15 juin 2008
Expérience 2
Autre texte, autre expérience. Je vous ai dit précédemment que j'étais fan de roman policier. Je me suis donc exercée en cherchant une histoire qui tiendrait le coup. Vous allez me dire "Lune Bleue" aussi est un roman policier. Et vous n'aurez pas tord. Mais sur ce texte là, j'ai essayé d'éviter le côté "fantastique" qui touche la lune.
Un vrai roman policier dans les règles de l'art. Mais avec des personnages atypiques. Un ancien flic et une psy. Alors oui c'est un duo que l'on voit souvent. Et je n'aime pas copier ce que l'on voit. Alors je leur ai rajouté certains détails qui j'espère, les démarqueront des autres. Que ce soit niveau physique que psychique.
Voici donc le prologue et le début du chapitre 1 pour vite de vous donner trop de lecture d'un coup.
Amusez-vous bien ^^
L’affaire Osiris
"Il faisait à
peine jour quand Amélie Lassard rentra enfin chez elle. Etudiante la semaine,
serveuse le week-end, elle n’avait plus assez de temps pour faire ses courses
et acheter de quoi se sustenter. Elle devait courir à l’ouverture de la petite
épicerie juste en bas de chez elle, encore vêtue de la tenue légèrement exigée
par son patron, supporter les regards en biseaux du propriétaire qui en
profitait pour marmonner sur les femmes occidentales et leurs mœurs ouverts et
enfin remonter chargée comme un mulet pour survire une semaine encore.
Ce jour-là
n’était pas différent des autres. Elle avait à peine trois heures de sommeil
devant elle avant de devoir se lever encore une fois et prendre le chemin de
l’université, suivre des cours assommants pour espérer obtenir un jour son
diplôme, puis revenir pour gagner sa croûte et ainsi de suite jusqu’aux
prochaines vacances.
_Rha
encore en panne ?! Mais il sert à quoi ce concierge ?
Elle soupira en découvrant le
panneau accroché à la va-vite sur la petite machine qui devait dater d’avant
guerre puis se baissa pour reprendre ses paquets. Elle soupira de tout son
saoul en levant le nez sur les 5 étages qui l’attendaient déjà à travers des
escaliers si exiguës qu’on ne pouvait pas y passer en couple. Elle grimpa
lentement marche après marche et s’arrêta un instant entre deux pour reprendre
son souffle.
_Qu’est-ce
que…
Elle s’arrêta de nouveau quand
elle découvrit la porte de son petit studio entrouverte. La peur l’envahit
aussitôt : elle était certaine d’avoir fermé derrière elle. Son chat
adorait se balader dehors sans son collier et comme son plus proche voisin
détestait les animaux, elle ne prenait jamais le risque de le lâcher dans la
nature.
_Gipsy ?
Elle poussa lentement la porte et
se glissa à l’intérieur pour vite poser ses paquets sur son meuble de cuisine.
Son intérieur étant très petit, elle put rapidement en faire le tour et ne
découvrit rien de suspect.
_Gipsy ?
Où es-tu mon gros ?
Elle s’avança près de son canapé,
inquiète, quand elle perçut une étrange sensation.
_Ah !
Elle fit volte-face mais une main
gantée de noir lui couvrit la bouche avant qu’elle n’eut le temps de crier.
_Shhh…
Pétrifiée, elle n’osa pas bouger
quand son agresseur posa un doigt sur ses lèvres en signe d’avertissement.
C’était pourtant un jour comme les autres…
Chapitre 1
Un flash
éclaira le visage sans vie d’Amélie. Le photographe fit d’autres clichés puis
s’écarta d’un pas pour laisser un policier prendre des notes sur la situation.
Le studio était déjà trop petit pour accueillir tous les hommes chargés de
balayer la pièce à la recherche de preuve de l’effraction.
_Qu’est-ce
qu’on a ?
_Ah
capitaine !
Un agent salua poliment le nouvel
arrivant puis lui désigna la jeune femme d’un air désabusé. L’homme au ventre
coincé dans un costume et au menton à peine rasé soupira en s’approchant
lentement du cadavre.
_Encore
une…
_La
troisième en trois mois. Qu’est-ce que c’est que ça ?
Un scientifique en combinaison
blanche attrapa l’enveloppe jaune qui se tenait auparavant sur la poitrine de
la victime et la tendit à son supérieur hiérarchique en lui demandant de mettre
des gants. Ce dernier obéit, bien qu’il connaissait la procédure par cœur, et
jeta un coup d’œil à l’intérieur sans avoir réellement besoin de l’ouvrir.
_Qu’est-ce
que c’est encore que…
Il retourna l’enveloppe, une main
tendue et reçut une pochette de la taille d’un mini disque, jumelée à une carte
de visite accrochée en son centre. L’attention des scientifiques fut tout de
suite attirée par ces indices tombés du ciel mais ils ne purent les sceller
avant que le policier n’ai eu le temps de les parcourir.
_Capitaine ?
Stéphane Vivelin en avait vu tout
au long de sa carrière. Mais là, il devait bien s’avouer complètement dépassé.
Un mini disque banal accompagné d’une carte signée d’une simple colonie de
chiffre…cela n’avait aucun sens.
_Ça vous dit
quelque chose ? s’inquiéta l’agent à ses côtés en le voyant s’assombrir.
_Oh
oui…c’est un matricule. Celui d’un policier.
_Et
bien, on doit vite le prévenir. Il a sans doute un rapport avec cette
affaire !
_Il
n’y a qu’un tout petit problème …
_Lequel ?
Vivelin regarda son acolyte avec
le souffle difficile.
_Ce
policier est mort depuis deux ans déjà...
C’était une belle journée. Le
soleil d’été s’était enfin réveillé et les vacances pointaient doucement leur
nez. La mer était calme et les pécheurs profitaient de ce laps de temps
pour refaire leur filet empêtré pendant la tempête qui avait secoué la côte
quelques jours auparavant.
A la terrasse du Jordano se déroulait une scène tout à
fait atypique qui amusait le patron occupé à nettoyer les verres abandonnés des
clients.
_Je
suis désolée madame Nonchal, mais je n’ai fait que ce dont pourquoi vous m’avez
payé si cher. Les photos en sont la meilleure preuve.
Matthieu Molinzy attrapa son
verre et avala une gorgée de mousse avant de soupirer de nouveau pour la
circonstance. Devant lui, une cliente en rage et en pleur qu’il avait bien du
mal à calmer avec des mots simples.
_Le
salaud…siffla-t-elle entre ses dents en serrant son mouchoir innocent, elle
pourrait être sa fille !
Elle tira les photos de l’époux
infidèle vers elle et grimaça de honte avec l’envie subite de déchirer le
visage de cette petite garce qui osait se promener à son bras pendant son
absence.
_Vous
connaissez son nom ?
Matthieu déglutit sa gorgée de
bière et fit glisser une petite feuille sur laquelle il avait retranscrit
toutes les informations récoltées pendant cette filature.
_Emilie
Lesac, 23 ans. Etudiante en lettres. Ils se sont rencontrés il y a six mois
dans un bar. Il l’emmène tous les mardis et jeudi après-midi dans une chambre
d’hôtel où ils passent deux heures en moyenn…
_Je
vous en prie, épargnez-moi ces détails sordides !
Sa cliente se moucha une dernière
fois puis cessa de pleurer, le visage dessiné par intense envie de vengeance.
_Nous
allons avoir une petite discussion lui et moi ! il va voir si la vieille
est toujours aussi cruche ! Combien vous dois-je pour tout ça ?
Le jeune homme lui tendit sa note
de frais plus quelques petits suppléments pour rembourser les nuits blanches,
et eut le plaisir de la voir faire le chèque sur le champ en ajoutant un petit
zéro de plus.
_Voilà
pour votre peine. Et pour votre silence ! Je ne tiens pas à voir ma vie
privée étalée en public, vous me suivez ?
_Tout
à fait madame, répondit-il avec sérieux, bien que son esprit dansait déjà de
joie, vous pouvez compter sur ma discrétion.
_Je
l’espère bien !
Il la laissa ranger ses affaires
à la va-vite et se lever de sa chaise avec fracas puis la salua sans entendre
la réponse. Il la regarda s’engouffrer dans sa belle BMW noire puis reprit son
verre, le cœur allégé par les chiffres griffonnés sur ce bout de papier.
_Jordano,
une autre s’il te plait ! Et prends-toi un verre mon grand, c’est ma
tournée !
_Ça
marche !
Le patron attrapa deux verres
puis fit le tour de son comptoir pour rejoindre son ami. Bien qu’il faisait
très beau, le bar était plutôt désert en cette journée de travail. Ils
trinquèrent en toute tranquillité en regardant les pêcheurs faire ce dont
pourquoi ils étaient les meilleurs.
_Ça
ne t’ennuie pas tout ça ?
_Hum ?
quoi donc ?
Matthieu leva les yeux au-dessus
de son verre, interloqué. Le patron secoua la tête en soufflant doucement sur
sa mousse.
_Suivre
des maris volages pour les vendre à leurs femmes. C’est bien loin de ce que tu
faisais avant.
_Boah…c’est
tranquille et ça paye bien. Tiens regarde ça. Tu te fais souvent ça en une
journée ?
Jordano déchiffra le chèque et
poussa un sifflement d’admiration.
_Ah
oui quand même ! monsieur tape dans la haute !
_Faut
bien, se moqua gentiment le détective en reprenant une énième gorgée, ce n’est
pas avec les petits vieux que je vais trouver de quoi manger. Les hommes
d’affaire, ça, c’est le bon filon.
_Je
devrai peut-être changer de job vu ce que tu te mets dans la poche. Tiens, tu
en profiteras pour payer ta note.
Le jeune homme déglutit de
travers et soupira en attrapant le bout de papier tendu par son ami.
_Enfoiré
va.
Jordona reprit son torchon et
vida son verre d’un trait avec le sourire. Un petit groupe d’ami apparut près
de sa caisse et il s’empressa d’aller prendre leur commande, ravi de se
renflouer un peu après les mauvais jours de la tempête.
Matthieu s’étira longuement les
jambes et se cala un peu mieux dans sa chaise pour profiter de la douceur
marine. Il cacha ses yeux derrière des lunettes de soleil et entreprit de
sommeiller un peu pour rattraper ses heures en retard, son chèque bien à l’abri
dans la poche de sa chemise.
Les minutes s’égrainèrent calmement
à l’allure de la foule des passants et du bruit des mouettes sur le vieux port.
_Un
peu flashy la chemise ! tu as peur de passer inaperçu ?
Une voix moqueuse se leva dans le
silence et fit lever les yeux du détective au-dessus de ses lunettes. Il
reconnut sans mal la silhouette qui se dressait juste devant sa table et
soupira en se redressant.
_Francis…qu’est-ce
que tu viens foutre ici ?
L’homme de couleur eut un large
sourire blanc en tirant une chaise de son côté.
_Et
bien, ce n’est pas l’amabilité qui t’étouffe après toutes ces années. Patron,
un petit noir !
Matthieu eut un sourire nerveux
et reprit une gorgée avant de grimacer : sa bière était déjà chaude. Il
s’étira de nouveau et repoussa ses lunettes pour mieux voir l’homme qui lui
faisait face.
_J’imagine
que tu n’es pas venu jusqu’ici pour mes beaux yeux. Tu me craches la raison de
ta présence ?
_Toujours
aussi impatient à ce que je vois. Relax, je suis venu prendre de tes nouvelles
de la part du patron.
_Vivelin ?
allons bon ! il est encore en vie le vieux routard ?
Francis acquiesça et remercia le
patron pour le café qu’il venait de déposer devant lui. Matthieu soupira
discrètement et le regarda touiller son nectar en laissant tomber trois
morceaux de sucre dans cette petite tasse.
_Il
paraît que tu te débrouilles bien en tant que détective. On a plusieurs fois
entendu parler de toi dans certaines affaires. T’as aidé les stup à coincer une
bande de dealer ?
Le jeune homme haussa les épaules
et se massa la nuque en grimaçant.
_C’était
il y a longtemps. Allez Francis, dis-moi ce que tu viens foutre là. T’es en
service, non ? c’est quoi le problème ?
Il vit que son ancien collègue le
dévisageait avec discrétion, comme il pouvait le faire lui-même avec de
parfaits inconnus. De la méfiance commença à électriser l’air ambiant.
_Est-ce
que par hasard le nom d’Amélie Lassard te dit quelque chose ?
_Amélie
Lassard ?
Il se cala contre le dossier de
sa chaise et fouilla au fin fond de sa mémoire, interloqué.
_Non…non
ça ne me dit rien. Pourquoi ?
Francis fouilla sa poche
intérieur de veste et fit glisser une photographie du visage de la jeune femme.
Matthieu cessa sa course d’un doigt et fronça les sourcils.
_Jamais
vu. Je m’en souviendrai dans le cas contraire.
_Je
sais.
Il regarda son camarade déguster
son café et sentit son impatience reprendre le dessus.
_Tu
m’expliques ? quel rapport entre cette fille et moi ?
_Ce
n’est pas exactement avec toi, souffla le grand policier en déchirant le petit
papier qui entourait le spéculos accompagnant son café, c’est la troisième
fille retrouvée étranglée chez elle en trois mois. Le patron pense à un multi,
mais cette fois-ci, un paquet a été retrouvé sur la victime.
_Un
paquet ?
_Oui.
Un paquet contenant un mini disque et une carte de visite. Si tu veux des
preuves…
Il lui fit parvenir deux autres
photos, faites normalement pour le dossier des scellés et Matthieu recula la
tête, piqué à vif.
_Qu’est-ce
que c’est que ces conneries… ?
_Le
capitaine a dit exactement la même chose. Mais tu ne connais pas la
meilleure…regarde bien les numéros.
Le jeune homme obéit et sentit
soudain la colère lui prendre les tripes.
_C’est
une plaisanterie ?! que vient faire le matricule de Tony dans cette
histoire ?!
Francis recula prestement de la
table quand son ancien collègue faillit le prendre par la gorge.
_Eh
doucement ! Je ne suis que le messager ! Personne ne comprend ce que
Tony vient faire là dedans, c’est bien pour ça que j’ai été envoyé pour te
prévenir ! Tu es celui qui le connaît le mieux après tout !
Matthieu se leva de sa chaise et
plaqua ses mains sur la table, le souffle court. Son regard passa plusieurs
fois entre la photo de la carte de visite et celle de ce mystérieux mini
disque, sans qu’il ne comprenne quel rapport pouvait-il y avoir entre les deux.
_Qu’est-ce
qu’il y a sur le disque ?
_On
l’ignore, les blouses blanches sont encore dessus. Il paraît qu’il est crypté.
_Des
suspects ?
_Aucun.
Les trois filles n’avaient strictement rien en commun…en dehors de la manière
dont elles sont décédées. Nous n’avons aucune piste. Et elles ne semblaient
avoir aucun ennemi. Des gamines sans histoire.
Le détective préféra se rasseoir,
les jambes flageolantes. Il n’aurait cru réentendre parler de Tony de cette
manière. Pas après tout ce temps…
_Vous
voulez que je fasse des recherches, c’est ça ?
_Ouais.
T’as été son partenaire pendant 5 ans, tu es celui qui le connaît le mieux
parmi tous les mecs de la brigade. Peut-être qu’il a connu cette fille pendant
une enquête ou a aidé quelqu’un de son entourage. Le patron pense que son
matricule n’a pas été mis là par hasard. Le gars est trop méticuleux pour ça.
Francis termina son café et
dégusta cette gorgée avant de lâcher un billet.
_N’oublie
pas qu’officiellement, tu ne fais plus parti de la maison. Mais le boss n’a pas
le choix sur ce coup, alors fais ça bien. Et tiens-moi au courant,
d’accord ?
_Tu
me prends pour un bleu ?
_Ah
ah non, se moqua le grand noir en repoussant la chaise à sa place, mais ça fait
deux ans maintenant que t’as lâché ta plaque. Et comme t’as jamais été fan des
règlements…
Matthieu préféra ne pas relever
la remarque et resta accroché à sa bière quand son ancien collègue le salua en
descendant déjà la rue de pierre. Il bipa sa voiture puis lui lança un grand
sourire à la Eddy Murphy pour le décoincer. Le jeune homme pouffa nerveusement
de rire et avala une gorgée, inquiet. De nouveau seul, il reprit les photos
laissées en évidence et se passa une main dans les cheveux …
_Jordano !
Ma note !
_Elle
arrive !
Il sortit quelques billets
froissés de sa poche et les plaqua dans la main de son ami avant de le doubler
d’un pas rapide, ses lunettes de soleil sur le nez. Le patron du café ne fut
pas plus troublé que ça, habitué à ces départs bruyants et attrapa son torchon
pour nettoyer la table. Ce n’était qu’une journée comme les autres après tout…"
Voilà voilà. Alors je suis bien consciente que c'est encore trop maladroit. mais il est toujours difficile de commencer une histoire sans mettre les pieds dans le plat...j'espère au moins que vous avez eu une lecture agréable.
12 juin 2008
Expérience
(Attention lecture)
A la base, je suis une fan de roman policier, de fantasy et de fantastique. J'aime mélanger les genres car les limites imposées par les autres auteurs, les éditeurs ou le marché du livre donnent rarement envie de les suivre. (Oui je suis une anti conformiste...Je déteste suivre les lignes des autres. C'est peut-être pas très malin, mais c'est mon caractère)
Bien sûr, cela me joue des tours car on ne sait jamais quel genre je préfère par rapport à l'autre.
Mon dernier roman "Black Angel" se passe dans un monde réel mais légèrement futuriste, car j'ai préféré le placer après la troisième guerre mondiale. Cela n'a pas été choisi au hasard car le contexte est très important pour la trame principale. le personnage principal n'est pas un super héroïne. C'est une jeune étudiante qui souhaite par-dessus réussir sa carrière d'avocate malgré les embuches que l'on dresse devant elle à cause de ses origines sociales modestes.
Histoire presque banale s'il en est. Mais j'ai rajouté une couche de mystique, une bataille qui se place bien au-dessus de sa pauvre tête et qu'elle va tenter de déjouer en essayant de ne pas perdre son âme.
A cause de ça, il est difficile de qualifier ce roman de fantasy ou de fantastique. Car le monde est basé sur une réalité, mais certains personnages eux, dénotent bien sûr du genre humain. Tous mes écrits reflètent quasiment de cette dualité. Si ce n'est pas le monde qui est réaliste, alors ce seront les héros qui seront particuliers. Et si ces derniers ne sont que des simples êtres humains, le contexte dans lequel ils évoluent sera étrange.
Bien sûr, cela n'a strictement rien de particulier ! Tous les auteurs virevoltant entre plusieurs genres font la même chose. C'est d'ailleurs ce qui donne du charme à leurs écrits.
Pour ceux qui aiment ce genre de littérature évidemment.
Ici je vous présente le début d'un texte qui pour l'instant, reste en stand-by, trop occupée que je suis avec "Lune bleue". Mais je le garde tout de même, en attendant que le sujet se dévoile à moi.
Je m'essaye pour la première fois à la SF, je ne respecte donc pas vraiment les règles établies du genre (pour changer ^^)
Soyez indulgents :p
E.M.A
_Moi,
j’vous dis, le monde fout l’camp !
Un bruit de verre frappé sur le
comptoir et le vieux Renois eut un rot particulièrement ragoûtant. J’ai gardé
un soupir en passant un coup de torchon sur une table abandonnée récemment par
des clients.
_Hein ?
reprit-il en prenant mon patron pour témoin, avec ces sales Infernaux qui
viennent pomper not’ air et not’ eau !
_Qu’est-ce
que tu veux ? soupira Bernard en essuyant calmement ses verres, la milice
fait ce qu’elle peut aussi.
_La
milice tu parles !
J’ai soupiré en devinant de
nouveau le verre claqué sur le comptoir d’un geste sec. Ce vieil ours avait le
chic pour nous les fendiller sans savoir que ça coûtait cher, les verres.
_S’ils
faisaient vraiment leur boulot, on s’rait pas obligé de subir ce couvre-feu à
la con ! En prison qu’on est d’abord !
Bernard a fait une mine explicite
et m’a remercié quand je lui ai apporté les couverts sales. Je me suis essuyée
le front de ma manche, écrasée par la chaleur ambiante. Nous étions en automne
mais après deux jours de pluie sans interruption, nous subissions le
réchauffement climatique de plein fouet. Si le soleil était en train de mourir,
il avait bien envie de nous emmener avec lui.
_Liana,
tu peux descendre pour nous ramener de la glace ?
_Encore ?
_Ça
fond qu’est-ce que tu veux ?
J’ai plissé des paupières quand
Bernard m’a tendu le seau avec un large sourire. Je détestais quand il faisait
semblant de me prendre pour une imbécile devant les clients. Ça ne faisait rire
que lui.
_Bon…
Je suis allée jusqu’au fond du
café et j’ai ouvert la porte de la cave avant de tâtonner un peu sur ma gauche
pour trouver l’interrupteur. La lampe a scintillé puis m’a ébloui en éclairant
les escaliers de bois qui menaient à la réserve.
_Pendant
que tu y es, vérifie le générateur ! ça commence à clignoter par
ici !
_Ouiiii !
J’ai descendu les marches en
bougonnant, mon seau vide à la main et j’ai gagné le frigidaire horizontal pour
le remplir de glace.
_Brr…
J’ai frissonné en me soufflant
sur les mains puis j’ai été du côté des bouteilles pour voir l’état de la
machine à électrolyse qui émettait des étincelles d’une couleur bleutée.
_Et
merde.
J’ai attrapé le marteau laissé
sur le côté et j’ai donné un grand coup sur la carte mère pour la relancer.
Elle a émis un « bip » strident et s’est mise à crachoter avant de se
taire enfin et de roucouler quasiment sans bruit.
« C’est
bon, merci ! »
L’ampoule
au-dessus de ma tête s’illumina d’autant plus et me prouva que j’avais frappé
au bon endroit. J’ai posé mon arme puis j’ai récupéré mon seau glacé pour enfin
remonter à la surface.
_Il
ne va pas tenir longtemps à ce rythme, ais-je fait remarquer en donnant les
glaçons à mon patron, la carte commence à subir des bosses.
_Je
sais bien, grimaça-t-il en versant la glace dans le bac de son bar, mais les
prix ont encore augmenté avec l’invasion du sud. Manque de main d’œuvre y
paraît.
J’ai évité de faire une mine
explicite en retournant à mon plateau, mon torchon sur l’épaule. La nuit
tombait déjà malgré l’éclairage plus que conséquent de la ville mais il me
restait encore une heure à trimer dans ce trou perdu. Le quartier n’était pas
le plus habité depuis la réhabilitation du centre et nous ne croulions pas sous
les demandes. Mais c’était un boulot plutôt calme, les clients étaient en
général assez sympathiques et Bernard me traitait bien. Même si à ses yeux, je
n’étais encore qu’une gamine.
_Lian,
c’est bon, tu peux rentrer. Je fermerai.
_Tu
es sûr ?
_Ecoute,
on est à une demi-heure du couvre-feu, alors je ne vais pas te laisser traîner
dans les rues avec ces rondes de milicien.
_Je
suis majeure, j’ai droit à un temps supplémentaire.
_Ouais
bah, j’y crois pas à cette autorisation. Alors, va te changer et n’oublie pas
tes clefs cette fois. Tu ouvres demain matin.
_Si
encore j’avais le choix…
Bernard a souri de bonne grâce à
ma mauvaise foi et a fini de nettoyer son cher comptoir pendant que je filais
dans les vestiaires. Vestiaires qui étaient en réalité une pièce absolument
minuscule, à peine assez grande pour que je puisse m’asseoir afin de changer de
pantalon. J’ai troqué mon uniforme jaune de serveuse pour un ensemble un peu
plus sport mais pas très sexy en soit, il fallait bien le dire.
_Rha
super…
J’ai grimacé en me regardant dans
la seule glace qui couvrait l’intérieur de ma porte de casier. Mes cheveux
sentaient la graisse de frite grâce au gros lard qui était venu commander une
énorme ration alors que ce n’était pas au menu. J’avais du ressortir la vieille
friteuse mais cette dernière n’avait pas eu le temps d’être nettoyée et j’avais
tout pris dans la figure. Mes cheveux blonds étaient plus cendrés qu’autre
chose avec cette crasse…
« Liana
qu’est-ce que tu fous ? je vais fermer ! »
_J’arrive !
J’ai attrapé mon sac de sport, je l’ai fermé autour de mon
épaule et j’ai quitté la pièce sans regret en m’attachant les cheveux.
_Rentre
directement, d’accord ? me dit Bernard en m’ouvrant la porte, et ne fais
surtout pas de détour. Les milices ne vont pas tarder à pointer le bout de leur
nez.
_T’inquiète,
j’ai l’habitude.
J’ai tiré mon vélo laissé non
loin de la sortie aux yeux de tous pour éviter que je me le fasse voler et je
l’ai chevauché sans attendre le début du couvre feu. Bernard a fermé juste
derrière moi puis a tiré le volet de fer à son maximum pour ne pas être dérangé
pendant qu’il comptait la caisse.
J’ai filé droit devant moi dans
les rues désertes, de moins en moins éclairées au fur et à mesure que
j’avançais en direction de mon quartier d’habitation. Il y avait restriction
d’énergie depuis la réhabilitation, seul le centre avait droit à l’énergie B,
celle utilisée par le générateur que j’avais encore assommé d’un bon coup. La
périphérie lui, n’avait droit qu’à la A, la moins chère, celle qui éclairait à
demi-vue d’une lumière jaune plutôt désagréable pour les yeux.
« BRRRRRR »
_Qu’est-ce
que… !
Alors que je continuais de
pédaler à mon allure, plongée dans mes pensées, le sol s’est furieusement mis à
trembler. J’ai du poser le pied quand les lampadaires ont commencé à frémir et
à teinter dans un bruit de verre particulièrement agaçant.
_Oh
non…
J’ai regardé autour de moi et j’ai réalisé que j’étais
arrêtée en plein milieu d’un carrefour habituellement très fréquenté en pleine
journée. Le bitume s’est déchiré en craquelure qui m’ont bientôt entouré et
j’ai compris trop tard que des Infernaux venaient d’atterrir non loin d’ici. La
pression de leur vaisseau laissait toujours les routes les plus imposantes à
l’état de débris.
_C’est
pas vrai !
J’ai repris mon guidon et j’ai
pédalé le plus vite possible loin de ce carrefour, le cœur au bord des lèvres.
Si je tombais nez à nez avec ces monstres, j’étais morte. Ou envoyée en tant
qu’esclave sur Sedna. Les Infernaux ne rigolaient pas avec leur idée
d’invasion. Si nous ne nous défendions pas aussi bien, cela ferait longtemps
que la Terre serait entre leurs mains.
_NON !
IIIiiiiiii !
J’ai freiné de toutes mes forces
quand des silhouettes difformes se sont dessinées dans la lumière de mes
phares. Trois envahisseurs se trouvaient juste devant moi et m’observaient de
leurs quatre yeux jaunes qu’ils clignèrent en même temps.
« Grrrruuaaua »
L’un d’entre eux m’a pointé d’un
doigt fin en poussant un râle qui devait sans doute vouloir dire quelque chose
dans leur langue mais qui me paralysa entièrement. J’ai commencé à trembler de
la tête aux pieds sans savoir quoi faire. C’était la deuxième fois que je
tombais face à ces monstres, mais cette fois-ci, j’étais toute seule.
« Grrrooua »
Son collègue m’a regardé fixement
et a dégainé l’arme qu’il avait à la ceinture. Ce n’était pas pour me tuer.
Mais pour m’emprisonner. Je les avais déjà vu faire feu avec cette chose qui
engluait leur proie dans une substance qui ne leur laissait aucune chance, les
soudant au sol dans une étrange céramique. Si j’étais prise là-dedans, c’était
fini.
_Non !
J’ai violemment repris mes
esprits quand un rayon m’a ébloui. J’ai lâché mon vélo et je me suis jetée sur
le côté sans vraiment réfléchir à mes actes. J’ai brutalement atterri sur le
bitume et me suis blessée au bras lorsqu’ils ont emprisonné mon vélo dans un
cocon de gélatine.
« Ouurr ! »
Le troisième larron rechargea son
fusil et me visa entre les yeux. Mes tremblements ont repris alors que j’étais
gisante sur le sol, en train de les regarder sans bouger, les jambes paralysées
par la peur. J’ai vu la lumière jaune sortir du canon et je crois qu’à cet
instant, je me suis mise à hurler à plein poumon.
Une explosion brutale a secoué
tout le carrefour. Les Infernaux ont fait volte-face en poussant des cris
rauques et m’ont complètement oublié sur le bord de la route pour se précipiter
là où l’exposition avait eu lieu. J’étais en nage, totalement perturbée, mais
j’ai instinctivement cherché à me remettre debout pour vite m’éloigner de cet
enfer.
_AOUH !
Mes mains étaient brûlantes. J’ai
grimacé à cause de la douleur, les larmes au bord des yeux. Tout le carrefour
était illuminé par les flammes qui semblaient venir d’un bâtiment touché en
plein fouet. J’ai regardé autour de moi, les bras lourds comme si j’avais porté
des poids toute la journée et je me suis mise à courir un peu au hasard, en
cherchant surtout à m’éloigner du point de chute du missile qui avait sans
doute cherché à atteindre le vaisseau Infernal sans faire attention s’il y
avait des civiles aux alentours.
« RROUU ! »
_Aahh !
J’ai pillé en tombant nez à nez
avec un autre monstre au détour d’un bâtiment. Ce dernier a eu aussi peur que
moi en écarquillant ses quatre yeux, quand il a réalisé sa situation et m’a
aussitôt pointé de son arme. Je me suis figée, la vue troublée par les larmes.
« Rou ! »
J’ai levé les mains dans un réflexe et il a plissé deux
paupières sur quatre en me dévisageant.
_…pitié…
J’ai longuement dégluti,
pétrifiée. L’infernal a continué de me regarder sans savoir quoi faire de moi,
quand ses quatre yeux se sont ouverts en grand lorsqu’il a vu l’état de mes
mains. J’ai tourné le regard un instant et j’ai poussé un cri de stupeur :
mes doigts étaient violets ! et entre eux, semblaient passer de petits
éclairs, comme dans les filaments d’une ampoule.
« EMA ! »
L’infernal s’est mis à hurler un mot que j’ai pu
comprendre et a braqué son arme sur mon front. J’ai automatiquement voulu la
retirer de là mais quand mes doigts ont touché l’arme, l’infernal a été projeté
d’une telle force en arrière, qu’il s’est écrasé contre le mur juste derrière
jusqu’à le fendiller.
Je suis restée debout, le visage couvert de larmes et les
mains en l’air, sans comprendre ce qui venait de se passer.
_HALTE-LA !
Un rayon bleu m’a ébloui le visage. J’ai cligné des yeux
pour deviner des agents de la milice de l’autre côté de la lampe braquée sur
moi.
_Décline
ton matricule ! Allez !
Ils étaient trois. Celui de
gauche posa une main sur le poignet de son collègue et lui désigna l’infernal
qui gisait à quelques mètres de nous. J’ai vu leurs lèvres bouger, j’ai entendu
des son sortir de leurs bouches comme s’ils s’adressaient à moi, mais je n’ai
rien perçu de leur sens. Le monde était devenu étrange.
Mes jambes m’ont abandonné et je me suis écroulée dans les bras d’un milicien qui a eu le réflexe de me rattraper avant que je ne m’effondre totalement. J’ai à peine vu son visage que ma vue brouillée est devenue noire. Cette chaleur qui m’avait envahi les membres me possédait tellement que j’ai eu l’impression de mourir de chaud.
En vérité, comme je l’apprendrais bien plus tard, en sortant de mon boulot, j’étais tombée sans le vouloir sur le lieu d’atterrissage forcé d’un navire Infernal, chassé par la milice alors qu’il tentait une attaque kamikaze sur le centre-ville. Comme c’était le couvre-feu, les miliciens ne s’attendaient pas à me trouver là. Mais ils ont été encore plus surpris lorsqu’ils ont vu mes mains.
Ces mains…jusqu’alors, elles avaient toujours été on ne peut plus normal. Mais elles venaient de se réveiller. EMA…la peur dans le regard de cet Infernal…jamais je ne l’oublierai."
Voilà voilà. En espérant que vous avez eu une lecture agréable ^^