Dans la gueule du loup...

Extrait de pensée ou de roman selon l'inspiration et le temps.

28 décembre 2008

Lune Bleue - 42 -

La suite mesdames et messieurs, pour le premier morceau après Noël ^^ J'espère que vous avez été gatés, bande de veinard et que vous êtes prêts pour les fêtes du nouvel an, parce qu'on remet ça !

Allez bonne lecture à vous, amusez-vous bien ;)

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Masquet est intervenu à temps alors que j’étais sur le point de craquer, portée sur les nerfs. Ça faisait longtemps qu’il me courait dessus celui-là.

 _Je vais devoir agir si vous ne cessez pas votre petit jeu, capitaine.

 _Quel petit jeu ?!

 _Ne jouez pas les imbéciles avec moi, d’accord ? nous savons tous les deux quelle demande vous a fait le maire, mais ce n’est pas en fourrant votre nez partout que vous ferez avancer l’enquête.

 _Je ne fais que mon travail !

 _Non, votre travail est de surveiller les journalistes et les politiques pour éviter leur intrusion dans le travail des agents qui bossent avec vous. Vous n’êtes plus un homme de terrain. Vous ne l’avez jamais été.

J’ai haussé un sourcil, stupéfaite. Même moi je ne lui avais jamais sortie celle-là ! bien que je l’avais pensé plus d’une fois…

 _Je me charge de trouver un officier capable de travailler avec le lieutenant Montel sur l’affaire des prêtres. Vous, contentez-vous de faire ce que vous faites le mieux. Et saluez le maire de ma part. Il adore recevoir de mes nouvelles.


J’ai froncé du nez. Qui était réellement ce type ? il semblait tout connaître de tout le monde. Mais ce n’était pas un sorcier. Je pouvais le sentir. Quant à cet officier qui allait remplacer Flack le temps de cette affaire…j’avais déjà une idée de son identité.


 _Bon…

J’ai fermé le dernier rapport concernant l’affaire et je me suis étirée, fatiguée. Il faisait sombre dans cette chambre mais je ne pouvais pas allumer, au risque de me faire remarquer par les infirmières. Je me suis massée la nuque, ankylosée par cette journée passée à mon bureau à nettoyer des papiers et remettre à plat nos recherches.

L’étude du terrain où avait eu lieu l’échange du squelette n’avait rien donné…avec toute la pluie qui était tombée dessus, toutes les traces avaient disparu. Quant au van, il n’était pas encore remonté à la surface…

 « J’ai de moins en moins de piste…ces salauds sont définitivement doués… d’ici là que le tas d’os soit déjà de nouveau enterré quelque part…»

 _Humm…iane…

J’ai levé les yeux sur Flack qui dormait là, le visage traversé par un tube qui l’aidait à respirer sans effort.

 _Eh…

Il a grimacé en essayant d’ouvrir les yeux et je suis venue m’asseoir au bord de son lit pour lui prendre la main.

 _Doucement, tout va bien…tu es en sécurité…

Il a pris quelques secondes pour me cibler et a serré ses doigts entre les miens, tremblant.

 _…Viviane…

 _Elle est rentrée à la maison…il est près de 10 heures tu sais. Il a fallu que Lucas s’endorme pour qu’elle accepte de retourner chez vous. Mais ils vont bien tous les deux, ne t’en fais pas.

Il a faiblement souri, les yeux vitreux.

 _…qu’es…est passé ?

 _La voiture du docteur Lavoisy a explosé. D’après les blouses blanches, on a placé une bombe de manière à ce que ça saute dès qu’elle ouvre sa portière.

 _…et…la capuche ?

 _Il s’est enfui. Mais ne t’inquiète pas, je vais bien finir par le chopper celui-là. Eh !

Il a soudain voulu se redresser mais a grimacé de douleur en retombant contre le matelas.

 _Ne bouge pas idiot ! Tu tiens vraiment à aggraver tes blessures ?!

Je me suis levée pour redresser son oreiller et il m’a remercié d’un regard.

 _Tu veux boire quelque chose ?

 _…te plait…

Il avait la voix tellement enrouée que j’entendais un mot sur deux. Je lui ai donc servi un grand verre d’eau et je l’ai aidé à en boire une longue gorgée qui a semblé lui faire du bien.

 _Ça va mieux ?

 _..ui…

Il avait l’air malheureux sous cette couverture, vêtu de cette immonde chemise de nuit obligatoire.

Mais il était vivant et c’était bien le principal.


 _Il faut que tu te reposes d’accord ? partir dans ta famille, prendre les congés qu’il faut pour nous revenir en pleine forme.

 _…non…l’enquête…

 _Laisse-moi faire. Tu dois d’abord reprendre des forces.

 _Diane…

 _Je sais ce que tu vas me dire et non. Je ne t’abandonne pas.

Il a eu un sourire gêné avant de papillonner des paupières.

 _Je te tiens au courant mais le moment, il faut que tu dormes. Je vais appeler Viviane pour lui dire que tu as enfin ouvert les yeux, d’accord ?

Il a tenté de combattre Morphée mais il a bien vite perdu, totalement assommé. Il s’est alors rendormi avec la douceur d’un enfant, comme apaisé. J’ai remonté le drap sur sa poitrine, soulagée. C’est qu’il m’avait fait peur cet idiot !

J’ai hermétiquement fermé sa chambre pour être certaine qu’il ne soit pas ennuyé et je me suis de nouveau étirée en découvrant le couloir de l’hôpital quasiment désert. J’ai attrapé mon téléphone en sortant sur le perron du bâtiment et j’ai laissé un message à Viviane qui a failli fondre en larme en apprenant que son mari avait enfin repris connaissance. Je lui ai conseillé d’attendre l’heure des visites pour revenir, car là, il ne ferait sans doute que dormir.

J’ai raccroché en lui souhaitant la bonne nuit puis j’ai un soupir, agacée.


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23 décembre 2008

Lune Bleue - 41 -

Dernier morceau avant les fêtes de noël ! J'espère que tout est prêt chez vous, ici le sapin brille déjà ;) les cadeaux sont achetés (toujours à la dernière minute sinon ce n'est pas drôle) et on n'attend plus que le dîner du réveillon :p

Je vous laisse avec Diane et peu de réjouissance de son côté, désolée, je suis le cours de l'histoire.

JOYEUX NOËL à vous tous !

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_Vous avez du neuf ?

 _Ça prend forme, me répondit le chef de l’équipe à travers son masque de protection, comment va le sergent Flack ?

 _Il va s’en sortir avec du repos et quelques points de suture. Mais il a eu le droit de nous faire une belle frayeur.

 _Vous pouvez le dire ! Ça va nous prendre du temps, mais on devrait pouvoir vous donner des nouvelles assez rapidement sur le type de bombe utilisée. Et même peut-être sur son constructeur.

 _Les vidéos du parking ?

 _Le capitaine est venu les prendre tout à l’heure…y a quoi…10 minutes ?

J’ai du faire une drôle de figure car il a haussé un sourcil, perplexe.

 _Pourquoi, ça vous pose un problème ?

 _…non. Merci !

J’ai fait demi-tour sans attendre mais j’ai réalisé que c’était Flack qui avait les clefs de la voiture. J’ai juré en tapant du pied : ce salaud m’avait doublé !

 « Saleté de fils à maman ! »


 _Je vous emmène quelque part ?

Une vieille Ford s’est arrêtée à mes pieds, et Masquet a sorti la tête par la vitre de sa portière, un sourire de vainqueur sur le visage.

 _Vous allez au commissariat, je me trompe ?

J’ai levé les yeux et j’ai vu Alain qui m’observait de loin, solitaire sous sa blouse blanche. Il avait un regard triste qui m’a perturbé.

 _Le prochain bus est dans plus d’une demi-heure si vous préférez.

Je me suis pincée les lèvres, agacée et j’ai ouvert la porte à contre cœur pour monter sur le siège passager. Alain a fait demi-tour et est retourné dans son antre sans faire un geste de plus. J’ai eu un soupir en attrapant la ceinture de sécurité. C’était la première fois que je le voyais dans cet état. Ce type à côté de moi l’avait vraiment mis hors de lui. Si vite, si fort…

 _Tu ne me demandes pas ?

 _Hum ? Quoi donc ?

 _…pourquoi il me déteste par exemple ?

 _Ça ne me regarde pas.

 _Ah ! C’est ce que tu crois !

 _Eh.

Je l’ai fusillé à son tour. Il était bien désinvolte pour un homme que je n’avais vu auparavant !


 _On n’a pas élevé les cochons ensemble à ce que je sache. Alors le tutoiement, vous le gardez pour vous, ok ? Vous êtes là pour inspecter mon travail, alors ne vous attendez pas à ce que je fasse copain-copain avec vous. Et arrêtez de me regarder avec ce sourire idiot. Ça vous changera.

Je me suis appuyée contre la portière, maintenant très énervée. Il a eu comme un rire en s’engageant dans l’un des carrefours les plus dangereux de la ville mais n’a rien ajouté de plus. Soit il se payait ma tête, soit il me testait. Et étant donné ce qui allait suivre, ça n’allait pas me faciliter la tache.


 _Capitaine ?

J’ai brutalement ouvert la porte de la salle vidéo et j’ai retrouvé l’intéressé en train de visionner les bandes que j’attendais depuis plusieurs heures maintenant.

 _Ah vous voilà ! Comment va Flack ?

 _Il survivra. Mais merci d’être passé le voir, il a été très ému.

Il m’a observé une seconde puis est retourné sur l’écran pour le figer avec le bouton pause de la télécommande, sans plus se préoccuper de ma remarque acerbe.

 _Regardez plutôt ceci. C’est notre homme, n’est-ce pas ?

Je me suis approchée bien que je n’avais pas décoléré et j’ai retrouvé la silhouette de l’homme à la capuche sur cette bande en noir et blanc. Le capitaine a remis en route et j’ai vu mon agresseur suivre quelque chose du regard. Sans doute Flack et moi alors que nous nous précipitions sur le docteur Lavoisy pour la prévenir. Puis il a eu l’explosion. Il a attendu quelques secondes puis s’est enfui rapidement en se dirigeant vers le nord.

 _Nous avons retrouvé ses empreintes dans la terre humide de l’allée. Du 44. Des baskets de marque.


Il m’a tendu une photographie prise des empreintes en question refaites avec du plâtre.

 _Oui et alors ? vous attendez que je scrute toutes les traces de basket du monde pour retrouver son identité ?

 _Ne faites pas la fine bouche, me reprocha-t-il, nous accumulons les preuves contre lui.

 _Les preuves ? quelle preuve ? celle qu’il était présent au moment de l’explosion ? magnifique ! mais ça ne veut pas dire que c’est lui qui l’a provoqué ! Et tout avocat, même le plus débile, vous dira qu’un homme en sweat ressemble à des milliers d’autres, surtout si on ne voit pas son visage.

Il a éteint la télévision d’un geste agacé et m’a fait face avec un air réprobateur.


 _Lieutenant, je cherche tout comme vous à arrêter cet homme. Alors cessez de me considérer comme un ennemi.

 _Oh ? ais-je déclaré, piquée à vif, mince alors, j’ai été si peu discrète ?

 _Je vous demande pardon ?!

Je me suis contentée de le regarder et ses oreilles sont devenues de plus en plus rouges.

 _J’en ai assez de votre insolence ! Si vous n’étiez pas protégée de si haut, ça ferait longtemps que…

 _Que ? Allez-y, dites-le !

 _Bon je crois que ça suffit maintenant.


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19 décembre 2008

Lune Bleue - 40 -

La suite ^^

J'espère que vous êtes prêts pour les fêtes, car c'est toujours la folie dans les magasins. Et bonnes vacances pour ceux qui commencent enfin à se reposer ;)

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_Lieutenant Montel.

Les portes vitrées ont glissé devant moi alors que je me préparais à quitter l’hôpital. J’ai retrouvé le parking placé dans un état de quarantaine plutôt impressionnant. Cela n’a pas aidé à calmer les patients évidemment très choqués. Il y avait eu quelques frayeurs auprès des personnes malades du cœur, mais aucun décès à déplorer. Juste quelques blessés comme moi, touchés sans gravité par des projectiles venus de la voiture.

 _Encore vous…ais-je soupiré sans cacher mon agacement en devinant le lieutenant des bœufs carottes non loin de moi, vous n’avez qu’à lire les rapports si vous voulez être au courant de l’enquête.

 _C’est déjà fait, me dit-il avec un fin sourire, et non, je voulais vous rendre ceci. C’est à vous n’est-ce pas ?

Il a ouvert sa main et j’ai découvert la petite poupée de chiffon offerte par Amina. Je l’avais complètement oublié.

 _Qu’est-ce qui vous dit que ça m’appartient ?


Son sourire s’est élargi comme si je me moquais de lui.

 _Je suis origine de la Vallée…et vous vous y êtes rendue très récemment non ?

J’ai haussé un sourcil. Il se foutait de moi en plus.

 _L’art gitan est en perdition, c’est dommage. Cela pourrait sauver beaucoup de vie.

Il me la mise dans la main avant de refermer mes doigts dessus.

 _Qui êtes-vous au juste ? ais-je demandé avec méfiance en serrant cette poupée à peine roussie au fond de ma paume.

Il m’a observé comme s’il était prêt à me répondre, mais j’ai levé les yeux au-dessus de son épaule, attirée par une silhouette. Alain était enfin sorti de son trou, mais il se tenait immobile à quelques pas de nous, comme surpris.


 _Tiens…tu es là ?

Le bœuf-carotte s’est tourné, à peine surpris de voir mon ami le fixer avec un étrange regard.

 _Tu n’as pas changé, lui lança-t-il dans un faux sourire, toujours médecin ?

 _Légiste, répondit Alain d’une voix froide, qu’est-ce que tu fiches ici ?

 _Je viens aider notre jeune amie dans son enquête. Et toi ?

Alain s’est placé entre nous, les poings serrés. Il semblait vraiment en colère de trouver cet homme à côté de moi.

 _Je travaille dans cet hôpital.

 _Hum ? ah oui ! je me disais bien avoir lu ton nom quelque part dans les rapports.

 _Pourquoi, tu sais lire maintenant ?

 _Who who who !

J’ai levé les mains pour les séparer. Juste quelques secondes et ils s’étaient tous les deux transformés en de vrais coqs de basse-cour.


 _Je vois que vous vous connaissez…ais-je raillé en les regardant l’un après l’autre, vous vous entretuez maintenant ou je peux ramasser les armes pour éviter les balles perdues ?

Ils se sont longuement observés puis ont accepté de lever le drapeau blanc et de s’écarter de plusieurs pas prudents. Je les ai tous les deux toisés d’un regard intrigué. Alain m’a évité un instant avant de se sentir obligé de s’expliquer, encore mauvais.

 _François Masquet, grogna-t-il en me présentant le policier dont je ne connaissais pas le nom malgré notre présentation passée, une…connaissance.

 _On va dire ça, répondit l’intéressé sans cacher son cynisme, alors c’est toi le responsable du squelette disparu ? pas très malin.

 _Tu… !

 _Eh ! Ça suffit maintenant ! J’ai autre chose à faire que de vous séparer sans arrêt ! Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, une voiture a explosé par ici !


Quelques visages de blouse blanche se sont retournés et ils se sont de nouveau éloignés, comme deux adolescents bagarreurs prêts à se fondre dessus pour régler de vieux comptes. Je me suis pincée les lèvres, une main sur la hanche et je suis allée voir du côté d’Alain en le tirant par la manche.

 _Tu m’expliques ?

 _…y a rien à dire sur ce type.

 _Eh.

Je l’ai forcé à me regarder, plutôt mauvaise.

 _Je ne suis pas d’humeur à jouer aux devinettes d’accord ? tu le connais, il te connaît, et étrangement, il est parfaitement au courant de l’existence la communauté gitane de la Vallée. Tu sais ? les gens que tu m’as dit de ne pas connaître.

Il a aussitôt trouvé ses chaussures diablement intéressantes, plutôt mal à l’aise.

 _Et il a l’air de me connaître moi aussi. Alors de deux choses l’une, soit il a lu mon dossier de long en large, en diagonale et à travers les lignes, soit il m’a rencontré avant, mais étrangement, je n’en ai aucun souvenir.

 _Tu ne peux pas te souvenir de tout le monde non plus.

 _Arrête tu veux ? Tu hais ce mec ! et c’est bien la première fois que je te vois comme ça !

Il m’a alors regardé dans les yeux, les lèvres blanches.

 _Tu ne sais pas tout sur ma vie je te signale. Tu n’es qu’une gamine à côté de moi. Tu crois que j’ai commencé à vivre quand je t’ai retrouvé ?

 _Non, ais-je répondu aussi sourdement, mais quand tu as rencontré ma mère, ça oui.

Il a brutalement reculé la tête, choqué, et je l’ai fusillé d’un coup d’œil explicite avant de le doubler d’un pas franc.

 _Vous, vous ne m’approchez pas, c’est compris ?


Le François Masquet a ouvert la bouche pour protester mais il n’a pas bougé de sa place, les mains dans les poches de sa longue capeline. Je me suis plutôt dirigée vers les scientifiques qui continuaient de nettoyer le parking au peigne fin afin de retrouver tous les morceaux de la bombe qui avait servi à orchestrer cet attentat.


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16 décembre 2008

Lune Bleue - 39 -

La suite. Vu que cela à l'air de vous transcender...

Bonne lecture.

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J’ai difficilement dégluti, mal à l’aise. Elle m’a observé et a réalisé mon état dans un petit sourire plutôt triste.

 _Au départ…je n’étais pas rassurée de savoir que mon mari travaillait avec une femme plus jeune et plus belle que moi…

 _Je… !

 _Mais Jimmy m’a rapidement démontré que vous n’entreteniez pas ce genre de relation. Lorsque tu es venue la première fois à la maison, j’ai compris que je n’avais aucune raison d’être jalouse. Tu as beau être sa supérieure hiérarchique, il te considère plus comme une petite sœur turbulente que comme une collègue de travail. Même s’il reconnaît volontiers tes dons pour ce travail.

J’ai faiblement reniflé, touchée, et Lucas s’est réveillé de son micro-sommeil.


 _Oh, tu pleures ?

 _Non mon grand, je suis juste un peu fatiguée.

 _Faut pas avoir peur tu sais ? papa va revenir, il me l’a dit !

 _Ah oui ?

 _Oui ! me dit-il avec toute sa conviction enfantine, il m’a toujours dit de ne pas m’inquiéter s’il ne rentrait pas à la maison. C’est parce que son travail est très dur et que ça lui prend beaucoup de temps.

J’ai eu un sourire sans oser lui dire ce qu’il se passait vraiment derrière ces doubles portes. Viviane a secoué la tête : il essayait de se montrer fort, comme lui avait appris son père pour éviter qu’elle ne s’inquiète. Alors il faisait semblant de faire comme ce n’était pas grave du haut de son jeune âge. Mais au fond, il devait avoir peur. Peur que Flack ne ressorte jamais de cette satanée salle d’opération.


 _Ah !

Les portes se sont ouvertes juste au moment où je finissais de penser. Le chirurgien a retiré son masque en nous voyant là, prostrées, pendues à ses lèvres.

 _Madame Flack ?

 _Oui !

Il a eu un sourire avenant qui nous a tout de suite rassuré.

 _Tout s’est bien passé. Votre mari a perdu beaucoup de sang, mais heureusement pour lui, il était juste à la porte de notre hôpital. Nous sommes parvenus à stopper l’hémorragie.

 _Il…il va s’en sortir ?

 _Il va avoir besoin de beaucoup de repos, mais sauf complication de dernière minute, il devrait bien s’en remettre, oui.

Je n’ai pas pu retenir un long soupir de soulagement. Viviane a repris son fils entre ses bras, les larmes aux yeux et j’ai remercié le médecin d’une poignée de main chaleureuse. C’était une excellente nouvelle !

 _Je vais prévenir le capitaine. Appelle-moi si vous avez besoin de quelque chose d’accord ?

 _Oui oui ne t’en fais pas, me dit-elle dans un large sourire, je vais veiller sur lui avec Lucas. Concentre-toi sur cette affaire. Mais fais attention à toi, reprit-elle avec sérieux, ne va pas te mettre encore dans des situations impossibles, d’accord ?

J’ai eu un rire nerveux.

 _Je vais essayer oui.

J’ai salué Lucas en lui faisant promettre de veiller sur ses parents pour moi et j’ai quitté le couloir d’un pas rapide. J’avais envie de rester avec eux pour accueillir Flack dans sa chambre, mais j’avais malheureusement beaucoup de travail. Je voulais chopper ce salopard en capuche !


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10 décembre 2008

Lune Bleue - 38 -

Bon et bien voici le début du chapitre 7, déjà ^^

Pour faire un petit récap' (dites-moi ce que vous en pensez tiens, pour une quatrième de couverture) :

Après avoir découvert le corps d'une jeune femme Anne Malova, Diane Montel, flic de son état, décide de rechercher son assassin, quoique cela puisse lui couter, puisque celle-ci s'est avérée être tout comme elle, une sorcière.
Fini les images d'Epinal et les petites amies d'Harry Potter, être un magicienne n'a rien de charmant ni de bucolique. Sommées de vivre une vie normale, ces femmes sont contraintes de cacher leurs dons pour ne surtout pas être rejetés, ou pire, chassées. Car l'Inquisition veille toujours et ce, depuis des siècles. Ainsi, même dans notre monde moderne, les crimes odieux du 16e siècle sonne toujours vrais à certaines oreilles
.

Après la mort de deux prêtes et la découverte d'un squelette enterré illégalement dans la crypte de l'Eglise, Diane et Flack, son partenaire, prennent en chasse la Capuche, l'homme qui semble avoir été engagé pour faire taire les deux curés. Mais alors que les analyses sur le squelette inconnu sont terminées, la voiture de la doctoresse explose. Diane est sonnée, sauvée par une poupée, mais Flack, comment va-t-il ?

(J'espère que ça vous a mis l'eau à la bouche :p) Bonne lecture à vous.

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- Chapitre 7 -


_Je vais bien ! Combien de fois est-ce que je dois vous le dire ?! Aie !

J’ai juré quand l’infirmière a serré les bandages qu’elle faisait tourner autour de ma main. Assise sur un lit placé aux urgences, je supportais mal le regard du capitaine et de ces deux agents de l’IGPN [1] venus voir ce qui se passait après ce fiasco.

 _Il faut admettre lieutenant Montel, que malgré les sécurités que vous avez placé tout autour de cette affaire, une personne est parvenue à vous doubler, à voler un corps et à gravement toucher votre partenaire, ainsi que l’anthropologue chargée d’étudier le squelette. Il y a manifestement quelqu’un qui cherche à nuire à cette enquête.

 _Oh vous avez trouvé ça tout seul ?

 _Lieutenant.

 _Non capitaine laissez, déclara l’homme d’une cinquantaine d’année avec un sourire, notre amie est encore sous le choc, c’est normal. Lieutenant, comprenez-nous bien, nous ne voulons pas empiéter sur vos plates bandes. Mais nous avons un officier à terre, une civile dans un lit d’hôpital et un agent aussi amoché qu’un boxeur sur le ring.


J’ai fait une grimace explicite lorsque l’infirmière a enfin cessé de me martyriser la tempe. J’avais subi un trauma crânien mais j’entendais bien continuer mon travail sans être suivie par ces deux clown en costume.

 _Et vous attendez quoi ? que je fasse votre boulot ?

 _Non…que vous nous donniez les renseignements nécessaires afin de pouvoir dénicher cette taupe.

 _Sur mon affaire ? vous pouvez toujours rêver.

 _Lieutenant !

J’ai enfilé mon blouson en cachant une grimace de douleur à cause de mes côtes qui subissaient maintenant le contre coup de la planche.

 _Mon partenaire est en ce moment même en salle d’opération, vous croyez que j’ai autre chose à faire que vous offrir mon enquête sur un plateau d’argent ? allez vous faire foutre ! je n’ai bossé qu’avec des gens fiables ! S’il y a une taupe, elle ne vient pas de mon service d’accord ? et si vous voulez blâmer quelqu’un, qu’est-ce que vous attendez pour me mettre à pied ?

 _Lieutenant, maintenant ça suffit !


J’ai serré les dents quand le capitaine s’est empourpré, choqué par ma grossièreté. Les deux gars de l’IGPN semblaient presque blasés.

 _Cela ne marchera pas, me dit le plus âgé avec compassion, protéger ses camarades c’est bien, et c’est digne d’un gradé, mais vous n’êtes pas mise en cause. Ni votre partenaire.

 _Encore heureux !

 _Mais vous n’êtes pas en sécurité pour autant, continua-t-il alors que je refaisais ma queue de cheval avec ma main bandée, tant que nous n’aurons pas cette taupe, tout ce que vous ferez risque d’être mis à mal.

 _Alors faites votre boulot et je ferai le mien ! Si vous vous en sortez, je pourrai mener cette histoire à bien !

Je me suis remise debout et je leur ai fait face, mauvaise.

 _Maintenant, excusez-moi mais j’ai une famille à retrouver. Un petit garçon de 8 ans attend de savoir si son père va s’en sortir.


Le capitaine a tenté de me retenir mais je lui ai lancé un regard noir, et il a préféré revenir sur son idée première. Cet imbécile cherchait juste à se protéger les fesses ! appeler la police des polices…tout ça pour ne pas perdre de vue que le maire lui fichait une pression de tous les diables !

 « Sale fiston à sa maman…ais-je pensé en traversant les couloirs de l’hôpital d’un pas rapide, tu serais mieux dans ses jupons et non sur le terrain ! »

J’ai peu à peu ralenti quand j’ai deviné la silhouette de Viviane, prostrée dans un fauteuil de la salle d’attente.

 _Diane !

Lucas s’est laissé glisser le long de son siège et a couru dans ma direction, les bras ouverts. Je me suis baissée à sa hauteur et je l’ai tenu contre moi en me redressant. Il m’a enlacé le cou, tout content de me voir. Il ne devait sans doute pas réaliser ce qui était en train de se passer de l’autre côté des portes vertes.


Viviane s’est mouchée avec discrétion et s’est levée quand je suis arrivée près d’elle.

 _Comment vas-tu ?

 _On fait aller, me dit-elle avec douceur…tu es grièvement blessée ?

 _Non ce ne sont que des égratignures. Ne t’en fais pas.

Elle m’a faiblement souri alors que Lucas m’étranglait presque, sa tête contre mon épaule.

 _Je suis désolée Viviane…j’aurai du réfléchir…

 _Et comment aurais-tu pu savoir ? me dit-elle sans colère, la voiture a explosé, tu ne pouvais pas deviner.

 _Tu as des nouvelles du médecin ?

 _Il est encore à l’intérieur, j’ignore comment ça se passe…ça fait déjà plus de deux heures.

Elle s’est entourée de ses bras, frissonnante, et j’ai eu un petit sursaut pour remonter Lucas qui commençait à s’endormir sur mon épaule.

 _Tu sais qui a piégé cette voiture ?

 _Pas exactement, ais-je avoué en venant m’asseoir à ses côtés, son fils dans les bras, mais je compte bien le découvrir.

 _Tu vas encore enquêter toute seule, me dit-elle dans un sourire nerveux, si tu savais à quel point il déteste quand tu pars sur le terrain sans lui…

 _Je ne fais pas ça pour l’ennuyer.

 _Je sais…murmura-t-elle en caressant le front de son fils endormi, tu veux que Lucas grandisse avec son père…


[1] IGPN : Inspection Générale de la Police Nationale, service institué pour surveiller les actes des policiers corrompus ou non.


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06 décembre 2008

La nuit des Dieux - 2 -

Deuxième partie de ce nouveau texte. Rassurez-vous, je vous mettrai de la Lune Bleue la prochaine fois, question que tout le monde ne s'enfuie pas :p

En fait, j'avoue, cette nouvelle histoire me tient à cœur mais je n'ai pas encore trouvé la bonne forme pour pouvoir me lancer dans un nouvel univers : à la 3e personne, 1er personne...j'ai l'impression d'avoir beaucoup perdu dans mon écriture à la 3e personne, alors qu'avant, c'était écrire à la première personne qui me faisait peur. Du coup, je ne sais plus trop ce que je dois faire pour rendre tout ça "vivant".

Allez, j'arrête de vous embêter, bonne lecture à vous ^^

_Wind_Spirit__by_Bluefley

La chasseresse


Il faisait nuit depuis un petit moment déjà. Endimion leva son museau et renifla discrètement autour de lui. Il frissonna lorsqu’il sentit qu’il allait pleuvoir et se redressa, inquiet. Il tendit le cou et regarda dans la petite ruelle où avait disparu sa maîtresse. Cela faisait bien une heure qu’elle lui avait ordonné de rester là, près de sa voiture.

Nerveux, il gratta légèrement le sol de béton et pénétra dans l’étroit couloir. Il baissa les oreilles et slaloma avec prudence entre les poubelles. Il renifla quelques odeurs et reconnut celle qui l’intéressait. Il accéléra peu à peu puis finit par courir à perdre haleine en suivant cette trace dans les dédales du sous-sol de la ville, là où vivaient les oubliés du monde, les pauvres, les toxicomanes, les prostitués de bas étage et les indigents.


 _Eh le chien ! Gentil gentil, viens par ici.

Il freina lorsqu’une vieille femme se dressa sur sa route et montra des crocs en sentant des effluves peu agréables. Il sauta sur des poubelles oubliées et continua sa route, la langue pendante.

 _Gnouf !

Il pointa sa truffe au sol et couina légèrement lorsqu’il reconnut l’odeur de sang. Il chercha un instant autour de lui puis continua sa route en rasant les murs de ces carrés de béton où s’entassaient des centaines de personne désireuses de gagner une autre vie en cherchant du travail dans cette ville mégalopole où les plus faibles étaient systématiquement écrasés.

 _Endy…

Une voix à peine audible le paralysa. Il tourna sur lui-même et leva le museau quand un caillou tomba près de lui. Il comprit qu’elle se cachait sous les arcades de métal qui soutenaient l’un des nombreux ponts qui facilitaient la circulation des habitants du premier étage. Il chercha alors autour de lui et grimpa sur les déchets pour pouvoir gagner les hauteurs. Il se faufila entre les cerceaux d’acier puis vit une main se tendre vers lui.


 _Kaï !

 _Ça va, ça va…n’aie pas peur.

Il se laissa caresser par ces longs doigts couverts de cuir et vint se blottir contre la jeune femme qui se tenait là, assise sur une longue poutre. Le ventre couvert de sang, elle respirait entre deux sifflements rauques mais ne semblait pas en souffrir autant qu’elle ne l’aurait du. Elle chassa la sueur qui perlait sur son front et laissa son chien s’allonger sur ses jambes pour la réchauffer. Elle dénoua ses poils de quelques caresses et ferma les yeux un instant en prenant appui contre une des larges poutres de soutien.

 _Rassure-toi, je n’ai quasiment plus rien, souffla-t-elle lorsqu’Endimion l’interrogea d’un regard perplexe, je l’ai sous-estimé…

Elle lui gratta une oreille et força un sourire.

 _…mais ce n’est que partie remise, d’accord ? Même si j’entends Phoebus râler d’ici, je vais aller prendre une bonne douche. On a besoin de repos, toi et moi.


Le chien jappa et regagna le sol en quelques sauts. Sa maîtresse fut plus lente mais se leva bientôt de toute sa hauteur, le visage encore blanc. Elle baissa les yeux et ronchonna lorsqu’elle découvrit que l’un de ses chemisiers préféré était fichu. Elle replia son arme préférée et la cacha sous son long manteau pour gagner un peu de discrétion. Endimion lui, se chargea de la guider loin de ce labyrinthe, le poil hérissé. Il n’est apparu soulagé que lorsqu’ils regagnèrent des rues plus ouvertes et plus vivantes, près du lieu où elle avait garé sa voiture.

 _Quittons cet endroit…souffla la jeune femme en ouvrant sa portière pour laisser passer son fidèle compagnon.

Le véhicule s’éleva doucement dans les hauteurs et gagna le flux de la circulation qui naissait au niveau du premier étage. Elle disparut sans laisser de trace et parvint bientôt jusqu’au 3e étage de la mégalopole, là où vivaient les premiers gros portefeuilles de la ville. Endimion secoua la queue, ravi de retourner à la maison. Il s’appuya contre la portière lorsque sa maîtresse fit glisser son véhicule sous un large porche de métal pour s’immiscer dans un couloir étroit. Elle s’arrêta à la hauteur d’un feu à peine visible et souffla doucement lorsque son véhicule entra dans l’ascenseur pour se laisser guider tel un monte-charge jusqu’à son appartement.


Ce dernier, un immense loft caché sous les fondations du bâtiment très imposant qui dominait le quartier Est d’Olympus, n’était connu que de peu de monde. Ainsi, lorsque la trappe se ferma sous le véhicule, la jeune femme éteignit le moteur et poussa un long soupir de soulagement. Endimion sauta en dehors et les lumières s’allumèrent aussitôt en percevant sa présence. Il traversa l’immense salon et gagna la cuisine presque toute aussi grande pour se vautrer dans sa gamelle, tel un affamé du monde. Sa maîtresse garda le sourire et se débarrassa de son long manteau qu’elle posa sur le sommet de l’un de ses canapés. Elle continua de se déshabiller sans gêne et jeta sa chemise couverte de sang séché d’un geste négligent. Elle s’enfonça dans un couloir voisin et deux portes en verre fumé s’écartèrent pour la laisser entrer dans sa salle de bain. Elle remplit son jacuzzi d’eau chaude et s’y glissa avec délectation, le ventre ceint d’une cicatrice encore rougeâtre.


Elle se posa contre le rebord et soulagea ses muscles endoloris par quelques frottements au gant de crin. Elle prit ensuite le temps d’étendre ses jambes et observa les peintures qui couvraient les murs : biches et cerfs batifolaient ensembles dans une herbe verte qui lui donnait toujours envie d’aller faire un tour dans les bois.

Elle se laissa glisser sous l’eau et regarda cette dernière onduler au-dessus de sa tête. Le museau d’Endimion apparut alors et elle s’éjecta pour éclater de rire. Le chien recula et se secoua vigoureusement, les oreilles en arrière. Elle repoussa ses cheveux courts des deux mains et souffla longuement pour continuer de se détendre.

 

Son chien resta à bonne distance, méfiant, et la regarda s’envelopper chaudement dans un peignoir de soie. Elle le gratta entre les oreilles à son passage et regagna son salon d’un pas ample. Elle remarqua que son répondeur clignotait mais elle ne s’y attarda pas et ouvrit son frigidaire. Endimion réapparut, la queue battante.

 _Espèce de gourmand, tu crois que je ne t’ai pas vu filer droit vers ta gamelle ?

Le chien jappa et la jeune femme céda en lui versant du pâté odorant. Elle se lava les mains tandis que son compagnon se goinfrait et souffla en sortant une pizza du congélateur. Elle avait envie de quelque chose de plus somptueux, mais son ventre la faisait encore souffrir. Elle préféra éviter une nourriture trop riche et se contenta de cette part qui tournait déjà dans son four.

Elle retourna dans le salon et ramassa l’arme qu’elle avait laissé à côté de son manteau. Elle l’avait déboîté pour faciliter son transport. Aussi se chargea-t-elle de la remettre en état en quelques gestes habiles.

 _Hum ?

Elle fronça les sourcils lorsqu’elle tendit la corde de son arc ainsi assemblé. Ce dernier était d’un plastique noir solide magnifique, gravé sur toute sa longueur.

Elle sentit de la faiblesse au niveau de la tension et détacha la corde pour remarquer que celle-ci avait été touchée. Son adversaire avait du la frôler avec sa lame lorsqu’il l’avait poignardé.

 _…j’aurai du dégainer plus tôt, siffla-t-elle avec colère.

Elle avait pêché par orgueil : elle avait sous-estimé sa proie.

 _Tu ne m’y reprendras plus, pensa-t-elle tout haut en rangeant son arme dans une armoire prévue à cet effet, demain, je t’amènerai devant le juge.


Elle ferma la porte et rejoignit Endimion qui avait entendu la sonnerie du four. Elle dégagea son dîner et s’installa dans un canapé pour regarder un bon film tout en soulageant son estomac. Endimion grimpa à ses côtés et s’allongea sur ses jambes, soulagé. Enfin sa maîtresse allait se reposer…


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01 décembre 2008

Nouveau texte - La nuit des Dieux

Nouvelle petite expérience après le long et fastidieux Lune Rouge. J'ai fini les corrections de ce dernier et je l'ai envoyé à mes lecteurs en espérant des critiques constructives :p
Du coup, j'ai voulu passer à autre chose de plus simple et plus direct. J'ai entamé une histoire avec une galerie de personnages qui j'espère, vous plairont. Je ne sais pas encore où ça va me mener sincèrement, mais sait-on jamais ? ;)

Première partie, bonne lecture à vous ^^ (attention, c'est un peu long à cause de l'intro...et oui les bonnes vieilles habitudes reviennent toujours au galop)

Moon_Rabbit_by_DreamsOfALostSpirit

  L’écrivain

L’homme courait, le souffle court. Sa respiration formait des ronds de vapeur devant sa bouche alors qu’il tentait désespérément de semer ses poursuivants. La nuit était profonde mais les lumières de la ville éclairaient le ciel comme en plein jour.

L’homme sauta au-dessus d’un tas de détritus et s’arrêta au détour de la ruelle pour reprendre son souffle, dos au mur. Il dressa l’oreille et tenta de percevoir le moindre bruit suspect. Il tressaillit quand quelqu’un marcha dans une flaque d’eau et serra la barre de fer qu’il avait attrapé dans un geste de secours. Une goutte glissa le long de sa tempe et il ferma les yeux à peine quelques secondes. Il devina le canon d’une arme se glisser non loin de lui. S’il fuyait de nouveau, cet individu lui tirait dans le dos. Il devait faire face.

 _Han !

Il fracassa sa barre de fer sur le poignet du soldat. Ce dernier poussa un cri de douleur avant de tomber lourdement sur le sol, la tête en sang. Arthur Lassart regarda les yeux ouverts de l’inconnu qui ne bougeait déjà plus et réalisa qu’il l’avait tué. Terrifié, il lâcha son arme de mort et fit volte-face. Il tomba nez à nez avec un autre canon.

 _…je devrais vous massacrer…siffla le nouvel arrivant au visage caché derrière un casque aux yeux verdoyants et à la voix étouffée par l’électronique, c’était un ami…

 _J’ai agi en légitime défense !

 _Ah oui ?

Le soldat le frappa durement au visage du revers de son arme et le regarda tomber, le doigt ancré sur la gâchette. Arthur sentit la douleur lui transpercer le crâne et leva deux doigts au niveau de son arcade sourcilière : elle pissait déjà le sang.

 _C’est cette femme que l’on veut ! cracha le soldat en jetant une photographie holographique d’un geste sec, si vous tentez une nouvelle fois de quitter le pays, je demanderai l’ordre de vous descendre. Et ça ne se fera pas avec une seule balle !

Il passa ensuite au-dessus de lui d’un pas ample et attrapa son camarade par le bras pour le tirer vers lui et le prendre sur son dos. Arthur le regarda partir d’un pas lourd et s’effondra entièrement sur le sol, la poitrine en feu.


Il regarda la pleine lune qui l’avait sans doute trahi puis vit les nuages la couvrir, poussés par ce vent glacial qui parcourait la ville depuis plusieurs jours. Quelques gouttes de pluie s’écrasèrent sur son visage crasseux et se mêlèrent à ses larmes avant de l’arroser comme en pleine mousson. S’il avait su…


Cela remontait déjà à 15 ans. 15 ans, l’âge qu’il avait à l’époque. Il était parti avec des camarades pour aller camper loin de la ville, dans l’une des réserves réservées aux civiles. Ils s’étaient installés dans une petite clairière et se préparaient à faire un feu. Arthur avait perdu à la courte paille et avait été contraint d’aller chercher des branches sèches pour servir de nourriture aux flammes. Il y était allé en bougonnant dans sa moustache de pré-pubère et s’était attelé à la tache en s’enfonçant dans les bois plantés là pour retenir la pollution qui envahissait le centre-ville.

 _Viens là toi.

Il s’était avancé pour récupérer une branche qui refusait de se faire prendre et avait levé la tête, surpris d’entendre des voix. Ils avaient normalement loués la clairière pour la nuit et tous ses amis se trouvaient près de leur campement. Alors qui… ?

Il s’était légèrement avancé, intrigué, et avait bientôt aperçu deux silhouettes en train de se battre. Stupéfait, il était resté là à les observer alors qu’ils se défendaient avec de grandes épées sorties de nul part. Le métal s’entrechoquait durement et les deux combattants ne cessaient pas de se jauger, prudents. Il était resté debout, les bras chargés, et admirait la dextérité des combattants. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux transperce l’autre de part en part. L’adolescent n’avait jamais vu autant de sang gicler et avait lâché ses branches dans un geste de peur. L’agresseur avait fait volte face et il avait découvert le visage de cette jeune femme. Elle ne ressemblait pas à un assassin. Elle était belle, aux yeux très clairs et expressifs. Stupéfaite de le trouver là, elle avait perdu sa concentration. Et son assaillant s’était miraculeusement redressé.


 _Attention !

Arthur avait crié. La jeune femme avait sursauté et l’épée de son adversaire s’était enfoncée dans son épaule. Elle avait encaissé le choc avec une force que le jeune garçon n’avait jamais vu jusque là, pétrifié de peur. Elle avait titubé en arrière mais n’était pas tombée. Son agresseur lui, avait fait demi-tour sans attendre et s’était enfui dans les fourrés sans faire de bruit ou presque. La femme avait juré dans une langue inconnue et s’était retournée vers le jeune garçon. Ce dernier avait réalisé qu’il était le seul témoin de ce qui venait de se passer et paniqué, il s’était enfui sans demander son reste. Il avait rejoint ses amis qui, impatients et gelés, avaient fini par faire le feu sans l’attendre. Terrifié, il s’était enfoui dans son sac de couchage en priant pour que cette inconnue ne vienne pas les massacrer les uns après les autres. Il avait passé l’une des plus mauvaises nuits de sa vie.


Il lui avait fallu du temps pour passer au-dessus de cette peur qui avait fini par lui dévorer les intestins. Dix ans plus tard, il n’avait pas oublié cette femme qui avait disparu telle une brise. Car paradoxalement, elle lui était apparue comme un havre de beauté malgré la brutalité et la cruauté du combat. Il s’était surpris plus d’une fois à dessiner son visage avec ses pauvres moyens et peu à peu, ses traits s’étaient précisés. A la fin, elle était devenue une véritable obsession.

Ne pouvant se délivrer de son visage, il avait écrit une histoire. Il en avait fait une héroïne de roman. Un roman qui avait connu un succès inespéré. Arthur avait d’abord largement vécu de ce don du ciel, ravi d’entrer dans un monde dans lequel il n’était pas né. Lui, fils de simple instituteur, obligé de vivre dans les étages les plus bas de la ville, était parvenu à s’élever et à rencontrer les filles de ministres qu’il avait parfois mises dans son lit. Tout le monde était stupéfait par son intelligence et par l’univers qu’il était parvenu à inventer à la suite de cette nuit de pleine lune.


Une nuit pourtant, sa vie qui semblait si bien partie est devenue un gouffre de douleur et de mensonge. En entrant chez lui, il découvrit qu’on l’avait cambriolé. Tout ce qui touchait à son roman avait disparu. Angoissé, il fit appel à la police mais cette dernière s’était vite retrouvée les poings liés. Quelqu’un de haut placé refusait qu’il écrive la suite de cette histoire inventée de toute pièce. Pourquoi ?

Il avait reçu la réponse quelques jours à travers deux hommes protégés par une armure bionique. Des agents d’une sécurité privée qui l’ont molestés et laissés pour mort. Un mois à l’hôpital fit réaliser à Arthur qu’il n’aurait jamais du s’inspirer de cette mystérieuse femme pour son héroïne. Après tout, elle avait éventré un inconnu qui s’était relevé quelques minutes après…qui pouvait survivre à ce genre d’attaque ? elle-même avait encaissé un coup qui aurait terrassé n’importe qui. Bien sûr, il y avait réfléchi pendant l’écriture de son roman et avait trouvé l’excuse à travers une résistance quasi-animale venue d’une évolution passée. Une femme, une guerrière venue du fond des âges…avait-il frôlé la vérité à travers son imagination débordante ?


Le jour de sa sortie, un homme imposant était venu s’asseoir à côté de son lit. Accompagné par deux gardes du corps, Arthur s’était senti oppressé et d’autant plus en danger. L’homme, un gros type au cigare finement doré, était un important industriel qui aimait autant la fête que les jeunes enfants. Il harcela Arthur de question quant à son héroïne. Menacé par les deux mastodontes, l’auteur avait cédé, encore souffreteux de son précédant passage à tabac, et avait raconté la scène vue pendant son adolescence. Le gros tas s’était trouvé très intéressé par la description physique de la jeune femme et lui avait présenté une photographie holographique. Arthur avait poussé un cri de surprise : c’était elle ! Elle n’avait pas changé malgré toutes ces années ! Grande, élancée dans un long manteau noir qui lui donnait une classe folle, cheveux courts et presque blancs, elle avait une oreille couverte de percing et un tatouage qui commençait à la base du cou. Athlétique, elle semblait en excellente forme.

 _Qui est-elle ? avait demandé l’auteur, soudain excité à l’idée d’en apprendre plus sur son héroïne.

 _La femme que vous allez retrouver, avait répondu l’industriel, un sourire cynique aux lèvres, elle vous a laissé en vie, elle a fait une erreur. Retrouvez-la et je ferai de vous un homme riche !

Arthur n’en avait pas cru ses oreilles. Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? comment pourrait-il la retrouver, lui, un simple petit écrivain, alors que cet homme là avait une petite armée son service ?


Il avait tenté de protester mais les deux gardes du corps étaient devenus menaçants. Il avait alors cédé de nouveau sans comprendre pourquoi c’était à lui de retrouver cette inconnue. L’argent l’intéressait, mais pas au point de risquer sa vie. Il pensait alors qu’il lui suffirait de faire quelques recherches et d’avouer ses échecs pour ensuite se libérer de ce gros tas et reprendre le court de sa vie. Mais ce dernier n’était pas aussi stupide. Il le fit surveiller, le poursuivait, le menaçait …épuisé, excédé, Arthur avait tenté de quitter le pays pour essayer de retrouver sa liberté perdue.

« Et voilà le résultat… » pensa-t-il amèrement en regardant la lune qui se découvrait de nouveau.

Il était seul, perdu dans cette immense mégalopole qui vivait de jour comme de nuit. Comment retrouver cette femme parmi 20 millions d’habitants ?

La lune ne lui répondit pas, majestueuse et silencieuse. Elle devait connaître la vérité de son point d’omniscience…

         « Si au moins tu pouvais m’aider… »

Il l’envia, cette boule blanche. Si seulement ils pouvaient échanger leurs places…


Posté par miyaki2384 à 12:07 - Texte - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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