17 mai 2009
Journée contre l'homophobie
Et oui aujourd'hui, c'est militant ! Le 17 mai est la journée contre l'homophobie. Allez voir sur le site de D'jou : ICI qui a écrit un super pamphlet sur cette cause qui me touche tout particulièrement. N'hésitez pas à faire passer le message ! Homo ou hétéro, nous cherchons tous la même chose ! 
06 décembre 2008
La nuit des Dieux - 2 -
Deuxième partie de ce nouveau texte. Rassurez-vous, je vous mettrai de la Lune Bleue la prochaine fois, question que tout le monde ne s'enfuie pas :p
En fait, j'avoue, cette nouvelle histoire me tient à cœur mais je n'ai pas encore trouvé la bonne forme pour pouvoir me lancer dans un nouvel univers : à la 3e personne, 1er personne...j'ai l'impression d'avoir beaucoup perdu dans mon écriture à la 3e personne, alors qu'avant, c'était écrire à la première personne qui me faisait peur. Du coup, je ne sais plus trop ce que je dois faire pour rendre tout ça "vivant".
Allez, j'arrête de vous embêter, bonne lecture à vous ^^
La chasseresse
Il faisait nuit depuis un petit moment déjà. Endimion leva son museau et renifla discrètement autour de lui. Il frissonna lorsqu’il sentit qu’il allait pleuvoir et se redressa, inquiet. Il tendit le cou et regarda dans la petite ruelle où avait disparu sa maîtresse. Cela faisait bien une heure qu’elle lui avait ordonné de rester là, près de sa voiture.
Nerveux, il gratta légèrement le sol de béton et pénétra
dans l’étroit couloir. Il baissa les oreilles et slaloma avec prudence entre
les poubelles. Il renifla quelques odeurs et reconnut celle qui l’intéressait.
Il accéléra peu à peu puis finit par courir à perdre haleine en suivant cette
trace dans les dédales du sous-sol de la ville, là où vivaient les oubliés du
monde, les pauvres, les toxicomanes, les prostitués de bas étage et les
indigents.
_Eh le chien ! Gentil gentil, viens par ici.
Il freina lorsqu’une vieille femme se dressa sur sa route et montra des crocs en sentant des effluves peu agréables. Il sauta sur des poubelles oubliées et continua sa route, la langue pendante.
_Gnouf !
Il pointa sa truffe au sol et couina légèrement lorsqu’il reconnut l’odeur de sang. Il chercha un instant autour de lui puis continua sa route en rasant les murs de ces carrés de béton où s’entassaient des centaines de personne désireuses de gagner une autre vie en cherchant du travail dans cette ville mégalopole où les plus faibles étaient systématiquement écrasés.
_Endy…
Une voix à peine audible le paralysa. Il tourna sur lui-même et leva le museau quand un caillou tomba près de lui. Il comprit qu’elle se cachait sous les arcades de métal qui soutenaient l’un des nombreux ponts qui facilitaient la circulation des habitants du premier étage. Il chercha alors autour de lui et grimpa sur les déchets pour pouvoir gagner les hauteurs. Il se faufila entre les cerceaux d’acier puis vit une main se tendre vers lui.
_Kaï !
_Ça va, ça va…n’aie pas peur.
Il se laissa caresser par ces longs doigts couverts de
cuir et vint se blottir contre la jeune femme qui se tenait là, assise sur une
longue poutre. Le ventre couvert de sang, elle respirait entre deux sifflements
rauques mais ne semblait pas en souffrir autant qu’elle ne l’aurait du. Elle
chassa la sueur qui perlait sur son front et laissa son chien s’allonger sur
ses jambes pour la réchauffer. Elle dénoua ses poils de quelques caresses et
ferma les yeux un instant en prenant appui contre une des larges poutres de
soutien.
_Rassure-toi, je n’ai quasiment plus rien, souffla-t-elle lorsqu’Endimion l’interrogea d’un regard perplexe, je l’ai sous-estimé…
Elle lui gratta une oreille et força un sourire.
_…mais ce
n’est que partie remise, d’accord ? Même si j’entends Phoebus râler d’ici,
je vais aller prendre une bonne douche. On a besoin de repos, toi et moi.
Le chien jappa et regagna le sol en quelques sauts. Sa maîtresse fut plus lente mais se leva bientôt de toute sa hauteur, le visage encore blanc. Elle baissa les yeux et ronchonna lorsqu’elle découvrit que l’un de ses chemisiers préféré était fichu. Elle replia son arme préférée et la cacha sous son long manteau pour gagner un peu de discrétion. Endimion lui, se chargea de la guider loin de ce labyrinthe, le poil hérissé. Il n’est apparu soulagé que lorsqu’ils regagnèrent des rues plus ouvertes et plus vivantes, près du lieu où elle avait garé sa voiture.
_Quittons cet endroit…souffla la jeune femme en ouvrant sa portière pour laisser passer son fidèle compagnon.
Le véhicule s’éleva doucement dans les hauteurs et gagna
le flux de la circulation qui naissait au niveau du premier étage. Elle
disparut sans laisser de trace et parvint bientôt jusqu’au 3e étage
de la mégalopole, là où vivaient les premiers gros portefeuilles de la ville.
Endimion secoua la queue, ravi de retourner à la maison. Il s’appuya contre la
portière lorsque sa maîtresse fit glisser son véhicule sous un large porche de
métal pour s’immiscer dans un couloir étroit. Elle s’arrêta à la hauteur d’un
feu à peine visible et souffla doucement lorsque son véhicule entra dans
l’ascenseur pour se laisser guider tel un monte-charge jusqu’à son appartement.
Ce dernier, un immense loft caché sous les fondations du
bâtiment très imposant qui dominait le quartier Est d’Olympus, n’était connu
que de peu de monde. Ainsi, lorsque la trappe se ferma sous le véhicule, la
jeune femme éteignit le moteur et poussa un long soupir de soulagement.
Endimion sauta en dehors et les lumières s’allumèrent aussitôt en percevant sa
présence. Il traversa l’immense salon et gagna la cuisine presque toute aussi
grande pour se vautrer dans sa gamelle, tel un affamé du monde. Sa maîtresse
garda le sourire et se débarrassa de son long manteau qu’elle posa sur le
sommet de l’un de ses canapés. Elle continua de se déshabiller sans gêne et
jeta sa chemise couverte de sang séché d’un geste négligent. Elle s’enfonça
dans un couloir voisin et deux portes en verre fumé s’écartèrent pour la
laisser entrer dans sa salle de bain. Elle remplit son jacuzzi d’eau chaude et
s’y glissa avec délectation, le ventre ceint d’une cicatrice encore rougeâtre.
Elle se posa contre le rebord et soulagea ses muscles endoloris par quelques frottements au gant de crin. Elle prit ensuite le temps d’étendre ses jambes et observa les peintures qui couvraient les murs : biches et cerfs batifolaient ensembles dans une herbe verte qui lui donnait toujours envie d’aller faire un tour dans les bois.
Elle se laissa glisser sous l’eau et regarda cette dernière onduler au-dessus de sa tête. Le museau d’Endimion apparut alors et elle s’éjecta pour éclater de rire. Le chien recula et se secoua vigoureusement, les oreilles en arrière. Elle repoussa ses cheveux courts des deux mains et souffla longuement pour continuer de se détendre.
Son chien resta à bonne distance, méfiant, et la regarda s’envelopper chaudement dans un peignoir de soie. Elle le gratta entre les oreilles à son passage et regagna son salon d’un pas ample. Elle remarqua que son répondeur clignotait mais elle ne s’y attarda pas et ouvrit son frigidaire. Endimion réapparut, la queue battante.
_Espèce de gourmand, tu crois que je ne t’ai pas vu filer droit vers ta gamelle ?
Le chien jappa et la jeune femme céda en lui versant du pâté odorant. Elle se lava les mains tandis que son compagnon se goinfrait et souffla en sortant une pizza du congélateur. Elle avait envie de quelque chose de plus somptueux, mais son ventre la faisait encore souffrir. Elle préféra éviter une nourriture trop riche et se contenta de cette part qui tournait déjà dans son four.
Elle retourna dans le salon et ramassa l’arme qu’elle avait laissé à côté de son manteau. Elle l’avait déboîté pour faciliter son transport. Aussi se chargea-t-elle de la remettre en état en quelques gestes habiles.
_Hum ?
Elle fronça les sourcils lorsqu’elle tendit la corde de
son arc ainsi assemblé. Ce dernier était d’un plastique noir solide magnifique,
gravé sur toute sa longueur.
Elle sentit de la faiblesse au niveau de la tension et détacha la corde pour remarquer que celle-ci avait été touchée. Son adversaire avait du la frôler avec sa lame lorsqu’il l’avait poignardé.
_…j’aurai du dégainer plus tôt, siffla-t-elle avec colère.
Elle avait pêché par orgueil : elle avait sous-estimé sa proie.
_Tu ne
m’y reprendras plus, pensa-t-elle tout haut en rangeant son arme dans une armoire
prévue à cet effet, demain, je t’amènerai devant le juge.
Elle ferma la porte et rejoignit Endimion qui avait entendu la sonnerie du four. Elle dégagea son dîner et s’installa dans un canapé pour regarder un bon film tout en soulageant son estomac. Endimion grimpa à ses côtés et s’allongea sur ses jambes, soulagé. Enfin sa maîtresse allait se reposer…
01 décembre 2008
Nouveau texte - La nuit des Dieux
Nouvelle petite expérience après le long et fastidieux Lune Rouge. J'ai fini les corrections de ce dernier et je l'ai envoyé à mes lecteurs en espérant des critiques constructives :p
Du coup, j'ai voulu passer à autre chose de plus simple et plus direct. J'ai entamé une histoire avec une galerie de personnages qui j'espère, vous plairont. Je ne sais pas encore où ça va me mener sincèrement, mais sait-on jamais ? ;)
Première partie, bonne lecture à vous ^^ (attention, c'est un peu long à cause de l'intro...et oui les bonnes vieilles habitudes reviennent toujours au galop)
L’écrivain
L’homme courait, le souffle court. Sa respiration formait des ronds de vapeur devant sa bouche alors qu’il tentait désespérément de semer ses poursuivants. La nuit était profonde mais les lumières de la ville éclairaient le ciel comme en plein jour.
L’homme sauta au-dessus d’un tas de détritus et s’arrêta au détour de la ruelle pour reprendre son souffle, dos au mur. Il dressa l’oreille et tenta de percevoir le moindre bruit suspect. Il tressaillit quand quelqu’un marcha dans une flaque d’eau et serra la barre de fer qu’il avait attrapé dans un geste de secours. Une goutte glissa le long de sa tempe et il ferma les yeux à peine quelques secondes. Il devina le canon d’une arme se glisser non loin de lui. S’il fuyait de nouveau, cet individu lui tirait dans le dos. Il devait faire face.
_Han !
Il fracassa sa barre de fer sur le poignet du soldat. Ce dernier poussa un cri de douleur avant de tomber lourdement sur le sol, la tête en sang. Arthur Lassart regarda les yeux ouverts de l’inconnu qui ne bougeait déjà plus et réalisa qu’il l’avait tué. Terrifié, il lâcha son arme de mort et fit volte-face. Il tomba nez à nez avec un autre canon.
_…je devrais vous massacrer…siffla le nouvel arrivant au visage caché derrière un casque aux yeux verdoyants et à la voix étouffée par l’électronique, c’était un ami…
_J’ai agi en légitime défense !
_Ah oui ?
Le soldat le frappa durement au visage du revers de son arme et le regarda tomber, le doigt ancré sur la gâchette. Arthur sentit la douleur lui transpercer le crâne et leva deux doigts au niveau de son arcade sourcilière : elle pissait déjà le sang.
_C’est cette femme que l’on veut ! cracha le soldat en jetant une photographie holographique d’un geste sec, si vous tentez une nouvelle fois de quitter le pays, je demanderai l’ordre de vous descendre. Et ça ne se fera pas avec une seule balle !
Il passa ensuite au-dessus de lui d’un pas ample et
attrapa son camarade par le bras pour le tirer vers lui et le prendre sur son
dos. Arthur le regarda partir d’un pas lourd et s’effondra entièrement sur le
sol, la poitrine en feu.
Il regarda la pleine lune qui l’avait sans doute trahi puis vit les nuages la couvrir, poussés par ce vent glacial qui parcourait la ville depuis plusieurs jours. Quelques gouttes de pluie s’écrasèrent sur son visage crasseux et se mêlèrent à ses larmes avant de l’arroser comme en pleine mousson. S’il avait su…
Cela remontait déjà à 15 ans. 15 ans, l’âge qu’il avait à l’époque. Il était parti avec des camarades pour aller camper loin de la ville, dans l’une des réserves réservées aux civiles. Ils s’étaient installés dans une petite clairière et se préparaient à faire un feu. Arthur avait perdu à la courte paille et avait été contraint d’aller chercher des branches sèches pour servir de nourriture aux flammes. Il y était allé en bougonnant dans sa moustache de pré-pubère et s’était attelé à la tache en s’enfonçant dans les bois plantés là pour retenir la pollution qui envahissait le centre-ville.
_Viens là toi.
Il s’était avancé pour récupérer une branche qui refusait de se faire prendre et avait levé la tête, surpris d’entendre des voix. Ils avaient normalement loués la clairière pour la nuit et tous ses amis se trouvaient près de leur campement. Alors qui… ?
Il s’était légèrement avancé, intrigué, et avait bientôt
aperçu deux silhouettes en train de se battre. Stupéfait, il était resté là à
les observer alors qu’ils se défendaient avec de grandes épées sorties de nul
part. Le métal s’entrechoquait durement et les deux combattants ne cessaient
pas de se jauger, prudents. Il était resté debout, les bras chargés, et
admirait la dextérité des combattants. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux
transperce l’autre de part en part. L’adolescent n’avait jamais vu autant de
sang gicler et avait lâché ses branches dans un geste de peur. L’agresseur
avait fait volte face et il avait découvert le visage de cette jeune femme.
Elle ne ressemblait pas à un assassin. Elle était belle, aux yeux très clairs
et expressifs. Stupéfaite de le trouver là, elle avait perdu sa concentration.
Et son assaillant s’était miraculeusement redressé.
_Attention !
Arthur avait crié. La jeune femme avait sursauté et l’épée
de son adversaire s’était enfoncée dans son épaule. Elle avait encaissé le choc
avec une force que le jeune garçon n’avait jamais vu jusque là, pétrifié de
peur. Elle avait titubé en arrière mais n’était pas tombée. Son agresseur lui,
avait fait demi-tour sans attendre et s’était enfui dans les fourrés sans faire
de bruit ou presque. La femme avait juré dans une langue inconnue et s’était
retournée vers le jeune garçon. Ce dernier avait réalisé qu’il était le seul
témoin de ce qui venait de se passer et paniqué, il s’était enfui sans demander
son reste. Il avait rejoint ses amis qui, impatients et gelés, avaient fini par
faire le feu sans l’attendre. Terrifié, il s’était enfoui dans son sac de
couchage en priant pour que cette inconnue ne vienne pas les massacrer les uns
après les autres. Il avait passé l’une des plus mauvaises nuits de sa vie.
Il lui avait fallu du temps pour passer au-dessus de cette peur qui avait fini par lui dévorer les intestins. Dix ans plus tard, il n’avait pas oublié cette femme qui avait disparu telle une brise. Car paradoxalement, elle lui était apparue comme un havre de beauté malgré la brutalité et la cruauté du combat. Il s’était surpris plus d’une fois à dessiner son visage avec ses pauvres moyens et peu à peu, ses traits s’étaient précisés. A la fin, elle était devenue une véritable obsession.
Ne pouvant se délivrer de son visage, il avait écrit une histoire. Il en avait fait une héroïne de roman. Un roman qui avait connu un succès inespéré. Arthur avait d’abord largement vécu de ce don du ciel, ravi d’entrer dans un monde dans lequel il n’était pas né. Lui, fils de simple instituteur, obligé de vivre dans les étages les plus bas de la ville, était parvenu à s’élever et à rencontrer les filles de ministres qu’il avait parfois mises dans son lit. Tout le monde était stupéfait par son intelligence et par l’univers qu’il était parvenu à inventer à la suite de cette nuit de pleine lune.
Une nuit pourtant, sa vie qui semblait si bien partie est devenue un gouffre de douleur et de mensonge. En entrant chez lui, il découvrit qu’on l’avait cambriolé. Tout ce qui touchait à son roman avait disparu. Angoissé, il fit appel à la police mais cette dernière s’était vite retrouvée les poings liés. Quelqu’un de haut placé refusait qu’il écrive la suite de cette histoire inventée de toute pièce. Pourquoi ?
Il avait reçu la réponse quelques jours à travers deux hommes protégés par une armure bionique. Des agents d’une sécurité privée qui l’ont molestés et laissés pour mort. Un mois à l’hôpital fit réaliser à Arthur qu’il n’aurait jamais du s’inspirer de cette mystérieuse femme pour son héroïne. Après tout, elle avait éventré un inconnu qui s’était relevé quelques minutes après…qui pouvait survivre à ce genre d’attaque ? elle-même avait encaissé un coup qui aurait terrassé n’importe qui. Bien sûr, il y avait réfléchi pendant l’écriture de son roman et avait trouvé l’excuse à travers une résistance quasi-animale venue d’une évolution passée. Une femme, une guerrière venue du fond des âges…avait-il frôlé la vérité à travers son imagination débordante ?
Le jour de sa sortie, un homme imposant était venu s’asseoir à côté de son lit. Accompagné par deux gardes du corps, Arthur s’était senti oppressé et d’autant plus en danger. L’homme, un gros type au cigare finement doré, était un important industriel qui aimait autant la fête que les jeunes enfants. Il harcela Arthur de question quant à son héroïne. Menacé par les deux mastodontes, l’auteur avait cédé, encore souffreteux de son précédant passage à tabac, et avait raconté la scène vue pendant son adolescence. Le gros tas s’était trouvé très intéressé par la description physique de la jeune femme et lui avait présenté une photographie holographique. Arthur avait poussé un cri de surprise : c’était elle ! Elle n’avait pas changé malgré toutes ces années ! Grande, élancée dans un long manteau noir qui lui donnait une classe folle, cheveux courts et presque blancs, elle avait une oreille couverte de percing et un tatouage qui commençait à la base du cou. Athlétique, elle semblait en excellente forme.
_Qui est-elle ? avait demandé l’auteur, soudain excité à l’idée d’en apprendre plus sur son héroïne.
_La femme que vous allez retrouver, avait répondu l’industriel, un sourire cynique aux lèvres, elle vous a laissé en vie, elle a fait une erreur. Retrouvez-la et je ferai de vous un homme riche !
Arthur n’en avait pas cru ses oreilles. Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? comment pourrait-il la retrouver, lui, un simple petit écrivain, alors que cet homme là avait une petite armée son service ?
Il avait tenté de protester mais les deux gardes du corps étaient devenus menaçants. Il avait alors cédé de nouveau sans comprendre pourquoi c’était à lui de retrouver cette inconnue. L’argent l’intéressait, mais pas au point de risquer sa vie. Il pensait alors qu’il lui suffirait de faire quelques recherches et d’avouer ses échecs pour ensuite se libérer de ce gros tas et reprendre le court de sa vie. Mais ce dernier n’était pas aussi stupide. Il le fit surveiller, le poursuivait, le menaçait …épuisé, excédé, Arthur avait tenté de quitter le pays pour essayer de retrouver sa liberté perdue.
« Et voilà le résultat… » pensa-t-il amèrement en regardant la lune qui se découvrait de nouveau.
Il était seul, perdu dans cette immense mégalopole qui vivait de jour comme de nuit. Comment retrouver cette femme parmi 20 millions d’habitants ?
La lune ne lui répondit pas, majestueuse et silencieuse. Elle devait connaître la vérité de son point d’omniscience…
« Si au moins tu pouvais m’aider… »
Il l’envia, cette boule blanche. Si seulement ils pouvaient échanger leurs places…
03 septembre 2008
Sans titre - 1 -
Nouveau texte, nouvelle expérience. Je pense faire de cette histoire une sorte de grosse nouvelle pour présenter un énième sujet. Bien sur, je n'abandonne pas Lune Bleue pour autant, mais j'ai besoin de changer d'univers sinon je vais faire une overdose et c'est le meilleur moyen pour bâcler l'histoire. Et je veux tout sauf ça :)
Je m'essaye donc à une SF plutôt légère, un peu semblable à l'univers de Black Angel, dans un monde dévasté et en reconstruction après la 3e guerre mondiale. Pour l'instant, je n'ai pas de titre, mais c'est à y réfléchir. Je préviens d'avance que je n'ai pas de plan établi car je cherche surtout à me vider la tête. J'ai juste les persos à peu près dessinés, et je vous le dis, ils sont très particuliers, loin des standards habituels. Enfin pour un surtout, après...je ne peux pas éviter toutes les caricatures. Au contraire, je préfère m'en amuser.
En espérant que cela vous plaise malgré tout. Bonne lecture ;)
Lorsque Rachel Frost arriva en ville, cette dernière était
en effervescence. Les beaux jours étaient de retour après un hiver long et
violent qui avait fait traverser diverses tempêtes de neige et autre couche de
verglas si dangereuses dans un endroit si grand. Pourtant, il n’y avait plus
aucune trace ou presque de ces trois mois de mauvais temps.
Rachel remercia le chauffeur de taxi qui l’avait amené jusqu’au centre, le paya cher et le laissa partir à contre cœur. New Paris était une ville absolument monstrueuse en taille et en monument. Heureusement, le taxi l’avait laissé à quelques mètres à peine de sa destination : le commissariat central, encore basé sur les quais.
Il était encore tôt, les camions qui ramassaient les bennes à ordure et les dernières congères étaient en train de finir leur tournée. Ainsi, la jeune femme ne vit pas grand monde en dehors des robots balayeurs par dessus lesquels elle dut passer en une grande enjambée pour éviter de se faire arroser les pieds.
Nerveuse, elle balaya une mèche blonde derrière une oreille, serra l’anse de sa mallette, révisa ses lunettes d’un geste sec avant de s’élancer en direction des deux immenses portes tournantes du bâtiment blanc, passé crème à fur et à mesure du temps passé.
L’œil de caméra s’ouvrit à l’instant même où elle poussa la porte gauche. Il la suivit sans aucune discrétion, signe que le gardien posé derrière son écran bavait sur ses courbes gracieuses. Habituée à ce genre d’attitude, elle n’y fit pas attention malgré son agacement. Ce qui l’ennuyait plus, c’est ce qui s’offrait à ses yeux. Un hall gigantesque où elle ne sut se rendre que par dépit. Elle détestait demander de l’aide pour un sujet aussi bête que son chemin, mais elle dut se rendre à l’évidence. Il y avait trois énormes escaliers de pierre, chacun dirigé dans une direction différente. Comment savoir ?
_Hum excusez-moi.
L’homme à l’accueil leva le nez de son magazine et lui lança un regard noir.
_C’est pourquoi ?
_Je dois rencontrer le capitaine Zurna à 8h00, mais j’ignore où se trouve son bureau.
L’homme eut un fin sourire moqueur. Il ne la croyait pas : il n’y avait pas raison qu’une femme ait rendez-vous avec le grand héros de guerre Zurna. Il l’aurait prévenu.
_Bon ! s’agaça Rachel en devinant ses pensées, je suis médecin et je suis là pour la visite annuelle ! Vous désirez peut-être que je commence par vous ?
Pour preuve, elle lui montra sa carte d’affection et l’homme se redressa aussitôt sur son siège, maladroit.
_Ne non !…attendez.
Il décrocha son micro et envoya un message télétexte de toute urgence au bureau du commandant.
La réponse ne se fit pas attendre, contrairement à ses espérances. Le docteur Rachel Frost était bien attendue, et il n’avait pas intérêt de la retarder davantage.
_Euh le capitaine vous attend. Escalier derrière moi, 2e étage au fond du hall.
_Merci.
Elle reprit sa mallette et s’engagea dans les marches d’un pas svelte. Elle slaloma entre les robots ménagers et reprit son souffle une fois arrivée à destination : là elle passa une porte qui s’écarta d’elle même et elle découvrit l’étage de la brigade criminelle. Des dizaines de bureaux qui se faisaient face à face en binôme avec ordinateur intégré, identification palmaire, une lampe fluorescente et quelques plaquettes de document qui signifiait que tout le travail n’était pas terminé.
Quelques hommes étaient déjà arrivés et la regardèrent passer avec un œil circonspect. Il y avait bien des femmes policiers mais ces dernières étaient plus discrètes et ne travaillaient pas en tailleur beige et talons aiguilles. Rien de commode étant donné l’endroit.
« Toc toc »
« Oui entrez »
La porte glissa sur le côté après le feu vert du capitaine. Elle passa un pas et la porte se referma dans un bruit de pression.
_Ravi de vous rencontrer enfin docteur. Désolé pour toutes ces précautions, mais vous savez ce que c’est…
Le capitaine Zurna devait bien approcher la soixantaine. Cheveux courts gris et tempes blanches, le ventre rond et la moustache frétillante, il n’était plus aussi fringuant que le jeune aviateur qu’il était au moment de la troisième guerre. Cependant, son œil était toujours aussi pétillant et son esprit très vif. Il n’était pas un vieux singe pour rien.
Rachel le remercia et prit place en face de son bureau, ravie d’être enfin arrivée à destination.
_Comment fut votre voyage ? j’ai cru comprendre que vous veniez de Roma ?
_C’est exact oui. Une inspection de dernière minute. J’ai eu peur d’arriver en retard.
_Ne vous en faites pas, nous avons l’habitude. La moitié de mes hommes arrivent en retard, alors pourquoi pas vous ? mais pardonnez mon impolitesse, vous désirez boire quelque chose ?
Il appuya sur un bouton sous son sous-main et deux livres de son étagère se retournèrent pour laisser apparaître plusieurs bouteilles de grand cru.
_Non merci, jamais le matin.
_Vous faites bien, sourit l’homme en se servant un fond de scotch, j’aimerai être aussi fort que vous sur ce point. Mais rassurez-vous docteur, je ne dépasse jamais la limite.
_Je l’espère pour vous capitaine. Vous savez que je suis censée faire un rapport sur la santé de vos hommes. Vous êtes évidemment compté dedans.
_Ah ?
L’homme regarda son verre d’un air surpris puis soupira en versant son contenu dans la bouteille.
_Je vais devoir suivre un régime si je comprends bien…
Il se laissa tomber au creux de son fauteuil de cuir et soupira en regardant sa bouteille avec envie. Rachel cacha un large sourire amusé et ouvrit sa mallette enfin d’en sortir une plaquette holographique qu’elle alluma en l’effleurant du doigt.
_Vous avez…190 hommes sous vos ordres en ce moment même. 66% d’homme, le reste de femme. 33% ont dépassé la quarantaine, dont vous même.
_Vous êtes bien renseignée, même si pour moi, toutes ces statistiques ne veulent rien dire. 190 personnes à ausculter…cela va vous prendre plus de deux semaines.
_Sans nul doute. C’est pourquoi j’aimerai commencer le plus tôt possible. Par vous.
L’intéressé déglutit. Ce n’était pas trop ce qu’il avait espéré mais il ne pouvait pas y échapper. En tant que chef de groupe, il se devait de montrer l’exemple.
_Si je n’ai pas le choix…je vais vous montrer notre infirmerie. En espérant qu’elle vous plaise…mais ne me torturez pas d’accord ? je suis un vieil homme qui a besoin de compassion de la part d’une si belle femme.
Rachel se retint de rire devant son air de chien battu et le suivit dans les couloirs en regardant bien autour d’elle pour pouvoir s’y retrouver après ça. Elle n’avait pas vraiment un bon sens de l’orientation et cela lui avait déjà joué des tours…
10 juillet 2008
Nouvelle - Nos ancêtres les hommes
Ayé dernière partie de cette nouvelle :) oui vous pouvez souffler de soulagement à présent.
Bonne fin de lecture.
Nos ancêtres les hommes - 5e partie
J’ai baissé
les yeux, mal à l’aise. Il a eu un autre soupir et a essoré son bonnet de main
d’une main sèche.
_Cette piscine appartient à mon
père. Tu peux venir quand tu veux. Il te suffira de passer par la porte de
derrière.
_A…Attends !
Il s’est
arrêté alors qu’il contournait lentement le bassin, encore dégoulinant.
_Pourquoi…es-tu venu m’aider ?
Il a haussé
les sourcils puis s’est doucement mis à rire.
_Cherche bien.
_Mais…quoi ? Qu’est-ce que je
dois chercher ?
Je l’ai
entendu rire un peu moins fort en quittant la salle et je suis restée seule,
trempée dans mes vêtements de civile. Comment est-ce que j’allais pouvoir
rentrer à la maison ?
_Tu as vu l’heure ?! Je peux
savoir où tu étais passée ?!
_C’est bon, je suis là maintenant…
_Arrête de me parler comme à un
imbécile ! tu as vu dans quel état tu es ? d’où est-ce que tu
viens ?!
_Georges arrête de crier. C’est moi
qui lui ai autorisé à sortir.
_Que…pourquoi ?!
J’ai fermé
derrière moi et j’ai posé mon sac sous le porte-manteau. Mes parents se
disputaient déjà lorsque je me suis glissée dans la salle de bain. Je me suis
vite changée, grelottante. L’eau de la piscine n’était pas spécialement chaude.
Quand je me
suis regardée dans la glace, je n’avais rien vu de particulier. J’étais comme
d’habitude. Mais lorsque je me suis passée de l’eau sur le visage, j’ai vu mes
pupilles s’élargir brusquement.
_Wha…
J’ai écarté
les doigts. Les palmes étaient revenues. Dès que je touchais de l’eau…je me
métamorphosais…
« Elle n’a que 16 ans !
Tu imagines un peu ce qui se serait passé s’il lui était arrivé quelque
chose ?! »
« Ce n’est plus une enfant
Georges ! Cesse un peu de la materner à tout va ! »
« Tu ne te rends pas
compte ! J’étais fou à son âge ! Moi aussi je voulais aller sur
Terre. Et la preuve, ça n’est jamais arrivé ! »
_…ce n’est pas comme si tu avais
essayé.
_Que !
Mon père a
fait volte-face, les oreilles rouges. Je tenais le verre d’eau que j’utilisais
d’habitude pour me brosser les dents.
_Tu ne seras pas surprise
d’apprendre que tu es privée de sortie jusqu’à nouvel ordre, siffla-t-il en
contenant mal sa colère, et tu rentreras juste après les cours pour faire tes
devoirs. Pendant un mois.
_Non.
_Comment ça non ?!
_Non comme ça.
Je lui ai
balancé l’eau au visage. Ma mère a poussé un cri d’exclamation et s’est levée
de sa chaise. Mon père a titubé et s’est aussitôt essuyé avec frénésie. Mais
c’était trop tard. Ses yeux avaient changés.
_Vous m’avez menti…pendant tout ce
temps…
_Liana, attends…ce n’est pas ce que
tu crois !
_Je suis un monstre ! Vous avez
fait de moi un monstre !
_Non, nous avons tenté de te
protéger !
J’ai serré
les poings, mauvaise. Ma mère a soupiré, une main sur le front.
_Ça devait arriver…
_Vous êtes quoi au juste ?
qu’est-ce que je suis ?!
_…une sirène…
Je me suis
figée. Mon père s’est passé un mouchoir sur le visage et ses yeux sont
redevenus noisettes. Il m’a dévisagé dans un long soupir.
_Nous sommes…les descendants d’un
peuple que les humains ont surnommé les sirènes. Mi-homme, mi-poisson. C’était
comme ça jusqu’à ce que…jusqu’à ce qu’ils nous repoussent dans nos derniers
retranchements. Nous sommes venus ici en espérant un jour retourner sous l’eau.
J’ai fixé ma
mère. Elle s’est pincée les lèvres sans oser me regarder, les yeux rouges.
_Nous espérions…non…j’espérais …que
tu vives comme toutes les autres adolescentes de ton âge et que tu ne saches
jamais d’où nous venions.
_Comment espérais-tu me cacher une
chose pareille ?!
_Je ne sais pas ! Je…je voulais
y croire, c’est tout !
J’ai
dégluti, la gorge sèche. Il m’a semblé bien petit d’un seul coup. Et
beaucoup moins effrayant.
_J’aime nager…j’adore ça. Et j’aime
les poissons.
_Je sais…comme nous.
_Pourquoi ne pas essayer de trouver
un endroit où aller et…
_Ça ne sert à rien.
_A rien ?
J’ai ouvert
les mains en quête d’explication mais mon père a fait demi-tour d’un pas sec.
_La Terre n’est plus viable pour
nous. Les océans, les mers, les fleuves…il faudrait des siècles pour qu’ils
redeviennent comme avant. Ne te fais pas d’illusion Liana. Tu ne te feras que
du mal.
Il est entré
dans leur chambre et s’est enfermé à l’intérieur sans ajouter un seul mot. Ma
mère a eu un long soupir et s’est levée pour me prendre par les épaules.
_Laisse-lui un peu de temps…
_Mais j’ai le droit de savoir !
_Bien sûr …ton père fait ce qu’il
peut, cependant…il n’arrive pas à oublier. Tu lui ressembles beaucoup. C’est
pour ça qu’il a peur.
_Je ne veux pas devenir comme lui.
_Je sais bien. Pourquoi crois-tu que
je t’ai laissé partir là-bas ?
J’ai baissé
les yeux. Elle m’a un peu secoué puis est allée voir comment mon père se
portait. Je suis retournée dans la salle de bain pour finir de me brosser les
dents.
« Une sirène… »
J’ai regardé
l’eau filer dans le siphon et je me suis sentie soudain très fatiguée. J’ai
repensé à Samuel…comment avait-il tenu pendant toutes ces années ? nager tout
seul n’était jamais vraiment plaisant. C’était sans doute pour ça qu’il avait
tenu à m’aider. Trouver une amie pour comprendre ce qu’il était…
_…salut.
_…salut…
Le
lendemain, il est venu me voir en plein milieu du couloir, devant tous les
autres élèves du lycée. Je fermais à peine mon casier qu’il m’a tendu une carte
plastifiée.
_Qu’est-ce que c’est ?
_Un abonnement annuel à la piscine.
Comme ça, tu pourras venir autant de fois que tu veux.
_Oh…merci…
_Pas de quoi.
Il a fait
demi-tour, les mains dans les poches de son sweat bleu.
_J’ai parlé à mes parents hier
soir !
Il s’est
arrêté et m’a regardé.
_Ils…enfin…mon père a eu du mal
mais…je crois qu’il va venir avec moi…à la piscine.
_C’est cool.
_Tu voudrais venir ?
Il a haussé
un sourcil et j’ai cru bon me reprendre, fixée par plusieurs regards intrigués.
_Si je viens nager…tu…
Il m’a
franchement fait face mais je me suis sentie rougir à cause des murmures qui
commençaient à naître autour de nous.
_Je…je voulais juste te remercier.
J’ai fermé
mon casier d’un geste sec et je l’ai doublé en tenant mon sac contre moi,
gênée. Il m’a subitement attrapé par le bras et j’ai titubé sous la force de
son geste. Il m’a rattrapé et a souri quand j’ai du devenir rouge comme une
pivoine.
_J’accepte si tu viens te faire une
toile avec moi après les longueurs.
_Quoi ?…
Je l’ai
regardé et il a souri d’autant plus devant ma surprise.
_Je t’intéresse seulement parce que
je suis comme toi…ais-je murmuré en m’écartant de lui.
_Non.
Il m’a tenu
la main et m’a empêché de partir.
_Je suis entré dans le club de
natation pour une seule raison. Et quand tu l’as quitté, j’ai cherché à
comprendre. Combien avais-je de chance que tu aimes l’eau autant que moi ?
quasiment aucune ! Alors maintenant que je sais…ne t’attend pas à ce que
je te laisse partir comme ça.
J’ai
dégluti, mal à l’aise.
_Il te suffit de dire oui tu
sais ?
_Mais…je ne sais pas. Ça ne fait que
24 heures que je connais la vérité…
_Et toute une vie pour apprendre.
J’irai sur Terre un jour…j’aimerai que tu viennes avec moi.
J’ai
écarquillé les yeux.
_Nager avec les poissons dans
l’océan Indien…comme dans nos rêves. Ça ne te plairait pas ?
J’ai
acquiescé sans oser répondre. Il s’est contenté de me serrer la main et de
m’entraîner jusqu’en classe où tout le monde nous a regardé sans dire quoique
ce soit.
Cette main-là…je l’ai toujours dans la mienne aujourd’hui, alors que je regarde ces poissons, ces soles et ces coraux vivrent sous mes yeux. L’eau est si claire et si chaude, bercée par les rayons d’un soleil rougeoyant…je nage et voyage en suivant le courant qui m’entraîne toujours plus loin…loin de la terre des hommes…
08 juillet 2008
Nouvelle - Nos ancêtres les hommes
Suite encore et toujours. Rassurez-vous, ça ne devrait plus être long.
Bonne lecture à vous ^^
Nos ancêtre les hommes 4e partie
Samuel est
venu vers moi et m’a attrapé les poignets. Je l’ai violemment repoussé et je me
suis précipitée par les marches.
_Shhhh !
Dès que j’ai
mis le nez dehors, j’ai senti que je ne pouvais pas reprendre ma respiration et
je suis retombée à la renverse dans un gros plouf, le cœur palpitant. Je n’ai
vu que des bulles quand Samuel est apparu au-dessus de moi, imperturbable.
« Quand est-ce que tu vas
comprendre… »
« Qu’est-ce que tu m’as
fait ?! »
Il a cligné
des paupières et ses yeux noirs ont retrouvé leurs pupilles bleues et leurs
iris blanches. Il m’a regardé avec un air surpris, battant à peine des
jambes.
« Moi ? mais rien du
tout. Tu as toujours été comme ça »
« Je ne te crois pas ! »
Il a froncé
les sourcils et s’est approché d’autant plus. J’ai reculé mais il a levé une
main et m’a attrapé par la nuque.
« Aie ! Lâche-moi ! »
« Liana arrête »
Il m’a
bloqué les mains et a appuyé à l’arrière de mon cou. J’ai poussé un cri de
douleur en sentant quelque chose en sortir.
Soudain, le
poids que j’avais sur la poitrine s’est envolé.
« Là…c’est mieux non ? »
Il m’a
doucement lâché une paume en gardant quelques doigts de l’autre entre les
siens. J’ai tâté mon cou et j’ai retenu un autre cri de surprise : j’avais
deux trous qui s’ouvraient et se fermaient à intervalle régulier.
« Qu’est-ce que…c’est ? »
Il a eu un
sourire légèrement moqueur.
« De quoi te permettre de
respirer sans contrainte. Viens »
« Je…attends ! »
Il m’a tiré
vers lui puis m’a lâché pour s’élancer dans une course, les jambes jointes pour
aller plus vite.
« Allez viens. On va voir
lequel de nous deux est le plus rapide ! »
« Tu…tu ne m’as pas dit ce qui
m’arrivait ! »
« Réfléchis petite,
réfléchis »
« Petite ? »
Il s’est mis
à rire puis a tourbillonner sur lui-même avant de faire volte-face et revenir
vers moi.
« Nage Liana. Tu n’en as pas
envie ? »
« Je… »
J’ai regardé
mes mains. Puis j’ai touché mon cou.
« C’est impossible… »
« Rien n’est
impossible ! se moqua-t-il en s’arrêtant devant moi, tes parents ne
te l’ont jamais raconté ? »
« Quoi donc ? »
« L’exode »
J’ai
doucement battu des jambes et il m’a contourné sur le dos dans une belle
roulade. Je n’avais jamais vu quelqu’un nager aussi librement.
« L’exode…quand nos ancêtre
ont quitté la Terre ? »
« Hum hum. Les hommes sont
tellement bêtes…enfin ! Quand je dis les hommes, je veux parler des êtres
humains hein ? »
J’ai eu un
rire amusé devant son air gêné. J’ai doucement commencé à nager et j’ai été
surprise de voir avec quelle facilité je pouvais bouger mes membres.
J’ai fait
une longueur, puis deux…même mon épaule ne me faisait plus souffrir !
Samuel est
venu près de moi et nous avons commencé à faire la course. A une vitesse folle
je dois bien l’avouer. Ça m’a tellement grisé que je me suis mise à rire sans
raison particulière.
« Attention ! »
J’ai pillé
net quand il a crié. J’ai failli me prendre le mur de limite.
« C’est ça le souci…soupira-t-il
alors que je reprenais doucement mes esprits…on ne peut pas aller plus loin… »
J’ai repris
mon souffle et toute l’allégresse s’est évanouie. J’ai même commencé à me
sentir mal…
« Il faut que je
sorte »
« Je…attends ! »
Je suis
lentement remontée à la surface et j’ai senti mon cou changer de forme. Mes
doigts se sont affinés et j’ai pu marcher sans risquer de glisser sur le
carrelage froid.
_Liana…
J’ai repoussé
mes cheveux dégoulinants et j’ai essayé de les essorer un peu, les mains
tremblantes.
Samuel est
arrivé derrière moi et a retiré le bonnet de bain rouge qu’il portait depuis le
début. Il s’est frotté le haut du crâne, redevenu totalement humain et m’a
regardé avec une mine attristée.
_Quand les hommes se sont rendus
compte que c’était trop tard…que la Terre ne serait plus jamais la même…ils ont
décidé de prendre la fuite et de chercher une planète d’accueil pour tout
recommencer. Nos ancêtres n’ont pas pu faire autrement…l’eau, les océans…tout
était envahi. Et il y avait la promesse d’un monde meilleur. Ils ont suivi en
espérant pouvoir bientôt nager à nouveau…
Je l’ai
regardé et il s’est arrêté à mes côtés.
_…mais ça n’est jamais arrivé. Alors
ils ont du se fondre dans la masse. Jouer les êtres humains normaux…cacher ce
qu’ils sont et surtout éviter les lieux publics comme celui-ci…
_Ils ne m’ont jamais empêché de
nager. Mes parents…
Il a eu un
simple sourire gêné.
_Tu n’avais pas encore changé.
_Mon père est très dur. Il refuse
que je me montre trop aux autres. Ma mère…m’a donné un flyer pour cet endroit,
mais…je ne sais pas si…
_Si elle sait ? Evidemment. Tu
n’as pas été adopté.
Je me suis
tournée de son côté. Il s’est contenté de hausser les épaules.
_Je suis désolée…
_Je fais avec, que veux-tu ?
mais ce n’est pas là le sujet. L’important, c’est que tu saches.
_Pourquoi ?
Il s’est
massé la nuque et a eu un long soupir.
_Cela aurait fini par te tuer. J’ai
vu comment tu étais pendant le cours de géographie…tu le vivais comme si tu y
étais. Tu nageais avec les poissons, n’est-ce pas ? tu avais vraiment
l’impression d’être sous l’océan.
Je n’ai pas
répondu, les dents serrées.
_C’est plus fort que nous, Liana.
C’est notre nature. L’eau est notre élément. Nous sommes venus sur les côtes,
parce que nous devions survivre quant à l’expansion de la civilisation sur nos
terres…mais nous ne sommes bien que lorsque nous nageons.
06 juillet 2008
Nouvelle - Nos ancêtres les hommes
Suite de ma nouvelle sur le thème de l'eau. Coupure sans doute pas très intelligente mais cela vous permet de lire sans vous bousiller le cerveau ^^
Bonne lecture à vous.
Nos ancêtres les hommes - 3e partie
"_Ah !
Deux mains
m’ont alors subitement attrapées par les épaules et m’ont tiré en arrière. Je
me suis violemment débattue tandis qu’elles me maintenaient sous l’eau.
« Calme-toi ! Je ne
veux pas te faire de mal ! »
Je me suis
agrippée aux bras qui me tenaient et j’ai reconnu le visage de Samuel avec ses
yeux clairs. Comment est-ce que…
« Tu m’entends n’est-ce
pas ? »
J’ai cessé
de gesticuler et il m’a doucement relâché. Nous nous sommes fait face et il m’a
souri malgré les bulles d’air qui lui sortaient des oreilles.
« Comment… ? »
« N’y pense pas pour le
moment »
« Mais… »
« Tu dois remonter lentement
à la surface. Si tu vas trop vite, tes poumons ne vont jamais avoir le temps de
se refaire à l’oxygène »
J’ai froncé
les sourcils.
« Je ne comprends pas »
« Fais comme moi et tout ira
bien »
Il m’a pris
la main et m’a doucement tiré vers le haut. Je me suis laissée faire comme une
enfant et j’ai doucement sorti la tête de l’eau. Il m’a poussé vers les
escaliers et j’ai pu enfin quitter le bassin malgré le tremblement de mes
jambes.
_Ça va mieux là non ?
Il est sorti
à son tour, dégoulinant et m’a souri quand je me suis éloignée brutalement de
lui. Ses amis s’impatientaient de l’autre côté. Ils m’avaient vus.
_Reviens vers 18 heures…la piscine
sera vide. Je t’expliquerai tout.
_M’expliquer quoi ?
_Pourquoi tu te sens si mal sur
terre par exemple.
J’ai reculé
la tête, surprise, et il a fait demi-tour sans attendre afin de rejoindre ses
camarades. Je suis restée seule pendant un moment jusqu’à ce qu’un frisson
m’envahisse. J’ai décidé de regagner les vestiaires où j’ai trouvé une cabine
vide. Je m’y suis assise, fatiguée.
Je ne comprenais pas ce qui venait de se passer. Pourquoi Samuel s’intéressait à moi d’un seul coup ? c’était un garçon populaire, il n’avait pas besoin de s’occuper d’une fille paumée…encore moins devant ses amis qui n’allaient pas manquer de le charrier à cause de notre discussion.
J’ai regardé ma montre après m’être lentement rhabillée. Il restait à peine une demi-heure avant son mystérieux rendez-vous. Je me suis doucement séchée les cheveux, pensive et je suis restée dans la cabine jusqu’à ce que les femmes venues se changer quittent la pièce. Je n’en suis sortie que lorsqu’il n’y a eu plus aucun bruit.
Je suis
retournée du côté du bassin avec mon sac de sport, mais tout était désert. J’ai
regardé autour de moi, intriguée. Je suis allée voir du côté de l’accueil et je
l’ai vu clôturé. La piscine fermait à 17h45. Cela faisait un quart d’heure que
j’étais enfermée à l’intérieur.
_C’est pas vrai…je me suis faite
avoir comme une bleue !
J’ai repris
ma serviette et je suis allée voir du côté de l’eau en espérant y trouver
quelqu’un, un maître nageur peut-être…mais quand je me suis approchée du bord,
j’ai vite remarqué une tache sombre au centre. Un nageur qui flottait sur le
ventre.
_Nom de dieu… !
J’ai balancé
mon sac et mes baskets avant de me jeter à l’eau pour vite retourner cette
personne et l’aider à respirer.
_Qu’est-ce que…
J’ai tiré la
personne vers moi avant de reconnaître cette couleur jaune bien familière. J’ai
senti la honte me monter au visage.
_C’est très amusant !
Vraiment !
J’ai
brutalement rejeté le mannequin utilisé pour les cours de sauvetage et un rire
a résonné dans toute la pièce. J’ai repoussé mes cheveux, prise sur le fait, et
Samuel est apparu, hilare.
_Très beau plongeon. J’ai
adoré !
Il a
applaudi, debout en maillot de bain.
_Ça t’amuse espèce de crétin ?!
J’ai cru que quelqu’un se noyait !
_Désolé, me dit-il avec sincérité,
mais je devais trouver un moyen de te faire rentrer dans l’eau.
J’ai eu le
souffle court quand il s’est approché du bord. Il a plongé d’un saut et m’a
rejoint d’une longue brassée. J’ai rapidement reculé, méfiante. C’était un
guet-apens et je n’avais pas l’intention de me laisser faire.
_Pourquoi as-tu quitté le club de la
natation ? me demanda-t-il alors que je nageais à reculons, tu étais bien
partie pour être la meilleure.
_Je ne vois pas en quoi ça te
regarde.
_Tu as commencé à changer n’est-ce
pas ?
_Je te conseille pas
d’approcher !
J’ai plongé
pour filer loin de lui et regagner les escaliers. Mais il est soudain apparu
devant moi, les yeux entièrement noirs.
« Aah ! »
J’ai fait
volte-face, cependant il s’est glissé juste sous mes jambes pour me doubler
avec une vitesse impressionnante.
« Ça ne sert à rien »
« Laisse-moi
tranquille ! »
« Si tu sors de l’eau comme ça,
tu vas étouffer ! »
Je me suis
arrêtée net, les mains sur le mur. Il m’a regardé en continuant de nager vers
moi.
« Ça fait déjà plus de 3
minutes que nous sommes sous l’eau, tu ne t’es jamais demandé comment tu
faisais pour tenir aussi longtemps sans reprendre ton souffle ? »
« Je…je ne sais pas »
« Et comment peut-on parler
sans ouvrir la bouche ? »
« Je…je n’en sais
rien ! »
« Tu ne t’es jamais posé de
question ? »
« Bien sûr que si ! Bon
sang, laisse-moi tranquille ! »
Je me suis
dirigée vers la surface mais je me suis arrêtée quand je me suis saisie de
l’échelle. Mes mains…
« Qu’est-ce que… ? »
J’ai écarté
les doigts sans y croire. Des palmes étaient apparues sans même que je ne le
sente. J’ai regardé mes pieds…ils étaient dans le même état.
« C’est pas
vrai ! »
« Liana, calme-toi ! »
« Que…qu’est-ce qui
m’arrive ?! »
« Rien. Tu redeviens juste
comme avant »
J’ai dégluti
de travers, totalement paniquée. J’avais beau me regarder, je n’étais plus la
même "
Voilà voilà ^^
04 juillet 2008
Nouvelle - Nos ancêtres les hommes
La suite de ma nouvelle. Cette fois-ci, j'ai posté un plus petit morceau pour que cela devienne lisible. J'ai encore des efforts à faire visiblement -_-'
Je vous souhaite une bonne lecture malgré tout :)
Nos ancêtres les hommes - 2e partie
_Tiens, tu
es déjà de retour ? Tu vas mieux ?
Dès le
lendemain, j’ai été assailli de question par les élèves présents lors de ma
crise. Je les ai rassuré en essayant de ne pas me cacher derrière mes livres.
Pour eux, c’était comme si j’étais devenue quelqu’un d’extrêmement fragile ou
de totalement débile, et ils me regardaient comme s’ils ne m’avaient jamais vu.
Et dire que deux ans auparavant, c’était eux qui me suivaient pendant les cours
de natation…
J’ai soigneusement caché le sac de sport que j’avais pris avec moi pour l’après-midi et j’ai suivi les leçons comme si ne rien était. J’ai nerveusement évité l’infirmerie de mademoiselle Lanoy à l’heure du déjeuner et j’ai quitté le bâtiment après m’être acheté un sandwich au restaurant.
Ma mère avait raison, cette piscine était carrément à l’autre bout de la station. Cela m’a pris une bonne heure dans les transports et une bonne demi-heure pour la trouver dans le dédale des ruelles. Elle ne payait pas de mine, cachée derrière une façade de ferraille et de néons du plus mauvais effet.
Je suis entrée avec appréhension, une main serrée autour de la hanse de mon sac. Il y avait déjà du monde et un brouhaha explicite envahissait le hall. J’ai payé mon entrée et j’ai fouillé l’endroit pour dénicher les vestiaires. C’était propre, net et bon enfant. Des bambins, il y en avait partout qui couraient sous les douches avant de se jeter dans le petit bassin. J’ai regardé autour de moi après avoir vérifié la teneur de mon bonnet de bain, nerveuse.
Je me suis
massée l’épaule droite, la plus fragile, et je me suis dirigée vers le grand
bassin. Je me suis redressée et j’ai vu que les murs étaient couverts de
grandes glaces qui reflétaient les lumières de la station des alentours…
J’ai repris
mes esprits lorsque j’ai été éclaboussé par un grand type sans gêne.
« Je
dois y aller doucement…cela faisait trop longtemps que je n’ai pas tenu un
rythme soutenu »
Je suis
entrée dans l’eau par étape et aussitôt cette sensation de bien être m’a
envahi. J’ai plongé et tout mon univers s’est transformé. Les poissons se sont
dessinés, les coraux, le reflet du soleil sur l’eau…j’étais redevenue cette
enfant qui aimait par-dessus ce monde-là, si simple et à la fois si
coloré…jusqu’à ce qu’une baleine vienne se mettre dans mon champ de vision.
« C’est pas vrai ! »
J’ai jailli
hors de l’eau pour éviter de rentrer dans ce nageur qui roulait des mécaniques
auprès des midinettes du coin. D’où il sortait celui-là encore ?
« Bon sang… »
Je me suis
accrochée au rebord en me passant une main sur le visage. Cette eau était
claire et n’agressait pas la peau. C’était bien plus agréable que les piscines
de chlore. Mais il y avait toujours des imbéciles qui se croyaient roi et qui
gênaient les autres.
_Je me disais bien que je connaissais
cette nageuse.
_Que… !
J’ai
brutalement redressé la tête quand une silhouette accroupie s’est dessinée sur
le rebord. Samuel !
_Je reconnaîtrais ta façon de nager
entre mille, me lança-t-il dans un grand sourire, effectivement tu vas mieux.
_Je…
Je me suis
aussitôt éloignée, paniquée. S’il racontait à tout le monde qu’il m’avait vu
ici, les rumeurs de ce matin allaient s’amplifier !
_Eh attends ! Ne t’en vas pas
comme ça !
J’ai fait
demi-tour sans attendre et je me suis faufilée entre les nageurs pour lui
échapper. J’ai juste entendu un plouf quand j’ai atteint l’autre côté pour
monter les trois marches et regagner la surface.
_Tu ne devrais pas sortir aussi vite !
Je me suis
arrêtée net, de l’eau jusqu’à la taille et je l’ai venir vers moi en grande
brassée.
_Ce n’est pas bon pour tes poumons.
Il faut sortir de là par palier.
Je l’ai
regardé sans y croire.
_J’ignorais qu’on était au fond de
la mer.
_Non mais tu…
_Eh Sam ! Qu’est-ce que tu
fous ?! ça va bientôt fermer !
Il a été
stoppé dans son élan par sa bande d’amis qui se trouvait non loin sur les
berges. Des gens du lycée évidemment.
« Oh non… »
J’ai
subitement lâché l’escalier. J’ai plongé sous l’eau pour éviter qu’ils me
voient et je me suis collée au mur. J’ai attendu, le cœur battant. J’ai fermé
les yeux et j’ai essayé d’oublier le stress qui m’habitait alors. J’ai revu les
poissons…dès que je m’abandonnais, je retournais dans ce monde qui me plaisait
tant. Si loin de la réalité…
« Il ne tient qu’à toi à le
rendre vrai… »
« Je… »
J’ai rouvert
les yeux et un visage s’est dessiné juste sous mon nez. Le visage d’un garçon
avec les yeux entièrement noirs. Sans pupille, sans iris. C’était
effrayant !
« Non ! »
J’ai jailli
à la surface pour reprendre un bol d’air mais mes poumons se sont enflammés.
J’ai serré les dents et me suis accrochée à l’escalier, la gorge sèche. Ça
recommençait ! je n’arrivais plus à respirer correctement !"
Voilà, j'espère que cela vous a plu ^^
PS : si jamais vous voulez être mis au courant des différentes mises à jour, vous pouvez vous inscrire à la newletter en bas à droit de la colonne. Cela ne coute rien, et cela vous facilite les choses.
01 juillet 2008
Nouvelle - Nos ancêtres les hommes
Encore un texte différent.
Cette fois-ci, j'ai tenté de suivre une proposition lue sur un site pour tenter sa chance lors d'une publication. Le thème : l'eau. Ici la citation du site Griffe d'Encre:
"Elle couvre 70% de la planète et
compose de 55 à 75% du corps humain. Autant dire que l’eau est
un élément qui a de quoi mettre la pression.
Levez la tête vers les cieux gorgés de
pluie, plongez au coeur des océans, des lacs et des rivières, à moins que vous
ne préfériez la glace des banquises, ou pragmatique, l’eau du robinet. Qu’elle
soit douce ou salée, potable ou polluée, porteuse de vie ou de désastre, il y a
de quoi faire déborder votre imagination.
Allez donc naviguer sur ses flots,
entre réel et imaginaire, et ramenez-nous, pour le 31 mars 2009,
les histoires que vous aurez pris dans vos filets (50 000 caractères maximum)."
J'ai donc écrit cette nouvelle en essayant de suivre ces règles assez larges. J'avoue que personnellement, je ne sais pas trop quoi en penser. Etant donné que j'ai largement le temps de soumettre ce texte, il y aura sans doute beaucoup de modifications, mais j'ai quand même eu envie de vous présenter ce premier jet.
Attention à vos yeux, ce n'est pas du plus grand éclat mais j'espère que cela vous plaira tout de même ^^'
Bonne lecture. (Attention, c'est un peu long...oui oui encore)
PS : après relecture, j'ai cru bon séparer tout ça en deux parties distinctes. Plus facile à suivre...
PS2 : après re-relecture, c'est vraiment du lourd. Alors prenez votre temps...et désolée pour le pavé -_-'
Nos ancêtres les hommes…
H20. Deux simples molécules qui
règnent sur les 2/3 de la Terre. Deux simples molécules qui couvrent un autre
monde, un autre univers…
Je n’ai jamais été à l’aise sur
le sol des hommes. Comme une inconnue dans un environnement étranger…et quand
je regarde ces poissons nager et virevolter derrière ces larges vitres, je me
sens encore plus lourde.
Tout autour de moi règne le
brouhaha désagréable d’une classe qui s’amuse jusqu’à l’excès. Ils n’ont rien à
faire de ces espèces, et encore moins des explications que leur présente le
guide sur la sauvegarde de ces dernières.
Personnellement, j’entends à
peine ce qui se dit, seuls m’intéresse ces poissons argentés qui passent et
repassent sans jamais s’ennuyer.
_Tu
sais qu’ils n’ont que 3 secondes de mémoire effective ?
_Hum ?
J’ai levé les yeux, perdue dans
mes pensées et Samuel Nanty m’a regardé du coin de l’œil. J’ai été tellement
surprise que je me suis senti rougir comme une pivoine. Résultat, j’ai préféré
regarder ailleurs, mortifiée.
_Je me
demande comment ils nous perçoivent…je ne pense pas que j’aimerai rester coincé
le reste de ma vie entre quatre murs…au fond, ce n’est peut-être pas plus mal
qu’ils aient une mémoire ridicule.
Je crois que j’ai tenté un
sourire qui a fini dans une grimace crispée. Il a eu un simple sourire puis a
fait demi-tour pour suivre le groupe. J’ai fait pareil en tenant mon sac à
l’épaule. Je l’ai vu rire avec ses amis…deux d’entre eux m’ont regardé avant de
continuer à pouffer…cela devait sans doute être un jeu pour eux…
J’ai continué de regarder les
poissons en essayant d’oublier ce qui m’entourait : ce voyage de classe
stupide et les élèves qui le constituaient…cet aquarium et ces androïdes qui
présentaient les espèces d’une voix parfaitement monocorde…
« La
planète Terre … »
Je me suis arrêtée près de l’un
des hublots et j’ai vu au loin cette boule bleue tachée de blanc. Elle semblait
minuscule…comment des millions d’êtres humains avaient pu vivre
là-dessus ?…peut-être était-ce pour ça qu’elle était devenue invivable…que
nos ancêtres avaient du la quitter pour chercher d’autres sources potables…
_Eh
Liana, tu dors ? On part sans toi !
_Que…j’arrive !
J’ai repris mes esprits et j’ai
rejoint la classe qui ricanait toujours. Je me suis enfoncée la tête entre les
épaules avec l’envie de disparaître…je n’avais qu’une hâte : rentrer chez
moi pour vite m’éloigner de tous ces gens qui s’amusaient sans comprendre.
_Bonjour
- Liana. Tu - as - passé - une - bonne - journée ?
Il ne pleuvait jamais sur la station.
Car il ne pleuvait jamais dans l’espace. Et ces morceaux de vaisseaux attachés
les uns aux autres…c’était morbide comme univers. Rien de verdoyant, rien de
vivant…que des bouts de ferrailles grisâtres et moroses.
J’ai fait mes devoirs sans
vraiment réfléchir, l’esprit ailleurs. J’avais déjà envie de retourner à
l’aquarium…
« Liana !
Tu viens ? »
Un petit poisson jaune est passé
sous mes yeux. Deux trois hippocampes se sont mis à tourner autour de mon bras,
comme pour m’inviter à les suivre. J’ai battu des jambes et j’ai commencé à
nager, entourée de cette fameuse H20 si importante pour la vie...je n’avais
même pas besoin de respirer, c’était comme si toute cette eau glissait sur moi
telle une deuxième peau…
« Allez
plus vite ! »
Le petit poisson jaune est
repassé devant moi et m’a chatouillé le nez en riant.
« Tu
traînes ! »
« Attends,
tu vas voir ! »
J’ai accéléré mes battements et
des bulles d’air ont commencé à m’entourer. J’ai slalomé entre les rochers
couverts de corail en dérangeant les anémones et même une famille de crabe qui
se dorait à la chaleur des rayons du soleil qui perçait à travers la surface.
Le petit poisson filait vite et a
continué de rire avec amusement, virevoltant devant moi sans jamais s’arrêter.
Soudain, quelque chose est tombé
devant nous. Quelque chose de gros et de métallique.
« Qu’est-ce
que… »
Nous nous sommes arrêtés net en
sentant une présence étrangère.
« Des
humains ! Va-t-en avant qu’ils ne t’attrapent ! »
« Je… »
Tous les poissons et crustacés se
sont dispersés dans une même vague, tandis que je restais là, à regarder ces
barils tracés d’une croix rouge couler lentement jusqu’au fond de la mer. Je
les ai vu s’échouer sans bruit dans le sable, les uns après les autres, jusqu’à
former un monticule immonde qui écrasait déjà le territoire de plusieurs
espèces.
J’ai levé les yeux. Un énorme
navire se tenait non loin et couvrait le fond d’une ombre sinistre. Toutes les
couleurs, toute cette vie avaient disparu en quelques secondes à peine.
« Mais
que… »
L’eau autour de moi a pris une
teinte foncée. J’ai fixé ces barils et j’ai vu que l’un d’eux fuyait déjà.
Toute cette toxine…
« Allez-vous
en ! me suis-je surprise à crier, partez ! Ça va vous tuer ! »
J’ai regardé autour de moi mais
la douleur m’a envahi. Brûlante, suffocante…
_NON !
BOUM !
J’ai brutalement repris mes
esprits quand je me suis retrouvée les quatre fers en l’air. Je venais de
tomber de ma chaise de bureau, totalement sonnée.
_Aie…
J’ai grimacé en me portant une
main à l’arrière du crâne. Ce rêve m’a semblé tellement réel que j’ai eu du mal
à me remettre sur pied, titubante. Je me suis accrochée à mon lit, un peu
perdue.
Mon premier geste a été de me
servir un verre d’eau…puis de recracher ma gorgée en me rappelant la chute
lente et douloureuse de ces barils juste sous mes yeux.
Je me suis assise et j’ai regardé
mon verre d’un œil vide. Pourquoi est-ce que je me sentais si mal ici…et
étrangement si bien sous l’eau ?
Je me suis laissée tomber sur mon matelas, le corps
endolori et j’ai regardé le plafond de cette chambre qui me semblait décidément
sans vie. Totalement sans force, je me suis endormie sans même m’en rendre
compte, les jambes brûlantes.
_Bien
alors, pour le cours d’aujourd’hui, nous allons nous servir de la
vidéo-hologramme. Prenez tous vos lunettes s’il vous plait.
Je suis retournée en cours dès le lendemain en traînant
des pieds. Je n’aimais pas vraiment rester enfermée dans une pièce pendant
plusieurs heures, surtout pour écouter les discours aseptisés des professeurs
qui finissaient tous par prendre peu à peu la couleur des murs. Mais je me suis
saisie des lunettes 3D pour faire comme tout le monde et j’ai attendu que
l’hologramme soit lancé au-dessus de nos têtes.
_Nous
allons donc voir si vous avez écouté les recommandations de notre guide lors de
la visite d’hier, a déclaré notre enseignant en lançant les images, qui peut me
dire ce qui se passe en ce moment même sur Terre au-dessus les terres d’Inde et
d’Asie ?
Une main s’est levée. Justine, la tête de la classe.
Toujours réponse à tout.
_La
mousson, monsieur.
_En
effet, la mousson. Et tu peux nous expliquer en quoi cela consiste ?
_C’est le
nom d’un système de vent périodique dans les régions tropicales, surtout actifs
dans l’océan indien et l’Asie du sud. Cela se produit quand la terre s’échauffe
et se rafraîchit plus vite que la mer.
_Très
bien, et par quoi ces vents sont-ils caractérisés ?
_Par de
très fortes pluies qui peuvent parfois donner jusqu’à 80% des précipitations
totales calculées dans les zones affectées.
_En effet…près
de 80% de l’eau tombe en quelques semaines à peine.
Une vidéo s’est enclenchée. Un bruit assourdissant a
envahi la classe et nous avons vu des trombes gigantesques envahir ce qui
devait être une ville de la Terre. Des centaines de personne se battaient
contre ces vagues qui engloutissaient tout sur leur passage. Ils naviguaient
sur des radeaux de fortune pour aider les habitants à sortir des ruines de
leurs demeures. On a vu les rizières noyées, les routes détruites, la foule de
parapluie en Inde pour tenter de supporter cette pluie incessante…
_Où part
toute cette eau ? demanda alors un élève dont je n’ai pas relevé le nom,
totalement abasourdie par ces vagues gigantesques qui venaient se fracasser
contre les falaises.
_Et bien,
soit elle s’imbibe dans le sol quand elle le peut, soit elle retourne
directement à la mer en ravageant tout sur son passage. Le cycle de l’eau est à
la fois simple et complexe. C’est un cercle sans fin entre l’évaporation, la
condensation et les précipitations qui permettent en toute fin d’arroser les
cultures et de faire vivre les océans.
J’ai dégluti, soudain mal à l’aise. Une vidéo sous-marine
défilait sous nos yeux. Le plongeur déambulait parmi les poissons exactement
comme je l’avais fait dans mon rêve. C’était tellement calme…et silencieux.
Je n’ai pas pu m’empêcher de grimacer quand un poids a
commencé à m’écraser la poitrine.
_Mais
pourquoi certaines zones ont tant souffert de la sécheresse ? car c’est
pour ça que nos parents ont du fuir la Terre.
_La main
de l’homme sur l’écosystème a profondément chamboulé le fragile équilibre que
le monde avait réussi à instaurer au fur et à mesure de ses évolutions. Le trou
de la couche d’ozone a fait basculer les températures, entraînement une
évaporation plus rapide des glaciers et des océans. La mer Morte par exemple, a
totalement disparu de la surface à force du pompage massif des pays alentours
pour leur propre consommation.
Il nous a montré cet immense désert de sable blanc en un
clic sur la télécommande. J’ai eu comme un souffle court. Ma poitrine s’est
mise à me brûler de l’intérieur.
_S’en est
donc suivi des sécheresses difficilement supportables, sans compter les cours
d’eau pollués et impropres pour la population humaine et animale.
_Mais
pourquoi avoir fait ça ? je veux dire, c’est stupide, étant donné qu’on a
besoin de toute cette eau pour vivre !
_C’est
exact, cependant nos ancêtres ont toujours cru que la Terre était impérissable,
que ses ressources étaient sans limites. Résultat, ils ont fait plus de dégâts
en siècle que tous leurs prédécesseurs depuis le début de l’humanité, tout en
pensant que tout se soignerait un jour.
J’ai regardé ces poissons morts flotter à la surface des
rivières…et cette marée noire qui a couvert les côtes et engluer des centaines
d’oiseaux…une colère sourde m’a envahi sans même que je ne comprenne pourquoi.
Et la douleur est devenue plus forte encore.
_Eh…ça va
pas ?
Je me suis attrapée le cœur quand ma voisine de table m’a
touché le bras. Non ça n’allait pas ! J’avais l’impression d’étouffer sur
place. Ça me brûlait tellement que je n’arrivais plus à reprendre mon souffle.
_Monsieur !
J’ai tenté de me redresser quand le professeur a rallumé
la lumière au cri de ma voisine. Ça m’a ébloui. J’ai titubé et me suis
effondrée sur le carrelage, pliée en deux.
_Liana !
Bon dieu !
J’ai entendu un fracas de chaise et quelqu’un s’est penché
au-dessus de moi en me forçant à me mettre sur le côté.
_Elle
n’arrive plus à respirer ! Allez chercher l’infirmière vite !
Je me suis sentie partir, paniquée. Je ne voulais pas
mourir ! Pas comme ça, sur le carrelage devant tout le monde !
_Liana,
tiens ! Prends ça.
J’ai tenté de reprendre une longue inspiration mais ça
s’est bloqué au milieu. On m’a alors appliqué quelque chose sur le visage et
l’air m’a déjà semblé moins lourd.
_Respire
doucement, ne panique pas, ça va aller.
On m’a serré la main alors que j’essayais d’obéir. Mes
yeux se sont mis à me piquer, je crois que je pleurais.
_Là,
c’est bon…continue de respirer sans te forcer…
J’ai eu moins en moins l’envie de les tenir ouverts. Le
monde est devenu de plus en plus petit puis inexistant. Je me suis évanouie, le
cœur enfin reparti à la normale.
Quand j’ai repris mes esprits, je me suis deviné allongée
dans un lit qui sentait le neuf et les draps fraîchement lavés.
_Tiens,
voilà notre belle au bois dormant qui se réveille.
Une chaise à roulette est venue dans ma direction.
Mademoiselle Lanoy, l’infirmière du lycée s’est penchée vers moi avec le
sourire.
_Comment
te sens-tu ? tu arrives à respirer normalement ?
_…je…je
crois…
_Je pense
que oui, assura-t-elle en me prenant le poignet, je vais prendre ta tension, ne
bouge pas.
Elle s’est exécutée en posant un truc froid sur ma
poitrine et a vérifié le cadran.
_Oui
c’est bon, tu es dans la moyenne.
Je me suis à peine redressée sur l’oreiller, les oreilles
encore bourdonnantes. Elle m’a longuement observé tandis que j’essayais de
retrouver mes repères.
_C’est la
première fois que ça t’arrive ?
_Quoi
donc ?
_…cette
crise d’angoisse.
J’ai froncé les sourcils, un peu perdue.
_Tous les
symptômes correspondent. C’est très douloureux, mais pas mortel. Tu as des
soucis pour ventiler ton propre oxygène, résultat, tes poumons se compriment
par le manque d’air.
_…c’est
la première fois…
_Je me
doute bien. Tu as des soucis en ce moment ?
J’ai préféré regarder ailleurs.
_Tu es
bien intégrée il me semble. Tes camarades t’ennuient ?
_…non.
Elle m’a regardé au-dessus de ses lunettes. Je me suis
encore sentie rougir de gêne.
Elle a eu un sourire un peu triste en devinant sans doute
ce que je pouvais penser.
_C’est
normal que tu ne te sentes pas bien dans ta peau…on est tous comme ça à 16 ans.
_Hum…
_Tu n’es
jamais allée sur Terre n’est-ce pas ?
_Pourquoi
vous me demandez ça ?
_Pour
comprendre pourquoi tu t’es mise à paniquer pendant le cours de monsieur
Rolisky. Ses cours sur le climat sont toujours très impressionnants pour ceux
qui n’ont jamais vu tomber la pluie.
J’ai légèrement serré les dents. Elle a retiré ses
lunettes pour les nettoyer avec un chiffon puis m’a regardé dans un petit
soupir.
_J’ai
appelé tes parents, ils ne vont pas tarder.
_Que…pourquoi ?
_Tu n’es
pas majeur, c’est la règle.
_Ils sont
en voyage !
_Oui sur
Mars. Ils ont pris le prochain vaisseau, ils devraient être rentrés pour la fin
des cours.
_Mais… !
J’ai voulu protester mais cela n’aurait servi à rien.
Comme d’habitude. Alors je me suis juste rallongée sous les draps, boudeuse et
je me suis appuyée contre l’oreiller. Mademoiselle Lanoy a fait demi-tour,
toujours sur sa chaise, et s’est arrêtée devant son ordinateur pour continuer
son travail.
_Liana !
Tu vas bien ?
Deux heures plus tard, j’ai récupéré mes affaires une fois
que la classe totalement vide. Ma mère est arrivée et m’a prise dans ses bras
comme si elle ne m’avait pas vu depuis des années.
_Mamaaan…
_Oh !
Excuse-moi. Tu es encore blanche, tu es sûre d’être rétablie ?
_Blanche,
laisse-la respirer un peu tu veux ?
Mon père s’est contenté de me regarder en fronçant les
sourcils. J’ai attrapé mon sac et je les ai dépassé tous les deux d’un pas sec.
J’allais encore avoir droit à un sermon à l’heure du dîner…
_Liana,
je peux savoir où tu vas là exactement ?
_A la
maison, où veux-tu que j’aille ?
_Et tu
peux nous dire ce qui t’es arrivé ?
Je me suis arrêtée devant l’entrée du lycée.
_J’ai
failli étouffer. Là, t’es content ?
Son visage s’est refermé et j’ai poussé la porte. Je ne
m’entendais pas avec lui. Nous étions trop différents. Pour lui, tout devait
être parfait. Et moi, j’étais loin de l’être. Il avait abandonné l’idée de
faire de moi une fille populaire dès mon entrée en seconde. A quoi bon, puisque
je n’avais envie de rien ?
_Je
t’avais dit de ne pas aller dans cette école. Elle n’est pas faite pour toi.
_Pourquoi ?
elle n’est pas assez riche à tes yeux peut-être ?
_Ne me
réponds pas sur ce ton tu veux ?
_J’ai des
amis là-bas !
_Des amis
qui ont failli te laisser mourir sur le carrelage !
_Parce
que ça va être de ma faute peut-être ?!
_Ça
suffit tous les deux !
Ma mère nous a séparé d’une main ferme. J’ai avalé une
bouchée de mon steak quand mon père s’est rassis au fond de sa chaise,
fulminant.
_Tu as
quitté le club de natation sans motif, et maintenant, tu fais une syncope pendant le cours de
géographie. Il y a manifestement quelque chose qui ne va pas chez toi.
_Georges !
J’ai jeté mes couverts et j’ai repoussé mon assiette.
_Liana,
attends ! Ce n’est pas ce qu’il voulait dire !
_Bien sûr
que si ! Je ne fais jamais rien comme il faut pour lui ! Il faudrait
que je vive dans une grotte pour lui plaire !
_C’est
pour ta sécurité !
_Ma
sécurité contre quoi ?! contre le monde entier ?! on vit sur une
station orbitale ! sur un tas de ferraille morbide et laid au
possible ! Il n’y a rien à faire ici à part aller en cours et pleurer sur
la Terre !
_Pourquoi
la Terre t’intéresse autant ? tu n’y as jamais mis les pieds !
_Je veux
nager !
Ils m’ont tous les deux regarder avec les yeux ronds.
_Je…je
veux nager…parmi les poissons…je veux…voir les océans…sentir la pluie sur mon
visage…je veux…
Je n’ai pas trouvé mes mots, babillant sans que mon
cerveau trouve la connexion. Mon père a pris une très longue inspiration et
s’est levé de table.
_Tu ne
peux pas aller sur Terre. Elle est polluée.
_J’irai
d’une manière ou d’une autre !
_Ne sois
pas stupide ! Tu peux parfaitement aller nager ailleurs ! Tu le
faisais bien avant !
_Dans une
eau bourrée de chlore ? Où les gamins se soulagent sans gêne même sous les
yeux de leurs parents ?!
_Bon sang
Liana, ne joue pas l’enfant ! Tu n’iras jamais sur Terre ! Je te l’interdis !
J’ai serré les dents à me faire mal à la mâchoire. Ma mère
a soupiré en se passant une main sur les lèvres. J’ai fait volte-face et je
suis allée m’enfermer dans ma chambre en claquant la porte.
_J’en ai
marre…
Je me suis enfouie sous mon oreiller et je l’ai serré
entre mes doigts. Qu’est-ce qui n’allait pas chez moi ?
« Liana ?
je peux entrer ? »
_Hummm…
Ma mère a passé une tête puis s’est glissée à l’intérieur
sous la lumière tamisée de ma lampe.
_Tu
devrais retirer cet oreiller, tu vas finir par manquer d’air.
_…ch’uis
bien là…
Elle a soupiré puis s’est assise au bord de mon lit.
_Tu sais
à quel point ton père peut-être têtu. Mais il n’est pas mauvais…il veut
juste…que tu te fasses à ce monde.
_Je
n’aime pas ce monde.
_Tu as 16
ans Liana, tu n’en connais encore rien !
_Et
comment veux-tu que je le connaisse s’il m’oblige à rester enfermer à longueur
de journée sur cette maudite station ?!
J’ai rejeté mon oreiller et elle a de nouveau soupiré
d’une mine désolée. Elle a baissé les yeux et m’a présenté un flyer d’une main
franche.
_Tiens…tu
peux aller là-bas si tu veux. C’est un peu éloigné mais…tu devrais t’y plaire.
_Qu’est-ce
que c’est ?
J’ai pris ce morceau de papier glacé et j’y ai vu la
présentation d’une autre piscine ouverte récemment.
_Un
espace d’eau douce. Pas de chlore, pas de javel… que de l’eau pure. J’y suis
allée une ou deux fois.
_Avec
papa ?
_Pas
vraiment non…il n’aurait pas supporté.
_Pourquoi ?
_Disons
que…c’est assez compliqué. Mais je t’autorise à y aller. A condition que tu
fasses attention.
_Je n’ai
pas l’intention de me noyer si c’est ce que tu sous-entends.
Elle a eu un large sourire comme si j’avais dit une
bêtise.
_Ne te
couche pas trop tard, tu veux ? tu as eu une dure journée…
Elle m’a embrassé sur le front comme une enfant et a
quitté la chambre sans faire de bruit. J’ai regardé le flyer d’une mine
intriguée. Est-ce que cela allait vraiment m’aider à me débarrasser de cette
envie furieuse ?
_Je n’ai
pas vraiment le choix…
J’ai eu un long soupir en le déposant sur ma table de nuit
et j’ai tapé des mains pour éteindre ma lampe. Je les ai entendu se disputer de
l’autre côté de la cloison mais je me suis bouchée les oreilles en bonne
hypocrites pour essayer de dormir. Quelques minutes plus tard, je ronflais
presque."
Fin première partie ^^
25 juin 2008
Expérience 3
Pas de Lune Bleue cette fois-ci. Et oui faut bien changer ! et je ne voudrai pas vous gaver avec une histoire qui ne plait peut-être pas à cause de sa longueur ^^' (oui je ne sais pas faire court...pourtant j'essaye, mais rien à faire)
Une autre expérience cette fois-ci, un texte que j'ai recommencé une bonne dizaine de fois afin de trouver la bonne intro. J'ai essayé de faire moins mélo-dramatique, un truc plus léger qui donnerait l'envie de lire la suite sans forcement perdre son cerveau en route.
Pas de policier, pas de crime (du moins pas encore), mais de la fantasy. Et un animal que je trouve fantastique (après les loups-garous) : le dragon. On dit tout et n'importe quoi sur ces bestioles, et je voulais apporter ma pierre à l'édifice. Bon à mon petit niveau hein : je ne me prétends pas être une experte de la chose. D'où ce texte.
Je vous souhaite une bonne lecture malgré sa longueur (encore...-_-')
Rien ne vaut les rêves et encore moins ceux d'un enfant.
dessin de Kerembeyit : http://kerembeyit.deviantart.com/
La fille du dragon
Prologue
La plage des poissons bleus était
réchauffée par les rayons brûlants du soleil d’été. La reine Sophia se
promenait pieds nus dans le sable pour profiter de ces derniers moments de
tranquillité avant que le ciel ne s’assombrisse. Elle craignait vraiment que
ces combats inutiles reprennent jusque dans ces terres, alors que les paysans
avaient déjà temps de mal à mener leurs récoltes à bien…
_Ambre ?
Ambre où es-tu ?
Soudain sortie de ses pensées par
le silence qui l’entourait, elle réalisa que sa fille avait échappé à sa
surveillance et en avait profité pour disparaître, encore une fois.
_Ambre !
Je pensais avoir été clair à ce sujet ! déclara-t-elle fortement, les
poings sur les hanches, reviens ici tout de suite !
Elle jeta un regard circulaire
sur la plaine de sable qui s’étendait devant elle et commença à s’inquiéter.
Aucune trace de son héritière.
_Ambre ?
chérie ?
Elle fit volte-face, le cœur
battant. Là-bas au loin restaient les soldats chargés de sa protection. Ils ne
semblaient pas perturbés. Peut-être était-elle allée les rejoindre dans un
jeu ...
_Majesté ?
Quelque chose ne va pas ?
Le capitaine en chef posa son
poing sur son cœur en signe d’allégeance, le visage renfermé.
_Avez-vous
vu la princesse ? elle s’est encore échappée et j’ignore où elle est.
Les soldats se regardèrent puis
se dispersèrent aussitôt en faisant comprendre à la reine qu’ils étaient au
courant de rien.
_C’est
pas vrai…
Maintenant paniquée, la reine
retourna sur la plage en courant, en faisant légèrement voler la robe qui lui
couvrait les chevilles.
_AMBRE !
S’il te plait, réponds-moi chérie !
Elle continua de regarder autour
d’elle, le souffle difficile. Est-ce que quelqu’un était venue l’enlever ?
tout le monde savait qu’elles aimaient venir ici pour se reculer du monde.
Est-ce que l’on voudrait faire peser une menace ?
_Majesté !
Par ici !
Un soldat l’interpella de loin.
Elle courut le rejoindre et vit avec horreur la peluche préférée de son enfant
échoué près des rochers.
_Non…
Elle l’attrapa d’une main
tremblante et le pressa contre elle, la gorge sèche. Le capitaine prit une
longue inspiration et posa une main rassurante sur son épaule.
_Nous
allons tout fouiller de fond en comble majesté, restez ici au cas où elle
reviendrait chercher son ours.
_Oui…vous
avez raison.
Il frappa du poing sur sa
cuirasse et donna des ordres sonores à ses soldats qui reprirent aussitôt leurs
recherches. La reine essaya de calmer les battements de son cœur en évitant de
penser au pire, mais elle ne pouvait pas empêcher son cerveau d’imaginer les
pires scènes d’horreur. C’était de sa faute : elle n’aurait jamais du
sortir du palais avec elle par les temps qui courent ! Priver le royaume
de sa seule héritière était une excellente occasion pour les pays ennemis de
porter un coup fatal à la couronne.
« …petite
fille… »
_Hum ?
Elle redressa vivement la tête
lorsque cette petite voix fluette résonna au creux de son esprit.
« …petite
fille…avec moi… »
Elle tourna lentement sur elle
pour tenter de trouver la source de cette voix, totalement concentrée sur ses
sens. Il n’y avait qu’une seule espèce qui pouvait lui parler ainsi par
télépathie.
« Où
es-tu ? sais-tu où tu te trouves ? » demanda-t-elle
doucement pour ne pas effrayer cette petite voix.
« …grotte…nid…eau… »
Sophia observa nerveusement son
entourage et se souvint alors qu’il y avait beaucoup de rochers pas loin de
l’endroit où sa fille avait perdu son ours en peluche. Elle avait du se glisser
parmi les pierres sans même penser au danger. Mais pourquoi ne l’avait-elle pas
appelé ?
« D’accord
j’arrive. Reste auprès d’elle, tu veux bien ? »
« …oui…moi
rester… »
Rassurée, la reine courut
jusqu’aux rochers, à la grande surprise des soldats qui n’avaient rien perçu de
la curieuse conversation.
_Majesté,
vous…ne faites pas ça, c’est trop dangereux !
Le capitaine dévala la plage
lorsqu’il fit sa reine redresser sa robe, au risque de montrer ses jambes à
tous les hommes présents, et passer un pied dans un creux pour pourvoir se
redresser.
_Majesté !
_Capitaine,
faites le tour, voulez-vous. Ma fille est à l’intérieur et ne peut sans doute
pas en ressortir toute seule. Cherchez une autre issue.
_Je…vous
êtes sûre ?
Elle lui envoya un regard
perçant, la pupille légèrement rétrécie. Le soldat comprit alors la situation
et acquiesça sans ajouter un mot. Ses hommes le suivirent dans un même pas et
bientôt, la reine se retrouva seule dans son escalade. Elle tira d’autant plus
sur sa robe pour se permettre de faire un grand écart et se rattrapa à des
roches coupantes. Elle serra les dents en sentant le sang couler entre ses
doigts mais ne perdit pas courage et continua son avancé.
Enfin, elle découvrit une entrée
juste assez grande pour lui permettre de passer. Elle baissa la tête et caressa
le plafond des doigts afin d’éviter une rencontre malheureuse. Elle sentit
bientôt la présence de deux cœurs qui battaient à l’unisson tout au fond d’une
alcôve.
_Ambre ?
ma puce ?
Sa fille était là. Lovée en
position de fœtus, du haut de ses tout jeune quatre ans, elle tenait contre
elle une étrange créature faite d’écaille. Juste assez grande pour tenir dans
ses bras, l’animal avait une petite tête triangulaire, deux naseaux mais pas
d’oreilles saillantes. Un corps puissant, quatre pattes et une longue queue
pour permettre son équilibre.
_Alors
c’est toi qui l’a attiré ici…souffla la reine avec soulagement.
« Moi
pas faire exprès… » répondit la bête par son esprit en la regardant de
ses deux grands yeux bleus.
_Je
sais oui. Tu viens à peine de naître, c’est normal.
Pour preuve, elle regarda l’œuf à
peine éclos qui se tenait encore au bout de la queue de l’animal. Ce dernier
était encore luisant et un peu hébété mais il couvrait la petite princesse sans
se poser de question.
_Majesté !
Vous êtes là ?!
La voix caverneuse du capitaine
vint briser cet instant en faisant sursauter l’animal et la petite princesse
qui dormait profondément.
_Oui
capitaine, je suis là. Mais ne criez pas s’il vous plait. Vous allez
l’effrayer.
La reine s’agenouilla près de sa
fille et caressa ses longs cheveux blonds. Cette dernière papillonna des
paupières quand les premiers soldats parvinrent à leur niveau malgré le passage
plus qu’étroit.
_Mère ?
_Oui
ma grande, c’est moi. Tu nous as fait très peur, tu sais ?
_Mais
j’ai trouvé un œuf…regardez.
Elle se frotta les yeux pleins de
sommeil et vit alors avec une immense surprise que l’œuf avait éclos.
_Ça
alors…un dragon…
La reine Sophia leva une main
pour arrêter ses soldats dans leur avancée. Il obéirent sur le champ,
estomaqués par la découverte de la princesse. La créature secoua alors vivement
la tête et se gratta le cou d’une patte forte qui fit voler quelques minuscules
écailles. Ambre eut un grand sourire et battit des mains, folle de joie de
s’être trouvée un ami.
_Je
peux le garder, hein maman ?
La reine ne répondit pas tout de
suite. Certes, c’était formidable que sa fille ait trouvé son dragon si jeune,
mais ce n’était pas forcément un bon présage.
_Mère ?
s’il vous plaiiiiiiit !
_Ambre,
tu sais bien que je n’aime pas lorsque tu quémandes.
_Mais
c’est mon ami…
Sophia soupira discrètement. Le
dragon redressa la tête et la regarda dans les yeux. Ce n’était ni un dragon
des terres, ni un dragon des mers. Sans doute un hybride car il était à la fois
écailleux, avec de larges pattes solides, et fin avec une légère traîne de
fourrure sombre qui lui parcourait le long de la colonne vertébrale.
_Lui
as-tu demandé son avis avant de décider ? déclara-t-elle après un long
moment de réflexion.
_Lui
demander ? répéta la petite, les yeux ronds, mais ça parle pas les
dragons !
_Oh
crois-tu ? se moqua gentiment la reine, alors comment est-ce que je fais
lorsque je suis avec Ténor ?
_Euh…je
sais pas…avoua la princesse, honteuse, je n’ai jamais fait attention.
_Et
oui comme d’habitude, soupira sa mère, les mains sur les hanches, tu sais ce
que je pense de ça, n’est-ce pas ?
La petite fille se mit à bouder,
les larmes aux yeux. Elle voulait garder son nouvel ami mais elle ne savait pas
comment faire.
« Toi
triste ? »
Le bébé dragon pencha la tête sur
le côté, intrigué. Ambre hocha doucement la sienne, ses petits poings serrés
devant elle.
« Toi
pas être triste. Moi être là »
Les soldats retinrent leur
respiration lorsque l’animal vint nicher son museau dans le cou de la petite
fille. Sophia observa ce spectacle, avec à la fois crainte et soulagement.
C’était déjà trop tard. Le lien s’était formé dès l’éclosion de l’œuf et rien
ne pourrait plus le briser maintenant, qu’elle le veuille ou non.
_Ambre…
Elle posa un genou sur la pierre
mouillée et lui prit doucement le menton pour la forcer à la regarder.
_Tu
sais ce que ça veut dire n’est-ce pas ? on t’a raconté les histoires sur
les dragons et leur relation avec les gens de notre famille.
_Oui !
acquiesça vivement la fillette, ça veut dire que je suis comme toi
maintenant !
Sophia eut un petit sourire
attristé. C’était bien ça le problème…
_Ambre
s’il te plait, écoute-moi bien. Ce que je vais te dire est très important alors
je veux avoir toute ton attention.
_Oui
mère.
La petite fille s’assit sur la
pierre, les yeux emplis d’étoile. Ses iris de couleur ambre lui avait valu son
nom et avait décidé de son destin avant même qu’elle ne puisse en décider.
Sophia les fixa avec tristesse puis sourit en lui caressant la joue.
_Un
dragon n’est pas un jouet. Ce n’est pas un animal ordinaire. Tu ne pourras
pas t’en débarrasser le jour où tu ne voudras plus jouer avec lui. S’il décide
de venir avec toi, ce sera pour toujours.
_Moi
aussi ce sera pour toujours ! répondit sa fille avec force, c’est mon
ami !
_Ambre,
ce que j’essaye de te dire, c’est que…ce ne sera pas toujours facile. Il est
excessivement rare de trouver un bébé dragon tout droit sorti de son œuf. Il va
lui falloir grandir avec toi, mais aussi avec ses amis dragons. Tu sais, ce
sont des créatures très intelligentes. A peine nés, ils savent déjà parler.
_Wha !
_Il
va falloir lui apprendre à voler, à manger avec certaines limites, à partager
son nid avec toi, à chasser avec toi…et toi, tu devras apprendre à faire
attention à lui. Un dragon reste avant tout un animal sauvage. Le plus fort et
le plus beau des animaux, mais sauvage malgré tout.
_…je
comprends.
_Alors
tu comprends aussi que maintenant que tu as trouvé ton dragon, tu ne peux plus
jouer les petites princesses capricieuses. Lorsque ton grand-père va apprendre
ce qui s’est passé, il fera noter ton nom tout en haut de la lignée de notre
famille. Tu sais ce que ça veut dire ?
_Euh…et
ben…que je peux devenir reine comme toi ?
_C’est
exact oui. Lorsque je serai vieille et toi en âge de monter sur le trône, tu
deviendras reine. Tu devras gouverner notre royaume et ce, sans aucun caprice.
Tu es encore jeune mais…je sais que tu réalises ce que ça veut dire.
La petite Ambre acquiesça sans
dire un mot, maintenant effrayée. Le dragonnet avança de quelques pas vers elle
et s’allongea sur son bras pour la rassurer de sa présence. Elle lui caressa la
tête sans même réfléchir.
_Un
jour, tu deviendras reine, Ambre…et ton dragon sera là pour te protéger. Il
prendra soin de toi, autant que toi, tu devras prendre soin de lui.
D’accord ?
_…oui…d’accord.
La reine lui sourit et ouvrit les
bras en se levant. Sa fille vint aussitôt se blottit contre elle et la serra de
ses petits bras. Le dragon pencha de nouveau la tête et enregistra cette scène
avec curiosité.
_Allez,
il est grand temps de rentrer à présent. Ton père doit s’inquiéter.
Le capitaine acquiesça et passa
derrière la princesse pour être sûr qu’elle ne s’enfuit pas de nouveau. Cette
dernière avait abandonné toute idée de fuite puisqu’elle avait trouvé tout ce
dont elle désirait : un ami pour la vie…"
Voilà voilà, quelque chose de plus doux pour une fois ^^ J'espère que cela vous aura plu.





