sentir obligé de s’expliquer, encore mauvais.

 _François Masquet, grogna-t-il en me présentant le policier dont je ne connaissais pas le nom malgré notre présentation passée, une…connaissance.

 _On va dire ça, répondit l’intéressé sans cacher son cynisme, alors c’est toi le responsable du squelette disparu ? pas très malin.

 _Tu… !

 _Eh ! Ça suffit maintenant ! J’ai autre chose à faire que de vous séparer sans arrêt ! Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, une voiture a explosé par ici !


Quelques visages de blouse blanche se sont retournés et ils se sont de nouveau éloignés, comme deux adolescents bagarreurs prêts à se fondre dessus pour régler de vieux comptes. Je me suis pincée les lèvres, une main sur la hanche et je suis allée voir du côté d’Alain en le tirant par la manche.

 _Tu m’expliques ?

 _…y a rien à dire sur ce type.

 _Eh.

Je l’ai forcé à me regarder, plutôt mauvaise.

 _Je ne suis pas d’humeur à jouer aux devinettes d’accord ? tu le connais, il te connaît, et étrangement, il est parfaitement au courant de l’existence la communauté gitane de la Vallée. Tu sais ? les gens que tu m’as dit de ne pas connaître.

Il a aussitôt trouvé ses chaussures diablement intéressantes, plutôt mal à l’aise.

 _Et il a l’air de me connaître moi aussi. Alors de deux choses l’une, soit il a lu mon dossier de long en large, en diagonale et à travers les lignes, soit il m’a rencontré avant, mais étrangement, je n’en ai aucun souvenir.

 _Tu ne peux pas te souvenir de tout le monde non plus.

 _Arrête tu veux ? Tu hais ce mec ! et c’est bien la première fois que je te vois comme ça !

Il m’a alors regardé dans les yeux, les lèvres blanches.

 _Tu ne sais pas tout sur ma vie je te signale. Tu n’es qu’une gamine à côté de moi. Tu crois que j’ai commencé à vivre quand je t’ai retrouvé ?

 _Non, ais-je répondu aussi sourdement, mais quand tu as rencontré ma mère, ça oui.

Il a brutalement reculé la tête, choqué, et je l’ai fusillé d’un coup d’œil explicite avant de le doubler d’un pas franc.

 _Vous, vous ne m’approchez pas, c’est compris ?


Le François Masquet a ouvert la bouche pour protester mais il n’a pas bougé de sa place, les mains dans les poches de sa longue capeline. Je me suis plutôt dirigée vers les scientifiques qui continuaient de nettoyer le parking au peigne fin afin de retrouver tous les morceaux de la bombe qui avait servi à orchestrer cet attentat.


Posté par miyaki2384 à 19:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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