13 janvier 2009
Lune Bleue - 44 -
Voilà voilà la suite ! En retard vi désolée...mais je suis possédée par le démon du jeu et du coup, j'oublie le reste ^^' Pour me faire pardonner, un gros bout de lecture, attention les yeux !
Attention chat méchant !
_Tiens.
Il a ouvert son coffret et en a sorti une photo. J’ai tout de suite reconnu la jeune femme qui était dessus puisqu’il s’agissait de ma mère. Et j’étais là, assise sur ses genoux…mais je ne devais pas avoir plus de quatre ans.
_Alain, tu n’as pas besoin de…
_Regarde l’homme derrière s’il te plait.
Je n’ai pas caché ce soupir là en acceptant de faire ce qu’il me demandait. J’ai froncé les sourcils en reconnaissant Masquet. Il ne devait pas avoir plus d’une vingtaine d’année…et il avait encore ses cheveux.
_Ils étaient amis ?
_Oui.
J’ai secoué la tête.
_Je n’en ai aucun souvenir…
_Tu étais très jeune.
_Où a-t-elle été prise ?
_…à la Vallée…
Je l’ai regardé dans les yeux.
_Tu as grandi là-bas jusqu’à tes 11 ans. Avec les jumeaux.
Il m’a montré une autre photo, où j’étais plus grande, dix ans peut-être, en compagnie de deux gamins de mon âge que je n’ai eu aucun mal à reconnaître malgré l’effet de la croissance sur leur visage. Amina et le père Joseph. Et à côté de ce dernier, un autre garçon, un blondinet très mignon.
_Et lui c’est qui ?
_Lui c’est…personne d’intéressant.
J’ai haussé un sourcil.
_Tu mens très mal.
_Disons que ce n’est pas le principal pour le moment d’accord ? Ecoute-moi s’il te plait, c’est important.
Il a fouillé dans son coffret et en a sorti une petite poupée de chiffon très semblable à celle qui m’avait été offerte.
_Tu connais, n’est-ce pas ?
_Depuis peu oui…
_C’est la cache d’un sceau de protection particulièrement puissant pour ceux qui peuvent le comprendre.
_Je sais. Je l’ai entendu.
Il m’a regardé avec à la fois inquiétude et soulagement.
_C’est vrai ?
_Oui…juste avant l’explosion de la voiture. Elle m’a prévenu du danger. En espagnol.
Il a eu un petit sourire nerveux.
_Oui Maria est du genre à respecter les traditions jusqu’au bout…que t’a-t-elle dit ?
_ « Peligro Bruja »
_Hum…simple mais concis.
_Suffisamment clair pour m’empêcher de plonger sur la voiture de Chantal Lavoisy.
Il a acquiescé et m’a tendu la deuxième poupée de chiffon.
_Prends celle-ci. Je serai plus rassuré si tu l’avais avec toi.
_Mais…
_S’il te plait.
Il me l’a mise de force dans la main et a refermé mes doigts dessus, exactement comme Masquet. Je l’ai regardé et j’ai vu qu’il tremblait sans oser lever les yeux vers moi. J’ai voulu le toucher pour le rassurer mais il a repris son souffle comme s’il avait manqué d’air.
_Il faut que tu saches certaines choses concernant les MacPherson.
_Oh non Al…
_C’est important !
J’ai tressailli et il a de nouveau plongé ses mains dans ce coffret de bois pour en sortir un gros carnet.
_La communauté gitane de la Vallée et les MacPherson ont toujours été très proches. Cela remonte à très loin. A 1643 pour être précis.
J’ai haussé les sourcils et il a
doucement acquiescé en devinant que je ne le croyais pas.
_Je
sais, c’est difficile à imaginer, mais c’est la vérité.
Il m’a mis le gros carnet dans les mains et je l’ai trouvé beaucoup plus lourd que prévu, sans doute à cause de son énorme couverture de cuir dur.
_A cette époque, ton ancêtre, Alice de Vadoie, a porté secours à une bohémienne agressée par des soldats du roi qui voulaient s’en prendre à sa fille. Ils l’ont violé et laissé pour morte après lui avoir crevé les yeux.
_…charmant…ais-je grimacé en essayant de ne pas imaginer la scène, et c’est qui cette Alice de Vadoie ?
_La petite fille d’Irène MacPherson.
Je me suis massée la nuque, attentive mais ankylosée.
_La première génération française des MacPherson….
_Exact. Elle est devenue comtesse après avoir épousé un jeune soldat qu’elle a rencontré peu de temps après son arrivée. Elle lui a donné deux garçons qui sont eux-même devenus soldats sous le règne de Louis XIV.
J’ai feuilleté le carnet sans vraiment regarder ce qui se trouvait à l’intérieur : des croquis, des remarques, des histoires, des portraits…toute la vie de ma famille était résumé dans cet ouvrage. Il y avait de quoi donner le tournis.
_J’ignorais que nous avions du sang bleu.
_Ça a été le cas jusqu’à la Révolution où ils ont du fuir en Suisse pour éviter la guillotine.
J’ai refermé le livre, un peu perdue.
_Pourquoi tu me racontes tout ça maintenant ?
_Parce il faut que tu saches ce qui t’attend les prochains jours. Amina et toi, vous vous ressemblez énormément : vous êtes toutes deux les dernières femmes de votre famille avec la pression que cela suppose. Vous étiez très proches à l’époque, et je pense que c’est pour ça que Masquet a fait appel à elle pour te seconder dans cette affaire.
_Attends. Comment tu sais ça ? elle n’est même pas encore arrivée !
_J’ai les oreilles qui traînent, tu devrais le savoir. Masquet n’en a fait aucun cas, mais je le connais. Bien plus qu’il ne le croit.
A entendre le son de sa voix, c’était plus que de la jalousie. C’était de la haine.
(Ps : pardon pour cette mise en page merdique mais là, rien à faire....c'est vraiment emm****)
06 janvier 2009
Lune Bleue - 43 -
Rha premier message après le nouvel an et voilà que mon ordi fait des siennes ! Je vous avais écrit un long message et voilà que je dois tout recommencer. Zut, vous aurez échappé à mon dernier coup de gueule, remerciez le dieu de l'informatique ;)
Voici donc comme d'habitude un nouveau morceau de Lune Bleue. Les tribulations de Diane sont loin d'être terminées, je ne sais pas si vous devez vous en réjouir. Pour l'instant, j'ai mis l'écriture en stand-by, d'abord pour me vider la tête et aussi parce que j'ai découvert Wow et que je n'aurai jamais du. Du coup, je passe plus de temps avec ma démoniste qu'avec mon clavier...c'est beau la vie de chômeuse. Enfin bref, je ne vais pas recommencer : poursuivez vos rêves, emmerdez les cons et embrassez vos proches ! Vous ne savez pas ce qui peut arriver demain :)
_Si j’étais toi, je me dépêcherais de sortir de mon trou.
J’ai rangé mon portable et une silhouette est entrée dans la lumière du réverbère. Alain. Toujours l’air aussi misérable dans sa longue capeline, sa mallette de travail serrée à la main.
_Il faut qu’on parle, tu ne crois pas ?
Il a acquiescé sans dire un mot et m’a suivi à travers le parking encore barricadé des scellés posés par la scientifique. Il a rejoint sa voiture et j’ai pris la place du passager, emmitouflée dans mon blouson, le dossier de l’affaire sur les genoux.
_Où tu m’emmènes ?
_Chez moi. Il y a certaines choses que je dois te montrer.
J’ai haussé un sourcil, perplexe. Venant d’un autre homme, j’aurai pu trouver ça malsain, mais il parlait bien d’autre chose. Et à voir son regard pendant qu’il conduisait, il était empreint à des émotions contradictoires. Comme s’il préparait son discours à l’avance…
Cela faisait longtemps que je n’étais pas passée chez lui. Pourtant, je possédais les clefs mais c’était son domaine…et je respectais sa vie privée comme lui respectait la mienne. Même s’il n’avait jamais vraiment apprécié les hommes qui avaient rapidement traversé mon appartement.
_Fais comme chez toi, tu as l’habitude.
Il a rapidement fermé derrière lui et je me suis défait de mon blouson, toujours aussi impressionnée par la propreté qui régnait ici. C’était bien le contraire de chez moi. Il avait beau être un homme, il détestait le moindre grain de poussière. Et cela rendait son intérieur presque…aseptisé.
Il a disparu dans sa chambre en faisant du bruit et j’ai observé le décor, les mains dans les poches. J’ai eu une grimace quand j’ai découvert une photo de moi dans le tas de celles qu’il avait posé sur le buffet de son salon.
_Rha je te l’ai déjà dit de la virer celle-là !…aie !
J’ai reçu un coup de jus quand j’ai tenté de la prendre afin de la retourner contre le mur.
_Et moi je t’ai déjà dit de ne pas y toucher.
_Tu as ensorcelé tes photos ?!
J’ai secoué ma main engourdie et il est réapparu dans la pièce, un gros coffret sous le bras.
_Pour éviter aux fouineuses de les déplacer et les cacher derrière celles des autres.
_Je déteste la tête que j’ai sur celle-là ! J’ai 20 ans à tout casser !
_Et tu sors de l’école de police…j’aime beaucoup quand tu portes ton uniforme.
Ma grimace a été plus criante car il a pouffé de rire.
_J’ai une sale tête d’ado…
_Mais non tu es très bien. Viens assis-toi là s’il te plait.
Il s’est assis au bord de son canapé et a tapoté à ses côtés comme lorsque j’étais enfant. J’ai retenu un soupir mais je me suis exécutée, peu désireuse de me disputer avec lui pour le moment.
28 décembre 2008
Lune Bleue - 42 -
La suite mesdames et messieurs, pour le premier morceau après Noël ^^ J'espère que vous avez été gatés, bande de veinard et que vous êtes prêts pour les fêtes du nouvel an, parce qu'on remet ça !
Allez bonne lecture à vous, amusez-vous bien ;)
Masquet est intervenu à temps alors que j’étais sur le point de craquer, portée sur les nerfs. Ça faisait longtemps qu’il me courait dessus celui-là.
_Je vais devoir agir si vous ne cessez pas votre petit jeu, capitaine.
_Quel petit jeu ?!
_Ne jouez pas les imbéciles avec moi, d’accord ? nous savons tous les deux quelle demande vous a fait le maire, mais ce n’est pas en fourrant votre nez partout que vous ferez avancer l’enquête.
_Je ne fais que mon travail !
_Non, votre travail est de surveiller les journalistes et les politiques pour éviter leur intrusion dans le travail des agents qui bossent avec vous. Vous n’êtes plus un homme de terrain. Vous ne l’avez jamais été.
J’ai haussé un sourcil, stupéfaite. Même moi je ne lui avais jamais sortie celle-là ! bien que je l’avais pensé plus d’une fois…
_Je me charge de trouver un officier capable de travailler avec le lieutenant Montel sur l’affaire des prêtres. Vous, contentez-vous de faire ce que vous faites le mieux. Et saluez le maire de ma part. Il adore recevoir de mes nouvelles.
J’ai froncé du nez. Qui était réellement ce type ? il semblait tout connaître de tout le monde. Mais ce n’était pas un sorcier. Je pouvais le sentir. Quant à cet officier qui allait remplacer Flack le temps de cette affaire…j’avais déjà une idée de son identité.
_Bon…
J’ai fermé le dernier rapport concernant l’affaire et je me suis étirée, fatiguée. Il faisait sombre dans cette chambre mais je ne pouvais pas allumer, au risque de me faire remarquer par les infirmières. Je me suis massée la nuque, ankylosée par cette journée passée à mon bureau à nettoyer des papiers et remettre à plat nos recherches.
L’étude du terrain où avait eu lieu l’échange du squelette n’avait rien donné…avec toute la pluie qui était tombée dessus, toutes les traces avaient disparu. Quant au van, il n’était pas encore remonté à la surface…
« J’ai de moins en moins de piste…ces salauds sont définitivement doués… d’ici là que le tas d’os soit déjà de nouveau enterré quelque part…»
_Humm…iane…
J’ai levé les yeux sur Flack qui dormait là, le visage traversé par un tube qui l’aidait à respirer sans effort.
_Eh…
Il a grimacé en essayant d’ouvrir les yeux et je suis venue m’asseoir au bord de son lit pour lui prendre la main.
_Doucement, tout va bien…tu es en sécurité…
Il a pris quelques secondes pour me cibler et a serré ses doigts entre les miens, tremblant.
_…Viviane…
_Elle est rentrée à la maison…il est près de 10 heures tu sais. Il a fallu que Lucas s’endorme pour qu’elle accepte de retourner chez vous. Mais ils vont bien tous les deux, ne t’en fais pas.
Il a faiblement souri, les yeux vitreux.
_…qu’es…est passé ?
_La voiture du docteur Lavoisy a explosé. D’après les blouses blanches, on a placé une bombe de manière à ce que ça saute dès qu’elle ouvre sa portière.
_…et…la capuche ?
_Il s’est enfui. Mais ne t’inquiète pas, je vais bien finir par le chopper celui-là. Eh !
Il a soudain voulu se redresser mais a grimacé de douleur en retombant contre le matelas.
_Ne bouge pas idiot ! Tu tiens vraiment à aggraver tes blessures ?!
Je me suis levée pour redresser son oreiller et il m’a remercié d’un regard.
_Tu veux boire quelque chose ?
_…te plait…
Il avait la voix tellement enrouée que j’entendais un mot sur deux. Je lui ai donc servi un grand verre d’eau et je l’ai aidé à en boire une longue gorgée qui a semblé lui faire du bien.
_Ça va mieux ?
_..ui…
Il avait l’air malheureux sous cette couverture, vêtu de cette immonde chemise de nuit obligatoire.
Mais il était vivant et c’était bien le principal.
_Il faut que tu te reposes d’accord ? partir dans ta famille, prendre les congés qu’il faut pour nous revenir en pleine forme.
_…non…l’enquête…
_Laisse-moi faire. Tu dois d’abord reprendre des forces.
_Diane…
_Je sais ce que tu vas me dire et non. Je ne t’abandonne pas.
Il a eu un sourire gêné avant de papillonner des paupières.
_Je te tiens au courant mais le moment, il faut que tu dormes. Je vais appeler Viviane pour lui dire que tu as enfin ouvert les yeux, d’accord ?
Il a tenté de combattre Morphée mais il a bien vite perdu, totalement assommé. Il s’est alors rendormi avec la douceur d’un enfant, comme apaisé. J’ai remonté le drap sur sa poitrine, soulagée. C’est qu’il m’avait fait peur cet idiot !
J’ai hermétiquement fermé sa chambre pour être certaine qu’il ne soit pas ennuyé et je me suis de nouveau étirée en découvrant le couloir de l’hôpital quasiment désert. J’ai attrapé mon téléphone en sortant sur le perron du bâtiment et j’ai laissé un message à Viviane qui a failli fondre en larme en apprenant que son mari avait enfin repris connaissance. Je lui ai conseillé d’attendre l’heure des visites pour revenir, car là, il ne ferait sans doute que dormir.
J’ai raccroché en lui souhaitant la bonne nuit puis j’ai un soupir, agacée.
23 décembre 2008
Lune Bleue - 41 -
Dernier morceau avant les fêtes de noël ! J'espère que tout est prêt chez vous, ici le sapin brille déjà ;) les cadeaux sont achetés (toujours à la dernière minute sinon ce n'est pas drôle) et on n'attend plus que le dîner du réveillon :p
Je vous laisse avec Diane et peu de réjouissance de son côté, désolée, je suis le cours de l'histoire.
JOYEUX NOËL à vous tous !
_Vous avez du neuf ?
_Ça prend forme, me répondit le chef de l’équipe à travers son masque de protection, comment va le sergent Flack ?
_Il va s’en sortir avec du repos et quelques points de suture. Mais il a eu le droit de nous faire une belle frayeur.
_Vous pouvez le dire ! Ça va nous prendre du temps, mais on devrait pouvoir vous donner des nouvelles assez rapidement sur le type de bombe utilisée. Et même peut-être sur son constructeur.
_Les vidéos du parking ?
_Le capitaine est venu les prendre tout à l’heure…y a quoi…10 minutes ?
J’ai du faire une drôle de figure car il a haussé un sourcil, perplexe.
_Pourquoi, ça vous pose un problème ?
_…non. Merci !
J’ai fait demi-tour sans attendre mais j’ai réalisé que c’était Flack qui avait les clefs de la voiture. J’ai juré en tapant du pied : ce salaud m’avait doublé !
« Saleté de fils à maman ! »
_Je vous emmène quelque part ?
Une vieille Ford s’est arrêtée à mes pieds, et Masquet a sorti la tête par la vitre de sa portière, un sourire de vainqueur sur le visage.
_Vous allez au commissariat, je me trompe ?
J’ai levé les yeux et j’ai vu Alain qui m’observait de loin, solitaire sous sa blouse blanche. Il avait un regard triste qui m’a perturbé.
_Le prochain bus est dans plus d’une demi-heure si vous préférez.
Je me suis pincée les lèvres, agacée et j’ai ouvert la porte à contre cœur pour monter sur le siège passager. Alain a fait demi-tour et est retourné dans son antre sans faire un geste de plus. J’ai eu un soupir en attrapant la ceinture de sécurité. C’était la première fois que je le voyais dans cet état. Ce type à côté de moi l’avait vraiment mis hors de lui. Si vite, si fort…
_Tu ne me demandes pas ?
_Hum ? Quoi donc ?
_…pourquoi il me déteste par exemple ?
_Ça ne me regarde pas.
_Ah ! C’est ce que tu crois !
_Eh.
Je l’ai fusillé à son tour. Il était bien désinvolte pour un homme que je n’avais vu auparavant !
_On n’a pas élevé les cochons ensemble à ce que je sache. Alors le tutoiement, vous le gardez pour vous, ok ? Vous êtes là pour inspecter mon travail, alors ne vous attendez pas à ce que je fasse copain-copain avec vous. Et arrêtez de me regarder avec ce sourire idiot. Ça vous changera.
Je me suis appuyée contre la portière, maintenant très énervée. Il a eu comme un rire en s’engageant dans l’un des carrefours les plus dangereux de la ville mais n’a rien ajouté de plus. Soit il se payait ma tête, soit il me testait. Et étant donné ce qui allait suivre, ça n’allait pas me faciliter la tache.
_Capitaine ?
J’ai brutalement ouvert la porte de la salle vidéo et j’ai retrouvé l’intéressé en train de visionner les bandes que j’attendais depuis plusieurs heures maintenant.
_Ah vous voilà ! Comment va Flack ?
_Il survivra. Mais merci d’être passé le voir, il a été très ému.
Il m’a observé une seconde puis est retourné sur l’écran pour le figer avec le bouton pause de la télécommande, sans plus se préoccuper de ma remarque acerbe.
_Regardez plutôt ceci. C’est notre homme, n’est-ce pas ?
Je me suis approchée bien que je n’avais pas décoléré et j’ai retrouvé la silhouette de l’homme à la capuche sur cette bande en noir et blanc. Le capitaine a remis en route et j’ai vu mon agresseur suivre quelque chose du regard. Sans doute Flack et moi alors que nous nous précipitions sur le docteur Lavoisy pour la prévenir. Puis il a eu l’explosion. Il a attendu quelques secondes puis s’est enfui rapidement en se dirigeant vers le nord.
_Nous
avons retrouvé ses empreintes dans la terre humide de l’allée. Du 44. Des
baskets de marque.
Il m’a tendu une photographie prise des empreintes en question refaites avec du plâtre.
_Oui et alors ? vous attendez que je scrute toutes les traces de basket du monde pour retrouver son identité ?
_Ne faites pas la fine bouche, me reprocha-t-il, nous accumulons les preuves contre lui.
_Les preuves ? quelle preuve ? celle qu’il était présent au moment de l’explosion ? magnifique ! mais ça ne veut pas dire que c’est lui qui l’a provoqué ! Et tout avocat, même le plus débile, vous dira qu’un homme en sweat ressemble à des milliers d’autres, surtout si on ne voit pas son visage.
Il a éteint la télévision d’un geste agacé et m’a fait face avec un air réprobateur.
_Lieutenant, je cherche tout comme vous à arrêter cet homme. Alors cessez de me considérer comme un ennemi.
_Oh ? ais-je déclaré, piquée à vif, mince alors, j’ai été si peu discrète ?
_Je vous demande pardon ?!
Je me suis contentée de le regarder et ses oreilles sont devenues de plus en plus rouges.
_J’en ai assez de votre insolence ! Si vous n’étiez pas protégée de si haut, ça ferait longtemps que…
_Que ? Allez-y, dites-le !
_Bon je crois que ça suffit maintenant.
19 décembre 2008
Lune Bleue - 40 -
La suite ^^
J'espère que vous êtes prêts pour les fêtes, car c'est toujours la folie dans les magasins. Et bonnes vacances pour ceux qui commencent enfin à se reposer ;)
_Lieutenant Montel.
Les portes vitrées ont glissé devant moi alors que je me préparais à quitter l’hôpital. J’ai retrouvé le parking placé dans un état de quarantaine plutôt impressionnant. Cela n’a pas aidé à calmer les patients évidemment très choqués. Il y avait eu quelques frayeurs auprès des personnes malades du cœur, mais aucun décès à déplorer. Juste quelques blessés comme moi, touchés sans gravité par des projectiles venus de la voiture.
_Encore vous…ais-je soupiré sans cacher mon agacement en devinant le lieutenant des bœufs carottes non loin de moi, vous n’avez qu’à lire les rapports si vous voulez être au courant de l’enquête.
_C’est déjà fait, me dit-il avec un fin sourire, et non, je voulais vous rendre ceci. C’est à vous n’est-ce pas ?
Il a ouvert sa main et j’ai découvert la petite poupée de chiffon offerte par Amina. Je l’avais complètement oublié.
_Qu’est-ce qui vous dit que ça m’appartient ?
Son sourire s’est élargi comme si je me moquais de lui.
_Je suis origine de la Vallée…et vous vous y êtes rendue très récemment non ?
J’ai haussé un sourcil. Il se foutait de moi en plus.
_L’art gitan est en perdition, c’est dommage. Cela pourrait sauver beaucoup de vie.
Il me la mise dans la main avant de refermer mes doigts dessus.
_Qui êtes-vous au juste ? ais-je demandé avec méfiance en serrant cette poupée à peine roussie au fond de ma paume.
Il m’a observé comme s’il était
prêt à me répondre, mais j’ai levé les yeux au-dessus de son épaule, attirée
par une silhouette. Alain était enfin sorti de son trou, mais il se tenait
immobile à quelques pas de nous, comme surpris.
_Tiens…tu es là ?
Le bœuf-carotte s’est tourné, à peine surpris de voir mon ami le fixer avec un étrange regard.
_Tu n’as pas changé, lui lança-t-il dans un faux sourire, toujours médecin ?
_Légiste, répondit Alain d’une voix froide, qu’est-ce que tu fiches ici ?
_Je viens aider notre jeune amie dans son enquête. Et toi ?
Alain s’est placé entre nous, les poings serrés. Il semblait vraiment en colère de trouver cet homme à côté de moi.
_Je travaille dans cet hôpital.
_Hum ? ah oui ! je me disais bien avoir lu ton nom quelque part dans les rapports.
_Pourquoi, tu sais lire maintenant ?
_Who who who !
J’ai levé les mains pour les
séparer. Juste quelques secondes et ils s’étaient tous les deux transformés en
de vrais coqs de basse-cour.
_Je vois que vous vous connaissez…ais-je raillé en les regardant l’un après l’autre, vous vous entretuez maintenant ou je peux ramasser les armes pour éviter les balles perdues ?
Ils se sont longuement observés puis ont accepté de lever le drapeau blanc et de s’écarter de plusieurs pas prudents. Je les ai tous les deux toisés d’un regard intrigué. Alain m’a évité un instant avant de se sentir obligé de s’expliquer, encore mauvais.
_François Masquet, grogna-t-il en me présentant le policier dont je ne connaissais pas le nom malgré notre présentation passée, une…connaissance.
_On va dire ça, répondit l’intéressé sans cacher son cynisme, alors c’est toi le responsable du squelette disparu ? pas très malin.
_Tu… !
_Eh ! Ça suffit maintenant ! J’ai autre chose à faire que de vous séparer sans arrêt ! Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, une voiture a explosé par ici !
Quelques visages de blouse blanche se sont retournés et ils se sont de nouveau éloignés, comme deux adolescents bagarreurs prêts à se fondre dessus pour régler de vieux comptes. Je me suis pincée les lèvres, une main sur la hanche et je suis allée voir du côté d’Alain en le tirant par la manche.
_Tu m’expliques ?
_…y a rien à dire sur ce type.
_Eh.
Je l’ai forcé à me regarder, plutôt mauvaise.
_Je ne suis pas d’humeur à jouer aux devinettes d’accord ? tu le connais, il te connaît, et étrangement, il est parfaitement au courant de l’existence la communauté gitane de la Vallée. Tu sais ? les gens que tu m’as dit de ne pas connaître.
Il a aussitôt trouvé ses chaussures diablement intéressantes, plutôt mal à l’aise.
_Et il a l’air de me connaître moi aussi. Alors de deux choses l’une, soit il a lu mon dossier de long en large, en diagonale et à travers les lignes, soit il m’a rencontré avant, mais étrangement, je n’en ai aucun souvenir.
_Tu ne peux pas te souvenir de tout le monde non plus.
_Arrête tu veux ? Tu hais ce mec ! et c’est bien la première fois que je te vois comme ça !
Il m’a alors regardé dans les yeux, les lèvres blanches.
_Tu ne sais pas tout sur ma vie je te signale. Tu n’es qu’une gamine à côté de moi. Tu crois que j’ai commencé à vivre quand je t’ai retrouvé ?
_Non, ais-je répondu aussi sourdement, mais quand tu as rencontré ma mère, ça oui.
Il a brutalement reculé la tête, choqué, et je l’ai fusillé d’un coup d’œil explicite avant de le doubler d’un pas franc.
_Vous, vous ne m’approchez pas, c’est compris ?
Le François Masquet a ouvert la bouche pour protester mais il n’a pas bougé de sa place, les mains dans les poches de sa longue capeline. Je me suis plutôt dirigée vers les scientifiques qui continuaient de nettoyer le parking au peigne fin afin de retrouver tous les morceaux de la bombe qui avait servi à orchestrer cet attentat.
16 décembre 2008
Lune Bleue - 39 -
La suite. Vu que cela à l'air de vous transcender...
Bonne lecture.
J’ai difficilement dégluti, mal à l’aise. Elle m’a observé et a réalisé mon état dans un petit sourire plutôt triste.
_Au départ…je n’étais pas rassurée de savoir que mon mari travaillait avec une femme plus jeune et plus belle que moi…
_Je… !
_Mais Jimmy m’a rapidement démontré que vous n’entreteniez pas ce genre de relation. Lorsque tu es venue la première fois à la maison, j’ai compris que je n’avais aucune raison d’être jalouse. Tu as beau être sa supérieure hiérarchique, il te considère plus comme une petite sœur turbulente que comme une collègue de travail. Même s’il reconnaît volontiers tes dons pour ce travail.
J’ai faiblement reniflé, touchée, et Lucas s’est réveillé de son micro-sommeil.
_Oh, tu pleures ?
_Non mon grand, je suis juste un peu fatiguée.
_Faut pas avoir peur tu sais ? papa va revenir, il me l’a dit !
_Ah oui ?
_Oui ! me dit-il avec toute sa conviction enfantine, il m’a toujours dit de ne pas m’inquiéter s’il ne rentrait pas à la maison. C’est parce que son travail est très dur et que ça lui prend beaucoup de temps.
J’ai eu un sourire sans oser lui dire ce qu’il se passait vraiment derrière ces doubles portes. Viviane a secoué la tête : il essayait de se montrer fort, comme lui avait appris son père pour éviter qu’elle ne s’inquiète. Alors il faisait semblant de faire comme ce n’était pas grave du haut de son jeune âge. Mais au fond, il devait avoir peur. Peur que Flack ne ressorte jamais de cette satanée salle d’opération.
_Ah !
Les portes se sont ouvertes juste au moment où je finissais de penser. Le chirurgien a retiré son masque en nous voyant là, prostrées, pendues à ses lèvres.
_Madame Flack ?
_Oui !
Il a eu un sourire avenant qui nous a tout de suite rassuré.
_Tout s’est bien passé. Votre mari a perdu beaucoup de sang, mais heureusement pour lui, il était juste à la porte de notre hôpital. Nous sommes parvenus à stopper l’hémorragie.
_Il…il va s’en sortir ?
_Il va avoir besoin de beaucoup de repos, mais sauf complication de dernière minute, il devrait bien s’en remettre, oui.
Je n’ai pas pu retenir un long soupir de soulagement. Viviane a repris son fils entre ses bras, les larmes aux yeux et j’ai remercié le médecin d’une poignée de main chaleureuse. C’était une excellente nouvelle !
_Je vais prévenir le capitaine. Appelle-moi si vous avez besoin de quelque chose d’accord ?
_Oui oui ne t’en fais pas, me dit-elle dans un large sourire, je vais veiller sur lui avec Lucas. Concentre-toi sur cette affaire. Mais fais attention à toi, reprit-elle avec sérieux, ne va pas te mettre encore dans des situations impossibles, d’accord ?
J’ai eu un rire nerveux.
_Je vais essayer oui.
J’ai salué Lucas en lui faisant
promettre de veiller sur ses parents pour moi et j’ai quitté le couloir d’un
pas rapide. J’avais envie de rester avec eux pour accueillir Flack dans sa
chambre, mais j’avais malheureusement beaucoup de travail. Je voulais chopper
ce salopard en capuche !
10 décembre 2008
Lune Bleue - 38 -
Bon et bien voici le début du chapitre 7, déjà ^^
Pour faire un petit récap' (dites-moi ce que vous en pensez tiens, pour une quatrième de couverture) :
Après avoir découvert le corps d'une jeune femme Anne Malova, Diane Montel, flic de son état, décide de rechercher son assassin, quoique cela puisse lui couter, puisque celle-ci s'est avérée être tout comme elle, une sorcière.
Fini les images d'Epinal et les petites amies d'Harry Potter, être un magicienne n'a rien de charmant ni de bucolique. Sommées de vivre une vie normale, ces femmes sont contraintes de cacher leurs dons pour ne surtout pas être rejetés, ou pire, chassées. Car l'Inquisition veille toujours et ce, depuis des siècles. Ainsi, même dans notre monde moderne, les crimes odieux du 16e siècle sonne toujours vrais à certaines oreilles.
Après la mort de deux prêtes et la découverte d'un squelette enterré illégalement dans la crypte de l'Eglise, Diane et Flack, son partenaire, prennent en chasse la Capuche, l'homme qui semble avoir été engagé pour faire taire les deux curés. Mais alors que les analyses sur le squelette inconnu sont terminées, la voiture de la doctoresse explose. Diane est sonnée, sauvée par une poupée, mais Flack, comment va-t-il ?
(J'espère que ça vous a mis l'eau à la bouche :p) Bonne lecture à vous.
- Chapitre 7 -
_Je vais bien ! Combien de fois est-ce que je dois vous le dire ?! Aie !
J’ai juré quand l’infirmière a serré les bandages qu’elle faisait tourner autour de ma main. Assise sur un lit placé aux urgences, je supportais mal le regard du capitaine et de ces deux agents de l’IGPN [1] venus voir ce qui se passait après ce fiasco.
_Il faut admettre lieutenant Montel, que malgré les sécurités que vous avez placé tout autour de cette affaire, une personne est parvenue à vous doubler, à voler un corps et à gravement toucher votre partenaire, ainsi que l’anthropologue chargée d’étudier le squelette. Il y a manifestement quelqu’un qui cherche à nuire à cette enquête.
_Oh vous avez trouvé ça tout seul ?
_Lieutenant.
_Non capitaine laissez, déclara l’homme d’une cinquantaine d’année avec un sourire, notre amie est encore sous le choc, c’est normal. Lieutenant, comprenez-nous bien, nous ne voulons pas empiéter sur vos plates bandes. Mais nous avons un officier à terre, une civile dans un lit d’hôpital et un agent aussi amoché qu’un boxeur sur le ring.
J’ai fait une grimace explicite lorsque l’infirmière a enfin cessé de me martyriser la tempe. J’avais subi un trauma crânien mais j’entendais bien continuer mon travail sans être suivie par ces deux clown en costume.
_Et vous attendez quoi ? que je fasse votre boulot ?
_Non…que vous nous donniez les renseignements nécessaires afin de pouvoir dénicher cette taupe.
_Sur mon affaire ? vous pouvez toujours rêver.
_Lieutenant !
J’ai enfilé mon blouson en cachant une grimace de douleur à cause de mes côtes qui subissaient maintenant le contre coup de la planche.
_Mon partenaire est en ce moment même en salle d’opération, vous croyez que j’ai autre chose à faire que vous offrir mon enquête sur un plateau d’argent ? allez vous faire foutre ! je n’ai bossé qu’avec des gens fiables ! S’il y a une taupe, elle ne vient pas de mon service d’accord ? et si vous voulez blâmer quelqu’un, qu’est-ce que vous attendez pour me mettre à pied ?
_Lieutenant, maintenant ça suffit !
J’ai serré les dents quand le capitaine s’est empourpré, choqué par ma grossièreté. Les deux gars de l’IGPN semblaient presque blasés.
_Cela ne marchera pas, me dit le plus âgé avec compassion, protéger ses camarades c’est bien, et c’est digne d’un gradé, mais vous n’êtes pas mise en cause. Ni votre partenaire.
_Encore heureux !
_Mais vous n’êtes pas en sécurité pour autant, continua-t-il alors que je refaisais ma queue de cheval avec ma main bandée, tant que nous n’aurons pas cette taupe, tout ce que vous ferez risque d’être mis à mal.
_Alors faites votre boulot et je ferai le mien ! Si vous vous en sortez, je pourrai mener cette histoire à bien !
Je me suis remise debout et je leur ai fait face, mauvaise.
_Maintenant, excusez-moi mais j’ai une famille à retrouver. Un petit garçon de 8 ans attend de savoir si son père va s’en sortir.
Le capitaine a tenté de me retenir mais je lui ai lancé un regard noir, et il a préféré revenir sur son idée première. Cet imbécile cherchait juste à se protéger les fesses ! appeler la police des polices…tout ça pour ne pas perdre de vue que le maire lui fichait une pression de tous les diables !
« Sale fiston à sa maman…ais-je pensé en traversant les couloirs de l’hôpital d’un pas rapide, tu serais mieux dans ses jupons et non sur le terrain ! »
J’ai peu à peu ralenti quand j’ai deviné la silhouette de Viviane, prostrée dans un fauteuil de la salle d’attente.
_Diane !
Lucas s’est laissé glisser le long de son siège et a couru dans ma direction, les bras ouverts. Je me suis baissée à sa hauteur et je l’ai tenu contre moi en me redressant. Il m’a enlacé le cou, tout content de me voir. Il ne devait sans doute pas réaliser ce qui était en train de se passer de l’autre côté des portes vertes.
Viviane s’est mouchée avec discrétion et s’est levée quand je suis arrivée près d’elle.
_Comment vas-tu ?
_On fait aller, me dit-elle avec douceur…tu es grièvement blessée ?
_Non ce ne sont que des égratignures. Ne t’en fais pas.
Elle m’a faiblement souri alors que Lucas m’étranglait presque, sa tête contre mon épaule.
_Je suis désolée Viviane…j’aurai du réfléchir…
_Et comment aurais-tu pu savoir ? me dit-elle sans colère, la voiture a explosé, tu ne pouvais pas deviner.
_Tu as des nouvelles du médecin ?
_Il est encore à l’intérieur, j’ignore comment ça se passe…ça fait déjà plus de deux heures.
Elle s’est entourée de ses bras, frissonnante, et j’ai eu un petit sursaut pour remonter Lucas qui commençait à s’endormir sur mon épaule.
_Tu sais qui a piégé cette voiture ?
_Pas exactement, ais-je avoué en venant m’asseoir à ses côtés, son fils dans les bras, mais je compte bien le découvrir.
_Tu vas encore enquêter toute seule, me dit-elle dans un sourire nerveux, si tu savais à quel point il déteste quand tu pars sur le terrain sans lui…
_Je ne fais pas ça pour l’ennuyer.
_Je sais…murmura-t-elle en caressant le front de son fils endormi, tu veux que Lucas grandisse avec son père…
[1] IGPN : Inspection Générale de la Police Nationale, service institué pour surveiller les actes des policiers corrompus ou non.
24 novembre 2008
Lune Bleue - 37 -
Que c'est plaisant d'avoir fini une histoire ^^ ça permet enfin de se changer les idées et de voir le travail accompli. Au jour d'aujourd'hui, je suis relativement fière de cet univers que j'ai construit de mes petites mimines. Bon de point de vue de professionnel, je suis certaine qu'il y a encore beaucoup de travail à faire dessus, que mon écriture laisse parfois à désirer etc...mais pour le moment, j'ai décidé de ne pas faire attention à ces considérations qui pourraient finir par me démoraliser. Oui je suis championne pour me foutre le bourdon toute seule, c'est un don -_-'
Sinon le 27 approche lentement...dans trois jours en fait. Je suis persuadée d'être la 10e nominée sur 10, alors je me console en me disant que mon roman a tout de même été choisi parmi tous les envoyés (car je ne pense pas qu'on était que 10 auteurs non publiés qui ont tenté leur chance par ce concours...enfin...j'espère >-< !)
Avec tout ça, je me suis déjà inventée un nouvel univers. Bon cette fois-ci, j'ai fait court, je voulais surtout inventer un nouveau personnage, le monde autour d'elle a donc été brossé en à peine 30 pages :p une sorte de nouvelle ou d'une introduction à quelque chose de plus profond. Quand j'aurai le courage...Je n'ai pas abandonné Diane pour autant, je sens qu'il y a encore beaucoup de chose à faire avec elle et ses proches. Ces deux romans n'ont brossé que la surface de toute la saga que je voulais faire au début. A moi de trouver l'inspiration ;)
Allez, je vous laisse avec la fin du chapitre 6 de Lune Bleue. Action en perspective !
_Flack…le docteur Lavoisy !
_Que… merde !
Nous avons eu le même réflexe. Nous avons fait volte-face pour vite la rattraper alors qu’elle continuait d’avancer innocemment vers sa voiture. C’était elle qui possédait tous les renseignements sur le squelette disparu. Elle en savait donc plus que nous tous sur le fameux corps qui semblait attirer autant de convoitise !
_Docteur Lavoisy !
Flack m’a doublé alors que nous courions sur le bitume trempé, plus rapide, quand soudain, j’ai entendu cette petite voix au fond de mon esprit :
« Peligro, bruja ! »
« Que ? »
J’ai pillé net en tiquant sur le
mot « Bruja »[1].
J’ai instinctivement fouillé dans les poches de mon blouson et j’ai attrapé
cette petite poupée de chiffon qui semblait presque me brûler la main. Elle me
prévenait d’un danger.
« Bip bip »
J’ai entendu le déclic des clefs quand le docteur Lavoisy a voulu provoquer l’ouverture des portières et j’ai eu comme un éclair. Une sorte de flash de génie qui m’a fait comprendre ce qui allait se passer.
_FLACK ! A terre !
J’ai ouvert la main pour attraper Chantal Lavoisy quand sa voiture a littéralement explosé ! Flack a été projeté au sol. J’ai été rejeté en arrière sous la puissance du feu et Lavoisy a volé avec moi, attirée par ma télékinésie. Nous nous sommes toutes les deux effondrées durement sur le goudron alors que les parties enflammées de la voiture s’échouaient tout autour de nous.
J’ai secoué la tête, complètement sonnée, et j’ai vu le monde tourner autour de moi, dans un sifflement aigu qui me paralysait les oreilles et troublait mon équilibre.
_…Docteur ?
J’ai tâté le sol à genoux, et je l’ai vu bouger non loin de là, gémissante de douleur mais vivante. Des crépitements prouvant que la voiture était toujours en feu ont résonné dans mon esprit et j’ai tenté de me redresser, me rattrapant à peine du bout des doigts.
_Mademoiselle, ne bougez pas !
Deux infirmiers m’ont foncé dessus pour m’empêcher de bouger alors que j’étais encore brumeuse mais je les ai repoussé en cherchant Flack du regard. Je l’ai trouvé gisant à moins d’un mètre, du sang perlant de ses oreilles, les yeux désespérément clos.
_FLACK !
Je me suis précipitée vers lui,
titubante et j’ai manqué de tomber sur un genou, totalement perturbée à cause
de ce sifflement strident.
_Flack ! Ouvre les yeux merde !
J’ai posé deux doigts sur son pouls et j’ai eu un soupir de soulagement : il respirait encore. Mais j’ai vu une énorme tache de sang sur sa chemise trempée par la pluie battante. Il avait reçu un morceau de la voiture dans le ventre sous la force de l’explosion.
_Bordel, qu’est-ce que vous attendez pour venir le soigner ?! ais-je hurlé aux alentours pour alerter les soigneurs, Flack, tiens-le coup s’il te plait ! Pense à Lucas !
Il n’a évidemment pas réagi, inconscient. J’ai senti la panique m’envahir quand les infirmiers m’ont demandé de reculer pour prendre ses battements de cœur et vérifier ses pupilles.
_On l’emmène !
Toute une équipe s’est présentée sur le parking, prête à s’occuper de tous les blessés et a commencé à le préparer pour un brancard, en lui écrasant un masque sur le nez pour l’aider à respiration et en pressant sa blessure afin d’éviter l’hémorragie.
_Diane !!
Une voix s’est faite entendre mais le sifflement m’a empêché de la reconnaître. De toute façon, je suivais les moindres gestes des infirmiers qui s’occupaient de Flack, totalement hypnotisée par ce sang qui continuait de couler de son ventre.
_Diane ! Regarde-moi !
Deux mains m’ont attrapé par le cou sans violence et un visage s’est dessiné devant moi. Alain.
_Dis-moi si ça va !
J’ai grimacé de douleur et je suis tombée contre son torse, les jambes tremblantes.
_C’est bon, c’est bon, je te tiens.
_…Chantal…
_Ils s’en occupent, elle est déjà à l’intérieur. Viens, je t’emmène.
Il a passé un bras sous mes jambes et m’a soulevé du sol pour m’emmener à l’abri. Je me suis agrippée à son cou comme une enfant mais j’ai regardé Flack partir au pas de charge, inconscient sur le brancard porté par deux hommes expérimentés.
« Peligro Bruja… »
[1] Bruja : sorcière en espagnol. Peligro Bruja : « danger sorcière ! »
20 novembre 2008
Lune Bleue - 36 -
- FINI !
Ayé, j'ai fini Lune Rouge ! Et donc cette histoire ;)
Bon bien sûr, il me reste des choses à fignoler, beaucoup de corrections à faire, lire, relire et re-re-lire pour enlever le plus de faute possible, mais bon, le plus gros est fait !
Juste pour dire, j'ai écrit en tout et pour tout 795 pages divisées en deux tomes. J'ai donc modifié la coupure pour que les deux tomes fassent environ 400 pages chacun, mais vu comme ça, je doute qu'ils trouvent preneur sous cette forme là.
Il va aussi me falloir des lecteurs pour cette deuxième partie, pour que je sache si elle tient la route ou si je suis encore totalement partie en vrille. (ce qui ne m'étonnerait pas, d'ailleurs) après tout, j'ai tellement mis d'idées là-dedans que les regrouper tout en faisant fonctionner la logique m'a grillé quelques neurones. J'espère éviter la même chose à mes lecteurs ;)
Donc voilà pour la bonne nouvelle !
Il s’est arrêté au milieu du hall et je me suis retournée.
_Crois-tu vraiment qu’un homme seul aurait pu organiser tout ça ?
_Tu…depuis quand tu penses une chose pareille sans m’en parler ?!
_Depuis que je crois que le père Nicolas et le père Michel étaient étroitement liés. Et que le meurtre d’Anna est ce lien que Mulosky a tenté de briser en reconnaissant ses tords. En mettant sa croix autour du cou de la gamine.
Il m’a regardé de travers avant de me rejoindre sur le perron. Il pleuvinait, encore.
_Alors tu crois que…Mulosky a vraiment tué Anna ? Pourquoi ?
_Parce que le père Nicolas lui a demandé. Une sorte de preuve de loyauté pour des croyants retournés à l’âge de pierre. Le vieux se flagellait et traitait les femmes comme des moins que rien. Et il y a ce caveau. Caveau si précieux qu’on est prêt à tuer tous ceux qui s’en approchent, de prêt ou de loin.
_Diane, pourquoi tu ne me dis pas ce que tu sais vraiment ?
Je me suis arrêtée près de la voiture et je lui ai faiblement souri.
_Je ne suis encore sûre de rien. Et tu sais à quel point le capitaine est friand d’explications à tire-larigot.
Il a eu un soupir explicite mais il a évité de me poser des questions, comprenant parfaitement que je ne pouvais y répondre. Il s’est contenté de prendre le volant en me toisant d’un coup d’œil discret.
_J’espère qu’un jour tu me diras ce que tu te pèses.
J’ai évité de le regarder, accoudée à la portière. Le silence pesant n’a été entrecoupé que par les liaisons radios faites avec le standard.
_Quel temps de merde.
Il a enclenché les essuie-glace alors que la pluie se faisait plus violente. Il a trouvé une place au parking de l’hôpital assez proche de l’entrée et j’ai rejeté ma ceinture, pressée de retrouver Alain et lui dire ce que nous avions trouvé. Bien sûr, tout dépendait des recherches que nous venions de lancer, mais je ne désespérais pas. Ils allaient bien finir par faire une erreur.
_Tiens docteur Lavoisy ? vous partez ?
Nous avons croisé l’anthropologue qui fouillait frénétiquement son sac. Elle a du lever le nez pour me reconnaître.
_Tiens lieutenant Montel ! Non non je vais juste chercher quelques affaires dans mon coffre de voiture. Si je retrouve mes clefs…fichu sac, je l’ai vraiment pris trop grand !
Flack a eu un sourire en la voyant nous dépasser d’un pas rapide. J’ai eu un soupir amusé, puis me suis avancée des doubles portes vitrées pour provoquer leur ouverture. Flack m’a alors brusquement attrapé par le bras.
_Diane.
_Aie ! Quoi ?
_Regarde.
Il m’a désigné un reflet dans la vitrine et j’ai froncé les sourcils. J’ai mis quelques secondes à comprendre ce qu’il voulait me montrer et j’ai deviné une silhouette qui se tenait juste derrière notre voiture. Debout dans la rangée d’herbe, les mains dans les poches de son sweat, le visage caché au fond de sa capuche.
_Nom de dieu…
_Tu crois que c’est lui ?
_…oh oui…c’est lui.
_Qu’est-ce qu’il fout là ? il vient surveiller la morgue ?
J’ai froncé les sourcils alors que la pluie était en train de troubler le reflet de ce type sur la vitrine. Le squelette était déjà entre ses mains, alors pourquoi se tenait-il là, en train de nous regarder ?
15 novembre 2008
Lune Bleue - 35 -
J'ai quasiment fini Lune Rouge ! Le plus gros est fait, je n'ai plus que la toute dernière partie à faire. J'avoue que j'hésite à la mettre tout à la fin, mais bon...ça m'a semblé sympa sur le coup. Je verrai bien avec mes lecteurs ;)
Pour le blog, j'attends de pouvoir changer sa mise en page avant de me prononcer. Ça ne serait pas juste pour ceux qui suivent ^^"'
La suite de l'histoire, bonne lecture à vous.
Il nous a regardé comme s’il voulait des détails, mais il a de nouveau baissé les yeux quand il a compris qu’il n’en aurait pas.
_J’attendais Slow parce qu’il aime bien prier là-bas.
_Slow ?
_…mon pote qui était avec moi tout à l’heure.
J’ai presque eu un rire à l’énonciation de ce surnom tout aussi bête que « Jock » et Flack lui a fait signe de poursuivre. Il a continué en secouant toujours plus son genou.
_Ce gars est arrivé et m’a demandé si je voulais gagner de l’argent. Je l’ai regardé de travers mais il m’a juré que c’était sans danger. J’avais qu’à faire mon boulot …le seul truc, c’était de changer de corps à la morgue.
_Le cadavre de la vieille dame contre le squelette.
_Ouais…mais je devais le remettre morceau après morceau, sinon le marché tombait à l’eau.
_Où as-tu fait l’échange ?
Il a encore eu des scrupules mais il a cédé en sentant nos deux regards le fixer.
_Si j’vous dis où….vous parlerez au juge ?
_Ça dépend de toi.
Il a soupiré et a attrapé le calepin laissé par Flack. Il a commencé à y dessiner quelque chose d’une main sèche.
_Il m’a donné rendez-vous sur un chemin, à la sortie de la ville. Slow dormait, il a rien vu.
Flack a lu au-dessus de son épaule.
_Ça, c’est la rivière ?
_Ouais…j’ai attendu quoi…vingt minutes et ils se sont pointés au bord d’un van noir. Les fenêtres étaient couvertes de peinture. Vous savez, le truc pour pas voir à l’intérieur.
_Combien étaient-ils ?
_Trois. Deux ont pris le brancard pour récupérer leur squelette et l’autre nous a payé.
_Tu pourrais nous en faire un portrait si on te présente à un dessinateur ?
Il a grimacé en secouant la tête.
_Il portait des lunettes de soleil…par contre…j’ai noté la plaque de leur van…
J’ai sursauté, stupéfaite. Il nous a regardé d’un air presque désespéré quand Flack s’est redressé.
_Mais c’est intelligent ça ! Ça va pas effacer tes conneries, mais ça pourrait bien plaider en ta faveur ! Tu notes ?
Le gosse a obéi et nous a tendu le calepin.
_Des travaux d’intérêts général si tu fais amende honorable, ais-je déclaré en lisant le numéro, après ça, je te conseille d’aller voir tes parents et de prendre un peu d’air frais. Tu as besoin de remettre de l’ordre dans tes idées, tu me suis ?
Il a vivement acquiescé, rassuré, et nous avons quitté la salle avec une nouvelle information en poche.
_On lance une recherche sur le van et sur ce chemin, au cas où ils auraient laissé des traces.
_Et où tu vas là au juste ?
J’ai attrapé mon blouson qui patientait sur le dossier de ma chaise.
_A la morgue. J’aimerai tenir Alain au courant de nos dernières découvertes. Après tout, il était responsable du caveau. Et le capitaine se méfie de lui.
_D’accord. Laisse-moi juste le temps de passer un coup de fil et je te rejoins.
_C’est bon, j’ai pas besoin d’une baby-sitter.
_Laisse tomber, j’ai dit que je venais !
J’ai eu un soupir agacé. Il a laissé un message sur le répondeur de Viviane pour la rassurer et m’a rattrapé alors que j’appelais l’ascenseur.
_Une chose que je ne comprends pas, me dit-il alors en regardant les numéros s’égrainer alors que nous gagnions le rez-de-chaussée, pourquoi engager des sous-fifres pour faire un truc pareil ? pourquoi notre assassin n’a pas fait ça tout seul ?
_Et comment aurait-il fait pour transporter le squelette ?
_Il a trouvé le moyen d’énucléer deux personnes sans que ces dernières ne le sentent arriver et il ne serait pas capable de voler une squelette en morceau ?
J’ai eu un soupir lorsque les portes se sont rouvertes sur le hall du commissariat.
_Il a claqué 10.000 euros pour engager ces gosses ! Alors soit il est hyper prudent et ne veut surtout pas se faire pincer, soit…
_…soit il n’est pas tout seul.
