Alors je n'ai pas encore de réponse pour mon entretien, mais ce n'est pas pour autant que je vous oublie. Pour noter, j'en suis à la fin du chapitre IV et l'histoire de Diane ne fait que commencer ;)
Surtout n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez, bien que ce ne soit que le début, j'ai peur pour la suite ^^' je me suis peut-être trop emballée.

Enfin bonne lecture à vous, amusez-vous bien :p

This_Glass_Tastes_Good_by_Skybreeze

Je suis restée un moment seule devant mon écran, à fixer ces symboles solaires gravés dans la pierre avec de la peinture rouge. Cela pouvait sembler n’être que de simples soleils dessinés de manière presque enfantines pour ceux qui ne s’intéressaient pas à l’ésotérisme, mais une fois ensorcelés par une incantation spécifique, ils étaient aussi dangereux qu’un lance-flamme. C’était simple en somme. Heureusement qu’avec le temps et l’instinct de survie, nous avions développé une sorte de 6e sens pour se préserver de cette magie agressive. C’était douloureux mais efficace.

Je me suis couchée quasiment aussitôt après avoir laissé un message bien précis sur le portable de Flack et j’ai éteint la lumière. Je me suis emmitouflée dans les couvertures, la tête lourde.

J’ai du m’effondrer comme une vieille larve, car lorsque mon téléphone s’est mis bruyamment à sonner, j’ai fait un bond dans mon lit comme si on venait de me balancer l’oreiller dans la figure.
_…merde…
J’ai tendu une main et me suis cachée la tête sous l’oreille avant que mon portable n’apparaisse entre mes doigts.
_…mallô ?
« Allô Diane ? c’est Amina ! »
_…il est déjà 8 heures ?
« Eh beh j’en ai peur oui. J’arrive en bas de votre hôtel là, nous avons rendez-vous dans une bonne heure avec le directeur de la prison, vous pensez être prête ? »
J’ai eu un soupir un peu trop sonore sans doute car elle a doucement ri à l’autre bout du téléphone.
_…si j’arrive à me sortir de là…vous m’attendez en bas ?
« Pas de souci. Evitez de vous rendormir quand même, hein ? »
_Je vais essayer…
J’ai raccroché et me suis écroulée le nez dans le matelas. J’avais l’impression d’être aussi fatiguée que la veille, et l’envie de rester là me tentait bien. Mais Amina m’attendait déjà sûrement au rez-de-chaussée, alors j’ai du prendre sur moi pour me lever et attraper mes affaires de rechange. Je me suis passée de l’eau sur le visage afin d’être certaine d’être bien réveillée et je suis descendue. Amina a souri jusqu’aux oreilles en me voyant cacher un bâillement maladroit.

_Ça fait combien de temps que vous êtes sur cette affaire ?
_…4 ou 5 jours…mais j’ai l’impression que ça fait déjà le double.
_Je connais ça. Ça du genre à vous bouffer tout cru avant même que l’on s’en rende compte. Vous devriez penser à vous ménager…
_Ce n’est pas vraiment mon genre…
_J’avais cru comprendre, se moqua-t-elle gentiment en bipant sa voiture pour ouvrir les portes, ce n’est pas la première fois que vous venez à la Vallée, non ?
_Hum ?
Je me suis glissée à l’intérieur, toujours aussi intriguée par cette poupée de chiffon qui tanguait sous la fermeture des portes, et Amina m’a regardé de travers, soudain perplexe.
_Non je ne suis jamais venue, pourquoi ?
_Ah je…je ne sais pas, j’étais persuadée du contraire…
J’ai attaché ma ceinture et je l’ai vu faire une moue explicite, comme si elle ne s’attendait pas à cette réponse.
_Peut-être quand j’étais enfant alors, ais-je déclaré pour soulager cette ambiance soudain lourde, j’ai beaucoup déménagé pour suivre ma mère…
_Vraiment ? ça doit expliquer…
_Expliquer … ?
Elle est sortie de ses pensées et a forcé un sourire en embrayant une marche arrière pour laisser passer un camion de livraison.
_Rien, je pensais tout haut.
J’ai haussé un sourcil mais je me suis instinctivement accrochée à la portière, secouée par sa conduite plus que nerveuse. Ma réponse n’a pas semblé la satisfaire car elle est restée le sourcils froncés pendant tout le reste du voyage. Pour ma part, j’ai noté dans un coin de ma tête de me renseigner un peu plus sur elle.

_Là…nous y sommes.
Elle s’est garée à grand renfort de braquage et de changement de vitesse pour se stabiliser entre un camion de transport et une twingo. J’ai remercié je ne sais pas qui d’être encore en vie et j’ai attendu qu’elle lâche le volant pour sortir de là, juste au cas où. J’ai levé le nez vers le bâtiment de béton derrière lequel se tenait la
prison. C’était sinistre au possible.

Nous avons présenté nos cartes au gardien de la porte et l’un de ses collègues nous a guidé jusqu’au bureau du directeur. Nous avons évité de passer devant les cellules et avons trouvé le maître des lieux assis derrière son bureau. Un grand maigre en costume cravate qui m’a inconsciemment fait penser à un croque-mort. Ou alors c’était le manque de sommeil qui commençait à jouer sur mes neurones.